• "Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    Cette conférence intitulée "Diderot à Langres" a été présentée par Monsieur David Covelli, Directeur du Service Patrimoine de la Ville de Langres, en hommage à Denis Diderot, dont Langres fête cette année le tricentenaire.

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

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    La ville de Langres, où naquit Denis Diderot, était, à cette époque, une ville forteresse, à la fois militaire et religieuse.

    Autrefois, elle fut une capitale gallo-romaine, qui comptait 8000 habitants, autant, nous dit David Covelli, que...maintenant!

    Le Seigneur de Langres était son Evêque, il possédait également le titre de Duc.

    La ville de Langres avait la religion comme emblème: 800 personnes travaillaient dans les tribunaux de l'Evêché...

    La ville de Langres était aussi réputée pour sa coutellerie, 250 couteliers y travaillaient, on y entendait, de très loin, le bruit des forges.

    Le père de Denis Diderot, Didier, était Maître-Coutelier, il fabriquait des instruments de chirurgie: bistouris, scalpels et lancettes et des lames fines estampées de la marque dite "à la perle".

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    La famille Diderot était une famille classique, bourgeoise, aisée, pieuse évidemment puisque vivant dans une ville épiscopale. La ville de Langres possédait vingt clochers à la Révolution: Saint Pierre et Saint Paul, Saint Mamet, Saint Martin, la chapelle des Jésuites etc...

    Denis Diderot fréquenta le collège des Jésuites, comme son frère Didier-Pierre quelques années plus tard. Ce dernier devint chanoine, alors que Denis s'éloigna de la religion après son départ de Langres. Les deux frères furent véritablement des "frères-ennemis", se querellant avec férocité.

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

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    Sur cette vue aérienne, on distingue la cathédrale, puis à droite le collège des Jésuites, qui porte maintenant le nom de Collège Diderot.

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    Denis Diderot naquit le 5 octobre 1713 dans une maison de la  place Chambeau.

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    La maison natale de l'encyclopédiste  se trouve à droite de cette photo, elle abrite à présent un magasin d'optique.

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    Les Diderot habitèrent ensuite dans cette autre maison, maison qui fut véritablement la "maison d'enfance" de Denis. Elle resta dans la famille jusqu'en 1787, date de la mort du Chanoine Didier-Pierre.

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    Denis Diderot fut un élève extrêmement brillant. Son père était très fier de lui et pleurait de joie lorsqu'il le voyait revenir du Collège "les bras chargés de prix et les épaules chargées de couronnes".

    Mais Denis était aussi un élève turbulent et bagarreur, qui supportait difficilement les remontrances des régents du Collège. Aussi il dit un matin à son père qu'il ne voulait plus continuer ses études.

    Le Maître-Coutelier décida de mettre Denis à la forge, mais il renonça au bout de quatre jours, tant son fils rata un "déluge de canifs, de couteaux et autres instruments"

    Denis retourna alors au Collège où il se forgea une bonne culture classique. Les Jésuites voulaient en faire un prêtre, mais n'y réussirent pas. Denis quitta Langres pour Paris, en 1728.

    On sait que Denis Diderot fut l'auteur de l'Encyclopédie. Voici une planche de l'ouvrage, représentant un atelier de coutellerie, gravure  sans aucun doute inspirée par l'atelier et le magasin de son père .

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    En 1884, pour le centenaire de la mort de Denis Diderot, la Municipalité républicaine de Langres, décida dériger une statue en hommage à l'encyclopédiste.

    Les tensions furent vives entre les habitants, certains étant partisans du clergé et bien sûr du Chanoine Didier-Pierre Diderot, d'autres penchant pour l'homme des "Lumières", athéiste et matérialiste.

    La statue fut réalisée par le célèbre sculpteur Auguste Bartholdi, auteur du "Lion de Belfort" (1880), et plus tard de "la Statue de la Liberté éclairant le monde" (1886)

    On peut remarquer, nous dit David Covelli, que seul le nom de famille est gravé sur le socle, ceci ménageant la sensibilité des religieux et des laïcs !

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    Les élèves du Lycée Diderot ont pris pour habitude, chaque année, au début  de la période de révision du baccalauréat, d'habiller la statue du philosophe d'un costume en rapport avec l'actualité en cours, en voici un exemple :

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    Le but de la conférence de David Covelli était d'évoquer les jeunes années de Denis Diderot. L'année prochaine, en prélude à un voyage à Langres, l'Association Culturelle Châtillonnaise de l'Université pour Tous, nous présentera une conférence sur Diderot l'Encyclopédiste: sa vie et son œuvre, après son départ de sa ville natale.

    Très applaudi, le conférencier répondit fort aimablement aux questions de l'auditoire.

    Puis il termina par cette belle analyse : Si nous avons fait le choix de l'école obligatoire, si nous avons été libres de choisir un métier, c'est peut-être à Denis Diderot que nous le devons. L'esprit des Lumières continuera d'être dérangeant, mais nous en sommes ses héritiers.

    Diderot à Langres", une conférence de David Covelli, pour l'Association Culturelle Châtillonnaise

    (Des commentaires sur le thème de l'article seraient les bienvenus, ils me montreraient que ce blog vous intéresse et ils me donneraient envie de continuer à  l'alimenter .

    Merci.)


  • Commentaires

    2
    Sylvie
    Dimanche 4 Juin à 10:29

    La place Chambeau vers 1840 semble être un dessin de mon grand père Gustave Saby qui faisait partie de la socièté archéologique de Langres!

    Il était à l'école des Beaux Arts à Dijon , puis peintre, lithographe, affichiste...à Dijon. 

    1
    Christian Lemasson
    Vendredi 14 Juin 2013 à 19:17

    Bonjour, votre article est de belle qualité, je tiens à apporter une précision: l'illustration d'un atelier du coutellerie du XVIIIème provient du livre de Jean-Jacques Perret "l'Art du Coutelier" dont la première édition parut en 1771. Bien cordialement, Christian Lemasson.

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