•  Notule d’histoire châtillonnaise

    La famille Eiffel et le châtillonnais

     Gustave Eiffel a été à l’honneur en 2019, avec des manifestations et un film en cours de tournage sur sa vie.

    Le nom d’origine de la famille n’est pas Eiffel, mais Bonickhausen et, pendant longtemps, il sera écrit : « dit Eiffel » ; ce n’est que le premier avril 1879, par décret, que Gustave obtiendra officiellement le droit de ne plus faire état de Bonickhausen dans les textes officiels.

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    Aux origines, il y a un bourgeois né près de Cologne, dans le Saint Empire Germanique, en 1680, mais qui va fuir les guerres et s’établir en France, vers 1700. Dans son désir de s’assimiler, il va adopter un prénom français (Jean René, au lieu de Guillaume Henri) et fonder un foyer à Paris.

    L’un de ses descendants, François-Alexandre, va s’engager, à 16 ans, pendant la période révolutionnaire, comme volontaire dans le Régiment des Hussards de Bercheny, et participe aux campagnes d’Eugène de Beauharnais en Italie.

    Après la chute de l’Empire, il se réengage, faute de mieux, comme simple soldat et mène une vie végétative, de garnison en garnison. C’est ainsi qu’il se retrouve cantonné à Dijon, où il rencontre la fille d’un marchand de bois, Catherine-Mélanie Moneuse, qu’il épouse le 23 novembre 1824.

    Celle-ci va pousser son mari à prendre un poste à la sous-intendance militaire de Dijon puis à la préfecture ; le jeune ménage s’installe quai Nicolas-Rolin, chez les parents Moneuse. 

    Mais, à la mort du père de Mélanie, en 1831, Alexandre rejoint sa femme pour la seconder dans son négoce et celle-ci se lance dans le commerce d’un combustible très demandé, le charbon, auquel elle ajoute le coke, le bois et le gaz.

    En 1833, elle devient entrepositaire des mines de Blanzy, en Saône et Loire, et travaille aussi avec celle de Rive-de-Gier, dans le département de la Loire, grâce à l’ouverture complète du canal de Bourgogne, en 1832.

    En 1836, comme l’ouverture de la voie ferrée d’Epinac au canal permet à la Compagnie d’Epinac de baisser fortement ses prix, Mélanie Moneuse-Bonickhausen passe une convention avec elle, pour fournir les industries de Bourgogne en charbon et coke de meilleure qualité, à des prix plus intéressants, et dans des délais de transport désormais plus courts que ceux de Blanzy[i].

    Elle fournit, entre autre, les forges de Montbard et de Châtillon-Sainte Colombe, qui sont des clients importants ; plus de six mille cinq cent mesures, soit quatre bateaux de charbon, leurs sont destinés, par mois (le charbon est vendu 1,95 F l’hectolitre à Montbard).

    Elle fournit également la forge de Chenecières ; en 1834, les frères Lapérouse acquirent les lieux et y installèrent des laminoirs, en renforçant le bief et en substituant au bois la houille d’Epinac, vendu par Mélanie Eiffel.Pour gérer les 30 000 tonnes de charbon qui arrivent au port de Dijon, l’entreprise Eiffel doit, dès 1839, déployer une logistique importante; pour cela, elle possède deux péniches pour faciliter le transport et organise le déchargement, le stockage et la vente du charbon.

    C’est sûrement lors de l’un de ses voyages d’affaire que Mélanie a repéré le jeune régisseur du fourneau de Châtillon. Car, en 1845, Joseph Maître a construit un fourneau à la place de la papeterie, avec une machine à vapeur. Au recensement de 1846, le régisseur est J.B Mailfert (26 ans) mais, au recensement de 1851, le régisseur est Joseph Collin (26 ans).

     [i] Gustave Eiffel pourra écrire, dans sa Généalogie : « La Haute Marne avec ses hauts-fourneaux de création récente, venaient s’alimenter en houille d’Epinac au port du canal de Dijon dont des chargements importants partaient chaque jour. Ma mère se tourna délibérément de ce côté et obtint d’être entrepositaire unique de ces mines pour Dijon et pour les régions voisines telles que la Haute-Marne ». Les houillères d’Epinac sont à l’époque considérées comme les plus remarquables du bassin d’Autun.

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    Le 15 décembre 1832, naît Gustave Eiffel ; il sera baptisé en la cathédrale Saint Bénigne, mais mis rapidement en nourrice.

    Marie naîtra en 1834 et Laure le 23 mars 1836.

    En 1843, ayant amassé un capital appréciable, le couple Eiffel-Bonickhausen se retira des affaires et vendit son fond de commerce. Pour Gustave, il est en pension chez sa grand-mère. Mais, l’inactivité semblant peser au couple, Alexandre devint comptable pour un marchand de bière, Edouard Regneau, lequel leur consentit la location du Castel, rue des Moulins, au milieu d’un vaste parc.

     Quant à Gustave, après des études dijonnaises, ayant son baccalauréat ès Lettres et ès Sciences en poche, il part à Paris en 1850 s’inscrire au collège Sainte Barbe, qui prépare à l’Ecole polytechnique. Mais, en 1852, il ne sera pas sur la liste des admis ; par contre, il peut entrer à l’Ecole centrale des arts et manufactures. C’est là que Gustave va se former à l’art de l’ingénieur. Son diplôme en poche, en 1855, il est en quête d’une situation. Sa mère fait alors pression sur son gendre, Joseph Collin.

    Car Mélanie a fait épouser sa seconde fille, Laure, avec l’une de ses relations d’affaire, Joseph Collin, directeur du haut fourneau de Châtillon. Né le 7 avril 1825, celui-ci est le fils d’Antoine Honoré Charles Collin, horloger à Châtillon, et d’Anne Thierry[i]. Le 23 octobre 1854, il a épousé à Dijon Laure Bonickhausen.

     [i] Antoine Honoré Charles Collin est né à Laignes, le 12 juillet 1802 ; il se marie à Châtillon le 5 juillet 1824 et décède à Châtillon le 5 juillet 1866. Anne est née à Châtillon le 21 avril 1806 (Collin s’était remarié à Claudine Sebille)

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    C’est là que sa mère envoie Gustave, espérant que son fils trouve sa voie. Il semble y être resté de septembre 1855 à janvier 1856.

    Mais Gustave écrira : « Il est constant que je n’entends pas grand-chose à la métallurgie». Surtout, il s’accorde du bon temps chez sa sœur, profitant des confitures de coing : « Je suis toujours dans une période d’engraissement. Je ne sais où cela s’arrêtera ». Ce ne sont pas les filles de Châtillon qui l’attirent, car elles ont des airs de « jardinières endimanchées » et une « dindonnerie sans pareille ».

    Ce qui l’amuse, ce sont les parties de chasse avec son beau-frère, dans les bois de Villers-Patras, où ils s’amusent à débusquer le lièvre et à tirer les alouettes ; « toutes les courses en plein soleil et cette activité m’ont donné plus de couleurs que je n’en ai jamais eu, je suis bruni comme un soldat d’Afrique »[i]. Ainsi, « je passe agréablement mes journées ici à ne rien faire »[ii].

    Mais tout a une fin pour Gustave, sa sœur accouche d’une petite fille, Josèphe Mélanie Jeanne, le 26 janvier 1856, et sa mère l’envoie à Paris, chez l’ingénieur Charles Nepveu, « constructeur de machines à vapeur, outils, forges, chaudronnerie, tôlerie, matériel fixe et roulant pour chemins de fer »,  puis il sera embauché comme ingénieur à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et ensuite chez un industriel belge, François Pauwels.

    Souhaitant avoir un ménage, Gustave Eiffel va épouser, le 8 juillet 1862, à Dijon, Marie Gaudelet, petite fille du brasseur qui employait son père. Nommé à la tête des ateliers de Clichy, propriété de la Compagnie Pauwels, le couple va s’installer dans cette ville. Alors qu’il vient d’être père d’une petite Claire, le 19 août 1863, il accueille chez lui sa plus jeune sœur, Laure, atteinte d’une tumeur à la gorge qui la mine, afin qu’elle soit mieux soignée.

    Sa fille, Jeanne, est recueillie par ses grands-parents, au Castel, tandis que son mari est trop occupé au fourneau de Châtillon. C’est chez Gustave que Laure s’éteindra, entourée de son frère et de son mari, le 11 août 1864.

    Elle sera enterrée à Dijon.Au foyer Eiffel naîtra, le 16 octobre de la même année, une deuxième fille, prénommée Laure en souvenir de la sœur disparue.

     [i] Lettres de septembre et octobre 1855

    [ii] Lettre du 8 janvier 1856

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    Gustave va se conduire, envers sa famille, comme un patriarche, tour à tour bienveillant et autoritaire.

    Vis-à-vis de sa nièce, Jeanne, orpheline, c’est lui qui prendra en charge son éducation, mais celle-ci, d’un caractère assez difficile, est ballotée entre ses grands-parents à Dijon et Levallois, où habite désormais Gustave. Finalement, c’est lui qui lui choisira un mari, Lucien Dupain, un polytechnicien, qu’elle épousera en 1875 à Levallois[i]

    En ce qui concerne ses beaux-frères, Gustave n’est pas tendre. Marie a épousé Armand Hussonmorel, employé à la comptabilité à la Compagnie Pauwels. Mais, comme il va faire des malversations bancaires et dépenser les 45 000 francs de la dot de sa femme ; après un conseil de famille, Armand sera poussé à prendre un bateau pour New-York et à se faire oublier[ii].                                                

    En ce qui concerne son autre beau-frère, Joseph Collin, lui aussi connaîtra des problèmes après la mort de sa femme. Incapable de s’occuper de sa fille, lui aussi va dilapider les 45 000 francs de la dot de sa femme et sera contraint de quitter le fourneau de Châtillon.

    Après un essai pour être négociant à Châtillon, Gustave va le faire travailler pour lui à partir de 1873. Il l’accompagnera dans ses voyages et l’enverra diriger les chantiers à Chinon puis, plus tard, au Portugal, pour la construction du pont Maria Pia, à Porto.

    Mais le contremaître n’en veut plus. C’est probablement à cette date qu’il va s’occuper d’une briqueterie. Cependant, Gustave fait de temps en temps appel à lui : entre avril et décembre 1884, Joseph est dépêché au Portugal, dans l’espoir de faire avancer les réclamations lors de la liquidation de la société Eiffel-Seyrig ; en juillet 1888, il intervient pour la maison Eiffel de Levallois-Perret, lors de l’attribution de construction de passerelles démontables dans Paris pour l’exposition universelle ; et, en janvier 1889, il aide Gustave à rassembler de la documentation pour le discours que ce dernier doit faire, lors de son élection à la présidence de la Société des ingénieurs civils[iii].

    Rentier et retiré à Laignes, rue des moulins, il décède le 19 mai 1890.

     [i] Elle aura un fils, Raoul ; dans le testament de Gustave Eiffel, il doit recevoir 50 000 francs

    [ii] Né à Dôle le 2 janvier 1827, il décède à New-York le 4 avril 1871. Marie se remariera à Albert Hénocque en 1872

    [iii] Selon la brochure : « travaux scientifiques exécutés à la tour de 300 mètres, de 1889 à 1900 ; Eiffel ; Paris, 1900 », Joseph et les responsables du bureau de dessin auraient reçu, en1889,  une médaille commémorative attribuée à tous ceux ayant pris part à la construction de la tour

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    Gustave Eiffel a aussi travaillé avec un autre châtillonnais, Louis Cailletet, la Tour permettant, après l’exposition universelle de 1889, des études scientifiques et justifiant, aux yeux du public parisien, l’utilité de la tour.

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    En 1892, Cailletet et Colardeau étudièrent la chute des corps à partir d’une plate-forme de la tour :

    « Il n’y a jamais eu jusqu’ici qu’un très petit nombre d’expériences exécutées sur la chute libre des corps dans l’air, en tenant compte de la résistance que l’air oppose à leur mouvement. Un de nos savants les plus éminents, M L. Cailletet … a entrepris, avec la collaboration d’un physicien des plus distingués, M.E. Colardeau, une série d’expériences à ce sujet… La résistance de l’air intéresse les ingénieurs de chemins de fer en ce qui concerne la marche des trains, les marins pour la marche des navires ; son étude est la base du problème de la direction des ballons et de celui de l’aviation… M.M Cailletet et Colardeau ont pensé que la Tour Eiffel offrait les conditions les plus avantageuses pour entreprendre les expériences les plus complètes sur la chute des corps et la résistance de l’air, en permettant les mouvements rectilignes. Un laboratoire a été installé à la seconde plate-forme de la Tour. Il renferme les appareils d’expérience et de mesures, et offre une colonne d’air de 120 mètres de hauteur, pour la chute des corps. L’installation de ce laboratoire est due à M. Eiffel, notre grand ingénieur, que l’on trouve toujours prêt à patronner les entreprises de l’intelligence, et à contribuer aux progrès de la science » ( La Nature, 9 juillet  1892).        

    La brochure, « travaux scientifiques exécutés à la tour de 300 mètres de 1889 à 1900 », transcrit le discours prononcé par Gustave Eiffel à la conférence Scienta, le 13 avril 1889.

    Il remerciait tous ceux qui l’avaient encouragé à construire sa tour :« il y a quelques jours, j’en recevais de précieux témoignages dans une ascension à la plate-forme de 300 mètres que je faisais avec MM. Mascart, Cornu et Cailletet[i]. Sur cette étroite hune, qui semble isolée dans l’espace, nous étions ensemble pris d’admiration devant ce vaste horizon, d’une régularité de ligne presque semblable à celle de la mer, et surtout devant l’énorme coupole céleste qui semble s’y appuyer et dont la dimension inusitée donne une sensation inoubliable d’un espace libre immense, tout baigné de lumière, sans premiers plans et comme en plein ciel…Sans parler d’autres nombreuses expériences que beaucoup entrevoient, M. Cailletet me permettra de vous dire qu’il étudie en ce moment un grand manomètre à mercure avec lequel on pourra réaliser avec précision des pressions allant jusqu’à 400 atmosphères ».

    Ce manomètre fut inauguré le 2 avril 1891 et son installation, servant de mesure étalon pour la fabrication de tous les manomètres industriels, eut un retentissement international.

     

    [i] Eleuthère Mascart, physicien (1837-1908), membre de l’académie des Sciences ; Alfred Cornu, physicien (1841-1902), membre de l’académie des Sciences

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    (DominiqueMasson)

    Bibliographie :                                                                                                                                         Bermond Daniel : Gustave Eiffel ; Perrin ; 2002                                                                                   Brunet Véronique : Mélanie Eiffel, mère et femme d’entreprise moderne en Bourgogne ; Editions du Revermont ; 2019                                                                                                                              Carmona Michel : Eiffel ; Fayard ; 2002

    [1] Gustave Eiffel pourra écrire, dans sa Généalogie : « La Haute Marne avec ses hauts-fourneaux de création récente, venaient s’alimenter en houille d’Epinac au port du canal de Dijon dont des chargements importants partaient chaque jour. Ma mère se tourna délibérément de ce côté et obtint d’être entrepositaire unique de ces mines pour Dijon et pour les régions voisines telles que la Haute-Marne ». Les houillères d’Epinac sont à l’époque considérées comme les plus remarquables du bassin d’Autun.

    [1] Antoine Honoré Charles Collin est né à Laignes, le 12 juillet 1802 ; il se marie à Châtillon le 5 juillet 1824 et décède à Châtillon le 5 juillet 1866. Anne est née à Châtillon le 21 avril 1806 (Collin s’était remarié à Claudine Sebille)

    [1] Lettres de septembre et octobre 1855

    [1] Lettre du 8 janvier 1856

    [1] Elle aura un fils, Raoul ; dans le testament de Gustave Eiffel, il doit recevoir 50 000 francs

    [1] Né à Dôle le 2 janvier 1827, il décède à New-York le 4 avril 1871. Marie se remariera à Albert Hénocque en 1872

    [1] Selon la brochure : « travaux scientifiques exécutés à la tour de 300 mètres, de 1889 à 1900 ; Eiffel ; Paris, 1900 », Joseph et les responsables du bureau de dessin auraient reçu, en1889,  une médaille commémorative attribuée à tous ceux ayant pris part à la construction de la tour

    [1] Eleuthère Mascart, physicien (1837-1908), membre de l’académie des Sciences ; Alfred Cornu, physicien (1841-1902), membre de l’académie des Sciences

     

     

     

     


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  • Joyeux Noël 2019 à tous mes lecteurs !

    Joyeux Noël à tous, plein de paix, de joie et d'amour...

    Joyeux Noël 2019 à tous mes lecteurs !

    A l'année prochaine !

     


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  • Reprise de l’activité

    La vieille turbine Fontaine a plus de 80 ans. Elle tourne encore mais avec du jeu dans les paliers et dans les engrenages, une chambre d’eau qui fuit, le rendement a diminué, il faut la seconder.

    Marius récupère une machine désaffectée à l’usine de Plaines où elle était installée sous une chute d’eau de 3,60 m. A Gomméville la chute n’étant que d’un mètre, la puissance est beaucoup plus faible mais c’est néanmoins un complément intéressant.
    Marius demande aux Ponts et Chaussées l’autorisation de l’installer sur la rive gauche du bief, en remplacement de la vieille roue à aubes de la pointerie, ce qui lui est accordé sans problème.
    La machine est envoyée aux Fonderies et Ateliers de Construction de l’Est à Dijon qui se chargent de son adaptation. Les maçons Robert Chevance de Mussy et Hector Bernardis de Châtillon construisent un barrage de planches et d’argile pour couler le béton de la dalle et de la chambre d’eau.

    Le chantier dure tout l’été 1946.

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (3)

    (La turbine dite « américaine »)

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (3)

    (Régulateur centrifuge 2008)

     Cette machine faisait partie du paysage. Construite en 1913 par les Etablissements Rose-Teisset à Poissy, elle avait d’abord été installée à la forge de Plaines. Après l’arrêt de l’activité de meunerie, couplée à une dynamo, elle a permis de chauffer la maison jusqu’en 2005.

    La dynamo, de seconde main, elle aussi, avait été construite en 1935 à Nancy. Elle avait été récupérée à l’usine des Emballages de Mussy. C’est Maurice Denis, électricien mécanicien, grand bricoleur et ancien Maire qui l’avait installée dans les années 50 pour remplacer une machine plus petite et encore plus vieille.

     La meunerie est alors une activité prioritaire : la capacité globale d’écrasement des moulins français est excédentaire, mais la production de blé est insuffisante pour nourrir la  population nationale qui rêve de retrouver le bon pain blanc d’avant-guerre.

    Les moulins doivent même écraser du maïs que les américains envoient dans le cadre du plan Marshall.On essaie de faire du pain avec cette farine jaune. Dans les familles d’origine italienne de Gomméville, les grands-mères savent encore faire la « polenta », la bouillie de farine de maïs.

    Les « tickets de pain » (de rationnement) restent en vigueur jusqu’en 1948. La commercialisation de la farine est règlementée et contrôlée à la fois en prix, qualité et quantité. Les quantités à produire sont fixées par l’organisme de la Répartition des Farines qui dépend de la Préfecture. Il ne saurait être question de gaspiller le blé en faisant une farine trop blanche : le taux d’extraction est imposé.
    Les meuniers « tirent » à plus de80%, à ce taux c’est de la farine grise. Or à l’époque, après des années de restrictions, le marketing ne permet pas encore de faire croire à chacun que le pain noir est meilleur et qu’il faut le payer de plus en plus cher.

    Marius Verniquet écoule une partie de sa production auprès des boulangers locaux et d’autres plus éloignés à Montigny, Courban, Lamargelle, Salives, Montbard, Précy etc ;

    Le reste est expédié par wagon en gare de Pothières ou de Mussy, vers les départements français déficitaires (la Loire, la Drôme etc…, selon les « bons de répartition » qui lui sont attribués.

    Une savante bureaucratie est en place pour les contrôles de tous les transports de blé ou de farine qui doivent faire l’objet « d’acquis » (pièces de Régie qui génèrent ensuite le paiement des taxes)

    La farine boulangère est conditionnée dans des sacs de jute de 100kg étiquetés et scellés.
    Il part avec le camion chargé de farine et revient avec du blé en passant par les silos de Châtillon ou chez Guinot, marchand de grains à Laignes. Le déchargement des sacs de farine nécessite force et adresse, car il faut les porter en équilibre sur l’épaule et parfois grimper un escalier en colimaçon pour les vider dans la trémie du boulanger. Si un sac tombe (ne parlons pas du porteur), il éclate et son contenu sera destiné au repas des cochons.

    Rien ne paraît plus simple aujourd’hui que de démarrer son véhicule le matin pour aller travailler, mais à l’époque, il n’en est pas de même, surtout en hiver. Le camion ne circule pas tous les jours, la batterie doit être rechargée. Maurice Denis, l’électricien du village, a fabriqué un chargeur qui fonctionne sur la turbine, mais ça ne marche pas au pied levé. Démarrer à la manivelle un gros moteur par temps froid est problématique, alors Marius se lève encore plus tôt, allume le feu de la cuisinière et fait chauffer 20 litres d’eau pour remplir le radiateur qu’il avait préalablement vidangé par précaution contre le gel, le moteur part alors au quart de tour.

    Toujours positif, il se dit que c’est quand même plus facile que de démarrer avec des chevaux

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (3)

    (La mélangeuse en 2008)

     Le moulin tourne parfois nuit et jour. Marius  dort ou plutôt essaie de dormir sur ses sacs, dans le bruit et le tremblement des machines, le grondement des cylindres, le sifflement des courroies de cuir enduites de résine. Le meunier doit avoir l’oreille musicale, il faut réagir au moindre bruit anormal au milieu de cet orchestre étrangement harmonieux d’engrenages, de coussinets en bronze, de poulies à gorge.

    Une courroie qui casse, c’est un élévateur qui se bloque, il faut alors courir dans l’escalier en avalant les marches  quatre par quatre pour dégager les tuyaux bourrés de recoupes ou de remoulages et soulager une bluterie dont les paliers risquent la surchauffe.

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (3)

    (L’escalier de 80 marches en 2008)

    Il faut ensuite réparer et remonter la courroie sur la poulie tandis qu’elle tourne, ce qui peut être très dangereux lorsque l’accès est un peu acrobatique.

    Lucie est toujours très inquiète quand son mari se livre à ce genre d’exercice.

    Au milieu de ces vieilles mécaniques qui s’agitent dans la poussière, sans aucune sécurité, le risque d’incendie est permanent. C’est d’ailleurs ainsi que finissent la plupart des moulins dont l’intérieur est tout en bois, archi  sec et de plus verni.

    Depuis des années, Marius souffre d’asthme, les quintes de toux l’épuisent. Il essaie d’en atténuer les effets sans grand résultat en respirant la fumée d’une poudre qu’il fait brûler dans une soucoupe, sur le coin du poële. Ensuite il aura un système plus efficace en pulvérisant un liquide dans sa gorge avec sa « poire » qu’il a toujours avec lui.


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  • "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

      Catherine Miraton , Directrice du Théâtre Gaston Bernard, accompagnée d'Annabel de Courson, metteur en scène, a présenté  le spectacle musical "Promenons Nous, les Tout-Petits Patapons""conçu comme un véritable mini concert pour les tout-petits.

    Ceux-ci étaient venus nombreux avec leurs parents, leurs grand-parents, leurs nounous et ils ont beaucoup apprécié cet adorable spectacle.

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    Accompagnées au violoncelle par Isabelle Vuarnesson (violoncelliste d’Anne Sylvestre et professeure au conservatoire de Saint-Mandé)...

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical  a ravi les tout-petits ...et les adultes qui les ont accompagnés !

     Daphné Souvatzi (mezzo-soprano et comédienne)...

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    et Charlotte Pinardel (comédienne, chanteuse et guitariste)...

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

     ont interprété  une douzaine de chansons et comptines mettant en scène des animaux comme l'escargot :

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

     Nestor l’alligator qui mord, qui mord....

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    en passant par  les Lapinous, dans un décor enchanté d’arbustes, d’herbes folles et fleurs parfumées.

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    Ce fut une adorable promenade musicale d’une demi-heure qui a ravi petits et grands.

    D’une grande exigence musicale et avec des arrangements originaux, ces mélodies et scènettes ont entrainé le mini public dans une fantaisie poétique, du rock and roll à la berceuse sans oublier quelques escapades dans l’univers des comptines, le tout agrémenté de jeux de doigts et de percussions corporelles.

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

     Le jeu des couleurs a été aussi de la partie....

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    Les trois artistes très talentueuses ont été très applaudies pour ce joli moment rafraîchissant...

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    et elles ont pris le temps de laisser venir à elle les bambins....

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    Après le spectacle, une photo des artistes et de leur metteur (metteuse ?) en scène qui réalise aussi les arrangements musicaux :

    "Promenons-nous" un très joli spectacle musical pour les tout-petits bientôt au TGB

    Mise en scène et arrangements musicaux : Annabel de Courson

    Avec : Charlotte Pinardel (chant, guitare et jeu)

    Daphné Souvatzi (mezzo-soprano et jeu)

    Isabelle Vuarnesson (violoncelle)


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  • L'exposition sur les fouilles de Vix se poursuit jusqu'au 5 janvier 2020 au Musée du Pays Châtillonnais

    L’espace d’actualité au musée joue les prolongation jusqu’en début d’année 2020.

    L’espace d’actualité consacré à la récente fouille de la tombe de Vix sera encore ouvert pour les vacances de Noël, l’occasion de revivre cet événement exceptionnel à travers un nouvel élément : un time-laps du chantier.

    Dans cet espace, documents et objets illustrent le chemin parcouru par les chercheurs pour la connaissance et la compréhension du site archéologique de Vix.

    Sont présentés les notes et des objets issus des fouilles de Jean Lagorgette (1881-1942), pionnier des recherches sur le site de Vix et inventeur du site, des pièces techniques du montage du vase de Vix qui ne sont pas présentées dans l’exposition permanente, des documents d’archives inédits pour replonger dans l’histoire et la légende du Trésor de Vix ainsi que le squelette de la Dame de Vix.

    L'exposition sur les fouilles de Vix se poursuit jusqu'au 5 janvier 2020 au Musée du Pays Châtillonnais

    Pour revenir à notre époque, l’exposition met en lumière les méthodes de l’archéologie contemporaine appliquées à la nouvelle fouille mais aussi des éléments liés aux récentes analyses ADN de la Dame de Vix comme le scan 3D de son crâne dont l’objectif est de proposer une reconstitution faciale fidèle qui sera connue au cours du premier semestre 2020.

    Cet espace est évolutif et permet de revenir sur le chantier de fouille à travers des photos et des vidéos comme cette dernière acquisition, une animation vidéo réalisée à partir d'une série de photographies prises à des moments différents de la fouille et de visualiser en quelques minutes le travail des archéologues de l’Inrap entre les mois d’août et novembre 2019.


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  • LES GARRAULT, UN DOUBLE UNIVERS

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Pénétrer dans l’univers d’un artiste, c’est s’expatrier, oublier ce que l’on est, ce que l’on sait, devenir poreux pour accueillir un univers autre pénétrer dans le double univers d’un couple d’artistes relève d’un défi digne d’une acrobatie intellectuelle et spirituelle.

    Maryvonne et Jean-Pierre Garrault vivent côte à côte, chacun fixé sur son idéal artistique, fasciné par cet inconnu à naître, et cependant unis l’un à l’autre par un côtoiement qui est une fusion, et que nourrit un jeu savant d’échos, rendus d’autant plus évidents qu’un artiste est un être humain passionné par ce qu’il porte en lui, et largement ouvert à l’autre. Ainsi avons-nous deux singularités qui s’animent et se vivifient mutuellement.

    En apparence, nous nous trouvons face à deux univers fort distincts. En réalité nous découvrons des correspondances qui se méritent.

    Maryvonne ne peut cacher son ascendance bretonne. Elle porte son pays autant que son pays la porte, jusque dans son prénom. Limpide, glissant, aérien, lumineux « Maryvonne » est un prénom d’embruns reluisants, aux accents de pèlerinages et de patiences, aux silhouettes de femmes de marins dont saint Yves est le protecteur.

    Sa Bretagne est historique, intime et hors du temps. Elle relève du folklore, à condition de rendre à ce terme ses lettres de noblesse, son poids d’histoire et de savoir populaire Le folklore est la science du peuple. Parce qu’elle peint non tant ce qu’elle voit mais ce qu’elle porte en elle, ce qu’elle est., Maryvonne est reliée à une histoire, à un âge qui n’a rien à voir avec nos calendriers prosaïques . Avec ses silhouettes de Bretonnes, son art de peindre en jouant de couleurs hâtives, pressées d’aller à l’essentiel, suggérant ce qui n’appartient pas à une mode,

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Maryvonne quitte même l’histoire pour naviguer dans la légende. Le mot « légende » signifie ce qui doit être lu, dit, raconté, sauvegardé. Le vrai temps qui fascine Maryvonne est le « Il –était-une-fois’ des contes d’enfance. Lesquels ont leur part d’ombres, de mystères, de tempêtes, de violences, au milieu de naïvetés apparentes et parfois trompeuses.

    Quand elle mémorise des femmes costumées, quand elle saisit sur le vif les empoignades des lutteurs bretons, dans cette lutte appelé « gouren »...

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    et quand elle détaille des objets qu’on appelle sottement en français des « natures mortes » (préférons le terme anglais « still life », vie silencieuses), Maryvonne est voyagée par les mêmes besoins de fidélité, de témoignage, de lien viscéral avec ce qui la concerne et la relie à ce qui la dépasse.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Un des secrets de Maryvonne est qu’elle n’a pas été élaguée par le temps qui crée des adultes insensibles et raisonnables. C’est l’enfant qui peint, c’est l’enfant qui aime les greniers secrets de la mémoire, même quand les ombres lui font peur et ravivent d’anciens souvenirs douloureux. Une paire de sabots dans un panier d’osier où git un tourteau peut devenir dans l’imagination de l’enfant une tête de mort.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Et la poupée qui nous regarde en sait plus long que nous sur les mystères qui trament l’essentiel de toute vie. C’est la petite sœur délaissée du Chaperon Rouge. Un artiste est souvent un enfant nourri de douleurs, obligé de se créer un jour de substitut, à ses propres clartés de paradis perdu.

    Sachons voir ce que peint Maryvonne à larges traits colorés qui refusent l’anecdotique et le frivole. Ses femmes, ce sont souvent des « revenantes », des rescapées du sablier des vents du large. Ses rochers sont des ombres fantomatiques voire inquiétantes. Parfois on n’est pas loin de l’abstraction comme si le visible allait s’évaporer. Chaque coup de pinceau sait qu’il est temps d’agir, contre vents et marées.

     Voilà pourquoi sa peinture a quelque chose de nostalgique et d’éolien

    Il y a un terme en marine qui me paraît convenir parfaitement aux toiles de Maryvonne Garrault, c’est celui d’ « œuvres vives », cette partie immergée qui permet au navire de tracer son chemin dans la mer. S’il est question de granit en Bretagne, on doit parler de « tendre granit » pour cette sensibilité toujours aux aguets.

     Je disais tout à l’heure que l’univers de Jean-Pierre Garrault paraissait fort différent des paysages bretons de son épouse. Regardons-y de plus près.

    Le monde de Jean-Pierre  est essentiellement minéral, à l’image de ces fortifications ruinées qui occupent tout le fond de la salle d’exposition.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Le minéral, ce que son prénom, Jean-Pierre  semble promettre déjà. Mais s’il y a quelque chose qui me paraît symboliser la vision de ce peintre, c’est une figure magique et mystérieuses, celle de la Loba. Née d’une légende, sans doute d’origine mexicaine, cette femme autrement appelée « la Huesera » (la femme aux os) ou « la Trapera » (la ramasseuse) est en quête des ossements d’animaux, essentiellement de loups, que sa dextérité reconstitue intégralement. Alors elle se met à chanter, et l’animal reprend sa vie d’avant sa mort et s’en va librement.

    N’y a-t-il pas le même miracle chez ce peintre lorsqu’il se penche sur des plantes torturées, sur des amas de pierres ruinées par le temps, sur des dolmens bretons, sur des tours mystérieuses de Sardaigne ? Il les regarde, il les ausculte, il se les incorpore, il fait partie, corps et âme, de ces témoignages de la vie passée ou présente, il les oriente, il les anime d’un feu secret, il leur sauve la vie, les mettant hors du temps. Mieux, il les ressuscite par l’alchimie de son art. Comme son épouse, Jean-Pierre vit intensément ce qu’il regarde et recrée,, rejetant les anecdotes, les détails superflus. Son abstraction, visible dans les végétaux stylisés, n’est plus qu’un élan vital, aux couleurs d’une sève sacro-sainte . Cela est beau, parce que c’est la vie originelle, sauvée des pesanteurs reliée au ciel et à la terre par des éclairs qui sont des visions fulgurantes.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Ses arbres qu’on croit morts, ce sont des queules, des formes tourmentées avec lesquelles Jean-Pierre entre en sympathie. Il les purifie, comme s’il s’agissait  d’ossements précieux. Il les veut vivants, en tous les sens. Ce sont des squelettes dont on se demande s’ils sont encore végétaux. Telle est la force du regard de Jean-Pierre Garrault que les règnes se confondent et s’harmonisent, en dépassant leurs limites. Toujours l’esprit circule dans la matière ainsi régénérée. Cet esprit, c’est autant la sève de l’arbre que la vision artistique du peintre qui se confondent sur la toile.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Et l’abstraction, loin de créer je ne sais quelle confusion, est capable de transformer le hasard des formes en révélations magistrales.

    Quant aux squelettes, si fréquents chez ce peintre, son but est loin de nous peiner. Rien de funèbre, rien de morbide. Une célébration constante afin de déceler la beauté des formes et la victoire de l’essentiel sui ne périra pas.

    Regardez cette tête de cervidé, peut-être un mégacéros du paléolithique, qu’importe ! Jean-Pierre ne s’arrête pas à l’histoire. Ce qui compte, c’est le travail du temps, son pouvoir de métamorphose, sa puissance continuelle. Ce que le temps met en beauté et que l’artiste saisit au vol d’un regard intuitif. C’est une révélation votive

     Ce bois palmé de cervidé devient une main tendue par-delà la mort. On entre en sympathie avec tant de beauté qui nous regarde encore de ses yeux vifs.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Venons-en aux pierres, toujours monumentales. Quand il peint un dolmen, nous ne sommes pas seulement en Bretagne. Nous sommes dans la légende rituelle qui perdure dans le silence d’un matériau que des croyances ont « chargé » de pouvoirs secrets. Ses dolmens sont des « bouches d’ombre ». elles savent des choses, entretiennent les légendes bretonnes, pourquoi pas celle de l’Ankou qui rôde et cherche à nuire. Parfois on n’est pas loin des relents infernaux, des puissances souterraines, chthoniennes.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    Dernier thème abordé qui prolonge le précédent, les nuraghes. Des pierres édifiées par l’homme, pour constituer des tours rondes, tronconniques, du XVIIIème siècle au XVème siècle avant Jésus-Christ. Des œuvres monumentales, creuses, contenant  souvent un escalier intérieur menant à une terrasse. Des observatoires, sans doute liées à l’astronomie ou à l’astrologie, du temps paléolithique où la science et la religion étaient jumelles. Une étymologie douteuse fait venir ce mot « nuraghe » de l’arabe « nûr » qui signifie « feu, lumière ». Ce sont des monument hiératiques, des pierres sacrées, des reliquaires d’une mémoire inassouvie. Comme à Stonehenge. On est dans le chthonien, dans le volcanique dans la puissance formidable, que Jean-Pierre a relevée à sa façon, avec des éléments tirés du sol, du feu, de la lumière. Cette peinture est un cérémonial.

    "Les Garrault, un double univers", un très beau texte de Michel Lagrange sur un couple d'artistes Châtillonnais

    On est dans le sacré païen, épique, pas loin de la création d’un monde dont nous avons hérité. Cette préhistoire légendaire est la version virile des rochers de Maryvonne, des luttes celtiques, des noces de la terre et du feu, de l’ordre et du chaos, de la mémoire et de l’oubli.

    Aujourd’hui, dans ce double musée intérieur et secret qui les unit et qui rassemble en eux  les souvenirs et les symboles, si harmonieusement éclairés de pénombres, c’est cette vision qui vient révéler glorieusement les strates de la mémoire et les pulsions de la création artistique, instinctivement nourrie d’instincts nécessaires, colorée de réminiscences celtiques, sans doute, pas loin du légendaire, mais plus encore incarnation d’une liberté originale et sans concessions.

    Chez Jean-Pierre, la légende est palpable, brutale, effervescente. Elle donne à la matière ses pleins pouvoirs. Il est à sa façon un archéologue de la beauté secrète, souvent nocturne.

    Chez Maryvonne, ces apparences, on les dirait endimanchées, à la proue du grand large et de la nostalgie.

    Chez Jean-Pierre c’est le temps qui compte et qui dure, chez Maryvonne c’est l’espace en liberté grande.

    Mais dans les deux cas se dessine une épopée du légendaire, aérienne ou chtonienne, subtile ou agressive, alerte ou pétrifiée.

    Un mémorial, une sacralisation où la vie et la mort se lèvent dans un même sillon créateur de beautés.

    (Michel Lagrange novembre 2019)

    L'exposition des œuvres de Maryvonne Jeanne-Garrault et de Jean-Pierre Garrault est à voir encore, jusqu'au 3 janvier 2020, à la Galerie d'Art et d'Or de Châtillon sur Seine.

    Ne la manquez pas !


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  •  Les élèves de l'école Saint Bernard de Châtillon sur Seine, de la Maternelle au CM2 se sont encore surpassés ! Ils ont imaginé et réalisé avec leurs maîtres et maîtresses, de bien belles décorations  de fêtes.

    Les dames "Cigales et Fourmis" (des bénévoles qui se dévouent sans compter pour les enfants) étaient là pour vendre tous ces jolis objets décoratifs.

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Les voici ces jolies décorations de Fêtes :

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Voilà une bien bonne idée de cadeau pour nos amis les insectes !! (une idée peut-être suggérée par les "Cigales et les Fourmis"!)

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Les personnes qui, comme moi, n'ont plus d'enfant à l'école, pouvaient acquérir de superbes décorations....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

     Et on trouve toujours de bien  belles couronnes de porte, confectionnées par une "Cigale"(ou "fourmi" ??)  très douée !

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....

    Des gâteaux confectionnés par les mamans faisaient le régal de tous !

    Un bien joli marché de Noël 2019 préparé par les élèves de l'école Saint-Bernard....


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  • Le Téléthon de Laignes aura lieu samedi 7 décembre 2019 venez nombreux !

    A 14 heures, Laurence Pocheveux, une des organisatrices de Laignes, a annoncé l'ouverture du Téléthon. Elle a détaillé toute les animations qui allaient avoir lieu.

    Elle a annoncé également que le Téléthon musical de Laignes aurait lieu à partir de 2020, tous les deux ans, en alternance avec un Loto-Téléthon.

    Le Téléthon de Laignes

    De 14h15 à 14h35  Patricia Leblanc  a joué du violon en compagnie de ses élèves de tous âges....

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    Puis elle a accompagné au violon la chorale des dames de Laignes.

    Le Téléthon de Laignes

    De 14h40 à 15h40 c'est Patrice Sala qui a enchanté l'assistance avec ses chansons, reprises en chœur.

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    Et il a fait danser le madison....

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    Après ce madison plein d'entrain, j'ai été obligée de quitter la salle de Laignes où se déroulait le Téléthon.

    En effet, à 16h, à Châtillon, avait lieu une conférence de la Société Mycologique du Châtillonnais sur les marais tufeux du plateau de Langres,  qu'en tant qu'adhérente, je ne pouvais manquer.

    Je n'ai donc pu assister au concert des Tamamous que j'adore ....J'ai quand même obtenu qu'ils se laissent photographier avant leur prestation, malgré la réticence de l'un d'entre eux.

    Il y a des jours où j'aimerais beaucoup être saint Vorles, pour pouvoir me biloquer. Hélas, malgré mes efforts, je n'y arrive pas....Le Téléthon de Laignes c'est bien dommage....

    Le Téléthon de Laignes

    Le Téléthon de Laignes

    La suite à laquelle je n'ai pu assister :

    16h20 à 16h50 : Patricia Leblanc en duo.

    16h55 à 17h25 : Les Tamalous.

    17h30 à 18h15 : Claude et son accordéon.

    18h20 à 19h : Souffle populaire avec Jean-Marie Maître.

    19h05 à 20h : Elèves batteurs et percussionnistes de Laignes et Loches-Landreville dirigés par Eric Thomas.

    A noter que les spectateurs pouvaient se régaler de gaufres et de boissons, acheter des objets dont la vente allait directement au Téléthon.

    J'ai particulièrement apprécié ce gobelet où j'ai bu un café, un gobelet-souvenir à garder précieusement, aussi beau qu'un verre gravé !

    Le Téléthon de Laignes

     

    Le Téléthon de Laignes

    Et ces photophores qui seront ravissants sur ma table de Fête....

    Le Téléthon de Laignes

    Laurence Pocheveux me communique le bon résultat de la journée Téléthon de Laignes  en 2019 :

    L'équipe de bénévoles a la joie de vous annoncer que la somme de 1778,18 € récoltée à l'occasion du Téléthon Musical 2019 a été reversée à l'AFM-Téléthon.

    Celle-ci aidera à la recherche médicale et améliorera le quotidien.

    Merci à tous d'avoir participé !


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  • "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor hugo, bientôt au TGB.

      Rencontre, désir, passion, jalousie, exil, c’est l’histoire de ce couple mythique et mémorable qu’ont formé Juliette Drouet et Victor Hugo. Une vie d’amour que la fiction n’aurait pas osé imaginer, ou la véritable histoire d’un demi-siècle de passion ponctuée par vingt-trois mille lettres échangées. À partir de cette monumentale correspondance, Anthéa Sogno a composé ce spectacle qui illustre les grands moments de leur vie amoureuse, littéraire et politique.

    En 1833, un jeune dramaturge nommé Victor Hugo, tombe amoureux d’une princesse de théâtre lors de la lecture de « Lucrèce Borgia »

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Jaloux, il lui demande d’abandonner la scène. Par amour, elle accepte...

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    et comme elle s’ennuie :

    « écris-moi, lui dit-il, écris-moi tout ce qui te trottera par la tête, tout ce qui te fera battre le cœur. »

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Ils partageront les joies comme les peines, le deuil de leurs filles respectives....

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Elle l'admirera lorsque le grand homme s'exprimera à la Chambre des Députés...

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Elle se fâchera lorsqu'il la trompera....

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    mais elle acceptera de le suivre en exil à Guernesey...

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Il lui fera lire en premier son chef d'œuvre : les Misérables...

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Leur amour durera cinquante ans....

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

     jusqu’au 11 mai 1883, date à laquelle, après l’avoir adoré au point de lui avoir tout sacrifié, elle ferma les yeux.

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Et, ce jour-là, Victor Hugo ferma son encrier pour toujours.

    "Victor Hugo mon amour"  fut un spectacle magnifique et les deux  acteurs  passionnés par leurs personnages, furent très applaudis.

    Tout était réussi : le jeu des acteurs, les costumes, le décor, et la mise en scène.

    Un bien beau spectacle que j'espère vous n'avez pas manqué !

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

    Après le spectacle, Anthéa Sogno, l'éblouissante Juliette Drouet, nous a ensuite révélé  de quelle façon elle a tenu à faire renaître cette héroïne trop méconnue, qui pourtant a tenu une grande place dans la vie et l'œuvre de Victor Hugo.

    "Victor Hugo,mon Amour", une très belle évocation de la passion de Juliette Drouet pour Victor Hugo, a ébloui les spectateurs du TGB.

     Le premier tour de force a été de choisir parmi leurs nombreux écrits, tous plus beaux les uns que les autres, de quoi recréer de véritables dialogues. Comme pour chacune des adaptations que j’ai faites auparavant, la même exigence m’a saisie, je voulais que tout soit authentique, que tout ait été dit, susurré ou hurlé. Ainsi, l’enfilade de scènes qui racontent leur vie, à été construite ainsi : une phrase écrite par Juliette répond parfaitement à une question extraite d’une des lettres de Victor et ainsi de suite. Puis, quelques extraits de pièces, de leurs journaux intimes, ou de la presse, tout devait être historique.

    Nous avons fait tout cela pour faire du théâtre. En jouant la pièce, nous nous sommes aperçus que nous étions au-delà, car nous n’interprétons pas des personnages de théâtre, nous incarnons des personnes qui ont vécu, et nous ne disons pas des dialogues inventés par un dramaturge, les mots que nous nous disons sont les leurs.

    Comment ne pas penser que ces deux-là ne se sourient pas tendrement au-dessus de la Comédie Bastille, comme ils ont souri au dessus du Théâtre des amants, lors de la création en Avignon et profitent de notre passage sur terre pour continuer à se dire, 125 ans après leur mort, combien ils s’aiment encore ?

    Une pièce d’Anthéa Sogno

    Mise en scène : Jacques Décombe

    Avec Anthéa Sogno et Sacha Petronijevic


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  • Le Moulin Gautherot

     En 1909, la famille Maître décide de vendre le moulin. Arsène Verniquet, régisseur, n’a aucune difficulté pour trouver un acquéreur. Son filleul, Georges Gautherot (1883-1939) habite en face du moulin.Ce dernier se sent à l’étroit dans la petite polyculture de ses parents. Entreprenant et dynamique, il reprend l’affaire à l’âge de 26 ans, puis il épouse Louise Gillon (1885-1980) ;

    Deux filles vont naître de cette union : Lucie (1912-1993) et Rose (1915-2010)

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (2)

    (Georges Gautherot et ses deux filles sur le bief en 1933)

    Georges ne se doute pas que 27 ans plus tard, en 1937, il accueillerait dans son moulin, pendant trois jours les 120 joyeux convives d’un double mariage, celui de ses deux filles : Lucie avec Marius Verniquet, le petit-fils d’Arsène, et Rose avec Georges Ducharme, fils d’un boucher de Châtillon.

    Quant à moi, comment aurais-je pu imaginer que Lucie et Marius allaient me mettre au monde ?

    Mon arrière-grand-père Arsène doit bien rire dans sa tombe, je me demande s’il n’a pas manigancé tout cela pour que le moulin retrouve son paronyme ancestral.

    Georges Gautherot a tout juste le temps de prendre en main son moulin et c’est la guerre.Il est mobilisé dans l’artillerie.

    Pendant plus de quatre ans, avec deux jeunes enfants à charge, ma grand-mère Louise fait tourner le moulin, aidée par les habitants du village. Il en était ainsi dans la plupart des familles de mobilisés.

    Quel courage et quelles forces il a fallu à ces femmes qui tenaient à l’arrière pendant que les hommes étaient au front. Et quelle chance que Georges ait pu rentrer en pleine forme au début de 1919 !

    La paix est revenue. Il a deux employés au moulin-scierie et deux à la ferme. Il y a tant à faire : le moulin, les champs,la vigne, les vaches, les chevaux qui servent aussi aux livraisons de farine en les attelant à des voitures bâchées semblables à celles des immigrants du Far-West.

    Louise, la « patronne » est levée la première et couchée la dernière.

    Elle assure l’intendance de toute la maisonnée : fabriquer les fromages, tuer les poules et les lapins, s’occuper des jardins, de la basse-cour, préparer les repas pour des tablées de 8 ou 10 personnes chaque jour, la couture (elle fabrique même des chaussons et des pèlerines dans des pièces de drap bleu-horizon, récupérées sur les vêtements rapportés par les soldats).

    On fait appel à elle pour faire les piqures aux malades ou poser des ventouses…

    Les activités sont multiples, les allées et venues continuelles, et ceci d’autant plus que Georges Gautherot vient d’être élu maire du village.
    En1932, il entreprend une modernisation du moulin en faisant installer une chambre-mélangeuse de 80 quintaux pour stocker et brasser la farine, afin de prévenir toute fermentation.

     Il achète une boulangerie à Mussy , pour s’assurer un débouché stable à l’abri de la concurrence  qui commence déjà à se manifester.

    Sur la rive gauche du bief, la roue à aubes de l‘ancienne huilerie est octogénaire. Elle actionne encore de vieilles machines à pointes, d’où le nom de « pointerie » que porte cette annexe.
    Un ouvrier vient de Mussy pour fabriquer des pointes de qualité spéciale (fines et rigides, piquantes, elles ne fendaient pas le bois, j’en utilise encore. Il en faisait aussi en laiton et même dans un alliage d’argent pour la tapisserie)

    En 1935, un camion Berliet tout neuf de 3,5 t vient remplacer les voitures à chevaux. Georges Gautherot a besoin d’un chauffeur : il embauche son futur gendre Marius Verniquet.

    Pendant la guerre et l’après-guerre

    Mon grand-père Gautherot décède subitement d’une crise cardiaque en août 1939, tout juste deux semaines avant la déclaration de guerre entre la France et l’Allemagne.

    Marius Verniquet est mobilisé avec le camion du moulin, réquisitionné par l’Intendance Militaire pour transporter le ravitaillement des artilleurs du 104ème R.A. de Dijon.

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (2)

    (Marius part à la guerre avec son camion en 1939)

    En mai 1940 il se trouve piégé comme tant d’autres dans le désastre de Dunkerque où il reçoit l’ordre de détruire son Berliet avant d’être embarqué de justesse sur un navire anglais.

    Pendant ces quelques jours, Châtillon est bombardé. La grand-mère Louise, Lucie, Rose évacuent en Corrèze avec leurs jeunes enfants (mon frère Luc et moi, mon cousin Paul, ma cousine Marie-Rose est aussi du voyage, bien au chaud en attendant de naître quelques mois plus tard). A leur retour, en septembre 1940, elles retrouvent le moulin saccagé et pillé.

    L'histoire du moulin de Gomméville par Jean Verniquet (2)

     (Sur le pont du bief (1975) reconstitution d’un poste allemand pour le tournage du film « le bon et les méchants » de Claude Lelouch, avec J Dutronc, J.Villeret, M. Jobert)

    On entre alors dans la sombre période de l’occupation allemande et de la Résistance.
    J’étais trop jeune pour être conscient du danger, je me souviens es soldats allemands qui entraient en réclamant de la farine, ils ouvraient les placards, cherchant des armes>.Mon père allait secacher dans la chambre d’eau de la turbine. J’ai su plus tard que des maquisards venaient parfois la nuit pour se ravitailler.
    En septembre1944, une escarmouche au carrefour devant la maison fait un mort parmi eux (un jeune de vingt ans). Puis c’est la Libération, les convois américains se succèdent pendant des jours… C’est une aubaine pour nous, les gosses :il suffisait d’agiter la main en formant le V des deux doigts et les chocolats, les chewing gums pleuvaient. C’est ainsi que j’ai reçu ma première orange.
    En novembre 1945, un camion plateau-cabine Citroën P 45 destiné à l’armée, eint en kaki, est attribué au titre des dommages de guerre en remplacement du Berliet. Marius va le chercher à Paris, quai de Javel, à la sortie de la chaîne de montage. Raymond Loiselet, charron-forgeron à Gomméville, fabrique des arceaux pour le couvrir avec les bâches des anciennes voitures à chevaux que  l’on avait précieusement conservées depuis 10 &ans, en cas de besoin.

    Mon père était bien sûr très sollicité avec son camion par les uns ou les autres pour des transports occasionnels qui n’avaient rien à voir avec sa profession, par exemple transporter les habitants du village à Châtillon pour aller au cirque Pinder, ou la fanfare de Mussy et ses flons-flons à la fête de Gomméville.

    Mes actuels réflexes me font frémir quand je songe à sa propre responsabilité en cas d’accident. Mais on sortait d’une guerre de quatre ans, cette notion n’effleurait personne, et personne n’aurait songé à exercer le moindre recours à son encontre. L’entraide était de rigueur.


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  •  Didier Baudry, maire de Nesle et Massoult, m'a invitée à venir voir les nouvelles extensions de la Mairie du Village, ainsi qu'une exposition consacrée à Hervé Baudry, enfant du village, artiste très connu des Châtillonnais, bien trop tôt disparu, hélas.

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    L'ancienne salle des fêtes où ont lieu périodiquement des concerts, a été superbement transformée et agrandie.

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    La salle est magnifique et fonctionnelle....

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Sur ses murs on peut admirer des œuvres picturales et photographiques, certains tableaux ont été offerts par les artistes du village : Karin Neumann, Maryvonne Jeanne-Garrault,  Jean-Pierre Garrault...

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Les dessins d'Hervé Baudry et ses peintures ont été offerts au village de Nesle et Massoult par l'épouse d'Hervé.

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Beaucoup de dessins de presse, puisqu'Hervé Baudry illustrait les pages de notre journal régional "Le Châtillonnais et l'Auxois".

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Mais aussi des œuvres personnelles :

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    L'ancienne salle de classe, adjacente à la salle des fêtes, sert de salle du Conseil Municipal. On y trouve des anciens pupitres, le tableau noir  et des tableaux illustrant des périodes de l'histoire de France, si appréciés des anciens petits écoliers.

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Une superbe cuisine a été ajoutée à la salle des Fêtes....

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Quelques tableaux ornent aussi le bureau de la Secrétaire de Mairie de Nesle et Massoult, ici un tableau de Maryvonne Jeanne-Garrault.

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Un tableau, au centre, de Karin Neumann et deux aquarelles d'une artiste qui avait participé à une fête du village organisée par Hervé Niquet.

    La commune de Nesle et Massoult a rénové sa salle des Fêtes...

    Un article que j'avais consacré à Hervé Baudry, illustré de quelques photos :

    http://www.christaldesaintmarc.com/herve-baudry-n-est-plus-a126083492


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  • "Les perturbateurs endocriniens" une conférence  de Lydie Suty pour l'ACC

     Les perturbateurs endocriniens

    par   Lydie Suty

     Comme leur nom l'indique les "Perturbateurs endocriniens" sont des composés chimiques susceptibles de provoquer des troubles et dysfonctionnements de notre système endocrinien. Pour mieux comprendre la nature et l'importance de ces perturbations, il faut tout d'abord faire le tour du système endocrinien c'est-à-dire des principales glandes endocrines et des nombreuses hormones qu'elles synthétisent et diffusent dans l'organisme pour en réguler la plupart des fonctions. Nous étudierons ensuite les principaux perturbateurs endocriniens connus à ce jour et leurs effets sur l'organisme : troubles du sommeil, malformations, puberté précoce, cancers etc...Enfin , nous aborderons quelques aspects de la prévention et de la législation.

    Cette conférence, à la portée de tous, permettrra de faire le point sur les connaissances et les hypothèses sur ce sujet préoccupant devenu un problème de société.

    Conférence proposée par l'Association Culturelle Châtillonnaise-UTB. Elle aura lieu le lundi 16 décembre 2019, à 14h30, salle de conférences de la mairie de CHATILLON-sur-SEINE, rue du président CARNOT. Entrée 5€  pour les adhérents, 6€   pour les non-adhérents.

     Titulaire d'un doctorat et d'une HDR en Sciences de la vie, Lydie Suty, était chercheur à l'Institut National de la Recherche Agronomique. Spécialiste des interactions entre la plante et son environnement. Auteur de nombreuses publications dans des revues scientifiques internationales et de plusieurs livres de vulgarisation scientifique, Lydie Suty est actuellement chargée de cours à l'Université de Bourgogne et à l'Institut Français d'Herboristerie. Elle est aussi Chevalier de l'Ordre du Mérite Agricole .


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  •  Après la conférence de Pierre Potherat sur les marais tufeux du plateau de Langres, Marie-Geneviève Poillotte a évoqué la flore exceptionnelle de ces marais tufeux.

    Tout d'abord quelques photos de marais tufeux .

    Le marais tufeux du moulin de Saint-Germain le Rocheux :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Le bas marais de la Côte à Lallier à Voulaines les Templiers :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Le marais tufeux, ou marais de pente, du Creux du Parc dans la vallée du Brevon à Busseaut :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    La mousse pousse dans les marais tufeux, elle prend pied sur le tuf avec de petits crochets.

    Voici la mousse avant dépôt de tuf :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    La mousse est ensuite peu à peu recouverte de dépôt calcaire .

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    La flore des marais tufeux :

    Carex flacca, marais de Combe Noire, forêt domaniale de Châtillon sur Seine :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Gentiane pulmonaire (gentiana pneumonanthe) marais de la Côte à Lallier sur Voulaines les Templiers :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Orchis de Traunsteiner (Dactylorizha traunsteinerie) , orchidée liée aux marais tufeux de pente, marais de Combe Noire en forêt domaniale de Châtillon sur Seine :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

     Parnassie des marais (parnassia palustris), marais tufeux de la Combe Baudot :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Swertie vivace (Swertia perenis) , marais tufeux de Tête Vaillant, forêt domaniale de Châtillon sur Seine, route Mathey :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Marais tufeux d'Echalot : Rossolis à feuilles rondes (drosera rotundifolia) plante carnivore :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Inflorescence de la Ligulaire de Sibérie :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Ligulaire de Sibérie (ligularia sibericus) , marais de pente de Combe Noire, forêt domaniale de Châtillon sur Seine :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Sabot de Vénus (cypridemium calceolus) marais tufeux de Val Charbon , forêt domaniale de Châtillon sur Seine :

    La flore des marais tufeux du plateau de Langres, une conférence de Marie-Geneviève Poillotte pour la Société Mycologique du Châtillonnais

    Merci à monsieur et madame Poillotte pour la transmission de leurs superbes photos.

    J'avais déjà pu observer la ligulaire de Sibérie :

    http://www.christaldesaintmarc.com/une-fleur-protegee-la-ligulaire-de-siberie-a15193895


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  •  

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    Les marais tufeux du Plateau de Langres

     Conférence de Pierre Potherat et Marie Geneviève Poillotte 

    Âgées de plus de 10 000 ans, ces formations sont des reliques de la dernière glaciation. Elles ont pu être conservées dans des environnements froids tels que ceux rencontrés dans les forêts du plateau de Langres en général et du Châtillonnais en particulier.

    Caractérisées par l’accumulation de dépôts carbonatés incrustants sur de la végétation, aux émergences de sources pétrifiantes, elles sont composées de marécages sur pentes ou de vasques et cascades étagées du plus bel effet esthétique.

    Les conférenciers se sont attachés à présenter la genèse de ces formations typiques de notre région ainsi que la flore spécifiquement montagnarde qui les accompagne.

    Je rendrai compte de ces conférences en deux articles.

    Voici les deux conférenciers Marie-Geneviève Poillotte et Pierre Potherat, aux côtés de Luc Lefray, Président de la Société Mycologique du Châtillonnais.

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    Luc Lefray a rappelé les nombreuses actions de la Société Mycologique du Châtillonnais.

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    Pierre Potherat  a présenté tout d'abord son étude approfondie sur les marais tufeux.

    Merci à lui de m'avoir transmis toute sa conférence et de m'avoir autorisée à la publier.

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

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    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

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    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

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    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

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    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

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    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    "Les marais tufeux du Plateau de Langres", une conférence proposée par la Société Mycologique du Châtillonnais

    Demain Marie-Geneviève Poillotte présentera  la flore des marais tufeux avec de superbes photos.

     Rappel de quelques articles déjà publiés sur ce blog.

    Le marais tufeux du moulin, à saint Germain le Rocheux :

    http://www.christaldesaintmarc.com/le-marais-tufeux-du-moulin-a-saint-germain-le-rocheux-a5836901

    Le marais tufeux du Cônois :

    http://www.christaldesaintmarc.com/le-marais-tufeux-du-conois-a4637931

    Un petit marais tufeux bien aménagé près de Recey sur Ource, le Marais des Brosses :

    http://www.christaldesaintmarc.com/le-marais-tufeux-des-brosses-a6686812

     Le marais tufeux de Chalmessin (52) :

     http://www.christaldesaintmarc.com/le-marais-tufeux-de-chalmessin-haute-marne-a178002096

     


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  • Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

     En partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Or, le collège Fontaine des Ducs a décidé d’organiser tout au long l’année des actions de préparation à l’orientation après la troisième.

    Lundi 3 et mardi 4 décembre, tous les élèves de troisième, répartis en groupe de 7 à 10 , avaient pour mission de « créer le futur job du Châtillonnais ».

    Encadré par un intervenant de la CCI ou par leur professeur principal, chaque groupe a imaginé un emploi porteur dans un avenir proche pour notre secteur. Ils avaient pour mission de lister les formations permettant d’y parvenir, de mesurer les points positifs et les inconvénients, de trouver les compétences nécessaires à mobiliser, de déterminer le public cible et d’imaginer ce que pourrait-être une journée type de ce futur job.

    L’ensemble de ces points devaient être résumés sur un document de leur choix, les dix groupes ont choisi la réalisation d’une affiche.

    Le point d’orgue de cette action s’est déroulé mardi soir à l’espace rencontre Luc Schréder, gracieusement mis à disposition par la municipalité de Châtillon sur Seine.

    Lors de cette soirée, chaque groupe devaient présenter leur travail devant leurs familles et un jury de 5 professionnels chefs d’entreprises du Châtillonnais et présidé par monsieur Hubert Brigand, Maire de Châtillon sur Seine.

    C’est donc près de 200 personnes qui étaient présentes.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

     Chaque travail était évalué selon des critères prédéterminés avec une voix par familles à hauteur de 30% de la note finale et les 70 % restant correspondaient à la note attribuée par les professionnels.

    Chaque groupe a donc défilé sur scène pour montrer leur affiche qui était projetée et pour en faire une présentation orale.

    En préambule, Monsieur le Maire a rappelé le plaisir qu’il avait à assister à ce genre de manifestation et l’implication sans faille de la municipalité lorsque qu’on parlait d’avenir dans le Châtillonnais.

    Monsieur Bécourt , principal du collège a détaillé les différentes étapes de l’orientation professionnelle qu’auraient à suivre cette année  les élèves et leur famille. Il a rappelé l’importance de ces différentes phases et a invité les familles à prendre contact avec les équipes du collège (direction, professeurs principaux et la conseillère d’orientation appelée dorénavant psychologue d’éducation nationale).

    Enfin, Monsieur Galland, représentant de la CCI a présenté la CCI et les actions qu’elle menait

    Après ces propos liminaires, c’était au tour des élèves d’œuvrer.

    Le groupe A nous a présenté sa vision à travers la nécessité de la présence d’un ophtalmologue sur notre secteur.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Le groupe B pense que dans la continuité du parc National récemment crée un parc ludique trouverait sa place.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Pour le groupe C, c’est l’animateur d’activité de pleine nature qui s’impose.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Pour le groupe D , c’est quelque chose de similaire sur lequel ils se sont investis : guide de richesses naturelles.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Le groupe E pense qu’Architecte de Lieux insolites pourrait se développer dans l’avenir.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Le groupe F nous a décrit la création d’un parc de loisirs.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Le groupe G penche plutôt pour une entreprise de créations évènementielles.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Un autre type de parc de loisirs pour le groupe H.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Le groupe I nous a présenté une entreprise de livraisons écologiques.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Et enfin le groupe J un complexe sportif.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais

    Tout long des présentations chaque votant a noté chaque groupe sur les critères prédéfinis.

    Les bulletins ont été dépouillés pendant un moment de convivialité très bien achalandé offert par la CCI.

    Le public est alors retourné dans la salle pour assister aux résultats.

    Monsieur le Maire a appelé les lauréats à le rejoindre sur scène :

    C’est le groupe E, Architecte de lieux atypiques qui a remporté tous les suffrages devant le groupe I pour la livraison écologique et le groupe G entreprise évènementielle.

    Chaque membre du groupe s’est vu remettre respectivement des bons d’achats de 30€, 20€ et 10€.

    C’est le groupe A, ophtalmologue, qui a été le coup de cœur du jury des professionnels.

    La CCI les a récompensés par un sac contenant différents lots.

    Les élèves de troisième du collège Fontaine des Ducs ont imaginé le futur job du Châtillonnais


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  • La légende du Puits-Milieu

     Quelque part en Orient, Djolen, musicien du Roi et son fils Tiaren, partent lever le sortilège qui a frappé la petite Cassandra.

    Dans un décor à l'esthétique soignée et chaleureuse, les sons se sont mêlés  à la parole, laissant les spectateurs faire leurs chemins d'imaginaire.

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    Il est question du Puits-Milieu, un endroit unique, si profond qu'on y entend le battement du cœur de la terre.

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    Jouée en direct, la musique s'enrichit de techniques d'enregistrements "invisibles", faisant naître comme par magie des paysages sonores propices à l’éveil des sens. Les instruments, gongs, zarb, udu, rhombe, didjeridoo, bol chantant et autre arrosoir, sont autant d’objets sonores à la beauté étrange et fascinante, à découvrir par les yeux et les oreilles.

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    Pour trouver le remède qui guérira la princesse Cassandra, il faudra parcourir des lieues, nager dans des rivières...

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    et arriver enfin au Puits-Milieu au fond duquel se trouve ce qui guérira la princesse...

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    La cruche remontée ne contiendra pas d'eau, mais  elle-même, par la musique qu'elle dégage, fera des miracles...

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    Ce sera la fête au pays lorsque la petite princesse sera enfin guérie...tous les instruments joueront ensemble joyeusement...rythmés par les jeunes spectateurs....

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    qui n'ont pas ménagé leurs applaudissements !

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

    Alexis Louis-Lucas a ensuite dialogué avec le jeune public qui a posé beaucoup de questions sur l'histoire, les instruments utilisés, la mise en scène etc...

    "La légende du Puits-Milieu", un spectacle musical plein de mystères a ravi les enfants des écoles...et les adultes !

     Écriture, musique et jeu : Alexis Louis-Lucas

    Mise en scène : Jacques Arnould

    Régie lumière et son : Aurélien Chevalier

     


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  • Lors d'une réunion de famille, notre cousin Jean Verniquet, dont la famille possédait autrefois le Moulin de Gomméville, m'a confié avoir écrit l'histoire de son moulin familial, agrémentée de photos.

    La consultant, j'ai trouvé cette étude très intéressante car les moulins font partie du patrimoine du Châtillonnais et bien que ne fonctionnant plus, il est bon de s'en souvenir.

    A ma demande, il a accepté de me donner son étude pour que je la publie, merci à lui.

    L'histoire du moulin de Gomméville paraîtra en cinq épisodes, les lundis.

    En voici la première partie :

    "C’était un moulin ! Quand j’ai cessé de faire de la farine, j’ai fait de l’électricité pour mes besoins, ma lumière mon chauffage… tout ça, quoi !Je produis une force motrice, je prends de l’eau mais je redonne tout. On est quitte ! "

    L'histoire du moulin de Gomméville, par Jean Verniquet...

    (Le déversoir, le moulin en 1999)

     C’est en ces termes que mon père Marius Verniquet (1905-1997) présentait son « royaume » dans l’émission "Carré Vert de France 3 (l’enfance d’un fleuve-1992)".

    Sa dernière phrase, un peu malicieuse, faisait allusion au droit d’usage attaché au site depuis des siècles.

    Au Moyen-Âge, l’abbaye de Clairvaux possédait un établissement religieux à Gomméville. Un pré, situé en aval du moulin porte toujours  ce nom. (A cet endroit, en 1960, à la suite des travaux de curage de la Seine, j’ai moi-même extirpé un élément de colonne romane des  graviers rejetés par la pelleteuse)

    Avant la Révolution, ce bien appartenait aux bénédictins de Pothières.

    Selon un procès verbal du 5mars 1791, le moulin avait été adjugé comme Bien National, « avec ses biefs, sous-bief et toutes ses dépendances » au profit d’un certain Louis Gradot.

    En 1801, Edme Verniquet (1772-1851) le grand-père de mon arrière-grand père*, était meunier à Gomméville. Il acheta le moulin en 1816.
    Dans cette vaste famille, un « Edme » peut en cacher un autre… on en compte au moins sept depuis 1595, tous originaires de Châtillon ou de ses environs, maîtres charpentiers ou arpenteurs du roi.

    Celui-ci était né à Thoires où ses parents (Nicolas Verniquet et Marguerite Arbelot) étaient meuniers.Un autre s’était marié à Belan sur Ource en 1763. C’était son arrière petit cousin, architecte et auteur d’un Grand Plan de Paris magistral, détaillant l’ensemble des rues et des bâtiments du Paris de l’Ancien Régime. Ce dernier n’eut qu’une fille qui resta sans enfant.

    *4 enfants sont nés à Gomméville, de son mariage avec Anne Garnier. Leur fils aîné Denis (1801-1882) devint prêtre, le second Jean-Baptiste (1807-1844) fut meunier à Gomméville. La troisième Anne, épousa le meunier de Molesme, Jacques Bourdot. La cadette, Victorine, épouse de Edme Ronot à Pothières était la grand-mère de Paul Terrillon (1887-1967) fondateur de la Société des Emballages (bois et contreplaqués) de Mussy.

    Le Règlement d’eau de 1832

    Edme Verniquet contemple le nouveau pont de pierre dont la construction s’achève, très élégant avec ses cinq arches et son parapet gracieusement galbé, sur lequel sont gravés les 4 chiffres 1.8.2.3. au droit de chacune des piles. Il se propose de rénover ses installations.

    Deux vieilles roues à aube, décalées l’une par rapport à l’autre, actionnent les meules d’une huilerie et d’un moulin à blé installés dans de vieux bâtiments, sur la rive droite de la Seine.

    (La vieille roue à aubes en 1933)

    L’autorisation de transférer son moulin à huile de la rive droite à la rive gauche lui est accordée par l’ordonnance royale du 4 février 1832 qui établit aussi le Règlement de l’Eau.

    Des prescriptions sont imposées concernant les niveaux d’eau, la hauteur et la largeur des vannes motrices et des vannes de décharge, leur manœuvre en cas de crue, ainsi que l’entretien du site.

    " Louis-Philippe, Roi des Français à tous presens et à venir, Salut !

    Nous ordonnons ce qui suit (notamment)

     (Art 3) Le Sieur  Verniquet arasera exactement au même niveau toutes les parties deson déversoir… et l’entretiendra toujours dans le même état sans y laisser former d’atterrissements…

    « (Art5)Il pourra conserver les anguillères qui existent au point F, mais il devra détruire toutes celles du vannage de ses usines.

    « (Art 13) Les plantations et anguillères qui obstruent les déversoirs seront enlevées dans les délais qui seront fixés par le Préfet

    « (Art 16) Faute par le Sieur Verniquet de se conformer aux conditions qui lui sont imposées, la présente ordonnance sera considérée comme non avenue et les lieux seront remis, à ses frais, dans leur premier état."

    Gomméville est un village inondable. Ces prescriptions tendent plus à garantir l’écoulement des eaux en cas de crue qu’à favoriser la migration des poissons. A l’époque, la rivière est si poissonneuse, des brochets, des anguilles, des truites. Cette question ne se pose pas.

    En 1838, Edme a 66 ans, il remet son affaire à son fils Jean-Baptiste, mais celui-ci décède en 1844 à l’âge de 37 ans.

    Arsène(1840-1915) son petit gars est bien trop jeune pour prendre la relève, sa maman se remarie.

    Le moulin est vendu à monsieur Maître de Châtillon en 1850.

    Arsène va grandir et faire l’apprentissage du métier dans diverses localités de l’Aube. Fort de son expérience, il revient à Gomméville en 1870 pour exploiter le moulin natal en qualité de fermier.

    Il entre alors dans un moulin tout neuf. Quinze ans plus tard, il sera le régisseur des biens d’Achille Maître et ira habiter Châtillon .

    (Le rouet de fosse en 2008)

    Une rénovation totale

    Un immeuble de quatre étages, très fonctionnel, vient d’être érigé au bord de la route, sur les fondations des anciennes constructions ; des bâtiments annexes sont aménagés de chaque côté du bief. La roue de l’huilerie a été remontée sur la rive gauche, ainsi que l’atteste le Procès-Verbal de recolement de 1859.

    Cependant la puissance hydraulique installée reste faible. En 1869, l’Ingénieur des Ponts et Chaussées accorde l’autorisation d’élargir les vannes motrices de 2m (soit 50%) ce qui réduit d’autant la largeur du vannage de décharge pour le passage de l’eau en cas de crue.

    Les habitants du bas du village craignent d’être inondés, la contestation s’installe.
    Achille Maître concède à la Commune une prise d’eau dans le bief, pour l’alimentation du nouveau lavoir, ce qui calme les esprits.

    Sur la rive droite, une turbine horizontale Fontaine toute récente remplace la roue à aubes. Le rendement énergétique est bien meilleur mais c’est dangereux pour les anguilles qui peuvent se faire tronçonner par le rotor*

    *Pour autant, je ne crois pas que les moulins et leurs barrages soient la cause majeure de la disparition des anguilles. Dans les années trente on pouvait acheter des anguilles vivantes au moulin. Mes grands-parents les conservaient dans un bassin alimenté par l’eau de la Seine dans la cave du moulin.

    A côté du moulin à blé, cette turbine peut actionner un battoir que la maison Dhotel-Montarlot a monté dans l’annexe au bord de la route, ainsi qu’un banc de sciage à lame circulaire qui peut débiter en solives et en chevrons des arbres longs de six mètres.

    L'histoire du moulin de Gomméville...

    (Transmission au sous-sol)

    L'histoire du moulin de Gomméville...

    (La pause au battage en 1935)

    Quelques années plus tard, sur la rive gauche, l’huilerie sera arrêtée et sa meule utilisée pour le broyage de granulats  provenant des fours à chaux qui fonctionnent sur les coteaux (D’où l’appellation "cimenterie" longtemps donnée à ce local)

    De nouvelles machines de meuneries sont installées :

    Décortiqueur, trieur, tarare pour le nettoyage et la préparation des grains à moudre.

    Appareils de broyage à cylindres cannelés ou lisses

    Bluteries rotatives pour le tamisage des moutures, elles sont équipées de toiles dont les mailles sont de plus en plus fines, d’abord mécaniques puis en soie.

     Le rebouchage des trous de mites dans les soies de blutage avec de la colle à farine était un travail pour les enfants du meunier.

    Des élévateurs à godets, des vis d’Archimède, ainsi qu’un monte-sac mécanique permettent le transfert des différents produits d’une machine et d’un étage à l’autre.

    Les conditions de travail sont dures dans ce grand bâtiment glacial en hiver, avec cette poussière impalpable qui emplit les poumons : les meuniers sont asthmatiques, c’est bien connu.

    L'histoire du moulin de Gomméville...

    (la commande de la scierie en 2008)

    Deux paires de meules en pierre cerclées de fer grondent dans leur caisson cylindrique en bois.L’une est dédiée à la fabrication de pouture (mouture d’orge et d’avoine pour les animaux), l’autre écrase du blé suivant le principe ancestral de la « mouture à façon », encore très pratiqué pour la fabrication du pain familial.

    Le cultivateur apporte son grain au moulin et repart avec sa farine. Il s’agit d’une mouture grossière tamisée par passage au « bluteau ». Le meunier se rémunère en nature en prélevant 5 à 10% du grain à moudre.

    Le cultivateur a le choix de faire son pain lui-même s’il dispose d’un four, ou de  porter sa farine chez le boulanger qui se rémunère au passage en nature lui aussi.

    Il y a aussi la possibilité d’un circuit direct blé-farine-pain ;

    C’est pratique : pas de papiers, pas de taxes, pas de sous, avec du pain « bio » et complet en prime.

    L'histoire du moulin de Gomméville...

    (transmission au premier étage)

     La scierie fonctionne sur le même principe. Les gens apportent des arbres qu’ils  ont parfois abattus eux-mêmes.

    Ce sont souvent de mauvais sapins, noueux, qui serrent la lame en se tordant, c’était très dangereux.

    Dans les années cinquante, mon père faisait cela pour rendre service occasionnellement. Le bruit strident de la lame qui entrait dans le bois à pleine puissance me faisait peur.

    L'histoire du moulin de Gomméville...

    (banc de sciage en 2008)

    La suite, lundi prochain !


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