• "La surprise de Châtillon", Garibaldi, un notule d'histoire de Dominique Masson

     

    NOTULE D’HISTOIRE

    La Surprise de Châtillon-sur-Seine

    (19 novembre 1870)

    Il y a 150 ans, le 19 juillet 1870, commençait la guerre franco-prussienne, opposant la France à une coalition d’états allemands, dirigés par la Prusse.

    Cette guerre entraîna la chute de l’empereur Napoléon III,  l’empire étant remplacé par la République, le 4 septembre, proclamée par Gambetta.

    L’italien Joseph (Giuseppe) Garibaldi, va se mettre au service du gouvernement français, réfugié à Tours, qui lui confie le commandement de tous les corps-francs de la zone des Vosges et une brigade de gardes mobiles.

    Il va organiser son armée en quatre brigades, sous le commandement de ses deux fils, Ricciotti et Menotti, de Delpech, et du polonais Bossak-Hauké ; son ami Philippe Toussaint Bordone sera chef d’état-major.

    Cette guerre ne se terminera que le 28 janvier 1871.  

    Ricciotti a raconté dans ses souvenirs, parus en 1899, un épisode important de cette guerre dont il a été l’instigateur, l’attaque des prussiens à Châtillon, le 19 novembre 1870, l’une des rares victoires françaises de cette guerre.

     

    "Garibaldi, la surprise de Châtillon", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Figure 1 : Les souvenirs de Ricciotti Garibaldi (1899)

    En voici l’extrait concernant l’attaque qui s’est déroulée à Châtillon:

    « L’ennemi ayant occupé Dijon, nous fûmes obligés d’effectuer un immense détour par Lons-le-Saulnier, Bourg-Macon, Chalons, et Chagny, soit 26 heures de chemin de fer.

    On avait bien télégraphié aux diverses gares principales pour avoir des vivres, mais en aucun endroit nous n’avons trouvé une miche de pain,-mésaventure égale était d’ailleurs arrivée aux restant de l’armée-, de sorte que nous arrivâmes à Autun esquintés et affamés.

    A Autun, le petit Séminaire-un immeuble très vaste-nous fut désigné comme quartier, et malgré la tension des rapports que l’on voulut créer, très facticement, entre nos chefs et l’élément clérical de cette très cléricale cité, nos relations avec les Révérends Pères du Petit Séminaire ne manquèrent jamais d’être très cordiales.

    Des faits que je raconterai le prouveront.

    Connaissant les habitudes de mon père, je m’empressai d‘organiser tous les services nécessaires à la bonne marche d’une colonne volante, laquelle devant être nécessairement presque toujours éloignée de sa base d’opérations, et obligée de se rendre autant que possible indépendante des ressources de l’armée à laquelle elle appartient.

    De sorte que lorsque, le 14 novembre, arriva l’ordre de marche, tout était prêt.

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    Figure 2 :L'Etat-Major de Garibaldi

    Dans la nuit du 13, je fus appelé au quartier général de l’armée et, là, je trouvai mon père qui examinait une grande carte de France.  

    Tu sais, me dit-il, que les armées prussiennes marchent sur Paris, et pour cela elles doivent forcément utiliser les diverses lignes de chemin de fer qui vont du Rhin vers la capitale.

    La destruction de ces lignes peut retarder leur marche et les inquiéter.

    Tu partiras avec tes hommes pour remplir cette mission.

    Il s’agissait de traverser la moitié de la France, en passant par des départements où déjà dominaient 400 000 prussiens.                                                                                  

    Regarde un peu toi-même, me dit mon père, si sur cette carte les tunnels des voies ferrées sont indiqués.

    Je regardai. Un tunnel était indiqué près de Bar-le-Duc, précisément sur la ligne Strasbourg-Paris. J’appelai son attention sur ce point.                                                                          

    Très bien, me dit-il. Pars dans cette direction et fais le mieux que tu pourras. Avant ton départ, je te remettrai des instructions écrites.                                                                               

    Ces instructions, qu'il me remit,disaient :                                                              

    En partant d’Autun, tu dois prendre la direction de Semur et de Montbard pour troubler les communications de l’ennemi, lequel occupe d’un côté Troyes et Auxerre, et, de l’autre, Dijon.

    Si tu peux arriver, par Montbard, Châtillon, Chaumont, Neufchâteau, sur la grande ligne de communication de l’ennemi-laquelle va de Strasbourg à Paris- l’opération deviendra beaucoup plus ardue et plus importante…

    Arrivé sur ces lignes de communication, il est urgent d’y détruire les voies ferrées et les télégraphes.

    Effectuer cette destruction sur la ligne de Strasbourg à Paris serait un véritable coup de main.              

    Pendant que nous parlions des difficultés éventuelles qui pouvaient se présenter, survint Bordone, auquel le général communiqua les instructions qu’il m’avait données.

    Bordone nous mit au courant des nouvelles arrivées à l’état-major sur le mouvement des détachements prussiens qui, de l’Est, marchaient vers l’Ouest, en passant par Châtillon-sur-Seine et Montbard.

    Il ajouta même qu’un officier français, lequel me fut ensuite présenté, conseillait des tentatives de surprise dans cette direction.

    Ainsi prit naissance le mouvement qui s’acheva par la surprise de Châtillon.

    Et cette surprise ne fut pas, comme prétendent certains écrivains français, préparée à Autun, mais elle fut décidée seulement quand nous arrivâmes à Coulmier-le-Sec, à la suite de nouvelles précises recueillies sur ce dernier point.

    D’ailleurs, elle ne pouvait être préparée, ni même conçue avant, les Prussiens n’ayant occupé Châtillon que le 17 novembre, c’est-à-dire un jour avant notre coup, et trois jours après noter départ d’Autun.

    Notre première étape nous conduisit à Lucenay.

    Le lendemain, nous continuâmes jusqu’à Saulieu, accompagnés d’une pluie qui nous trempa jusqu’aux os ; mais dans cette localité nous fûmes admirablement accueillis par une population des plus hospitalières.

    A Saulieu, nous restâmes toute la journée du 16 pour avoir des nouvelles.

    Le lendemain(17 novembre), de bonne heure, nous partîmes pour Semur, où nous arrivâmes à 5 heures du soir.

    Des nouvelles recueillies là, nous décidèrent à continuer la marche jusqu’à Montbard, que nous atteignîmes à la nuit, en bon ordre, quoique très fatigués, car nous avions fait en cette journée une étape de soixante kilomètres environ.

    Bien qu’à notre arrivée tout Montbard dormit, un moment après la ville entière s’illuminait et les habitants nous accueillirent avec cordialité, nous prodiguant tout ce dont nous avions besoin.

    Repartis le matin du 18, nous arrivions vers midi à Coulmier-le-Sec.

    Nous nous trouvions alors au milieu d’un département fortement occupé par les Prussiens ; une de leurs principales lignes de communication le traversait dans toute sa longueur, passant par Châtillon.

    Pour cette raison, de sérieuses précautions durent être prises.

    La compagnie des Vosges fut poussée jusqu’à Nesle ; les Dolois furent placés au Chemin d’Aisey et la compagnie du Doubs, sur la route d’Avallon.

    Coulmier-le-Sec fut entouré d’une série de postes solides et d’une chaîne de sentinelles, qui avaient reçu l’ordre très sévère de laisser entrer tout le monde, mais de ne laisser sortir personne.

    Cet ordre donna lieu à des scènes très curieuses : tantôt c’étaient des maris séparés de leurs femmes ; puis des femmes séparées de leurs maris, qui se présentaient au siège du commandement pour réclamer un laisser-passer.

    Mais la mesure devait être générale et je refusai à tous.

    De là des plaintes et des imprécations.

    Le préposé à la poste, un gros homme obèse plein de son importance, était arrivé à ce moment et, lorsqu’il apprit que lui aussi était prisonnier, il entra dans une violente colère qui faillit le faire éclater ; il mena un tapage furieux et acheva de me menacer-par vieille habitude-des foudres du Procureur impérial.

    Dans sa colère, le pauvre homme oubliait que l’empire n’existait plus.

    La municipalité même vint en forme officielle me faire des remontrances et me demander de rapporter l’ordre draconien et,comme dit Thiébault, les habitants de Coulmier en arrivèrent à désirer que les prussiens vinssent nous chasser.

    On comprendra que le maintien strict de cet ordre était indispensable : 4000 Prussiens étaient signalés à Laignes, sur notre gauche et 1000 autres avec de la cavalerie étaient sur notre front à Châtillon.

    Il fallait que l’ennemi ne pût avoir des nouvelles sur notre compte que le plus tard possible.

    Or, par le simple mouvement journalier d’une population, les nouvelles se répandent avec une rapidité étonnante.

    Plusieurs habitants de Châtillon, qui étaient venus à Coulmier, nous donnèrent des informations précieuses sur la garnison prussienne occupant cette localité, et c’est alors qu’un coup de main de ce côté fut décidé.

    Un meunier, qui me fut désigné comme digne de la plus absolue confiance, eut l’autorisation de sortir de nos lignes et fut chargé de prévenir le maire de Châtillon de ce que nous préparions.

    Il paraît que l’idée ne fut pas trop du goût du maire de Châtillon, M. Achille Maître, et voici ce que lui-même en a écrit, et qui est rapporté par M. Henri Genevois :    

    Je considérais cette attaque comme pleine de périls pour la cité et complétement inutile pour la patrie.

    Mais comme la ville et le château étaient remplis de Prussiens, il était impossible de sortir à cette heure (il était 8 heures du soir) et de prendre des mesures en vue de conjurer le danger qui nous menaçait.

    Il ne nous restait plus qu’à nous en remettre à la volonté de Dieu-et c’est ce que nous fîmes.

    Et M. Henri Genevois, dans son livre « Les coups de main pendant la guerre », ajoute ironiquement 

    Il faut croire que, ce jour-là, la Providence était mal disposée envers les armées prussiennes, puisque les ferventes prières du maire de Châtillon ne purent détourner de nos ennemis l’orage qui les menaçait.                                         

    Entre-temps, dans la soirée, nous était parvenue la nouvelle que huit mille rations avaient été exigées pour le lendemain à Châtillon.

    Le nouveau corps que cette réquisition annonçait devait probablement arriver l’après-midi.

    Il n’y avait donc plus de temps à perdre.

    "Garibaldi, la surprise de Châtillon", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Figure 3 : Attaque devant l'hôtel de la Côte d'Or (archives Municipales de Châtillon sur Seine)

    A minuit, nos compagnies détachées entrèrent, et après avoir laissé les sacs sous une faible garde, à une heure, notre petite colonne se mit en route.

    La nuit était obscure et il pleuvait.

    Afin d’empêcher d’éventuelles fausses alertes et pour qu’aucun homme ne put s’égarer en route, la colonne marchait en ordre serré.

    Arrivés à un certain point, notre guide, un brave jeune homme du pays, nous montrant un coin plus noir dans la campagne obscure, un peu en dessous de la route où nous étions, nous dit : Voilà Châtillon.

    Quelques minutes après nous arrivions à un hameau dont le nom nous permit de nous orienter.

    Là, nous fîmes halte, et ayant réuni les officiers, je leur expliquai brièvement mon projet.

    Nous n’allions pas engager une bataille, leur dis-je, mais tenter un coup de main.

    Il fallait chercher de combattre le moins possible, mais faire rapidement les plus grandes prises possibles de prisonniers et de matériel.

    Michard et ses chasseurs  devaient attaquer le côté de la ville où se trouvait le principal hôtel (de la Côte d’Or) et tâcher de s’emparer des officiers qui y étaient logés.

    En même temps, avec le restant de la colonne, moi, je serais entré dans le village par la rue principale.

    Après l’affaire, le lieu de réunion devait être le hameau où nous nous trouvions à ce moment.

    La surprise des francs-tireurs fut grande lorsqu’ils apprirent que, dans quelques minutes, ils se trouveraient nez à nez avec l’ennemi.

    Paul Sigrist, dans « Un épisode de la Campagne de 1870 », rapporte ces paroles de Michard : 

    Seul, Ricciotti Garibaldi, commandant la 4me brigade, savait où nous allions.

    Nous tous, croyons être partis pour faire sauter le viaduc de Saverne.

    Mais quand j’eus fini mon petit discours par ces mots : Allons, en avant, Francs-Tireurs !, tous, joyeux, se mirent en mouvement.

    Michard, avec ses hommes dut rétrograder de quelques centaines de pas, afin de prendre une petite route traversant la Seine sur un pontin (la Seine n’a ici que quelques mètres) et conduisant droit à l’Hôtel de la Côte d’Or.

    Le restant de la colonne poursuivit sa marche par la route principale qui tournait à droite et descendait dans la ville.

    Arrivés à un certain point, nous fîmes de nouveau halte, et j’envoyai en avant six hommes sous les ordres d’un officier afin de surprendre, si c’était possible, les sentinelles.

    En attendant, je formai la colonne d’attaque sur l’ordre de marche, c’est-à-dire sur deux files, une à chaque bord latéral de la route.

    Les cavaliers devaient rester en queue.

    La colonne s’avancerait dans la ville et au commandement de : halte ! tous devaient s’attaquer aux portes et y chercher les Prussiens.

    En ce moment, retourne vers nous un des six hommes envoyés en avant pour supprimer les sentinelles.

    Il nous apprend qu’on n’a trouvé ni sentinelle, ni poste de garde.

    M. Dormoy dit, à ce propos, dans les « Souvenirs d’Avant-Garde » :

    Vraiment, il nous fut dit par la suite qu’il y avait bien deux sentinelles, mais leur surprise fut telle de se voir près des francs-tireurs, qu’elles s’échappèrent sans tirer.

    Je n’en pouvais croire mes oreilles et, un moment, je craignis qu’au lieu de faire une surprise à l’ennemi, celui-ci ne nous eut tendu un piège ou, au moins, qu’il ne fût parti.

    Cependant, notre service d’informations nous avait tenu au courant de tout ce qui concernait le corps prussien gîté là, et il était impossible que son départ se fut accompli sans que nous en fussions prévenus.

    Les renseignements que j’avais, tant sur l’ennemi que sur la topographie de la localité, étaient si complets, que nos hommes étaient surpris de la précision de détail avec laquelle tous les ordres étaient donnés.

    Mais, en guerre, comme disait mon père, avant tout il faut la chance.

    Et je dois reconnaître qu’en cette circonstance la chance nous favorisa amplement.

    La colonne s’avança lentement.

    Les sabots ferrés de mon cheval frappant sur la route caillouteuse étaient le seul bruit que l’on entendit.

    Quelque rare habitant trop matinal que nous rencontrions reçut à voix basse le conseil de se cacher et, effrayé, se prenait à fuir en murmurant : Mon Dieu ! Mon Dieu !

    Ce fut un de ces moments où naissent des émotions dont le souvenir reste vivace à travers les années. 

     Lorsque la colonne eût occupé la route principale dans presque toute sa longueur, je donnai l’ordre de faire halte.

    Et aussitôt on n’entendit plus que le bruit des crosses de fusil frappant furieusement contre le bois des portes.

    La scène qui s’ensuivit est difficile à décrire.

    Toutes les fenêtres s’ouvrirent comme par enchantement, chacune d’elles garnie d’une ou de plusieurs têtes et, pendant que les portes cédaient, dans les maisons, on entendait retentir les cris des femmes et les imprécations des hommes.

    Bientôt la scène changea d’aspect.

    Aux cris de surprise succédaient les hurlements des hommes qui s’égorgeaient et la fusillade commença à crépiter de tous les côtés.

    Naturellement, dans une telle action, aucune unité tactique ne pouvait se maintenir.

    A l’intérieur de chaque maison se produisait ou une courte lutte corps à corps, ou bien les Prussiens se rendaient sans résister, et ils étaient alors aussitôt conduits à l’arrière-garde.

    En moins d’une demi-heure, toutes les maisons de la grande rue étaient fouillées et on commença la même opération dans les rues adjacentes.

    Le plus grand nombre des Prussiens qui n’étaient pas logés dans la rue principale, avaient eu le temps de fuir vers la Mairie où ils savaient trouver leur commandant Luttgau. 

    Les écrivains prussiens prétendant que les habitants de Châtillon nous aidèrent.

    Par respect pour la vérité, je dois dire que cela est inexact.

    Au contraire, dans plusieurs cas, ils se montrèrent plus disposés à aider les Prussiens, en refusant de déclarer à nos hommes s’il s’en trouvait dans leur maison.

    Tel fut le cas d’un propriétaire, chevalier de la Légion d’honneur, qui nia avoir des Prussiens chez lui, ce qui était faux.

    La croix de la Légion d’honneur lui fut arrachée en présence des soldats, pour lui témoigner notre mépris.        

      Sur certains points, il s’agissait de véritables capitulations : les habitants auraient bien voulu livrer les Prussiens cachés dans leurs maisons, mais à la condition qu’ils fussent fusillés dans un autre endroit, afin de préserver leur intérieur de taches de sang.

    Une remarquable exception, qui mérite d’être rappelée, nous fut fournie par une jeune et jolie femme qui, sans souci de la fusillade, descendit dans la rue, se joignit à un de nos détachements et l’accompagnait aux maisons qu’elle savait renfermer des ennemis.

    Je me souviens d’avoir vu à une fenêtre s’avançant en saillie sur la rue, ouverte et très exposée aux balles qui sifflaient dans toutes les directions, un jeune prêtre au visage blanc comme la cire, les bras croisés sur la poitrine et les yeux tournés en haut, qui paraissait prier.

    Je trouvai pour le moins curieux le choix d’un tel endroit.                                 

    Voulant me mettre en contact avec les chasseurs de Michard, je m’avançai par une rue latérale.

    Mon cheval étant tombé, je marchais à pied, lorsqu’il m’arriva de faire, aussi, mon prisonnier prussien.

    C’était un superbe échantillon du genre, grand, haut, bien découplé, orné d’une barbe magnifique.

    Il déboucha d’une porte qui s’ouvrit à l’improviste à côté de moi.

    Dès qu’il me vit, frappé sans doute par les dorures de mon uniforme, il se mit vivement au port d’armes.

    J’appelai des francs-tireurs et le fis désarmer.

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    Figure 4 : Le Commandant Michard

    Comme il ne restait plus rien à faire dans cette partie de la ville occupée par nous, une reconnaissance fut tentée vers la mairie, mais à peine débouchons-nous sur la place qu’une furieuse décharge nous accueillit ; la Mairie était presque isolée et entourée d’une grille ; notre troupe se trouvait fort réduite en nombre, la plupart des nôtres étant encore ou dispersés ou occupés avec les prisonniers, de sorte que nous dûmes renoncer à prendre de force cet édifice où s’étaient concentrés les ennemis.

    Ayant dès lors la certitude que Michard avait également réussi dans son opération, et que Welker avait pris tous les chevaux que l’on avait pu trouver, je donnai l’ordre au clairon de sonner la retraite.

    Celui-ci, par une sorte de lapsus, sonna au contraire la diane.

    Cette sonnerie venait vraiment un peu tard.

    Mais cette erreur du clairon nous mit tous en bonne humeur.

    Peu avant d’atteindre le point de réunion que nous avions fixé, nous fûmes rejoints par Michard et ses chasseurs, eux aussi chargés de prisonniers et de trophées.   

    Notre prise fut de 164 soldats et 13 officiers prisonniers ; 72 chevaux ; 6 voitures de matériel, notamment la voiture de la poste ; tous les instruments d’un corps de musique et deux très laides cantinières.

    Celles-ci, effrayées des plaisanteries dont elles étaient le point de mire de la part des francs-tireurs-et que, d’ailleurs, elles ne comprenaient pas- se réfugièrent près de moi et, pendant la marche, comme j’étais à cheval, elles s’attachèrent pour ainsi dire chacune à une de mes bottes.

    Pendant que nous étions occupés d’un côté, Michard, de l’autre, avait parfaitement exécuté la mission qui lui avait été confiée.

    Je lui laisse la parole. Voici le récit qu’il a fait à M. Paul Sigrist, et qui est rapporté dans « Un épisode de la campagne de 1870 » :   

     Arrivé au point qui m’avait été indiqué, je fis prendre aux chasseurs des Alpes la direction de Châtillon…

    Laissant la compagnie sous les ordres de mon lieutenant Bailly, je m’avançai vers un petit pont qui traversait la Seine et j’envoyai d’abord en avant un homme avec ordre de voir s’il y avait des sentinelles ou un corps de garde.

    L’homme, retournant, me rapporta qu’il n’avait rien aperçu.

    Alors j’allai moi-même jusqu’au milieu du pont, et je vis un factionnaire sur  la route. 

    Je retournai vers ma compagnie ; je pris six hommes et, avec eux, je traversai le fleuve à gué…

    Je ne voyais point le poste, mais seulement le factionnaire.

    Le visant avec ma carabine (le plus grand nombre de nos officiers portaient la carabine), je fis feu ; le coup ne partit pas.

    La sentinelle, entendant le bruit, se retourne, me vise, tire et me manque.

    Aussitôt je sonne la charge (avec le petit sifflet que portaient les officiers) ; la sentinelle s’enfuit vers l’auberge de la Côte d’Or.

    Avec mes hommes, je me précipite à ses trousses, et l’on m’a dit après que ce pauvre diable resta cloué à la porte par cinq coups de baïonnette ; le seul souvenir du hurlement qu’il poussa en mourant faisait pâlir l’homme qui me racontait ce détail.

    Nous enfilâmes l’escalier et, tout aussitôt, commença le siège des chambres occupées par les officiers.    

    A ce récit, j’ajouterai que Michard tentait d’ouvrir une chambre où se trouvaient plusieurs officiers, lorsque la porte s’ouvre brusquement et un des officiers fait feu sur lui avec un revolver, mais lui brûle seulement la barbe.

    Michard saisit de sa main gauche le poignet qui tient le revolver ; de sa main droite, il prend l’homme par le cou et, se servant de lui comme d’un bouclier, il s’avance dans la chambre.

    Un autre officier cherche à tourner ce bouclier vivant afin de tirer sur Michard, lorsque celui-ci, par un mouvement très rapide, lâche le cou du Prussien et avec une balle de son revolver fracasse la main de son nouvel adversaire.

    Michard raconte que lorsque les Prussiens se virent pris, ils demandèrent à se rendre et à être désarmés par un officier. 

    Je les désarmai moi-même, dit-il.

    Il mit alors l’hôtel en état de défense et ses hommes s’éparpillant à la recherche de prisonniers, des combats survinrent dans les maisons voisines et dans la rue.

    Cueillons encore ce détail dans le récit de Michard :                                                   

    Plusieurs Prussiens, quand nous les prenions cachés sous les lits, dans les soupentes, dans les caves, aux cabinets, sous la paille, etc. nous disaient : « Bon français-moi bon catholique-moi avoir beaucoup d’enfants », et comptant sur leurs doigts, ils nous indiquaient le nombre de leurs enfants, qui était toujours considérable. 

    Plusieurs Prussiens qui, au bruit de la fusillade, s’élançaient vers l’hôtel où ils savaient que leurs officiers logeaient, étaient ou blessés ou tués par les francs-tireurs qui en occupaient les fenêtres.

    En attendant, Michard, avec une forte patrouille, s’avançait vers le centre de la cité, cherchant à prendre contact avec nous, mais en passant dans la direction de la route de Chaumont.                            

    Pendant sa marche, il rencontra un officier supérieur à cheval, qui fut tout aussitôt tué, au milieu de son état-major

    .On apprit que c’était là le comte Alvensleben, frère des deux généraux de ce nom, chefs du IIIe et du IVe corps allemands, -et celui-ci commandait l’escadron de hussards qui se trouvait tout près de nous.

    Divers objets personnels trouvés sur lui, tels que bijoux et papiers privés, reconnus pour appartenir à une personnalité éminente, furent envoyés par moi au prince Frédéric-Charles, qui commandait les troupes sur notre front, et voici la lettre que je lui envoyai :

    AU PRINCE FREDERIC-CHARLES,                                                                                                 Général en chef de l’armée prussienne,

    Prince,

    J’ai l’honneur de remettre entre vos mains divers objets et papiers trouvés sur la personne de deux officiers supérieurs appartenant à votre armée et valeureusement tombés sous les coups de mes francs-tireurs, le 19 novembre, à l’attaque de Châtillon. 

    Sachant combien elles peuvent être chères à une famille, et ignorant le nom des victimes, j’ai pensé qu’il vous serait facile de trouver une destination à ces précieuses reliques.

    Le commandant de la 4e brigade, Armée des Vosges                                                   

    Ricciotti Garibaldi

    Ais-je besoin de dire que je n’ai jamais reçu de réponse à cette lettre, bien que par une autre source je sache que les objets sont arrivés à la destination que je leur indiquais.

    La politesse n’était évidemment pas le fort du prince Frédéric-Charles.

    Mais, après cette parenthèse, revenons à l’opération accomplie si bien par Michard.

    Il continua son mouvement et voici qu’il se trouve face à face avec un détachement prussien.

    Ceux-ci manifestent le désir de se rendre en levant la crosse du fusil en l’air.

    Les nôtres s’avancent pour les désarmer, mais, brusquement, les Prussiens retournèrent leur arme et font feu.

    Nos francs-tireurs leur ont fait payer cher cette ruse.

    Les comptes ayant été réglés et bien réglés avec ce détachement, Michard retourne sur ses pas, réunit ses chasseurs et vient ensuite me rejoindre avec ses prisonniers et quatre voitures de matériel.

    Il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après cette expédition.

    Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

    Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

    Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

    Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

    On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi des tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

    Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

    Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline, et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes.

    Pauvres diables, ces prisonniers !...

    Le plus grand nombre étaient réellement des pères de famille incorporés dans la landwehr, et bien contents ils furent que leur situation de prisonniers les mit à l’abri du danger d’être tués.  

                                                                                                          

    Nous retournâmes ensuite sur Coulmier, et alors se produisit un de ces faits qui lient à jamais un commandant à ses soldats.

    Pendant une halte un peu prolongée, j’étais descendu de cheval et je me tenais sur une pierre.

    A quelque distance, je voyais mes officiers qui, réunis, discutaient avec animation.Enfin, Habert, des Dolois, l’orateur de la brigade, comme j’ai dit, se détache du groupe et s’avance vers moi, suivi par tous les autres.

    Commandant, fait-il, d’un ton embarrassé, j’aurais quelque chose à vous dire.                             

    Dites, répondis-je

    .                                                                                                    Ce serait comme une confession à faire, ajouta Habert.                                                                

    Eh bien ! Faites-la.                                                                                                      

    Mais, reprit-il, c’est que ce n’est pas facile.                                                                 

    Auriez-vous saccagé quelque église, malmené quelque couvent de nonnes ? Demandai-je en riant.     

    En somme, voici de quoi il s’agit, dit Habert, qui avait pris son parti.

    Commandant, vous avez sans doute remarqué que, pendant notre marche d’Autun à Châtillon, les compagnies cherchaient toujours à être détachées ou envoyées en service spécial(en effet, j’avais fait cette remarque, mais j’attribuais ce désir à un excès de zèle).                                                                                               

    Et bien, reprit Habert, que vous l’ayez déjà compris, ou que vous veniez par la suite à en connaître les raisons, nous, vos officiers, avons décidé de vous faire une confession ; c’est que ce désir de se détacher de la ligne de marche provenait du peu de confiance que nous avions en vous.

    Mais après ce fait de Châtillon, il ne me reste qu’à vous déclarer, au nom de tous, que vous pourrez nous amener partout où vous voudrez, que nous vous suivrons même les yeux bandés et jusqu’à la mort ! 

    Emu jusqu’aux larmes, je remerciai ces hommes pour cet acte, qui, je le sentais, nous solidarisait désormais.

    "Garibaldi, la surprise de Châtillon", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Figure 5 : Habert

    A notre arrivée à Coulmier, nous trouvâmes le général Bossak-Hauké, le vaillant hongrois qui commandait notre première brigade, lequel ayant eu vent de notre contact avec l’ennemi, avait poussé ses troupes en avant, pour le cas où nous aurions besoin de soutien.

    Les officiers prussiens, nos prisonniers, furent invités à notre table, et le général Bossak fit un beau et généreux discours digne d’un tel homme, -mais je crains que cette éloquence n’ait produit aucun effet sur nos Prussiens, pour lesquels les noms de justice et de liberté étaient obscurs, tout se résumant pour eux en leur empereur ; - et pour lesquels le mot humanité était absolument incompréhensible, s’il faut en juger par leur façon de traiter les francs-tireurs qui avaient le malheur de tomber entre leurs mains ou les villages soupçonnés de favoriser les troupes françaises.                           

    En effet, j’appris que les Prussiens, au lendemain de notre coup, menaçaient de commettre des barbaries à Châtillon et j’écrivis la lettre suivante :

    Au commandant des forces Prussiennes                                                                     

    A Châtillon-sur-Seine

    Monsieur,                                                                                                                            Je suis informé que vous menacez la ville de Châtillon de représailles, motivées, dites-vous, par l’attaque des francs-tireurs, le samedi 19 novembre.           

    Je ne sache pas qu’une victoire due seulement à la bravoure d’un corps régulier puisse autoriser de semblables mesures.                                                                                                                       

    Une fois pour toutes, faites la guerre en soldats qui s’élancent loyalement dans la lutte et non en vandales qui aspirent seulement à la rapine.                                                        

    Menace pour menace : si vous êtes assez infâme pour mettre à exécution votre odieux projet, je vous donne l’assurance que je n’épargnerai aucun des deux cents prisonniers qui, vous le savez, sont entre mes mains.

    Le commandant de la 4e brigade                                                                                Ricciotti Garibaldi

    Voici ce que disent les rapports existant dans les archives de la commune de Châtillon et qui sont cités par Genevois (« les coups de Main pendant la guerre, p. 78-83 ») :                                               

    Cette troupe (les Prussiens) ivre de vengeance, tire des coups de fusil aux fenêtres et aux portes, pénètre dans les maisons, brise ou vole les meubles, envoie au loin un convoi d’otages, les frappant à coup de bâton et crachant sur eux.

    Le 22, un détachement de la brigade Kratz Koschlau, par les ordres de ce général, se livre à un pillage régulier et méthodique qui dure deux heures.

    Plusieurs maisons sont brûlées ; une contribution de guerre de un million est ordonnée.

    La ville s’en tire en payant comptant 153.500 francs environ.

    La route Saint-Jean et le haut du quartier de Chaumont sont spécialement indiqués aux rigueurs des pillards, le général ennemi ayant été informé que les habitants de ces quartiers surtout avaient favorisé les garibaldiens.

    Mais un coup de théâtre se produit : le maire, qu’on se préparait à fusiller, fut gracié :

    les otages furent remis en liberté ; et dans une lettre caractéristique le général annonce une espèce de grâce spéciale.

    Cette mansuétude, assaisonnée d’insultes, était due probablement à une lettre que Ricciotti Garibaldi lui avait envoyée de Montbard.

    M. Henri Genevois fait allusion à la lettre que nous donnons plus haut.

    Nous remîmes la surveillance de nos prisonniers aux gardes nationaux de Montbard, qui s’étaient avancés jusqu’à Coulmier à notre aide, et c’est à ces troupes civiques, renforcées des gardes nationaux de Semur accourus aussi à Montbard, que fut confié le service de la place dans cette cité, où nous arrivions le 20 novembre.

    Ainsi, nos compagnies purent au moins avoir une nuit de repos.

    Notre réception à Montbard fut des plus cordiales de la part de tous, spécialement du maire, M. Hugot, depuis sénateur, une sympathique et éminente personnalité.

    Un essaim de jeunes filles vêtues de blanc nous reçut à notre arrivée, et bien que l’on fut en hiver, de toutes les fenêtres pleuvaient des fleurs qui finissaient par orner la carabine de nos francs-tireurs.

    J’ajouterai encore que, le soir, les autorités nous réunirent tous, avec le général Bossak et son état-major, en un très cordial vin d’honneur.

    Le lendemain matin (22 novembre), nous partions pour Semur.

    "Garibaldi, la surprise de Châtillon", un notule d'histoire de Dominique Masson

     Figure 6 : Ricciotti et sa femme

    Quel fut le résultat pratique de ce coup de main ?

    Les Prussiens se sentirent sérieusement atteints dans l’un de leurs services les plus importants : celui des étapes.

    Extrêmement méticuleux comme ils étaient pour le maintien dans un état d’ordre parfait de leur vaste système de communication entre les armées, en les touchant là, c’était les toucher au point le plus sensible de leur organisation militaire.

    Et c’est de ce motif que naissait leur haine profonde pour les francs-tireurs, et l’extrême rigueur avec laquelle ils supprimaient ou réprimaient le moindre concours, même supposé, apporté par la population civile à ces corps francs.  

    Outre la perte effective en hommes et en chevaux qu’ils subirent dans ce cas, un plus grand dommage résultat pour eux du réveil d’un sentiment d’émulation parmi tous les autres corps de ce genre qui battaient la campagne, occasionnant diverses attaques, surtout celles de Auxon-sur-Aube, de        Chambœuf, de Clos-Vougeot, etc.[i] .

    En voyant ainsi menacée leur plus importante ligne de communication dans le Sud, les Prussiens furent obligés d’exécuter un mouvement de troupes de presque 20.000 hommes, mouvement qui dura quinze jours.Voici ce que relate le rapport de l’état-major prussien (partie II, pages 1273et suivantes) :                                                                           

    Le 21, le général de Raatz arrivait avec sa brigade.

    Le 23, il est rejoint par quatre compagnies de la landwehr et un demi-escadron.

    Le général Bonin, gouverneur général de la Lorraine, envoie un détachement à Chaumont « pour protéger la ligne menacée.                                        

    C’est ce que dit expressément le rapport, qui ajoute :

    A la nouvelle des faits survenus autour de Châtillon, le général Werder avait aussi dirigé des troupes dans cette direction.

    Le grand quartier-général prussien fait avancer le VIIe corps d’armée ou, au moins, la partie de ce corps qui était en avant de Metz, pour couvrir la ligne d’étapes de la IIe armée et pour maintenir les communications entre la VIe armée et le XIVe corps.

    Une partie des troupes du général Zastrow se réunissent autour de Chaumont.     

    Ajoutons à ces extraits du rapport de l’état-major, que divers auteurs prussiens, cités par Dormoy, disent que la colonne envoyée par le général Werder était la brigade Goltz, qui vint nous chercher à Montbard, treize jours après notre départ.

    En raison de l’absence prolongée de cette brigade, Werder, inquiet, envoie éventuellement à son secours la brigade Degenfell.                                     

    Et tout cela pour l’attaque de 416 francs-tireurs !

    Notre brigade, pour ce fait, fut portée à l’ordre du jour de l’armée. En voici le texte :   

    Les francs-tireurs des Vosges, les chasseurs de l’Isère, les chasseurs des Alpes de Savoie, le bataillon du Doubs et les chasseurs du Havre qui, sous la direction de Ricciotti Garibaldi, ont pris part à l’affaire de Châtillon, ont bien mérité de la République.                                                  

    Au nombre de quatre cents, ils ont attaqué environ mille hommes, les ont vaincus, leur ont fait cent soixante sept prisonniers, parmi lesquels treize officiers ; leur ont pris quatre vingt deux chevaux scellés, quatre voitures d’armes et demunitions et la voiture de la poste.        

    Les nôtres ont eu six morts et douze blessés,-beaucoup plus en eurent les ennemis.

    Et le général m’adressait la lettre suivante :

    REPUBLIQUE FRANCAISE

    Liberté, Egalité, Fraternité

    Commandement Général de l’Armée des Vosges                                                        

    Arnay-le-Duc, 21 novembre 1870

    Mon cher Ricciotti,

    Je t’envoie un baiser affectueux et un applaudissement pour ta conduite de preux.                   

    Salue pour moi tous les officiers et soldats qui ont pris part à la brillante entreprise et tu leur diras qu’ils ont bien mérité de la République.                                                                   

    Retire-toi à Saulieu, ou à Autun si cela te convient.

    Tu auras les 400 hommes de plus que tu demandes.

    Je recommande mes prisonniers à la générosité française

    A toi                                                                                                                        J. Garibaldi

    Et le gouvernement de la Défense Nationale complimentait la 4e brigade par des honneurs spéciaux et faisait annoncer le fait de Châtillon aux autorités civiles et militaires de France par la dépêche-circulaire suivante :   

    Tours, 20 Novembre 1870

    A Châtillon-sur-Seine, sept ou huit cents ennemis, surpris par Ricciotti Garibaldi, ont été mis hors combat ou faits prisonniers[ii] ».

     

    [i] Six jours après l’affaire de Châtillon, à Auxon-sur-Aube, 270 francs-tireurs du Doubs, commandés par Ollivier Ordinaire, du corps garibaldien, attaquaient, à quatre heures du matin, un détachement prussien de 3 à 400 hommes, des troupes d’étapes, en tuaient ou blessaient une cinquantaine et ramenaient 9 prisonniers et plusieurs voitures. A Chamboeuf, le 22 novembre, deux compagnies de francs-tireurs, Lyonnais et Vauclusiens, en tout 325 hommes, sous les ordres du commandant Lhoste, surprirent des compagnies du régiment des grenadiers de la garde badoise ; leur firent subir la perte d’une cinquantaine d’hommes et de leur lieutenant-colonel, emporté à Dijon où il mourut de sa blessure. Près de Clos-Vougeot, des francs-tireurs avaient rencontré une forte reconnaissance de cavalerie et lui avaient tué une trentaine de cavaliers.

    [ii] Le 8 décembre 1870, Ricciotti Garibaldi fut fait chevalier de la légion d’honneur par le gouvernement français (mais son père aurait refusé la décoration au nom de son fils).

    [1] Six jours après l’affaire de Châtillon, à Auxon-sur-Aube, 270 francs-tireurs du Doubs, commandés par Ollivier Ordinaire, du corps garibaldien, attaquaient, à quatre heures du matin, un détachement prussien de 3 à 400 hommes, des troupes d’étapes, en tuaient ou blessaient une cinquantaine et ramenaient 9 prisonniers et plusieurs voitures. A Chamboeuf, le 22 novembre, deux compagnies de francs-tireurs, Lyonnais et Vauclusiens, en tout 325 hommes, sous les ordres du commandant Lhoste, surprirent des compagnies du régiment des grenadiers de la garde badoise ; leur firent subir la perte d’une cinquantaine d’hommes et de leur lieutenant-colonel, emporté à Dijon où il mourut de sa blessure. Près de Clos-Vougeot, des francs-tireurs avaient rencontré une forte reconnaissance de cavalerie et lui avaient tué une trentaine de cavaliers.

    [1] Le 8 décembre 1870, Ricciotti Garibaldi fut fait chevalier de la légion d’honneur par le gouvernement français (mais son père aurait refusé la décoration au nom de son fils).


  • Commentaires

    1
    GJ
    Dimanche 22 Novembre à 10:33

    Terrible épreuve pour les chatillonnais et en particulier pour le maire de l'époque et sa famille qui vit sa demeure détruite au 2/3

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