-
Par Christaldesaintmarc dans -Les Amis du Musée et leurs conférences le 25 Avril 2012 à 06:30

A la demande des Amis du Musée Châtillonnais-Trésor de Vix, Régis Labeaune, chercheur à l'INRAP de Dijon, (et enfant de Châtillon sur Seine !), nous a présenté le 20 avril 2012, une très intéressante conférence sur les dernières découvertes archéologiques faites en Côte d'Or, concernant les habitats de la période du premier âge du fer, c'est à dire entre 500 et 450 ans avant Jésus-Christ.

Que signifie ce sigle INRAP ? L'INRAP c'est l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives . C'est un établissement public à caractère administratif de recherche français, créé par la loi du 17 janvier 2001 relative à l'archéologie préventive.
L'INRAP a pour mission d'intervenir et d'agir là où l'on détruit pour construire autre chose.
Avant que des travaux ne commencent (constructions, routes, arrachages de vignes etc...) l'INRAP établit un diagnostic pour voir si le terrain renferme des traces d'occupation humaine.
Régis Labeaune nous a présenté les fouilles qui ont lieu lieu sur le territoire de Plombières-les-Dijon, dans un lieu appelé "la Peute Combe". La Peute Combe devait en effet être le lieu du futur passage des voies de la LINO.
Sur une surface de 8000m2, les chercheurs en archéologie, géomorphologie, topographie, inventaire des fiches de terrain,carpologie, ont mis à jour un site intéressant, très bien conservé. En effet l'érosion a fait glisser la terre des pentes de la combe, protégeant les vestiges des labours et autres constructions.

Voici une vue aérienne de la Peute Combe:


Des fouilles ont permis de mettre à jour, tout au long de la combe, les fondations de bâtiments datant de l'âge du fer.


Des trous dans le sol indiquent où se trouvaient les bases des poteaux de bois qui formaient l'ossature des maisons.

En observant la place des trous, on a pu imaginer à quoi ressemblaient les charpentes des maisons...



Les murs devaient être en torchis avec armature de branchages.

Des exemples de constructions sur poteaux :

Voici donc comment devait se présenter le village de la Peute Combe. Chaque maison possédait un grenier, un silo et une fosse dépotoir.

Dans ce village on a retrouvé les traces d'une forge où l'on travaillait le fer et le bronze.



Les objets fabriqués en fer martelé, étaient surtout des fibules, sortes d'agrafes pour attacher les vêtements.

Les fibules n'avaient pas toutes la même couleur, cela dépendait du taux de chacun des éléments de métal qui la composaient.

On fabriquait aussi des parures, de l'outillage, des objets de toilette, des objets servant au transport...





On martelait aussi des clous qui ressemblent fort à ceux utilisés pour réaliser le char de la princesse de Vix...

Les clous de la forge de la Peute Combe ont-ils servi à Vix ? Pourquoi ne pas l'imaginer !

On a retrouvé sur le site de la Peute Combe de très nombreux tessons de céramiques que l'on a pu reconstituer. Elles servaient pour le stockage, la cuisson et le service de la ble.


Le textile a hélas disparu, mais on a mis au jour des objets qui indiquent que l'on tissait, comme des fusaïoles, sortes de petits poids en terre cuite .


Des greniers et des silos, conservaient des légumineuses et des céréales.


Les hommes de l'âge du fer consommaient des viandes variées, principalement des viandes de leurs élevages, mais aussi d'animaux sauvages qu'ils pouvaient capturer.

Les conditions climatiques vers 500 avant JC furent très difficiles, sur ce graphique on voit qu'il n'y eut que des rempératures inférieures à la normale, ce qui explique que les Celtes qui vivaient dans la Peute Combe migrèrent ailleurs.


Sur les cartes suivantes on voit que les sites de peuplement (points rouges) ont fortement diminué après -400 ans avant JC.


Les maisons de l'âge du fer n'étaient pas faites pour durer plus de trente ans, nous révèle Régis Labeaune. On observe donc une sorte de "stratification", c'est à dire des traces de constructions successives sur les bases des anciennes.
Beaucoup plus tard, au début du 1er siècle avant notre ère, un bâtiment agricole exista dans la Peute Combe, mais il ne subsista pas longtemps.
Depuis , plus rien ne fut bâti à cet endroit.. je suppose que le site ne devait guère être hospitalier, quand on sait ce que veut dire "peute" en patois bourguignon !! (cela veut dire vilaine pour ceux qui ne le sauraient pas !!)
Régis Labeaune avait exposé au Musée du Pays Châtillonnais- Trésor de Vix, quelques objets découverts à la Peute Combe, j'ai retrouvé la photo de la vitrine qui nous les montrait , la voici :

Des photos et des informations complémentaires sur les fouilles dans la Peute Combe, sur le site de l'INRAP :
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Sites-archeologiques/p-8589-La-Peute-Combe.htm
aucun commentaire
-
Par Christaldesaintmarc dans -Les Amis du Musée et leurs conférences le 23 Février 2012 à 06:30
Jean Millot, Président d'Images en Châtillonnais, secondé par son ami Michel Massé à l'ordinateur, a proposé, lors de l'AG de l'Association des Amis du Musée de Châtillon sur Seine, une bien intéressante conférence sur les débuts de la carte postale.

Voici ce que l'on appelle des "cartes pionnières", imprimées selon la définition du dictionnaire "sur un support semi-rigide à usage postal pour une correspondance à découvert".Les premières cartes postales furent utilisées lors du siège de Paris. Le timbre utilisé était celui de 10 centimes,le format de la carte était réglementé, il resta le même jusqu'en 1960 : 9cmx14cm.

Voici une des premières cartes postales illustrées. Le texte ne devait pas être écrit du côté de l'adresse comme c'est le cas aujourd'hui, ce qui explique que l'illustration est souvent entourée du texte.

Monsieur Bergeret de Nancy fut un des pionniers de l'Art Nouveau, il utilisa une méthode nouvelle : la phototypie, ce qui lui permettra de produire en 1900, 25 millions de cartes postales et 123 millions en 1910 !

Les établissements Bergeret à Nancy :

Le verso de la carte postale, était uniquement dévolu à l'adresse et à l'affranchissement. Il était interdit d'y écrire quoique soit d'autre.
Parfois l'affranchissement était insuffisant , ici 5 centimes au lieu de 10..le destinataire payait alors la différence.

A Châtillon sur Seine, une maison d'impression pratiquait la lithographie: les établissement Bogureau dont le siège se trouvait place de l'Hôtel de Ville (aujourd'hui place de la Résistance).Ce pâté de maison a disparu lors du bombardement de la ville.
Bogureau fut l'auteur de beaucoup de cartes postales de Châtillon sur Seine, au début du vingtième siècle.


Des imprimeurs améliorèrent peu à peu les cartes postales en faisant par exemple des montages...


On trouvait du côté de l'adresse plusieurs tampons: en effet on en mettait un à l'arrivée de la carte au bureau de poste, un autre au départ et encore un autre à l'arrivée.

Comme je vous l'ai dit plus haut, le texte était obligatoirement placé au recto

Certaines cartes postales étaient réalisées par certains magasins comme ici les Economiques Troyens..

Les cartes postales deviennent plus artistiques en s'intéressant aux monuments.


Et aux jolis coins de la ville, comme ici la source de la Douix.

Une carte bien affranchie et avec ses trois tampons :



On voit à peine la colonie du 10ème arrondissement de Paris, au milieu de toute cette missive !

Cette carte est intéressante car on y voit la construction de la Colonie du XX ème arrondissement de Paris, datée de 1901 :

Une promenade de la Douix bien ordinaire :

Ici l'imprimeur a réalisé un montage pour mieux valoriser la fontaine Marmont !

Le nom de la ville fut ajouté en haut de la partie réservée à la correspondance :

On réalisa bien sûr des cartes postales représentant de jolis endroits de la ville...


Les cartes "animées", c'est à dire avec des personnages, commencèrent à apparaître


Des cartes postales plus artistiques sont imprimées, comme celle-ci illustrée par Mucha.

Un montage photo original...l'ancêtre de Photoshop !!

Les cartes postales anciennes nous permettent de voir des bâtiments qui ont disparu lors du bombardement de la ville. Châtillon possédait de nombreux hôtels particuliers comme celui-ci :

Ou la porte de Roche qui n'existe plus non plus..

Parfois , lorsque l'on se procure ces cartes anciennes, on peut y lire des correspondances amusantes...

Les cartes postales étaient tirées à des millions d'exemplaires, elles servaient dans différentes régions. Jean Millot, tout content de s'être procuré cette carte montrant un élevage de moutons dans le châtillonnais...

dût déchanter lorsqu'il acquit la même, mais qui montrait un élevage de moutons, mais...dans l'Aube !

Un joli clin d'oeil à la Présidente de l'AMPC, Madeleine Grivotet !!

L'expéditeur de cette carte était ravi de voir son nom inscrit sur un mur de la ville, au Perthuis au loup !!

Pour terminer cette passionnante conférence, Jean Millot nous fit sourire avec ces cartes postales publicitaires pleines d'humour ... Il serait actuellement impossible d'écrire de tels slogans !


A la fin de la conférence, il était possible de consulter l'album de Jean Millot, beaucoup ne s'en privèrent pas.

Monsieur Francis Guinée m'a confié quelques cartes postales anciennes de Châtillon sur Seine...





2 commentaires
-
Par Christaldesaintmarc dans -Les Amis du Musée et leurs conférences le 22 Février 2012 à 06:30
L'Assemblée Générale des Amis du Musée du châtillonnais-Trésor de Vix a eu lieu samedi 18 février 2012. Monsieur Coudrot, le Conservateur, a annoncé son départ qui aura lieu dans un mois. Il a chaleureusement remercié les adhérents , Amis du Musée pour leur aide, leur présence chaleureuse. Grâce aux Amis du Musée, les collections se sont enrichies : l'achat du bureau du Maréchal Marmont, par exemple.

Madeleine Grivotet, la Présidente de l'Association des Amis du Musée du Pays Châtillonnais (AMPC) a ouvert la séance en demandant de modifier les statuts , pour passer de 18 membres au Conseil d'Administration à 19, ce qui a été approuvé à l'unanimité.
Certains membres du Conseil d'administration ne se représentent pas, de nouveaux candidats devront donc faire acte de candidature, le vote s'est déroulé en fin d'assemblée.

Isabelle Coudrot, la secrétaire de l'AMPC, a donné sa démission, puisqu'elle part sous d'autres cieux avec son mari. C'est Evelyne Daragon-Grandchamp qui la remplace.
Cette dernière a présenté le rapport moral, en détaillant toutes les actions menées par l'AMPC en 2011 :
-Des conférences passionnantes ont eu lieu : le symbolisme religieux au temps de la princesse de Vix, la Vallée des Merveilles, des goûts et des couleurs, l'architecture religieuse en Bourgogne au Moyen-Age, la Seine et les cours d'eau.
-le magnifique voyage qui a eu lieu au château de Vaux le Vicomte, a ravi les adhérents.
-Un autel gallo-romain découvert dans le cimetière d'Aignay le Duc a trouvé sa place au Musée, en contre-partie un moulage parfait a été remis à la Mairie d'Aignay le Duc.
-Le personnel du Musée a été formé dans le cadre du handicap, grâce à l'aide d'un des mécènes du Musée, le Crédit Mutuel. Le personnel a ainsi appris la langue des signes.
Le nombre d'adhérents a augmenté, il s'élevait en 2011 à 254, et en janvier 2012, 32 nouvelles adhésions ont été enregistrées.

La remise du chèque à Madeleine Grivotet par le Directeur du Crédit Mutuel.

Un demi vase de Vix grandeur nature, a été réalisé par l'entreprise Compréforme, avec une précision magnifique, vous en verrez la photo en fin d'article. Cette copie réaliste permettra aux non-voyants de pouvoir apprécier tactilement la beauté des sculptures.
Ce vase a pu être réalisé grâce au Crédit Mutuel (don de 18 000 euros), un don de Compréforme (5 000euros), le reste réglé par l'AMPC, grâce aux cotisations et aux dons des adhérents (2000 euros)

Un très beau catalogue "un musée au bout des doigts" a été conçu par Isabelle Coudrot et Yolande Estrat. Il sagit d'un catalogue des collections du Musée et dessins en relief, avec textes en gros caractères recouverts de Braille.


Des actions intergénérationnelles ont eu lieu au Musée : pendant la semaine bleue par exemple, où des élèves du Lycée Saint Vincent se sont mêlées aux activités des séniors.


Noël Estrat a présenté le budget 2011 qui présente un excédent de 2364,65 euros.
Les mécènes sont le Crédit Mutuel, Compréforme, mais aussi la Fondation de France à la hauteur de 6 000 euros.

Mary Bernier a vérifié les comptes qui , a-t-il dit, sont exacts et très bien tenus.

Madeleine Grivotet, avant de donner la parole aux nouveaux candidats au Conseil d'Administration, a annoncé que 75 000 visiteurs ont déjà visité le Musée du Châtillonnais-Trésor de Vix.
En 2012 le catalogue "un musée au bout des doigts" conçu par Isabelle Coudrot et Yolande Estrat, sera réalisé par TOM'S 3 D.
Des conférences auront lieu en 2012 : Le premier âge du fer à la lueur des dernières découvertes en Côte d'Or,Le futur parc national entre Champagne et Bourgogne,le fer au moyen-Age, les offrandes dans les sanctuaires gaulois et gallo-romains.
Un voyage à Sens aura lieu en septembre 2012.
Cinq candidats se sont présentés pour siéger au Conseil d'administration de l'AMPC : Annette Vanet, Jean Ponsignon, Robert Fries, Catherine Dubois et Christophe Picardat . Ils ont été tous élus à l'unanimité.

Voici le magnifique vase de Vix, fac-similé en résine, réalisé par l'entreprise Compréforme.





L'Assemblée de l'AMPC se termina par le verre de l'amitié, Monsieur le Conservateur a dit adieu aux membres de l'Association...

Le voici avec le représentant de l'entreprise Compréforme...

Au centre, le directeur du Crédit Mutuel de Châtillon sur Seine.

Jean Millot , Président d'Images en Châtillonnais, a présenté , à la fin de l'assemblée de l'AMPC, une très intéressante conférence sur les débuts de la carte postale.
Ce sera le sujet de l'article de demain...


aucun commentaire
-
Par Christaldesaintmarc dans -Les Amis du Musée et leurs conférences le 16 Septembre 2011 à 06:30
Dans les anciennes écuries du château de Vaux le Vicomte, a été installée une très belle collection de véhicules anciens, en parfait état...
C'est le Musée des Equipages.



(char romain d'apparat, réplique du char en marbre du musée du Vaticanà

(Wourch,attelée à 2 ou 4 chevaux , menés en poste ou en guide)

(dormeuse -circa 1805)

(chaise de poste XVIIIème siècle, attelée à 1 ou 2 chevaux)

(coureuse vers 1840)

(chaise à mules XVIIIème siècle)

(grande calèche)

(briska de voyage)

(coupé Muhlbacher à Paris)

(Demi Phaéton)

(voiture à gibier)

(break de chasse)

(petit duc-panier)

(drag)

(poney chaise)

(drag)

(spider phaéton)

(petit duc de dame)

(poney petit duc)

berline de ville)

(calèche)

(grand coupé de gala)

(landau)

Tout ce qui servait au cocher...

(Des harnais..)

(Des selles...)

(Le maréchal-ferrant dans sa forge)

(une voiture à orangers)

(une pompe à incendie)
(Des commentaires sur le thème de l'article seraient les bienvenus, ils me montreraient que ce blog vous intéresse et ils me donneraient envie de continuer à l'alimenter .
Merci.)
1 commentaire
-
Par Christaldesaintmarc dans -Les Amis du Musée et leurs conférences le 15 Septembre 2011 à 06:30
Après la visite du si beau château de Nicolas Fouquet, Waafa Linkey nous a fait découvrir les splendides jardins à la française du parc...
Jamais avant Nicolas Fouquet, on avait dessiné pareils jardins..
En composant la mise en scène du château et des communs dans un espace de 40 hectares taillé au cœur de la nature, Le Nôtre et Le Vau, réalisent pour la première fois la plus parfaite relation entre architecture et environnement paysagé de tout le XVIIe siècle.

Le Nôtre dispose les éléments de ses jardins : bosquets, grottes, pelouses, eaux dormantes ou jaillissantes.
Cette conception nouvelle traduit l'ordre, la rigueur et la noblesse de cette époque.
Ici le bassin de la couronne...


Le bassin des tritons...



Le miroir carré..

Lorsque l'on se trouve sur une terrasse, on ne voit pas les escaliers qui sont derrière...La perspective est ainsi parfaite...



Le bassin des cascades (les grandes eaux ne sont présentes qu'à des dates déterminées).

Au fond, les grottes conçues par Le Nôtre...et, loin derrière, la statue d'Hercule Farnèse.


Dans le jardin, on admire de nombreuses statues , ici "l'Abondance"..

"L'été"

Des animaux comme ces lions..

Des rinceaux de buis imitent les dessins d'un tapis turc...

Des parterres de fleurs, un peu plus exubérantes, sont tout de même présents.


Depuis le dôme on a une vue magnifique sur tout le jardin..Vous comprendrez aisement que Louis XIV, qui se morfondait dans ses vieux palais du Louvre ou de Fontainebleau, ait voulu un château et un jardin dans le style de Vaux de Vicomte...Il ne perdit pas de temps: six mois après l'emprisonnement de Fouquet, il embauchait Le Nôtre, Le Vau, Le Brun...et commencait la rénovation de Versailles sur le modèle du château et des jardins de Nicolas Fouquet ...


A gauche les anciennes écuries qui abritent, entre autres, le Musée des équipages...

Le domaine est immense, on peut le parcourir en voiturette électrique...

Notre conservateur ne s'en est pas privé !

A midi nous avons très agréablement déjeuné à "l'Ecureuil", dans un très beau cadre, les mets étaient vraiment délicieux...





Demain je vous montrerai le Musée des équipages..
(Des commentaires sur le thème de l'article seraient les bienvenus, ils me montreraient que ce blog vous intéresse et ils me donneraient envie de continuer à l'alimenter .
Merci.)
1 commentaire
Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique


