• Deux poèmes de Valérie Tröndle...

    -Les photos artistiques de Christian Labeaune

     En gobant la lune et le firmament

     Je suis une petite fille
    Et je me souviens

    J'ai fait une fugue à l'usine un dimanche d'automne
    L'usine, j'habitais à côté et je ne la connaissais même pas !
    Je suis passée par dessus la grille derrière la maison et par le hangar aux fenwicks
    Et je l'ai vue !
    Enorme, béante, métallique et comme hantée avec le vent glacial qui soulevait ses voiles de plastiques , avec ses cliquetis  de chaînes et de câbles, avec ses poumons d'acier tout brillants de graisse noire...

    Je ne l'ai jamais dit à personne. C'est mon secret!

    Je suis une petite fille
    Et je me souviens.

    Un cadre s'était garé devant le panneau de stationnement interdit de l'infirmerie, juste devant notre maison.
    Mon père a eu une bonne idée et le cadre ne s'est jamais plus garé devant le panneau.

    -Il faut rrrespecter les lois quand elles sont chustes, disait mon papa avec son accent suisse et en roulant les r comme un vrai bourguignon.

    Je suis une petite fille
    Et je me souviens

    Des nuits de brouillard ou des feux d'artifices
    Des corbillards et de bien des malices
    D'une chasse à courre et de champs de blés
    De jardins merveilleux
    De la maison des ancêtres
    Des concours de pêche
    De la visite à Colombey
    De l'Abbaye de Fontenay
    Du vase de Vix et d'une princesse

    Des feux follets et de Tom Sawyer
    Des ouvriers coriaces
    De la blouse blanche de ma mère
    De toute la suie qu'a avalée mon père
    Et du vin, du vin divin bourguignon
    Et du vin divin qui souvent rend si crétin


    Je suis une petite fille mais plus pour très longtemps
    Je gobe la lune et le firmament
    Je troque des plumes contre de faux diamants

     

    -Une patinoire à Châtillon sur Seine !

     Le long temps des éphémères

     Je te dirai les vents de l'enfance
    Et les tours des nuages
    Les couleurs des rois mages
    Et le sang des cristaux
    Le temps suspendu
    Les caches du rêve

    Je te dirai des forces ouvrières
    Et la tonte en bouteille
    Les rires des pas sages
    Et la larme en faucille
    Le chant du carnaval
    Des clowns tristes

    Je te dirai les vents de l'enfance
    Et des tours de passe-passe
    Des douleurs de Poucette
    Et des larmes d'ogre
    Les trésors du canal
    Une terre de métal
     
    Je te dirai
    Tout ce dont je me souviens

    De ces temps où les éphémères
    Se déplacent lentement

    A la vitesse de la lumière

    (Des commentaires sur le thème de l'article seraient les bienvenus, ils me montreraient que ce blog vous intéresse et ils me donneraient envie de continuer à  l'alimenter .

    Merci.)

     

     


  • Commentaires

    6
    librellule
    Jeudi 26 Mai 2011 à 19:31

    je me souviens bien de toi et j'allais moi aussi jouer chez toi à la cour de la forge.  Dans ce roman que je vais reprendre cette année, j'ai écrit un passage sur les handicapés qui m'a été inspirée par l'une de tes tantes, je crois! évidemment, je brode et invente ensuite. Que deviens-tu? je déménage pour le moment. je me souviens de ta maman très gentille avec moi.  je t'embrasse.

    5
    baudry
    Mercredi 25 Mai 2011 à 14:59

    mon papa est decede  d un accident de travail a la cablerie, alors continus ces jolis poemes ils sont magnifique ,amities sincers .sylvie.

    4
    baudry
    Mercredi 25 Mai 2011 à 14:50

    tres touchees par tes poemes ,j ai ete ton amie petite ,on jouais ensembles les mercredis  chez ta maman et mes parents travaillaient a l usine ou mon papa andre y es deceder d un accident de travail sainte colombe a bercer mon enfance ,alors continue ces manifiques poemes biz

    3
    baudry
    Mercredi 25 Mai 2011 à 14:43

    tres touchee par tes poemes j ai ete ton amies dans l enfance tout les mercedis apres midi chez ta maman et mes parents travaillaient a l usine sainte colombe est tout pour moi

    2
    librellule
    Mardi 8 Mars 2011 à 21:20

    La concordance des temps demanderait "se déplaçaient" mais je trouve bien le présent aussi.

    1
    librellule
    Mardi 8 Mars 2011 à 21:17

    Merci Christiane. ça m'encourage à perséverer.

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