• Fernand Daguin, naturaliste châtillonnais

    Marie-Geneviève et François Poillotte vont évoquer  ci-dessous, Fernand Daguin, un naturaliste châtillonnais, passionné non seulement par l'ornithologie, mais aussi par la botanique.

    En nous révélant les découvertes que Fernand Daguin a notées sur son carnet,  ils nous offrent une superbe promenade virtuelle en forêt de Châtillon...promenade qui nous est actuellement interdite, mais  dont nous aurions tellement besoin !

    Merci à eux pour cet article passionnant.

    Un naturaliste châtillonnais, Fernand DAGUIN et ses herborisations en Forêt de Châtillon au XIXème siècle .

    Juriste de formation, avocat de profession, Fernand Daguin a marqué l’histoire locale dans la seconde moitié du XIXème siècle et les deux premières décennies du XXème siècle dans des domaines étrangers à sa formation initiale.

    Son souvenir s’est perpétué à travers sa collection d’oiseaux naturalisés dont quelques exemplaires sont exposés aujourd’hui au Musée du Pays Châtillonnais-Trésor de Vix, après avoir séjourné un siècle durant dans les annexes de l’ancien tribunal de la Rue des avocats à Châtillon.

     

    Fernand Daguin, naturaliste Châtillonnais

    Fernand Daguin, naturaliste Châtillonnais

    Fernand Daguin, naturaliste châtillonnais

    Victor Félix Fernand Daguin, fils de Aimé Daguin et de Jeanne Ravelet, est né à Châtillon, le 4 juin 1848.

    Après une scolarité réussie, il fit de brillantes études à la faculté de droit de Paris, sanctionnées par un doctorat.

    Il opta professionnellement pour le barreau et devint avocat à la Cour d’appel de Paris.

    Mobilisé en 1870 comme lieutenant de la garde mobile au 10ème régiment de Côte-d’Or il participa sous les ordres du colonel de Grancey, à la défense de Paris.

    Il intégrera par la suite l’armée de réserve comme lieutenant puis comme capitaine au 27ème régiment d’infanterie basé à Dijon.

    Il terminera comme chef de bataillon de réserve. Ses activités professionnelles et autres ne l’empêchèrent pas d’assurer les fonctions de maire de la commune de Chamesson où il demeurait.

    Décédé en 1922 à l’âge de 74 ans, sans enfant, le château qui lui appartenait fut vendu après son décès.

    Quant à la forêt qui était également sa propriété, elle fut léguée à l’État et constitue de nos jours la forêt domaniale de Chamesson.

    Titulaire de nombreuses décorations et distinctions, tant françaises qu’étrangères, il a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 1894.

    Dans des domaines très divers, Fernand Daguin nous a livré une œuvre importante, qui mériterait d’être mieux connue.

    En tant que juriste, il fit diverses études sur la législation étrangère applicable dans certains domaines très particuliers.

    Membre de la Société de législation comparée dont il fut le secrétaire, l’Annuaire de Législation étrangère de 1895, publia la traduction qu’il fit de la loi de Croatie-Slavonie sur la chasse du 27 avril 1893.

    Le bulletin de la Société de législation comparée d’avril-mai 1907, contient un article de lui sur l’impôt sur le revenu dans le GrandDuché du Luxembourg.

    Il a été également l’auteur de commentaires sur les lois françaises du 9 juillet 1889 et du 22 juin 1890 sur le parcours et la vaine pâture.

    Il fut à l’origine de bien d’autres articles, comme celui sur la prison de Monaco publié dans la Revue pénitentiaire de mai 1900.

    Une telle diversité dans les sujets traités met en relief la vaste culture juridique qui fut celle de Fernand Daguin.

    Mais son éclectisme devait tout naturellement l’amener à s’intéresser à d’autres domaines que celui du droit.

    Il se consacra à l’archéologie et publia, en tant qu’associé correspondant national de la Société des Antiquaires de France, dans le bulletin de la Société Nationale des antiquaires, notamment en 1899 et en 1902, une note sur les fouilles exécutées à Vertault (Côte d’Or) ces années-là.

    Il fut aussi un excellent naturaliste et c’est surtout en cette qualité qu’il est connu des Châtillonnais ou de certains d’entre eux.

    Sa collection d’oiseaux naturalisés dont nous avons fait état ci-dessus, exposée en partie au musée nous rappelle qu’il fut un ornithologue de qualité.

    En 1922, peu de temps après son décès, fut publié son article sur la « Faune ornithologique de l’arrondissement de Châtillon-sur-Seine » dont la teneur a été reprise « in extenso » dans un bulletin d’avril 2004 de l’Association des Amis du Châtillonnais, auquel les amateurs de l’avifaune peuvent se reporter.

     

    Fernand Daguin, naturaliste Châtillonnais

    Mais il y a un domaine dont on parle peu et pourtant pour lequel Daguin se passionna tout particulièrement : la botanique, à laquelle il s’intéressa dès son enfance.

    Il fit tout au long de son existence de nombreuses herborisations sur le terrain.

    Ses comptes-rendus de sorties ont été consignés dans des carnets de notes qu’a bien voulu nous communiquer Dominique Masson, notre historien local.

    Partons donc à la découverte des espèces végétales, présentes dans le Châtillonnais au XIXème siècle.

    Nous tenterons d’établir ensuite un comparatif sur l’évolution de la flore, entre les espèces présentes autrefois et celles d’aujourd’hui.

    Ces relevés, établis entre 1862 et 1922, aussi riches d’informations soient-ils, n’en demeurent pas moins très approximatifs sur les lieux de prospection et sont muets sur la description des espèces trouvées et sur l’importance des populations.

    Nous ne citerons que quelques-unes des très nombreuses herborisations effectuées dans le Châtillonnais en forêt de Châtillon, plus particulièrement dans le vallon du Val-des-Choux où il aimait beaucoup se rendre. Nous n’aborderons pas celles faites ailleurs dans le Châtillonnais ou parfois très loin, dans les Alpes maritimes ou en Normandie par exemple.

    Etat de quelques herborisations

    Année 1862 (Daguin n’avait alors que 14 ans) 10 juillet :

    Val-des-Choues (ainsi orthographié dans tous les relevés).

    Trouvés : « en se rendant au prieuré par Aisey, Rochefort et Essarois, sur le bord de la route près du moulin de Busseaut, Lychnis sylvestris (Silene dioica – Compagnon rouge) ; entre la ferme du « bas de Comet » et le grand prieuré, Orchis bifolia (Platanthère à deux feuilles) ; au bord du ruisseau du Valdes-Choues, envitron à 200 mètres en aval des ruines du monastère, le Lysimachia vulgaris (Lysimaque commune ou grande Lysimaque) ; en remontant le côteau à gauche, Gentiana ciliata (Gentianella ciliata – Gentiane ciliée) et Inula salicina (Inule à feuille de saule).

    En regagnant Essarois, par le sentier qui prend à droite en sortant du monastère, dans le bois à droite au-dessus du couvent, belle station de Geranium sanguineum (Géranium sanguin). »

    16 août 1862 : Val-des-Choues :

    « Chemin qui longe le côté gauche de la vallée au départ du monastère, en lisière de bois au-dessus de l’étang desséché (?), Gentiana germanica (Gentianella germanica – Gentiane d’Allemagne), Gentiana ciliata (Gentiane ciliée).

    Dans la Combe Noire : Sanguisorba officinalis (Sanguisorbe officinale ou Grande Pimprenelle), Swertia perennis (Swertie vivace)

    Fernand Daguin, naturaliste châtillonnais

    Gentiana pneumonanthe (Gentiane pulmonaire)

    Fernand Daguin, naturaliste châtillonnais

    , Parnassia palustris (Parnassie des marais), et Cineraria sibirica (Ligularia sibirica - Ligulaire de Sibérie).

    En revenant au monastère, par le côté droit de la vallée à 50 mètres environ du monastère, à gauche du chemin, Sedum telephum (Orpin reprise) » 

    Année 1863 29 avril 1863 : Châtillon-sur-Seine :

    « Nous avons recueilli le beau Tulipa sylvestris (Tulipe des bois ou Tulipe sauvage) dans un jardin appartenant à M. Jourdeuil. Cette plante croissait sur le bord de la Seine.

    En marge se trouve ajouté la mention « Petit Versailles »

    Cette station existe toujours dans le parc du château dit du « Petit Versailles ». Nous en avons trouvé une population importante à cet endroit, le 12 avril 2005.

    C’est sans doute Daguin qui a introduit l’espèce, encore présente de nos jours, dans le parc du château de Chamesson.

    14 septembre 1863 : Val-des-Choues :

    « Sur le bord de la route qui va de Vanvey à Voulaines, sur la rive gauche de l’Ource, nous avons trouvé le Symphitum officinale (Grande Consoude) près de la fontaine Devisme (?).

    A la Combe noire, nous avons recueilli quelques pieds de Cirsium anglicum (Cirse d’Angleterre), Cirsium bulbosum (= Cirsium tuberosum – Cirse tubéreux ou bulbeux) et Cirsium palustri-bulbosum (Cirse des marais).

    Sur les bords du canal du Val-des-Choues croissait abondamment le Cirsium oleraceum (Cirse faux-épinard).

    Année 1864 : 30 mai 1964 : Val-des-Choues :

    « A la Combe noire, nous trouvons Cineraria spatulifolia (= Senecio helenitis = Tephroseris helenitis, subst helenitis – Séneçon à feuilles en spatule).

    Nous remontons ensuite le ruisseau du Canal. Dans un buisson à 300 mètres en aval du monastère, nous recueillons, le Lithospermum purpureocaeruleum (Grémil pourpre et bleu), à gauche du chemin qui va du monastère à la route de Vanvey.

    Dans les fentes des murs du réservoir de l’ancien couvent (?) nous récoltons l’Asplenum ruta-muraria (Rue des Murailles).

    Nous suivons alors le sentier qui descend la vallée sur la rive gauche du ruisseau.

    Arrivés près d’un pont de bois sur lequel passe une grande ligne forestière (Tranchée de Tête Vaillant qui coupe la route Mathey actuelle (?), nous prenons cette ligne et gravissons le coteau gauche de la vallée.

    A la moitié de la hauteur de la colline, nous trouvons à gauche, Pyrola rotundifolia (Pyrole à feuilles rondes), et à droite nous rencontrons une magnifique station de Cypripedium calceolus (Sabot de Vénus).

     

    Fernand Daguin, naturaliste châtillonnais

    Cette station n’est plus citée aujourd’hui et paraît avoir disparu.

    A quelques pas de là nous trouvons le Rubus saxatilis (Ronce des rochers).

    Nous longeons la vallée et nous arrivons dans une combe en face de la Combe noire, sur le versant regardant le nord (Val Charbon ?) nous trouvons à mi coteau, le Polypodium calcareum (= Polypodium robertianum – Polypode de Robert = Polypode du calcaire), le Dentaria pinnata en fruits (= Cardamine heptaphylla – Dentaire pennée), le Cypripedium calceolus (Sabot de Vénus) en abondance mais moins beau que dans la première station.

    Nous revenons au monastère par le côté droit du ruisseau.

    Nous trouvons dans un marais l’Eriophorum gracile (Linaigrette frêle).

    Sur le coteau, dans une ligne forestière, nous rencontrons Helianthemum canum (Hélianthème blanchâtre.) Les fleurs sont jaunes mais l’espèce doit son nom vernaculaire à ses feuilles blanchâtres recouvertes de poils).

    Nous arrivons au monastère d’où nous regagnons Chamesson.

    Année 1865 : 24 mai 1865 : Val-des-Choues :

    « Nous sommes passés par la route forestière que nous avons prise près de Châtillon.

    Nous sommes arrivés au monastère par un chemin hérissé de roches où la voiture a failli verser.

    Après avoir déjeuné sur l’herbe, nous avons commencé notre excursion.

    Nous avons suivi le sentier de la rive droite.

    Un peu avant d’arriver à la Combe noire, nous avons pris une petite vallée, la Combe Narlin, arrosée par un ruisseau (cette vallée se trouve à gauche quand on descend la vallée principale).

    Nous avons trouvé le Cypripedium calceolus (Sabot de Vénus) en abondance. Le Sabot de Vénus ne croit qu’à mi-coteau, plus haut et plus bas, on le cherche vainement ; nous avons remarqué que les pieds portant deux fleurs sont presqu’aussi nombreux que ceux qui sont uniflores (situation également fréquente de nos jours dans les populations).

    En remontant cette petite vallée nous avons recueilli le Dentaria pinnata (Dentaire pennée). « Il » était peu abondant et la fleur était presque passée.

    Sur le bord du ruisseau nous avons trouvé le Skorzonera humilis (Scorzonaire humble) et sous les buissons, le Lithospermum purpureocaeruleum (Grémil pourpre et bleu).

    Sur le bord du bois nous avons recueilli l’Orchis militaris (Orchis militaire).

    En arrivant à la Combe noire nous avons aperçu avec effroi un aqueduc construit par M. Monnot dans le but d’amener l’eau de la Combe noire à Villiers.

    Le marais commençait à se dessécher.

    Plaise à Dieu que ce dessèchement ne fasse pas disparaître le rare Cineraria sibirica (Ligulaire de Sibérie).

     

    Fernand Daguin, naturaliste Châtillonnais

    Nous avons remarqué dans le marais le Cineraria spathulifolia, le Cirsium bulbosum et Eriophorum gracile.

    Sur le bord du ruisseau croissait Tetragonolobus siliquosus (Lotier à gousses carrées).

    Au-dessus de la Combe noire, dans une clairière, nous avons recueilli Rosa pimpinellifolia (Rosier pimprenelle).

    En revenant au monastère, nous avons trouvé dans un pré sur le bord du ruisseau principal, une station d’Ajuga genevensis (Bugle de Genève), variété rose.

    Nous sommes revenus à Chamesson par la route forestière ; nous nous sommes arrêtés à une maison de garde ( Maison forestière du centre) située à 12 ou 13 kilomètres de la route de Châtillon à Langres.

    Le garde nommé Gradelet a eu l’obligeance de nous conduire à une station de Daphne cneorum (Daphnée camélée ou Thymélée).

     

    Fernand Daguin, naturaliste Châtillonnais

    Nous avons pris un chemin à côté de sa maison.

    On a ce chemin à sa droite quand on revient du côté de Châtillon.

    Nous l’avons suivi l’espace de 200 pas environ ; nous avons pris un sentier à gauche et nous avons descendu le Val… ? pendant 25 minutes.

    Au bout de ce temps, le bois s’est éclairci et nous avons aperçu dans l’herbe les jolies touffes roses du Daphne cneorum.

    En revenant à la maison du garde nous avons été pris par la pluie qui n’a cessé qu’à Châtillon.

    Le val dont parle Daguin est sans doute la Combe aux Cerfs qui conduit à la route actuelle des 20 arpents, à peu de distance de Villiers-le-Duc.

    C’est sans doute dans les pelouses situées à l’extrémité de cette combe avant sa jonction avec la route des 20 arpents, que se trouve la station de thymélée dont parle Daguin, et qui existe encore de nos jours.

    Année 1871 31 août 1871 : Forêt de Châtillon :

    « En quittant la maison des gardes, comme pour se rendre à Châtillon par la route forestière, on prend la première ligne que l’on rencontre à gauche ; on finit par tomber dans une ligne perpendiculaire plus large ; trouvé dans cette ligne même l’Iberis durandii (= Iberis linifolia = Iberis intermedia fo durandii – Ibéris à feuilles de Lin) ; rencontré également le Pyrethrum corymbosum (= Tanacetum corymbosum – Tanaisie en Corymbe) ; cette dernière plante est commune dans la forêt de Châtillon surtout le long de la route forestière près de la Combe Chamesson.

    Cette plante est encore bien présente sur les bas côtés de la route du monument, près de la maison forestière de la Grande Réserve, où nous en avons vu d’importantes populations, le 7 juillet 2018). »

    Année 1879  4 octobre 1879 : Forêt de Châtillon :

    « Trouvé le Senecio viscosus (Séneçon visqueux) sur les talus de la route forestière désignée sous le nom de Cordon de Saint-Germain, dans la Combe de l’Homme mort ; la floraison était presque passée. » (La combe de l’Homme mort est la première combe, qui prend à gauche du Cordon de Saint-Germain lorsqu’on se dirige vers Saint-Germain-le-Rocheux, après la route du Val-Thibaut.)

    Année 1880 30 mars 1880 : Forêt de Châtillon :

    « Trouvé l’Hepatica triloba (= Hepatica nobilis – Anémone hépatique ou Hépatique à trois lobes) en abondance dans les taillis de la forêt de Châtillon, à droite et à gauche du Cordon de Saint-Germain, un peu avant d’arriver aux plantations de pins sylvestres du Bas de Vanne.

    Remarqué, quelques instants après, dans la ligne séparative des bois de l’État et des bois de la Grange (Grange Didier), entre le chemin de Voisin à la maison des gardes de Saint-Germain (Maison forestière du Tremblois) et le chemin du champ des Charriots, les feuilles de Pyrola rotundifolia (Pyrole à feuilles rondes).

    Sur le bord de la même ligne, vus le Ficaria ranonculoides (Ficaire fausse-renoncule ou Ficaire) et le Scilla bifolia (Scille à deux feuilles) en pleine floraison.

    Année 1881 22 mars 1881 : Forêt de Châtillon :

    « Remarqué l’Hepatica triloba en pleine floraison, dans les taillis du Tremblois, près des Bas de Vanne (même station que celle indiquée dans l’herborisation du 30 mars 1880.

    Dans les lignes avoisinantes, constaté la présence de Pyrola rotundifolia dont les feuilles seules étaient poussées.

    Trouvés ça et là, dans le gaulis, sur le même point, le Daphne mezereum (Joli-bois ou Bois-joli)

     

    Fernand Daguin, naturaliste Châtillonnais

    et le Daphne laureola (Laurier des bois). »

    Année 1882 15 mai 1882 : Forêt de Châtillon – Val des Choues :

    « Je me suis fait conduire en voiture de Chamesson, par la route d’Essarois, jusqu’à la grande route forestière de la Forêt de Châtillon.

    Là, j’ai trouvé dans les clairières du bois, des deux côtés de la route et jusqu’à la lisière du côté des champs du Puiset, les touffes odorantes du Daphne cneorum (Thymélée).

    A huit heures et demie du matin, j’ai pris le chemin de traverse qui gagne la ferme du bas-de-Comet (où ce qu’il en restait déjà à l’époque).

    J’ai pris à gauche, entre la ferme et le bois, le chemin du Val-des-Choues.

    Après avoir traversé un taillis où j’ai remarqué le Galeobdolon luteum (Lamier jaune).

    Je suis arrivé à un chemin plus frayé ; j’ai pris à gauche et j’ai contourné une combe profonde ayant à gauche des champs cultivés et à droite sur la déclivité du vallon un rideau de bois me masquant imparfaitement l’enclos et les bâtiments du monastère.

    Le chemin s’infléchit ensuite à droite, pénètre dans le taillis et descend dans la vallée, en longeant les murs du jardin du couvent.

    Je suis arrivé à la porte principale à neuf heures ; j’ai pris le chemin qui descend le val par la rive gauche : remarqué d’abondantes stations de Convallaria majalis (Muguet) sous le perchis, jusqu’à la lisière du bois.

    Traversé le vallon sur la chaussée du petit étang qui est situé à 200 mètres environ en aval du monastère (Etang de l’abbaye).

    Pris le chemin qui descend la vallée sur la rive droite (aujourd’hui route Mathey).

    A l’entrée du bois, remarqué le Lithospermum purpureo-caeruleum.

    Gagné le pont de Lantive, traversé le ruisseau et continué le chemin dans la direction de la vallée de l’Ource.

    Atteint à 10 heures, la Combe noire où j’ai déjeuné. Dans la combe, trouvé le cineraria lanceolata (Séneçon à feuilles spatulées) »

     

     Il est difficile d’établir une relation entre les stations visitées par Daguin et celles existantes de nos jours, en raison d’éléments de localisation trop confus.

    Dans le vallon du Val-des-Choux, on peut cependant, sans grand risque, identifier les milieux dans lesquels notre juriste a herborisé.

    Les relevés portent surtout sur des plantes des milieux humides notamment les marais alcalins.

    A l’examen des relevés, on remarque toujours la présence des mêmes espèces, plus d’un siècle et demi plus tard.

    Cette continuité semble démontrer que l’exploitation de notre forêt n’a pas affecté le maintien de la biodiversité.

    (Marie-Geneviève et François Poillotte)


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