• "Les moines blancs et le patrimoine des abbayes cisterciennes avant et après la Révolution" une conférence de Jean-François Leroux-Dhuys, pour la SAHC

    "Les moines blancs et le patrimoine des abbayes cisterciennes avant et après la Révolution" une conférence de Jean-François Leroux-Dhuys, pour la SAHC

    François Poillotte, vice-Président de la Société Archéologique et Historique du Pays Châtillonnais, a demandé à Jean-François Leroux-Dhuys, de venir présenter à Châtillon sur Seine, une conférence sur le devenir des moines cisterciens et de leurs abbayes à la Révolution Française.

    Jean-François Leroux a accepté de venir partager son immense savoir avec nous et de cela nous le remercions infiniment.

    "Les moines blancs et le patrimoine des abbayes cisterciennes avant et après la Révolution" une conférence de Jean-François Leroux-Dhuys, pour la SAHC

    Jean-François Leroux-Dhuys est journaliste, historien, il fut Maire de Bar sur Aube. Il est un des membres fondateurs de l'Association qui anime le site historique de l'ancienne abbaye de Clairvaux, dans le département de l'Aube.

    Jean-François Leroux a écrit une multitude d'ouvrages dont beaucoup font autorité.

    En voici un que tout le monde devrait posséder :

    "Les moines blancs et le patrimoine des abbayes cisterciennes avant et après la Révolution" une conférence de Jean-François Leroux-Dhuys, pour la SAHC

    "Les moines blancs et le patrimoine des abbayes cisterciennes avant et après la Révolution" une conférence de Jean-François Leroux-Dhuys, pour la SAHC

    Jean-François Leroux nous a dit être heureux d'être présent pour cette conférence, à Châtillon sur Seine .

    Châtillon, c'est en effet la ville où le futur saint Bernard  passa toute sa jeunesse, étudia avec les enseignants de l'église Saint-Vorles, avant de devenir moine à l'abbaye de Citeaux et plus tard de fonder l'abbaye cistercienne de Clairvaux.

    "Les moines blancs et le patrimoine des abbayes cisterciennes avant et après la Révolution" une conférence de Jean-François Leroux-Dhuys, pour la SAHC

    En prélude à sa conférence, le conférencier nous a rappelé ce qu'était la règle de saint Benoît : cette règle monastique privilégie le rapport à Dieu, c'est "la pureté évangélique dans le désert", en deux simples mots : prier et travailler.

    Les moines noirs clunisiens ont appliqué aussi cette règle, ils ont prié, mais  ont toujours privilégié le "beau" plutôt que le travail.

    C'est au XIème siècle que l'Eglise a décidé de revenir à la règle de saint Benoît, les moines qui l'appliquèrent se nommèrent des bénédictins.

    Ce sont des bénédictins qui fondèrent l'abbaye de Molesme. Robert, son fondateur, trouvant que la règle de saint Benoît n'était pas assez suivie à Molesme, partit de son abbaye et en fonda une nouvelle à Citeaux.

    Cette abbaye nouvelle composée de moines blancs, appliqua de façon drastique la règle de saint Benoît, on les appela des cisterciens.

    Elle accueillit celui qui deviendra le chantre de la réforme cistercienne, Bernard de Fontaine. Ce dernier fondera une abbaye à Clairvaux et prendra de ce fait le nom de Bernard de Clairvaux et plus tard de saint Bernard.

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     Les moines cisterciens priaient et travaillaient avec les paysans, leurs travaux furent les premiers aménagements du territoire. Les cisterciens furent aussi à l'origine de la création des villes , des cathédrales.

    Au début des créations des abbayes cisterciennes, tout se passa bien, elles devinrent de plus en plus nombreuses., chacune composée de nombreux moines.

    Mais, peu à peu, les difficultés apparurent. Benoît XII définit en 1335 la synthèse cistercienne, les princes et les philosophes s'inquiétèrent, la peste apparut..

    Puis ce fut la désastreuse création de la "commende"qui fut dévastatrice pour les abbayes ( La commende était le dépôt d'un bénéfice entre les mains d'une personne qui ne pouvait pas le tenir en titre. C’était une source de généreux profits pour les rois et les nantis du royaume.)

    Néanmoins certaines abbayes n'eurent pas d'abbés commenditaires, ce fut le cas de La Trappe et de Clairvaux.

    A la Révolution, la Constituante décida de vider les abbayes de leurs moines, d'empêcher les ordres monastiques, d'interdire le noviciat  et ensuite de vendre leurs bâtiments et leurs terres aux citoyens qui en avaient les moyens, c'est à dire les membres de la Bourgeoisie.

    Toutes les possessions des abbayes furent transférées aux communes et aux districts.

    Ces changements, nous dit Jean-François Leroux, se firent dans d'assez bonnes conditions : certains moines retournèrent à la vie civile, d'autres préférèrent la vie collective ou se tournèrent vers le clergé assermenté.

    Certains moines s'exilèrent comme les Trappistes qui trouvèrent refuge en Suisse et en Allemagne.

    Tous les biens matériels des abbayes furent vendus : marbres, grilles etc... jusqu'aux poignées de portes. Il y eut un certain vandalisme "légal". Les communes se servirent : ainsi Troyes récupéra la riche bibliothèque de Clairvaux (ce qui fut une bonne chose !). Certains objets ont été cachés par les moines comme le crâne de saint Bernard qui se trouve maintenant dans une église troyenne.

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    Les terres et les forêts furent vendus aux enchères à des bourgeois qui en avaient les moyens, les granges cisterciennes furent cédées avec leurs terres, les plus petites abbayes devinrent des fermes.

    Les grandes abbayes intéressèrent les industriels, à Fontenay les Montgolfier installèrent une papèterie, à Morimont, ce fut une brasserie, à Noirlac une fabrique de porcelaines.

    Les bâtiments des abbés devinrent de petits châteaux. Hélas les églises tombèrent en ruines et furent achetées par des carriers pour le commerce des pierres.

    En 1808, Napoléon promut la peine de privation de liberté. Clairvaux devint alors une prison.

    A Citeaux on installa une colonie agricole.

    A partir de 1815, on vit revenir des ordres monastiques à la Trappe et à Citeaux par exemple.

    Certaines personnes s'aperçurent aussi que les monuments rescapés avaient une valeur historique, ce fut le cas de Viollet le Duc.

    Jean-François Leroux fut très applaudi pour son brillant exposé , truffé de détails que je n'ai pu citer ici, car je n'en ai donné qu'un bref aperçu.

    Un ouvrage fut remis en cadeau au conférencier par le président de la SAHC : le magnifique livre de Dominique Masson : "Châtillon sur Seine, mille ans d'histoire" en remerciement de sa venue tant appréciée de tous.

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  • Commentaires

    1
    bridget
    Jeudi 23 Mai à 18:50

    Super merci !

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