• Le maquis Mussy-Grancey..

     Lors de l'exposition organisée à Grancey sur Ource à la mémoire du général Guichard par Madame Christiane Pluyaut, j'ai eu le plaisir de faire la connaissance de Jean-Louis Holveck.

    maquis Mussy-Grancey

    Jean-Louis Holveck était, en 1944, un jeune étudiant en médecine de la région parisienne, venu en vacances dans sa maison familiale de Grancey sur Ource.Par un concours de circonstances, il fit la connaissance du médecin-capitaine Robert Collet qui soignait les résistants d'un maquis, le maquis Montcalm qui se situait  entre Grancey sur Ource et Mussy sur Seine.

    C'est ainsi qu'il devint aide-médecin pendant cette dure période qui vit,  à la fin, la mort de tant de FFI.

    maquis Mussy-Grancey

    Cette rencontre avec Monsieur Holveck m'a donné envie de voir  le Monument qui a été érigé entre Grancey et Mussy, à la mémoire du maquis Montcalm.

    maquis Mussy-Grancey

    Le Maquis Montcalm était un maquis organisé dans le massif forestier entre la vallée de la Seine  et la vallée de l'Ource. Il était dirigé par le commandant Marceau et le lieutenant-colonel Émile Alagiraude, alias Montcalm.

    Ce maquis comprenait environ 200 FFI à sa création, et un mois plus tard il disposait de 1200 hommes dont 850 en permanence dans les bois. Il s'organisa comme une véritable armée puisqu'à la fin il comptait près de 6 compagnies.

    maquis Mussy-Grancey

    Le monument du maquis Montcalm est l’un des premiers monuments érigé à la mémoire des résistants.

    Il a été inauguré le 15 septembre 1946.

    À partir du 6 juin 44, date historique du débarquement, les événements se précipitent, notamment lorsque le commandant reçoit les messages suivants : « L'acide rougit le tournesol », puis « Il est sévère mais juste ».

    Mais Montcalm, lâché par son second, ne peut mettre son plan à exécution. Alors que le gouvernement provisoire de la République française donne l'ordre d'unifier la Résistance par département, il entreprend de mener à bien cette mission. Il parvient à rassembler 860 hommes tous armés -1200 sont inscrits au groupement- et s'entoure alors de militaires de carrière et de réserve afin de monter une unité combattante. Le soir du 1er août, les Allemands approchent de leurs positions. Le maquis est en état d'alerte et échappe de justesse à l'attaque de l'ennemi. Formés en armée régulière à Troyes, les maquisards participent à la libération de Troyes, de la vallée de la Seine jusqu'à Châtillon. Unique dans le département, le musée de la Résistance ouvert en 1971, à l'initiative des anciens du maquis, devrait voir sa superficie multipliée par cinq prochainement afin d'« améliorer les collections » pour que, comme le disait le général de Gaulle, « la flamme de la résistance » ne s'éteigne pas.

    (source Est-Eclair)

    maquis Mussy-Grancey

    maquis Mussy-Grancey

    maquis Mussy-Grancey

    maquis Mussy-Grancey

    2 août 1944…

    La nuit a été longue, les premières lueurs de l'aube annoncent une belle journée d'été. Allongé derrière son fusil-mitrailleur, guettant le moindre bruit, Roger sait que ce jour du 2 août 1944 marquera sa vie à jamais. Toute la nuit il a médité sur sa jeune vie, sur les 24 ans écoulés depuis que sa mère lui a donné naissance… L'insouciance de l'adolescence, 1940, la défaite, l'occupation, l'ordre de rejoindre l'Allemagne pour le STO – le Service du Travail Obligatoire – la fuite pour ne pas servir l'ennemi, son arrivée dans l'Aube, le travail dans les fermes, la crainte permanente des Gendarmes, son enrôlement au maquis de Grancey - Mussy où, en compagnie de 1 200 camarades, il se trouvait au matin du 1er août 1944 quand des paysans avaient prévenu les maquisards que les allemands se déployaient pour encercler la forêt !
    Dans cette grande forêt, depuis le mois de juin, sous le commandement d'Emile Alagiraude dit "Montcalm", un grand nombre de maquisards sont regroupés en vue de la Libération de Troyes. La ferme de Réveillon sert de point de regroupement pour tous les volontaires. Le commandement, au centre de ce massif forestier de 10 kilomètres sur 12, se trouve sur le chemin qui descend sur Villers Patras. C'est de là que sont commandées les quatre compagnies qui, chaque jour, s'entraînent, se forment, se forgent en outil de combat.
    L'irruption des troupes allemandes a déclenché le branle-bas. Les maquisards ont pris position, ils tiennent les carrefours, prèts à battre de leurs feux les points de passages obligés, la tension est grande pour ces hommes… Ils vont enfin affronter l'ennemi, après quatre longues années d'humiliation.
    Les pensées vagabondes de Roger sont brutalement interrompues… une rafale claque, toute proche.
    Les combats, opiniâtres, durent toute la journée… La faim, la soif, les camarades blessés, ceux qui tombent… La nuit, enfin, apporte une accalmie relative.
    L'ennemi fait monter en ligne d'importants renforts, décidé à éradiquer le maquis. Montcalm décide de décrocher, le maquis se replie en bon ordre par Villers-Patras et franchi la Seine à Pothières.
    Après avoir fait leur jonction avec le maquis de Chaource, les combattants de Montcalm participeront à la libération de Troyes et un grand nombre d'entre eux s'engageront au 131e Régiment d'Infanterie qui sera dirigé vers le littoral atlantique où il participera à la réduction des dernières poches de résistance allemandes.
    49 jeunes hommes sont tombés dans les combats du 2 août 1944 dans les bois de Grancey et de Mussy. Qui étaient-ils ? Venus de la région parisienne, de Troyes, de toute l'Aube, ils sont morts en héros et l'Histoire ne connaitra jamais leurs noms… La plupart d'entre eux ont été enterrés anonymement, dans le petit cimetière de Grancey. Il ne reste d'eux qu'une simple croix blanche, sans nom, le monument érigé sur les lieux des combats… et leur souvenir dans notre mémoire…
    L'un de ces inconnu a été inhumé sous le monument, situé au carrefour des départementales 17 et 117, entre Essoyes, Mussy et Grancey.
    N'oublions jamais…

    (Jean-François Brillant)

     

    NB : Jean-François Brillant est le père de trois jeunes judokas du Judo-Club-Châtillonnais, c'est grâce à lui que je me suis intéressée à la vie du club.

    J'ai trouvé ce texte sur le Maquis Montcalm , en cherchant sur le net, sans savoir qu'il en était l'auteur.C'est ensuite que j'ai fait le rapprochement avec son nom, depuis peu  il m'a confirmé que c'était bien lui qui l'avait écrit...

    Le monde est petit, n'est ce pas ?

    son site , fort intéressant pour ceux qui s'intéressent à l'armée, le voici :

    http://servir-et-defendre.com/index.php

    (Des commentaires sur le thème de l'article seraient les bienvenus, ils me montreraient que ce blog vous intéresse et ils me donneraient envie de continuer à  l'alimenter .

    Merci.)

     


  • Commentaires

    5
    didou
    Mardi 24 Février 2015 à 10:17
    Magnifique article
    4
    Thoméré
    Jeudi 27 Novembre 2014 à 16:14
    Bonjour,

    mon père Henri Jean Thoméré avait 16 ans en 44. Il a pris le maquis, "près des sources de la Seine". Il venait de Dijon (21) il a sauté sur une mine anti-personnelle et perdu une jambe. Il aurait finalement été recueilli je crois par la division Leclerc et serait allé avec elle jusqu'en Allemagne. Il est aujourd'hui décédé (en 1996). Qui pourrait m'aider à en savoir plus sur les circonstances de sa blessure et la suite ?
    Patrice Thoméré
    06 50 71 39 31
    3
    DUPLOUICH Régis
    Dimanche 6 Novembre 2011 à 17:30

    j avais 19 ans instituteur a charrey adjoint a monsieur LAMERET qui habitait villers patras.les allemands me prirent en otage a l aube de leur arrivée

    MONTCALM etait acculé a Vauxoué le 2em jour et n aurait pu resister a des allemands aguerris:il ignorait qu il y avait une faille dans l encerclement de la foret.le chemin de vauxoué a villers patras aboutit a un rideau d arbres et n etait pas visible de la route N7 :les allemands ne controlaient pas cette sortie

    Mr Lameret(responsable resistance chatillonnais)est monté a Vauxoué contacter Montcalm qui a aussitot saisi l occasion de sortir de l encerlement via Villers patras   Pothieres et dispertion

    les maquisards restés sur place se sont battus et la plupart tués

    quelques jours aprés le maire de Charrey  (mr Bouton)a été autorisé a rechercher les cadavres: ils ont été inhumés au cimetiere de Charrey aprés relevé d identité

    avec mon camarade du maquis tabou(marcel Brehon,de Mussy)nous avons reussi a recuperer des maquisards de Montcalm cachés et perdus dans la foret

     

     

     

     

     

     

     

    2
    PLUYAUT Christiane
    Lundi 1er Août 2011 à 00:05

    Brbravo pour cette présentation du maquis Montcalm. Une petite précision: les maquisards tués sur le territoire de Grancey ont été récupérés par les habitants du village dès le départ des troupes allemandes. Avec des voitures à chevaux, munies d'un drapeau à  grande croix rouge, les anciens combattants et des volontaires ont parcouru les champs et ont ramené 22 maquisards sous le portail de l'église. Ils étaient en décomposition, après 2 à 5 jours d'exposition sous un soleil de plomb. Leur signalement a été pris, mesures, et toutes précisions qui pourraient permettre de les identifier; puis ils furent mis en cercueil et enterrés au cimetière; Les allemands ayant interdit de faire une cérémonie, elle fut faite dans les jours suivants, TOUS les habitants de Grancey y assistaient. Je faisais partie du choeur de chant; nous avons chant l'ave vérum de Mozart, qui m'a toujours, depuis rappelé cette cérémonie si émouvante.  Dans les mois suivants, les familles qui avaient perdu un enfant présent dans ce maquis sont venues en Mairie prendre les renseignements sur l'état-civil où sont consignés les signalement de chaque cadavre. Ils furent tous remmenés dans leur pays, sauf l'un d'eux, non identifié, qui a été transféré sous le monument du maquis.Il est honoré chaque année lors de la commémoration de l'attaque de ce maquis.     Les 5 croix blanches qui sont au cimetière de Grancey sont celles de tirailleurs Sénégalais, non identifiés, tués au village en I94O.

    1
    Vendredi 22 Juillet 2011 à 06:43

    Merci Madame pour vos éloges.


    La Mémoire des sacrifiés des mâquis mérite d'être honorée et nous autres, adultes, devrions nous attacher à ce que nos enfants et petits-enfants n'oublient pas la formidable leçon qu'ils nous ont transmise : la Liberté est un luxe qui se mérite !

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