• L'Europe : 1929-1939, de la crise financière à la guerre

    L'Europe  : 1929-1939, de la crise financière à la guerre

    L'Europe  : 1929-1939, de la crise financière à la guerre

     L’Europe: 1929-1939  
    De la crise financière à la guerre
    La grande dépression, les dictatures, les démocraties conciliantes

     Robert Fries qui a présenté cette conférence sous les auspices de  l'Association Culturelle Châtillonnaise , a donné gracieusement son texte aux auditeurs qui le désiraient.

    Je le publie en plusieurs épisodes sur le blog, merci  à Robert Fries pour sa générosité.

    Ces épisodes font suite à sa conférence de 2020, que j'avais publiée ici :

    http://www.christaldesaintmarc.com/de-1919-a-1929-c33164692


    La fin des années 20 : l’esprit de Locarno et la prospérité retrouvée.


    Les années d’après-guerre sont difficiles. 

    L’Allemagne se sent injustement humiliée.

    La France veut des réparations : « l’Allemagne paiera » dit-on ; mais l’Allemagne fait tout pour ne pas payer.

    La Grande -Bretagne recherche un équilibre entre les puissances continentales.

    L’Italie n’a pas pu satisfaire ses ambitions territoriales et connait de sérieux troubles sociaux.

    Les Etats-Unis portent moins d’intérêt aux questions européennes. 

    A l’exception des Etats-Unis, tous les pays se débattent dans des difficultés financières héritées de l’endettement dû à la guerre. 

    Les crises se succèdent : économiques, sociales, politiques. 

    A la violence des mouvements revendicatifs voire révolutionnaires s’oppose la violence des forces de l’ordre. 

    La diplomatie européenne est dans une impasse.


    A partir de 1924, le ciel s’éclaircit : En Allemagne le chancelier Gustav Stresemann dirige un gouvernement de coalition.

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      Il est prêt à payer les réparations moyennant des accommodements. 

    En France le Cartel des gauches arrive au pouvoir : Herriot et Briand sont fondamentalement pacifistes et prêts à discuter. 

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    En Grande-Bretagne, le travailliste Ramsay  MacDonald,

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    puis le conservateur Austen Chamberlain

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    dirigent les affaires étrangères dans un esprit d’ouverture. 

    S’ouvre alors une période de détente.

    L’esprit de Locarno et ses conséquences.

     Le 16 octobre 1925, la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Allemagne et l’Italie signent à Locarno un traité, le Pacte rhénan, qui entérine l’accord de l’Allemagne quant à ses frontières occidentales telles que définies par le traité de Versailles, c'est-à-dire avec la France et avec la Belgique ainsi que la démilitarisation de la Rhénanie.

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    Les frontières occidentales de l’Allemagne sont garanties par la Grande-Bretagne et l’Italie .

    Les contractants s’engagent à ne pas utiliser la force pour régler d’éventuels différends mais de faire appel aux procédures d’arbitrages de la SDN. 

    L’atmosphère est à la conciliation et à la solidarité internationale pour œuvrer au maintien de la paix sur le continent. 

    Les signataires en France et en Grande-Bretagne sont accueillis en héros. 

    Stresemann, Chamberlain et Briand recevront le prix Nobel de la paix.

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    L’Allemagne est de nouveau à son rang dans le concert des nations.


    Dans cet « esprit de Locarno », qui prévaudra jusqu’en 1929, des mesures importantes sont adoptées :


    •    1926 : entrée de l’Allemagne à la SDN


    •    Accord franco-allemand sur l’acier, préfiguration de la CECA, conclu en septembre 1926.  C’est un cartel qui fixe des prix et des quotas de production.


    •    Août 1929 : évacuation anticipée de la Rhénanie qui est effective en 1930 avec 5 années d’avance sur les dispositions du traité de Versailles.  L’occupation de la Ruhr, débutée en janvier 1923 est terminée en août 1925.


    •    1924 puis 1929, successivement plan Dawes puis plan Young qui apportent des adoucissements aux paiement des réparations.  Les montants dus sont diminués : ils passent de 132Md Marks à 38Md Marks et la période de paiement étendue jusqu’à 1988.


    La prospérité revenue.

    Le passage d’une économie de guerre à une économie de paix a été difficile. 

    Les destructions sont massives (France), les emprunts sont à rembourser, les pensions des veuves et des invalides sont à honorer, en plus pour l’Allemagne il y a les réparations. 

    Toute l’Europe connait des mouvements sociaux violents.

      Les pays vainqueurs estiment que leur prestige international ainsi que la confiance que leur ont accordée leurs prêteurs – d’abord leurs citoyens - est liée au taux de change de leur monnaie.

    Mais la guerre a entrainé une inflation.

    La même quantité de monnaie ne permet plus d’acheter la même quantité de marchandise qu’avant la guerre.

     Des réajustements monétaires sont nécessaires, même s’ils sont cuisants pour certaines classes sociales (retraités, rentiers vivant sur des revenus fixes).

     
    Des réformes sont adoptées avec plus ou moins de bonheur presque partout en Europe.


    •    En France c’est le franc Poincaré adopté en 1928 : il vaut désormais 65,5 mg d’or alors qu’il en valait 322,58 en 1914, sans changement depuis son introduction le 7 germinal an XI (27 mars 1803). 

    La confiance revient et avec la confiance l’argent des possédants.

    La livre qui valait 235Fen 1926 vaut désormais 125F.  L’année 1929 se présente sous les meilleurs auspices.


    •    En Allemagne c’est la création du Reichsmark en 1924 gagé sur l’économie du pays qui met fin à l’hyperinflation et ramène la confiance.


    •    La Grande-Bretagne suit un chemin différent.  A l’initiative de Churchill, en juin 1925, la livre retrouve sa convertibilité en or au taux d’avant-guerre.

      Les financiers sont satisfaits, mais les exportations s’effondrent.

      Les salaires des mineurs sont diminués pour améliorer la compétitivité du charbon anglais.

    D’où une grève générale – en solidarité avec les mineurs dont les salaires avaient été diminués - mémorable en mai 1926. Le front des grévistes se disloque face à une opinion hostile et la grève se termine par un échec pour l’ensemble des syndicats.  Cet échec affaiblira la crédibilité de l’action syndicale pendant des décennies.


    •    L’Italie fasciste, par souci de prestige, cherche à maintenir le cours élevé de la lire. 

    Pour éviter la perte de devises, une politique déflationniste est mise en place : les salaires sont baissés, les importations sont entravées par des droits de douane et remplacées par des productions locales souvent onéreuses, la consommation intérieure est bridée par l’Etat (limitation autoritaire de la consommation de pain, de viande, etc.).


    Dans les démocraties – et l’Allemagne en fait encore partie - la prospérité se manifeste par


    •    Une reprise des échanges internationaux


    •    Des investissements importants venant des Etats-Unis, notamment en Allemagne


    •    De nouvelles technologies amenées par le moteur à explosion et le moteur électrique.  Le pétrole et l’électricité remplacent le charbon comme source d’énergie


    •    De nouvelles méthodes d’organisation et de vente (travail à la chaine, standardisation, Taylorisme, publicité) tendant à la production de masse


    •    La création de grands groupes – holdings ou « konzern » - par fusion et acquisition (Acier avec Stinnes et Krupp, BASF, Imperial Chemical Industries, Unilever, Comptoir de l’Azote).


    L’Europe centrale et orientale est pratiquement exclue de ce mouvement de prospérité : ces pays vivent principalement de l’exportation de produits agricoles – notamment du blé - vers leurs voisins de l’ouest ; or désormais le blé américain est moins cher.

      A l’exception de la Tchécoslovaquie, dans tous ces pays un régime autoritaire s’est installé, contrairement aux espoirs entretenus parle Président Wilson lors des négociations du traité de Versailles.


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