• Un passionnant "Notule d’histoire" de Dominique Masson sur :

    La révolte du lanturlu de Dijon

    En 1630 La revue « Les Annales de Bourgogne »a consacré son tome 91 (3-4 2019) à cette révolte qui a marqué profondément les esprits au XVIIe siècle, à Dijon, car étant l’une des plus importantes révoltes populaires sous l’Ancien Régime, même s’il y eut d’autres mouvements urbains dans la première moitié du XVIIIe siècle au royaume de France.

    Comme dans la plupart des cas, le motif principal est d’ordre fiscal.

    Devenu duc de Bourgogne en 1467, Charles le téméraire avait voulu reconstituer l’ancienne Lotharingie en reliant tous ses domaines néerlandais aux domaines bourguignons et il chercha à s’entendre avec l’empereur d’Allemagne en vue d’obtenir une éventuelle couronne.

    Mais les bourguignons étaient mal perçus et s’attirèrent l’hostilité des suisses qui, avec les troupes lorraines, battirent Charles et le tuèrent au siège de Nancy, en 1477.

    La Bourgogne fut alors divisée en deux, avec une partie amenée par la fille héritière du duc, Marie de Bourgogne, mariée à Maximilien d’Autriche, qui apporte aux Habsbourg le comté de Bourgogne (la Franche-Comté) ainsi que les Pays-Bas bourguignons, et de l’autre le duché de Bourgogne, que le roi de France Louis XI rattache définitivement à la France.

    Mais, dans le duché de Bourgogne, à côté du duc, se trouvaient les Etats, institution composée de représentants des trois « ordres », apparue vers 1350.

    Ils étaient chargés d’examiner les demandes d’impositions extraordinaires émises par le duc de Bourgogne, pouvant les accorder, les refuser ou les amender.

    En 1477, après la mort de Charles le Téméraire, ils surent négocier la soumission du duché auprès de Louis XI, et obtinrent le privilège qui subordonnait la levée des impôts à leur consentement.

    Ils devinrent les garants et les défenseurs de ces privilèges.

    Au siècle suivant, ces Etats se transformeront en une commission de gouvernement provincial disposant d’un véritable budget, « consentant » à l’impôt, et capable de s’opposer, pour le bien de la province, aux exigences gouvernementales émises par les ministres ou les intendants.

    Leur rôle essentiel fut, tout au long de l’Ancien Régime, de négocier le montant de l’impôt avec les commissaires ou intendants royaux, d’en assurer la répartition par paroisses et d’en contrôler la collecte.

    La Bourgogne ne fut pas la seule à bénéficier de ce régime ; d’autres provinces, entrées tardivement dans le royaume de France, avaient aussi gardé leurs états provinciaux, et donc un peu d’indépendance.

    Ces provinces furent appelées provinces d’Etat, par opposition à celles où les états avaient été supprimés et où le roi, par l’intermédiaire de son représentant, répartissait les impôts (il existait aussi les pays d’imposition, dépendant de la seule autorité du roi).

    En Bourgogne les états sont réunis tous les trois ans pour voter le tribut au roi.

    Il se nomme le « don gratuit », pléonasme qui marque le caractère volontaire du geste.

    En fait, le marchandage était fictif et la somme était dictée par le roi à travers le contrôleur général des finances.

    Par contre, ce sont les états de Bourgogne qui ont toujours voulu assurer le recouvrement et le maniement de l’impôt.

    Les décisions des Etats étaient exécutées par les élus. Ceux-ci comprenaient sept membres : un représentant du clergé, un de la noblesse et deux du tiers état, plus l’élu du roi et deux de la Chambre des Comptes.

    Ils étaient assistés du personnel des bureaux et du trésorier des états de Bourgogne. A l’échelon inférieur, se trouvait le personnel proprement dédié au maniement de l’argent : les receveurs particuliers dans chaque bailliage.

    Il y avait 34 subdélégations, dont une à Châtillon.

    Au niveau local, la province est divisée en feux, à rapprocher des foyers fiscaux ; la répartition des sommes à payer au niveau de ces feux est faite par des habitants des communautés élus, les asséeurs, responsables sur leurs biens. Ils doivent être au moins 4 et sont défrayés pour le travail fourni.

    "La révolte du Lanturlu", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    Le roi Louis XIII, aidé par son ministre, le cardinal de  Richelieu, cherche, en ce début du XVIIe siècle, à assurer l‘autorité royale, la soumission fiscale (il faut assurer les dépenses de la guerre de Trente Ans)  et le renforcement de l’absolutisme, au détriment des libertés provinciales.

    Le roi Henri II avait déjà tenté d’instaurer six élections en 1554 en Bourgogne, en vain.  

    Louis XIII veut refaire une tentative.

    En Dauphiné, les Etats provinciaux furent suspendus en 1628 et, à partir de 1630, un intendant vint représenter directement le pouvoir royal dans la province.          

    La royauté voulut faire la même chose en Bourgogne.

    Par un édit de juin 1629, Richelieu décida d’imposer à la Bourgogne, pays d’Etat, un régime administratif de pays d’élections : « Nous avons par ce présent édit perpétuel et irrévocable, créé, érigé et établi en l’étendue de notre pays et généralité de Bourgogne , dix sièges et bureaux d’élections sur le fait et justice de nos aides, tailles, taillon, subsides, impositions et autres levées généralement quelconques, dont la connaissance appartient à nos officiers des autres élections de notre royaume, et qui leur sont attribués par nos édits, ordonnances, arrêts et règlements depuis intervenus. Lesquels sièges et bureaux d’élections seront établis, à savoir en nos villes Dijon, Chalon, Beaune, Semur, Autun, Avallon, Auxonne, Châtillon, Nuits et Charolles… ».

    Pour Châtillon, il était prévu l’installation : «  d’un conseiller président élu, aux gages de quatre cents livres, cinquante livres de taxation ordinaires, cinquante livres de droits et chevauchées ; d’un conseiller lieutenant élu ; d’un conseiller lieutenant élu ; d’un conseiller premier élu assesseur civil et criminel ; de quatre autres conseillers élus et trois conseillers contrôleurs élus, aux gages de trois cents livres chacun, et mêmes droits que le président en ladite élection ; d’un conseiller avocat, aux gages de cent cinquante livres, cinquante livres de taxations ordinaires ; d’un conseiller et procureur pour nous, aux mêmes gages et droits ; de deux conseillers receveurs alternatifs et triennal des aides , tailles, taillon et autres levées,payeurs des gages et droits des officiers de ladite élection, aux gages chacun de six cents livres, tant en année d’exercice que hors icelui, et de six deniers pour livre de taxations en hérédité de tout le maniement qu’ils auront en l’année de leur exercice ; de trois greffiers héréditaires et trois maîtres clercs ancien, alternatif et triennal ; un greffier des affirmations , un garde des petits sceaux, et deux commissaires des tailles en ladite élection, aux mêmes gages et droits héréditaires et attributions que les quatre officiers de pareille nature en l’élection de Dijon ; de deux huissiers audienciers avec pouvoir d’exploiter tous actes de justice dans l’étendue de notre royaume aux droits ordinaires à gages de vingt livres chacun ; de deux sergents en ladite élection, avec le même pouvoir d’exploiter par tout le royaume, aux gages de dix livres chacun ; de quatre procureurs postulants en ladite élection, sans gages ». 

     Dès novembre 1629, les députés des trois ordres se saisissent de cet édit des élections et vont estimer que le projet était préjudiciable à Dijon et à la province ; le maire de la ville adressa une lettre en ce sens aux échevins.

    Mais la Chambre des Comptes, favorable au pouvoir royal, soutint cette réforme.

    La première décision des élus, sans attendre la réunion à venir des Etats, fut d’user de leur faculté de remontrance au roi, lui montant combien cette décision était désavantageuse à la province et contraire à ses privilèges.

    Ils députent auprès du roi des représentants de trois ordres : Claude de la Magdeleine, évêque d’Autun, avec Blondeau, abbé d’Oigny et Fleutelot, prieur ; Henry de Saulx-Tavannes, avec les seigneurs de Rabutin et de Barnay ; et le maire de Dijon, le vierg d’Autun et le trésorier de France ; mais cette délégation n’aura aucun effet.

    "La révolte du Lanturlu", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    Les vignerons estimèrent être les premiers concernés par le nouvel édit, car les éventuels nouveaux impôts porteraient sur le vin ; jusqu’à présent, le vin n’était taxé que lorsqu’il était exporté hors de la Bourgogne, pas à l’intérieur.                                                                          Les événements débutent le 27 février, car le bruit court que la Chambre des Comptes va approuver la réforme.

    Une cinquantaine de personnes défile joyeusement et fait du tapage tard dans la nuit.

    Mais, le lendemain, les vignerons s’attroupent, avec à leur tête Anatoire Changenet.

    Les manifestants défilent en chantant « lanturlelu », mot composé de  « la » + « turelure », onomatopée employée dans certains refrains de chansons populaires, d’après le nom d’un instrument de musique désignant une cornemuse, un flageolet.

    C’était devenu le refrain d’une chanson qui se moquait de Richelieu, indiquant, soit un refus, soit une réponse évasive (on disait : c’est toujours la même turelure : c’est toujours la même chose).

    Ces manifestants brûlent un portrait du roi et vont saccager sept maisons de notables,  appartenant à la Chambre des Comptes ou représentant le pouvoir.

    La rébellion reprend le Ier mars, mais le commandant Mirebeau fait tirer sur les mutins ; il y aura une dizaine de morts (Anatoire Changenet sera jugé en mars 1631).

    Louis XII, alors en visite à Troyes, se rendit à Dijon le 26 avril 1630.

    Les dijonnais ayant fait leur soumission, le roi leur pardonna, mais leur imposa de lourdes sanctions, près de 150 000 livres.

    Le nouveau gouverneur, Henri II de bourbon-Condé, obtint, le 26 mars 1631, la révocation de l’édit d’élection, le rétablissement des privilèges de Dijon et l’élection des échevins dans leur forme antérieure, ainsi que la prééminence des Etats sur la Chambre des Comptes et le Parlement.         

    Cette grâce peut s’expliquer par l’indifférence des bourguignons lors de la chevauchée de Gaston d’Orléans, en mars 1631, en révolte contre son frère le roi.

    Ce dernier vit que  les dirigeants de la Bourgogne étaient en mesure de contrôler la province en sa faveur.

    Il faut aussi évoquer le réseau des relations des échevins, pouvant plaider auprès du roi.

    Enfin, la Bourgogne restait une place avancée devant la Comté, aux mains du roi d’Espagne.

    Et, en France, tout se termine par une chanson :

    Le roy nostre Sir        

    Pour bonnes raisons 

      Que l'on n'ose dire  

        Et que nous taisons

         Nous a fait deffence 

       De chanter Lanturelu   


    Lanturlu, lanturllu, lanturlu, lanturlure 
                                                                                                           (« Lettres et autres œuvres de monsieur de Voiture ; 1687)

     

                                            (Dominique Masson)


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  •  Dominique Masson, Historien, propose aux lecteurs de ce blog des "notules d'Histoire" qui nous révèlent, ou rappellent, des événements intéressants qui ont eu lieu dans le Châtillonnais.

    Aujourd'hui il nous présente quelques commémorations  qui devraient avoir lieu en 2020, merci à lui et à son érudition !

    Les commémorations en 2020

    L’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon a fait paraître les célébrations de Bourgogne pour cette année 2020. Voici quelques-unes des dates retenues pour le Châtillonnais :

    1720 : année de naissance de Bossu. 

     Jean Bernard Bossu est né le 29 septembre 1720 à Baigneux-les-Juifs, d’une famille de médecins.

    Mais il préfère être, d’abord officier d’infanterie, puis officier de marine et sera à ce titre envoyé à la garnison de la Nouvelle-Orléans.

    Il va ensuite explorer le long du fleuve Mississippi et rencontrer les populations amérindiennes qui vivent sur ses rives.

    Il se lie d’amitié avec la tribu des Arkansas, qui le reconnaît pour guerrier et pour chef.

    Au printemps  de 1757, il retourne en France. Il fait un deuxième voyage en 1759 mais, déçu de ne pas être nommé à un commandement, il manifeste son désaccord, ce qui le fait embastiller lors de son retour en France, en 1759.

    Cependant le roi Louis XV le réhabilite, lui accorde une pension de capitaine et le décore de l’ordre de la Croix de Saint-Louis. Il effectuera un troisième voyage en 1770 et sera e retour en France en août 1771 

    De son premier long séjour, il tire : Nouveaux Voyages aux Indes Occidentales ; Contenant une Relation des différents Peuples qui habitent les environs du grand Fleuve Saint-Louis, appelé vulgairement le Mississippi; leur religion ; leur gouvernement ; leurs mœurs ; leurs guerres et leur commerce.

    Edité à Paris en 1768, ce livre d’ethnologie eut un succès considérable ; rapidement, il y eut quatre éditions successives à Paris et Amsterdam, en français, puis en hollandais (1769), en anglais (1771), en allemand (1771-1774), et en russe (1783).  

     Au retour de son troisième voyage, il publia en 1777, à Amsterdam, Nouveaux Voyages dans l'Amérique septentrionale contenant une collection de lettres de l'auteur à son ami.            

      Il habitait une partie de l’année à Auxerre. C’est en se rendant de cette ville à Aisey-le-Duc qu’il mourut à Montbard, le 4 mai 1792, et où il fut enterré le lendemain.

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    1770 : année de naissance de Rolle.  

    Pierre Nicolas Rolle est né à Châtillon le 17 juillet 1770. Descendant du mathématicien Michel Rolle, dont un théorème porte son nom, il fut reçu avocat en 1789.

    Il exerça jusqu’en 1792, mais s’enrôla ensuite dans une compagnie faisant partie des colonnes infernales.

    Elève à l’Ecole Normale et ayant abandonné la carrière militaire, il devint ensuite directeur adjoint de l’Ecole centrale des Travaux publics (future Ecole polytechnique).

    Il devient aussi collaborateur à la Revue philosophique, au Mercure de France et à la Revue encyclopédique.

    Bibliophile, il est nommé en 1810 bibliothécaire de la Ville de Paris. Il sera aussi conservateur de la bibliothèque de Châtillon.

    Il obtient le prix de l’Académie des inscriptions et belles-lettres pour un mémoire sur la mythologie et les religions antiques. Il en tirera, en 1824, un ouvrage en trois volumes, Recherches sur le culte de Bacchus.   

    Il avait fait l’acquisition, en 1796, de la forge et du fourneau de Voulaines-les-Templiers, conjointement avec François Ligeret, de Dijon. Il la revendit, avant 1807, à son beau-frère, Richard Claude Cousturier.                             

     Membre de la Société phylotechnique de Paris, président de l’Académie des antiquaires de France, il fut aussi, en l’an IV et V (1795-1797), conseiller général de Côte d’Or et maire de Chaume-les-Baigneux du 10 novembre 1831 à janvier 1852.

    C’est là qu’il décède, le 23 août 1855.

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    1820 : année de naissance de Ronot.   

     Charles Ronot est né à Belan-sur-Ource le 28 mai 1820.

    Après des études au collège de Châtillon, il étudie le droit à Dijon et à Paris. Il passe sa thèse de droit en 1842, mais préfère ensuite faire carrière comme peintre.

    Elève d’Auguste-Barthélémy Glaize, il devient professeur de peinture, puis, directeur de l’école municipale de dessin à Châtillon ; il deviendra ensuite inspecteur de l’enseignement des beaux-arts à Dijon, en 1878, et enfin directeur de l’école des beaux-arts de Dijon en 1880. 

     Peintre essentiellement de scènes historiques, il participe aux salons parisiens à partir de 1857 (il se verra décerner une médaille en 1876 et 1878). Le 5 mars 1887, il est nommé membre correspondant de l’Académie des Beaux-Arts. Ses œuvres se trouvent dans de nombreux musées français, dont le Louvre.

    Dans le châtillonnais, on trouve deux tableaux d’autel (Saint Côme et Damien ; la Vierge à l’Enfant ; 1852) dans l’église de Brémur-et-Vaurois ; et, dans l’église de Grancey-sur-Ource, deux tableaux (le martyre de saint Quentin, 1848, et la Résurrection du Christ, 1849), ainsi qu’une partie des tableaux du chemin de croix (le Baptême du Christ, dans l’église de Villiers-le-Duc, pourrait être également de lui).  

    Une rue à Dijon et une à Châtillon portent son nom. Il meurt à Dijon, le 21 janvier 1895.

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    1920 : année de naissance de Michel Sordel.

    Michel Sordel est né à Aubepierre-sur-Aube, en Haute-Marne, le 11 novembre 1920.

    Ingénieur agronome en 1943, il enseigne aux agriculteurs tout en participant à la Résistance.

    Après-guerre, il s’installe à la ferme de la Pidance à Châtillon ; il œuvre à la relance de l’agriculture en Côte d’Or en étant élu, en 1961, président des magasins et silos de Châtillon.

    Il sera ensuite président de la chambre départementale de la Côte d’Or, vice-président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture et, de 1970 à 1971, membre du Conseil économique et social. 

    Elu maire de Châtillon en 1965, il devient également sénateur de la Côte d’Or en 1971 (Républicain indépendant, il rejoint en 1977 le groupe sénatorial de l’Union des Républicains et des Indépendants).

    Tout au long de son mandat, il prend une part active aux travaux de la commission des affaires économiques et du Plan.

    Il consacre l'essentiel de son activité parlementaire à des études très spécialisées sur les problèmes de la filière agricole, notamment en étant plusieurs fois rapporteur sur le projet de budget consacré à l’agriculture, sur la loi d’orientation agricole, sur les questions de réglementation foncière ou sur la loi relative à la pharmacie vétérinaire.

    Il intervient aussi dans des commissions chargées de préparer des projets de loi concernant l’agriculture.    

     A côté de ses fonctions politiques, il est président de l'Union nationale des coopératives de céréales de 1974 à 1990, vice-président la confédération française de la coopération agricole, et il siège entre 1977 et 1989 au Conseil supérieur de la coopération, regroupant les représentants de coopératives, d'administrations et du Parlement.

    Nommé membre de l'Académie d'Agriculture en octobre 1972 (il en sera président en 1992), il sera fait chevalier de la Légion d'honneur, officier du Mérite agricole, maire honoraire de Châtillon-sur-Seine et sénateur honoraire de Côte-d'Or.     

    Il décède le 23 février 1994, à Châtillon-sur-Seine. L’hôpital de la ville porte son nom.

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    On peut également évoquer le décès, en 1770, de Jean-Antoine Caristie.                                        

    Il est né à Borgogesia, dans le Piémont italien, en 1719. Ayant émigré, il s’installe à Dijon et se fait naturaliser.

    Architecte de talent, ses constructions sont de style classique, présentant un caractère simple et élégant. On trouve de ses constructions aussi bien en Bourgogne (casernes d’Auxonne, châteaux, etc.) qu’à Langres (façade de la cathédrale). 

      Il construisit également plusieurs églises, dont celle de Beneuvre, en 1765-1766. Elle est en croix latine à un seul vaisseau, et d’architecture traditionnelle de « style italien ».

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    Des événements sont aussi à célébrer.

     1870-1871 : la guerre franco-prussienne

    Le 2 septembre 1870, Napoléon III, empereur des Français, capitule à Sedan, face aux troupes du roi de Prusse, Guillaume Ier. En France, la République est proclamée le 4 septembre. Dès lors, l’avancée des troupes ennemies en direction de Paris est inexorable. Des volontaires, mobiles et francs-tireurs, ne peuvent empêcher que l’Yonne et la Côte d’Or soient envahies dès le début de novembre 1870.                   

    Le ministre de l’Intérieur et de la Guerre, Léon Gambetta, confie à Giuseppe Garibaldi, qui a offert ses services à la France, le commandement de tous les corps francs de la zone des Vosges.

    Le 11 novembre, il organise l’armée des Vosges, sous le commandement de ses deux fils, Menotti et Ricciotti.

    C’est ce dernier qui attaquera les troupes prussiennes à Châtillon (« la surprise de Châtillon »), le 19 novembre.

    Le 21 janvier 1871, Garibaldi pourra entrer provisoirement à Dijon.

    Malgré un armistice signé le 28 janvier 1871 entre Jules Favre et Otto von Bismarck, la Côte d’Or n’est pas concernée et restera soumise à l’occupant.

    Le traité de paix sera signé à Francfort-sur-le-Main, le 10 mai 1871, la France étant soumise à de très lourdes indemnités.

    Une exposition sur la guerre de 1870 et la « surprise de Châtillon » se tiendra du 7 au 15 novembre 2020, à la mairie de Châtillon.

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    On peut rajouter à cette liste les inondations de 1910

    Pendant 15 mois, presque continuellement, les pluies n’avaient cessé de tomber sur la région châtillonnaise.

    La Seine déborda les 11 et 12 septembre, à une époque où, normalement, le lit était presque à sec.

    Des pluies diluviennes s’abattirent du 16 au 18 janvier 1910, gonflant aussi bien la Seine que ses affluents.

    La conséquence, ce furent les inondations des 19, 20 et 21 janvier dans le Châtillonnais. Paris et sa région furent inondés du 20 au 23 janvier. Le 28 janvier, la Seine à Paris atteignit son maximum historique (8, 68 m). On circula en barque.    

     Dans le Châtillonnais, une seconde crue intervint les 7 et 8 février.

    Si les dégâts humains le long de la Seine ont été faibles, ceux matériels seront considérables. Il faudra plus d’un mois pour que le fleuve retrouve son débit normal.

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    "Les commémorations en 2020", un notule d'Histoire de Dominique Masson

    (Dominique Masson)

                                                                                                    


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  •  Notule d’histoire châtillonnaise

    La famille Eiffel et le châtillonnais

     Gustave Eiffel a été à l’honneur en 2019, avec des manifestations et un film en cours de tournage sur sa vie.

    Le nom d’origine de la famille n’est pas Eiffel, mais Bonickhausen et, pendant longtemps, il sera écrit : « dit Eiffel » ; ce n’est que le premier avril 1879, par décret, que Gustave obtiendra officiellement le droit de ne plus faire état de Bonickhausen dans les textes officiels.

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    Aux origines, il y a un bourgeois né près de Cologne, dans le Saint Empire Germanique, en 1680, mais qui va fuir les guerres et s’établir en France, vers 1700. Dans son désir de s’assimiler, il va adopter un prénom français (Jean René, au lieu de Guillaume Henri) et fonder un foyer à Paris.

    L’un de ses descendants, François-Alexandre, va s’engager, à 16 ans, pendant la période révolutionnaire, comme volontaire dans le Régiment des Hussards de Bercheny, et participe aux campagnes d’Eugène de Beauharnais en Italie.

    Après la chute de l’Empire, il se réengage, faute de mieux, comme simple soldat et mène une vie végétative, de garnison en garnison. C’est ainsi qu’il se retrouve cantonné à Dijon, où il rencontre la fille d’un marchand de bois, Catherine-Mélanie Moneuse, qu’il épouse le 23 novembre 1824.

    Celle-ci va pousser son mari à prendre un poste à la sous-intendance militaire de Dijon puis à la préfecture ; le jeune ménage s’installe quai Nicolas-Rolin, chez les parents Moneuse. 

    Mais, à la mort du père de Mélanie, en 1831, Alexandre rejoint sa femme pour la seconder dans son négoce et celle-ci se lance dans le commerce d’un combustible très demandé, le charbon, auquel elle ajoute le coke, le bois et le gaz.

    En 1833, elle devient entrepositaire des mines de Blanzy, en Saône et Loire, et travaille aussi avec celle de Rive-de-Gier, dans le département de la Loire, grâce à l’ouverture complète du canal de Bourgogne, en 1832.

    En 1836, comme l’ouverture de la voie ferrée d’Epinac au canal permet à la Compagnie d’Epinac de baisser fortement ses prix, Mélanie Moneuse-Bonickhausen passe une convention avec elle, pour fournir les industries de Bourgogne en charbon et coke de meilleure qualité, à des prix plus intéressants, et dans des délais de transport désormais plus courts que ceux de Blanzy[i].

    Elle fournit, entre autre, les forges de Montbard et de Châtillon-Sainte Colombe, qui sont des clients importants ; plus de six mille cinq cent mesures, soit quatre bateaux de charbon, leurs sont destinés, par mois (le charbon est vendu 1,95 F l’hectolitre à Montbard).

    Elle fournit également la forge de Chenecières ; en 1834, les frères Lapérouse acquirent les lieux et y installèrent des laminoirs, en renforçant le bief et en substituant au bois la houille d’Epinac, vendu par Mélanie Eiffel.Pour gérer les 30 000 tonnes de charbon qui arrivent au port de Dijon, l’entreprise Eiffel doit, dès 1839, déployer une logistique importante; pour cela, elle possède deux péniches pour faciliter le transport et organise le déchargement, le stockage et la vente du charbon.

    C’est sûrement lors de l’un de ses voyages d’affaire que Mélanie a repéré le jeune régisseur du fourneau de Châtillon. Car, en 1845, Joseph Maître a construit un fourneau à la place de la papeterie, avec une machine à vapeur. Au recensement de 1846, le régisseur est J.B Mailfert (26 ans) mais, au recensement de 1851, le régisseur est Joseph Collin (26 ans).

     [i] Gustave Eiffel pourra écrire, dans sa Généalogie : « La Haute Marne avec ses hauts-fourneaux de création récente, venaient s’alimenter en houille d’Epinac au port du canal de Dijon dont des chargements importants partaient chaque jour. Ma mère se tourna délibérément de ce côté et obtint d’être entrepositaire unique de ces mines pour Dijon et pour les régions voisines telles que la Haute-Marne ». Les houillères d’Epinac sont à l’époque considérées comme les plus remarquables du bassin d’Autun.

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    Le 15 décembre 1832, naît Gustave Eiffel ; il sera baptisé en la cathédrale Saint Bénigne, mais mis rapidement en nourrice.

    Marie naîtra en 1834 et Laure le 23 mars 1836.

    En 1843, ayant amassé un capital appréciable, le couple Eiffel-Bonickhausen se retira des affaires et vendit son fond de commerce. Pour Gustave, il est en pension chez sa grand-mère. Mais, l’inactivité semblant peser au couple, Alexandre devint comptable pour un marchand de bière, Edouard Regneau, lequel leur consentit la location du Castel, rue des Moulins, au milieu d’un vaste parc.

     Quant à Gustave, après des études dijonnaises, ayant son baccalauréat ès Lettres et ès Sciences en poche, il part à Paris en 1850 s’inscrire au collège Sainte Barbe, qui prépare à l’Ecole polytechnique. Mais, en 1852, il ne sera pas sur la liste des admis ; par contre, il peut entrer à l’Ecole centrale des arts et manufactures. C’est là que Gustave va se former à l’art de l’ingénieur. Son diplôme en poche, en 1855, il est en quête d’une situation. Sa mère fait alors pression sur son gendre, Joseph Collin.

    Car Mélanie a fait épouser sa seconde fille, Laure, avec l’une de ses relations d’affaire, Joseph Collin, directeur du haut fourneau de Châtillon. Né le 7 avril 1825, celui-ci est le fils d’Antoine Honoré Charles Collin, horloger à Châtillon, et d’Anne Thierry[i]. Le 23 octobre 1854, il a épousé à Dijon Laure Bonickhausen.

     [i] Antoine Honoré Charles Collin est né à Laignes, le 12 juillet 1802 ; il se marie à Châtillon le 5 juillet 1824 et décède à Châtillon le 5 juillet 1866. Anne est née à Châtillon le 21 avril 1806 (Collin s’était remarié à Claudine Sebille)

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    C’est là que sa mère envoie Gustave, espérant que son fils trouve sa voie. Il semble y être resté de septembre 1855 à janvier 1856.

    Mais Gustave écrira : « Il est constant que je n’entends pas grand-chose à la métallurgie». Surtout, il s’accorde du bon temps chez sa sœur, profitant des confitures de coing : « Je suis toujours dans une période d’engraissement. Je ne sais où cela s’arrêtera ». Ce ne sont pas les filles de Châtillon qui l’attirent, car elles ont des airs de « jardinières endimanchées » et une « dindonnerie sans pareille ».

    Ce qui l’amuse, ce sont les parties de chasse avec son beau-frère, dans les bois de Villers-Patras, où ils s’amusent à débusquer le lièvre et à tirer les alouettes ; « toutes les courses en plein soleil et cette activité m’ont donné plus de couleurs que je n’en ai jamais eu, je suis bruni comme un soldat d’Afrique »[i]. Ainsi, « je passe agréablement mes journées ici à ne rien faire »[ii].

    Mais tout a une fin pour Gustave, sa sœur accouche d’une petite fille, Josèphe Mélanie Jeanne, le 26 janvier 1856, et sa mère l’envoie à Paris, chez l’ingénieur Charles Nepveu, « constructeur de machines à vapeur, outils, forges, chaudronnerie, tôlerie, matériel fixe et roulant pour chemins de fer »,  puis il sera embauché comme ingénieur à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et ensuite chez un industriel belge, François Pauwels.

    Souhaitant avoir un ménage, Gustave Eiffel va épouser, le 8 juillet 1862, à Dijon, Marie Gaudelet, petite fille du brasseur qui employait son père. Nommé à la tête des ateliers de Clichy, propriété de la Compagnie Pauwels, le couple va s’installer dans cette ville. Alors qu’il vient d’être père d’une petite Claire, le 19 août 1863, il accueille chez lui sa plus jeune sœur, Laure, atteinte d’une tumeur à la gorge qui la mine, afin qu’elle soit mieux soignée.

    Sa fille, Jeanne, est recueillie par ses grands-parents, au Castel, tandis que son mari est trop occupé au fourneau de Châtillon. C’est chez Gustave que Laure s’éteindra, entourée de son frère et de son mari, le 11 août 1864.

    Elle sera enterrée à Dijon.Au foyer Eiffel naîtra, le 16 octobre de la même année, une deuxième fille, prénommée Laure en souvenir de la sœur disparue.

     [i] Lettres de septembre et octobre 1855

    [ii] Lettre du 8 janvier 1856

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    Gustave va se conduire, envers sa famille, comme un patriarche, tour à tour bienveillant et autoritaire.

    Vis-à-vis de sa nièce, Jeanne, orpheline, c’est lui qui prendra en charge son éducation, mais celle-ci, d’un caractère assez difficile, est ballotée entre ses grands-parents à Dijon et Levallois, où habite désormais Gustave. Finalement, c’est lui qui lui choisira un mari, Lucien Dupain, un polytechnicien, qu’elle épousera en 1875 à Levallois[i]

    En ce qui concerne ses beaux-frères, Gustave n’est pas tendre. Marie a épousé Armand Hussonmorel, employé à la comptabilité à la Compagnie Pauwels. Mais, comme il va faire des malversations bancaires et dépenser les 45 000 francs de la dot de sa femme ; après un conseil de famille, Armand sera poussé à prendre un bateau pour New-York et à se faire oublier[ii].                                                

    En ce qui concerne son autre beau-frère, Joseph Collin, lui aussi connaîtra des problèmes après la mort de sa femme. Incapable de s’occuper de sa fille, lui aussi va dilapider les 45 000 francs de la dot de sa femme et sera contraint de quitter le fourneau de Châtillon.

    Après un essai pour être négociant à Châtillon, Gustave va le faire travailler pour lui à partir de 1873. Il l’accompagnera dans ses voyages et l’enverra diriger les chantiers à Chinon puis, plus tard, au Portugal, pour la construction du pont Maria Pia, à Porto.

    Mais le contremaître n’en veut plus. C’est probablement à cette date qu’il va s’occuper d’une briqueterie. Cependant, Gustave fait de temps en temps appel à lui : entre avril et décembre 1884, Joseph est dépêché au Portugal, dans l’espoir de faire avancer les réclamations lors de la liquidation de la société Eiffel-Seyrig ; en juillet 1888, il intervient pour la maison Eiffel de Levallois-Perret, lors de l’attribution de construction de passerelles démontables dans Paris pour l’exposition universelle ; et, en janvier 1889, il aide Gustave à rassembler de la documentation pour le discours que ce dernier doit faire, lors de son élection à la présidence de la Société des ingénieurs civils[iii].

    Rentier et retiré à Laignes, rue des moulins, il décède le 19 mai 1890.

     [i] Elle aura un fils, Raoul ; dans le testament de Gustave Eiffel, il doit recevoir 50 000 francs

    [ii] Né à Dôle le 2 janvier 1827, il décède à New-York le 4 avril 1871. Marie se remariera à Albert Hénocque en 1872

    [iii] Selon la brochure : « travaux scientifiques exécutés à la tour de 300 mètres, de 1889 à 1900 ; Eiffel ; Paris, 1900 », Joseph et les responsables du bureau de dessin auraient reçu, en1889,  une médaille commémorative attribuée à tous ceux ayant pris part à la construction de la tour

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    Gustave Eiffel a aussi travaillé avec un autre châtillonnais, Louis Cailletet, la Tour permettant, après l’exposition universelle de 1889, des études scientifiques et justifiant, aux yeux du public parisien, l’utilité de la tour.

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

    En 1892, Cailletet et Colardeau étudièrent la chute des corps à partir d’une plate-forme de la tour :

    « Il n’y a jamais eu jusqu’ici qu’un très petit nombre d’expériences exécutées sur la chute libre des corps dans l’air, en tenant compte de la résistance que l’air oppose à leur mouvement. Un de nos savants les plus éminents, M L. Cailletet … a entrepris, avec la collaboration d’un physicien des plus distingués, M.E. Colardeau, une série d’expériences à ce sujet… La résistance de l’air intéresse les ingénieurs de chemins de fer en ce qui concerne la marche des trains, les marins pour la marche des navires ; son étude est la base du problème de la direction des ballons et de celui de l’aviation… M.M Cailletet et Colardeau ont pensé que la Tour Eiffel offrait les conditions les plus avantageuses pour entreprendre les expériences les plus complètes sur la chute des corps et la résistance de l’air, en permettant les mouvements rectilignes. Un laboratoire a été installé à la seconde plate-forme de la Tour. Il renferme les appareils d’expérience et de mesures, et offre une colonne d’air de 120 mètres de hauteur, pour la chute des corps. L’installation de ce laboratoire est due à M. Eiffel, notre grand ingénieur, que l’on trouve toujours prêt à patronner les entreprises de l’intelligence, et à contribuer aux progrès de la science » ( La Nature, 9 juillet  1892).        

    La brochure, « travaux scientifiques exécutés à la tour de 300 mètres de 1889 à 1900 », transcrit le discours prononcé par Gustave Eiffel à la conférence Scienta, le 13 avril 1889.

    Il remerciait tous ceux qui l’avaient encouragé à construire sa tour :« il y a quelques jours, j’en recevais de précieux témoignages dans une ascension à la plate-forme de 300 mètres que je faisais avec MM. Mascart, Cornu et Cailletet[i]. Sur cette étroite hune, qui semble isolée dans l’espace, nous étions ensemble pris d’admiration devant ce vaste horizon, d’une régularité de ligne presque semblable à celle de la mer, et surtout devant l’énorme coupole céleste qui semble s’y appuyer et dont la dimension inusitée donne une sensation inoubliable d’un espace libre immense, tout baigné de lumière, sans premiers plans et comme en plein ciel…Sans parler d’autres nombreuses expériences que beaucoup entrevoient, M. Cailletet me permettra de vous dire qu’il étudie en ce moment un grand manomètre à mercure avec lequel on pourra réaliser avec précision des pressions allant jusqu’à 400 atmosphères ».

    Ce manomètre fut inauguré le 2 avril 1891 et son installation, servant de mesure étalon pour la fabrication de tous les manomètres industriels, eut un retentissement international.

     

    [i] Eleuthère Mascart, physicien (1837-1908), membre de l’académie des Sciences ; Alfred Cornu, physicien (1841-1902), membre de l’académie des Sciences

    La famille Eiffel et le Châtillonnais

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    (DominiqueMasson)

    Bibliographie :                                                                                                                                         Bermond Daniel : Gustave Eiffel ; Perrin ; 2002                                                                                   Brunet Véronique : Mélanie Eiffel, mère et femme d’entreprise moderne en Bourgogne ; Editions du Revermont ; 2019                                                                                                                              Carmona Michel : Eiffel ; Fayard ; 2002

    [1] Gustave Eiffel pourra écrire, dans sa Généalogie : « La Haute Marne avec ses hauts-fourneaux de création récente, venaient s’alimenter en houille d’Epinac au port du canal de Dijon dont des chargements importants partaient chaque jour. Ma mère se tourna délibérément de ce côté et obtint d’être entrepositaire unique de ces mines pour Dijon et pour les régions voisines telles que la Haute-Marne ». Les houillères d’Epinac sont à l’époque considérées comme les plus remarquables du bassin d’Autun.

    [1] Antoine Honoré Charles Collin est né à Laignes, le 12 juillet 1802 ; il se marie à Châtillon le 5 juillet 1824 et décède à Châtillon le 5 juillet 1866. Anne est née à Châtillon le 21 avril 1806 (Collin s’était remarié à Claudine Sebille)

    [1] Lettres de septembre et octobre 1855

    [1] Lettre du 8 janvier 1856

    [1] Elle aura un fils, Raoul ; dans le testament de Gustave Eiffel, il doit recevoir 50 000 francs

    [1] Né à Dôle le 2 janvier 1827, il décède à New-York le 4 avril 1871. Marie se remariera à Albert Hénocque en 1872

    [1] Selon la brochure : « travaux scientifiques exécutés à la tour de 300 mètres, de 1889 à 1900 ; Eiffel ; Paris, 1900 », Joseph et les responsables du bureau de dessin auraient reçu, en1889,  une médaille commémorative attribuée à tous ceux ayant pris part à la construction de la tour

    [1] Eleuthère Mascart, physicien (1837-1908), membre de l’académie des Sciences ; Alfred Cornu, physicien (1841-1902), membre de l’académie des Sciences

     

     

     

     


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  • Le Lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine  a des échanges avec le Hölderlin Gymnasium de Stuttgart depuis des années : les lycéens Châtillonnais se rendent à Stuttgart au premier trimestre, ceux de Stuttgart viennent à Châtillon sur Seine en fin d'année scolaire.

    Dominique Masson accompagne les Châtillonnais lors de leur voyage en  Allemagne. Il en rapporte chaque fois des éléments très intéressants sur l'histoire du national-solialisme.

    Aujourd'hui il nous raconte l'enfer qu'ont vécu, à Stuttgart, les opposants au régime nazi, il nous dévoile aussi  que des français firent partie des victimes.

    Merci à lui pour ce témoignage passionnant sur un sujet méconnu.

     BOURREAUX ET VICTIMES A L’EPOQUE DU NATIONAL-SOCIALISME A STUTTGART

    Stuttgart, au sud de l’Allemagne, est aujourd’hui la capitale du Land de Bade-Wurtemberg et la ville, agréable et aérée, forte de ses usines automobiles,  compte  plus de 600 000 habitants et la région métropolitaine plus de 5 millions.

    Bourreaux et Victimes

    Bourreaux et Victimes

    "Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Mais, de 1933 à 1944, elle a subi, tout comme le reste de l’Allemagne, le joug nazi.

    Bourreaux et Victimes

    "Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Le 30 janvier 1933, Adolph Hitler devenait chancelier du Reich et commençait aussitôt les persécutions. Le 15 février, il prononça un discours à Stuttgart, mais le président du Wurtemberg, Eugène Bolz refusa que le discours soit prononcé sur la place principale et quelques opposants décidèrent de couper le câble de retransmission. Ils furent recherchés et exécutés. Quant à Eugen Bolz, membre du Zentrum et opposant au national-socialisme, il fut arrêté et passa quelque temps en camp de concentration. Le parti du Zentrum n’était pas le seul parti s’opposant à la montée d’Hitler ; il y avait aussi le parti communiste. Les communistes allemands sont massivement internés dès 1933 dans les camps de concentration par les nazis, pour les « protéger » de la population allemande.

    Bourreaux et Victimes

    Liselotte (« Lilo ») Hermann, dès son adolescence, avait rejoint la Jeunesse communiste. Etudiante, elle fut chassée de l’Université de Berlin pour cette appartenance. Après la naissance de son fils en 1934, elle travailla à Stuttgart dans le bureau d’études de son père, sous un faux nom, et participa aux activités clandestines des communistes. Avec des amis, elle parvient à faire passer à l'étranger des informations sur le réarmement national-socialiste ;en décembre 1935, elle est arrêtée par la Gestapo, qui trouve chez elle les plans d'une entreprise d'armement, destinés à être transmis à l'étranger. En 1937, elle est condamnée à mort et exécutée le 20 juin 1938 à la prison de Plötzensee, à Berlin, malgré des protestations du monde extérieur. Elle est la première mère exécutée sous le IIIe Reich et fut ultérieurement une héroïne en R.D.A, où des écoles portèrent son nom.

    La prison de Plötzensee, à Berlin, était l’une des prisons où le verdict suprême était la peine de mort. Initialement, les sentences étaient exécutées à la hache. Hitler décida, en octobre 1936, que la peine de mort soit exécutée par la guillotine (puis aussi, ultérieurement, par pendaison). Au total, de 1933 à 1945, 2891 personnes périrent là.          

    C’est dans cette prison que furent exécutés, entre autres,  les membres de l’Orchestre rouge, des résistants tchèques, ou certaines personnes impliquées dans l’attentat contre Hitler le 20 juillet1944 commis par Claus von Stauffenberg (comme Eugen Bolz, qui aurait été le ministre de la culture dans le nouveau gouvernement).

    Bourreaux et Victimes

    La prison de Plötzensee, à Berlin, était l’une des prisons où le verdict suprême était la peine de mort. Initialement, les sentences étaient exécutées à la hache. Hitler décida, en octobre 1936, que la peine de mort soit exécutée par la guillotine (puis aussi, ultérieurement, par pendaison). Au total, de 1933 à 1945, 2891 personnes périrent là.        

    C’est dans cette prison que furent exécutés, entre autres,  les membres de l’Orchestre rouge, des résistants tchèques, ou certaines personnes impliquées dans l’attentat contre Hitler le 20 juillet1944 commis par Claus von Stauffenberg (comme Eugen Bolz, qui aurait été le ministre de la culture dans le nouveau gouvernement).

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    C’est là aussi que, outre Liselotte Hermann, y fut exécuté Helmut « Helle » Hirsch. C’était un étudiant juif allemand qui, après son baccalauréat, partit en république tchèque. Là, il rencontra des tchèques désireux d’effectuer des actions contre le nazisme, sans intention cependant de tuer. Ils décidèrent ainsi de détruire une colonne devant la maison du parti, à Nuremberg. Mais Hirsch fut arrêté dans le train, trahi par certains de ses « amis » tchèques, espions nazis. Il sera exécuté à Plötzensee en 1937.

    Bourreaux et Victimes

    D’autres lieux en Allemagne pouvaient prononcer la peine de mort. Sophie Sholl, avec son frère et un ami, avaient créé « la Rose blanche » (« die Weisse Rose »). Arrêtés pour avoir lancés des tracts antinazis, ils seront conduits devant le « tribunal du peuple » (« Volksgerichtshof »), jugés pour « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l’ennemi et démoralisation des forces militaires », et exécutés.                                                                                                                                Un grand nombre de résistants ou d’opposants fut aussi exécuté dans la cour du tribunal régional supérieur de Stuttgart ; au total, 432 personnes périrent ici. Parmi ceux-ci se trouvait un groupe de cheminots de Dijon.

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    Bourreaux et Victimes

     D’autres jeunes communistes disparaîtront dans les camps. Walter Häbich fut arrêté et conduit à la prison du Hohenasperg, mais il parvint à cacher des documents dans une cuisinière miniature. Transféré au camp de concentration de Dachau, c’est là qu’il y mourut en 1934.

    Bourreaux et Victimes

    "Bourreaux et Victimes à kl'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Depuis le XVIe siècle, la colline du Hohenasperg, à 15 km de Stuttgart, a été couronnée par une citadelle où vivait une garnison, mais devint également, assez rapidement, une prison d’Etat et fut pour cela baptisée « la Bastille allemande ».

    Bourreaux et Victimes

     Sous le national-socialisme, celle-ci servit de camp d’internement pour les opposants et les juifs et de camp de transiten 1940 pour500 tsiganes, avant leur déportation à l’est. Sur eux, le médecin Robert Ritter, en tant que directeur du service de recherche d’hygiène raciale,put faire des « recherches ».

    Bourreaux et Victimes

    Bourreaux et Victimes

    Le camp servit également de lieu de détention pour les malades atteints de tuberculose. Un médecin alsacien, Emile Hincker, ayant refusé d’aller à la guerre, y fut interné et se dévoua pour les soigner.

    Bourreaux et Victimes

    Communistes, résistants ou opposants n’étaient pas les seules personnes à être pourchassées par les nazis.

    L’Aktion 4(T4) est le nom qui fut donné, après la Seconde Guerre mondiale, à la campagne d'extermination d'adultes handicapés physiques et mentaux par le régime nazi, de 1939 à août 1941, et qui fit de 70 000 à 80 000 victimes. Dans l'esprit de Hitler, le darwinisme apportait la justification morale de l'infanticide,  de l'euthanasie, et par la suite du génocide. Il lui permettait d'atteindre son objectif : la perfection biologique de la race nordique.

    Bourreaux et Victimes

    A Esslingen, sur un Stolpersteine se trouve le nom d’Eugen Friedrich Laible. Il était apprenti dans une maison d’édition, savait bien dessiner, mais eut un accident et ne fut plus le même. Ayant perdu son travail, il fut placé dans un institut spécialisé, puis des bus emmenèrent les malades vers un autre hôpital. Peu de temps après, la famille recevait une lettre  annonçant son décès ; la famille voulut récupérer le corps, mais on leur dit qu’il avait été incinéré. En fait, les nazis faisaient sur eux différents tests médicaux, avant de mourir (par exemple le zyklon B).

    Toujours dans ce but d’éliminer les « inférieurs » et les « faibles », Hitler voulut mettre en œuvre une politique antisémite radicale. Il lance la mise au pas de la société allemande (« Gleichschaltung ») dès mars 1933. Son but était de faire disparaître les juifs, allemands d’abord, européens ensuite.Les lois raciales de Nuremberg établies en 1935 vont mettre en place un système discriminatoire où les juifs sont exclus de la société ; les trois lois adoptées sont la loi sur le drapeau du Reich, la loi sur la citoyenneté du Reich et la loi sur la protection du sang allemand et de l’honneur allemand. Ainsi la « Rassenschande » était une  discrimination raciale interdisant toute union entre un Juif – selon la définition des lois de Nuremberg – et un citoyen « allemand ou de sang allemand ». Les mariages entre personnes juives et non juives étaient alors considérés comme un acte de « traîtrise envers la race ». Les mariages furent interdits à partir de 1935, et tout contact sexuel puni de peines de prison.  Gustav Esslinger ne respecta pas cette loi, en ayant une relation avec une allemande, qu’il aimait profondément, et au vu de tous. Interné une première fois, il reprit sa relation avec elle. Celle-ci fut licenciée, mais il put lui léguer ses biens afin de lui assurer des subsides, avant d’être déporté à Dachau où il mourut.

    Bourreaux et Victimes

    Les juifs allemands subirent de nombreuses vexations. Un seul magasin juif fut installé à Stuttgart, où devaient se rendre tous les juifs de la ville et des environs, alors qu’ils n’avaient plus de vélos et ne pouvaient prendre les transports en commun.

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    La famille Kahn fut obligée de vendre usine et maison à des allemands, puis quitter l’Allemagne pour se réfugier aux Pays Bas. Mais, capturés en 1942 et 1943, ils terminèrent leur vie à Auschwitz.

    Bourreaux et Victimes

    Pour traquer les juifs et tous les opposants à son régime, Hitler va créer la Gestapo (sigle pour Geheime Staatspolizei signifiant « Police secrète d'État »). C’était la police politique du Troisième Reich. Fondée en Prusse  par Hermann Göring, son pouvoir s'étendit ensuite, sous l'impulsion de Heinrich Himmler, à l'ensemble du Reich et des territoires envahis par ce dernier au cours de la  Seconde Guerre mondiale.

    Immédiatement après la proclamation des lois d'urgence du 28 février 1933 pour la défense du peuple et de l'État, officiellement justifiés par l'incendie du Reichstag, la police prussienne prend part, aux côtés de la SA et de la SS à la première grande rafle d'opposants organisée à Berlin dans la nuit du 28 février au 1er mars 1933. Dès ce moment, la Gestapo « pouvait agir sans restriction et sans responsabilité, pratiquer l'arrestation secrète et la détention à perpétuité sans accusation, sans preuve, sans audience. Aucune juridiction ne pouvait s'y opposer, ni ordonner la mise en liberté et réclamer un nouvel examen du dossier ».La Gestapo est organisée en six départements qui comportent plusieurs sections. La plus connue d'entre elles, la section B4, dirigée par Adolf Eichmann, sera le principal organisateur de l'extermination des Juifs d'Europe. Le 17 juin 1936, Himmler est nommé chef de toutes les polices allemandes.

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    A Stuttgart, la Gestapo établit son quartier général à l’Hôtel Silber

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    "Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

    De 1874 à 1919, l’immeuble, sur la Dorotheenstrasse, fut un hôtel, puis la direction générale des postes et télégraphes. En 1928, ce fut le siège de la police secrète, sous la république de Weimar et enfin, à partir de 1933, le siège de la police secrète et de la Gestapo, où travaillaient 200 personnes.

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    C’est là que seront interrogées Lina Haag et  Liselotte Hermann

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    A la fin de la guerre, 30 SS seulement contrôlaient 250 000 travailleurs forcés du Bade-Wurtemberg car, par la terreur ou par les dénonciations, il était facile de tout surveiller (70% des arrestations étaient faites à la suite de dénonciations).

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    Il existait en Allemagne 1800 camps de concentration : on y trouvait des asociaux, des homosexuels, des tsiganes, des communistes, des résistants ou des opposants au régime nazi, etc.

    Le camp de Vaihingen sur l’Enz était l’un d’eux ; c’était un camp annexe de celui du Struthof/Natzweiler(Alsace). Il fut construit fin 1943/début 1944, dans le cadre d’un programme secret (« opération Stoffel »), visant à relocaliser la fabrication d’avions Messerschmitt (faisant partie de l’organisation Todt), dans des usines souterraines, à l’abri des bombardements alliés. Le site choisi fut une ancienne carrière, la profondeur équivalant à six étages, qui avait auparavant servi, en 1942, pour faire des essais de catapulte des « V 1 ». Déportés de Pologne, 2189 juifs y travaillèrent, puis le camp servit d’infirmerie pour 2442 prisonniers de 20 nationalités différentes, gravement malades, entre novembre 1944 et mars 1945. Aggravé par une épidémie de typhus, le taux de mortalité put atteindre 33 décès par jour.Les morts étaient enterrés dans une fosse commune. A l’approche des alliés, les prisonniers les plus valides furent envoyés, par marche forcée, à Dachau. Le camp fut libéré le 7 avril 1945 par la Première armée française, qui y trouva 650 survivants. Pour éviter une épidémie, les baraques furent brûlées après leur évacuation, le 16 avril. Seul reste le lieu de désinfection.

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    Les corps furent enterrés une première fois dans des fosses communes, puis, sur les 1488 cadavres, 223 morts purent être ensuite identifiés et transférés dans leur pays d’origine. Pour les autres, ils sont enterrés, par deux sous la même pierre tombale, dans un cimetière inauguré en 1958.

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    Après le 11 mai 1945, l’Allemagne fut occupée par les troupes alliées. Les anciens prisonniers, comme les français au Hohenasperg, réussirent à confectionner, avec quelques tissus, un drapeau français.

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     La tâche, pour les alliés, était de juger les nazis et opérer une dénazification, car presque toute la population avait suivi Hitler.

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    Au procès de Nuremberg, du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, les principaux responsables du troisième Reich, accusés de complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, furent jugés. Il aboutit à la condamnation à mort de douze d’entre eux, des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité pour sept autres, et trois acquittements.D’autres procès eurent lieu, à tous les échelons.Pour Vaihingen, un tribunal français condamna à mort huit responsables du camp et en condamna huit autres à des travaux forcés.                                                                                                        La prison du Hohenasperg devint, avec les américains, le camp 76 pour dénazifier ; Konstantin Hierl, ministre du Reich en 1943, y fut enfermé, condamné pour « crimes majeurs », mais ne passa que 5 ans dans un camp de travail.

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    Karl Jäger, officier SS et chef d’un Einsatzkommando, responsable du massacre de milliers de juifs, parvint à échapper aux alliés mais, rentré en Allemagne, il sera arrêté, inculpé de crimes de guerre et enfermé au Hohenasperg. Il se suicidera au début de son procès, en juin 1959.   

    A l’Hôtel Silber travaillera le sergent Herbert Kappler. Il sera ensuite chargé de la « solution finale » et, à Rome, organisera en particulier le massacre des « Fosses ardéatines ».Arrêté après-guerre, il sera remis aux autorités italiennes et condamné à la prison à vie, mais réussira à s’évader en 1977 vers l’Allemagne, laquelle refusera de l’extrader ; il mourra à Stuttgart.

    Car le problème posé après-guerre était la façon de rendre la justice. Il était difficile de faire le procès de quelqu’un à l’endroit où s’étaient passé les faits, il était difficile d’avoir des preuves, les personnes tuées l’avaient été en général hors d’Allemagne, et l’Allemagne ne voulait pas extrader quelqu’un qui pouvait être condamné à mort dans un autre pays, alors que cette peine avait été abolie chez elle. Egalement, les anciens nazis ne se sentaient souvent pas coupables (le premier ministre du Bade-Wurtemberg, Hans Filbinger, aurait dit : « ce qui était légal autrefois ne peut pas être illégal aujourd’hui »). Beaucoup se disaient qu’ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres (Konstantin Hierl, par exemple, avait l’ « obsession du travail bien fait »).

     Pour pouvoir centraliser toutes les informations concernant les nazis, fut créé, en 1958, à Ludwigsburg, au nord de Stuttgart, dans une ancienne prison pour femmes, un dépôt central des archives des services juridiques des Länder pour la poursuite des crimes nationaux-socialistes. Là sont recensés les dossiers d'instruction contre des personnes soupçonnées d'être impliquées dans des crimes de guerres ou des crimes contre l'humanité. Ces documents conservés proviennent de différents parquets allemands et concernent, notamment, les Commandos du SD, la déportation politique et raciale ainsi que des représailles contre la Résistance. Il y a ainsi 1, 4 million de fiches.

    "Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

    Bourreaux et Victimes

     Mais pas un seul membre de la Justice de Stuttgart ayant participé aux condamnations à mort n’a été condamné par un tribunal pénal et la plupart furent, en outre, à nouveau en fonction dans la justice à partir de 1950. Même le « juge sanguinaire », Hermann Cuhorst, président du Tribunal d’exception de 1937 à 1944, condamné par la Chambre arbitrale de Stuttgart en 1948, qualifié de «  coupable principal » et condamné à six ans de camp de travail, fut libéré dès 1950.                                                 Le médecin Eugen Fischer, né à Karlsruhe, qui avait développé ses théories sur les spécificités raciales et fait pratiquer une stérilisation forcée à des nombreux déficients mentaux, fut recteur de l’université de Berlin et donna des cours aux médecins SS ; le docteur Mengele devint même son assistant.Il mourut en 1967, sans avoir été inquiété. Il en sera presque de même pour un médecin nazi, ayant participé à l’Action T4 et qui aurait tué 2300 personnes ; il revint s’installer vers 1950 à Stuttgart dans la Hölderlinstrasse et exercera pendant 23 ans ; finalement poursuivi, il sera condamné à 20 mois de prison.

    Depuis les années 90, s’est cependant imposé un travail de mémoire. Des habitants se sont opposés à la destruction de l’Hôtel Silber, qui est devenu un musée. Aujourd’hui, grâce à l’initiative de l’artiste berlinois Gunter Demnig, 1000 Stolpersteine (« pierres à trébucher ») ont été installées à Stuttgart(et dans de nombreux autres villes dans toute l’Allemagne et en Europe) afin de ne pas oublier les victimes du nazisme.

    Car, sans ceci, le souvenir de certaines personnes aurait disparu à jamais.

    Bourreaux et Victimes

    Ella Heimberger était professeur et vivait seule. Elle voulut partir en Suisse mais, très surveillée, fut dénoncée et convoquée à l’Hôtel Silber. Elle ne revint jamais et ce Stolperstein est le seul endroit pour se rappeler son nom.                                                                                                                Il en est de même pour Elsbeth Süsskind, une femme juive d’Esslingen. En 1941, les 141 juifs de la ville furent réunis sur la place et emmenés au Killesberg, à Stuttgart, puis prirent le train à la gare du Nord vers les camps, où l’on perd sa trace.

    Bourreaux et Victimes

    Il reste encore un travail de mémoire à faire car, sur les 141 déportés, seuls 50 Stolpersteine ont été installés à Esslingen.

    C’est aussi pour participer au devoir de mémoire que 19 élèves du lycée Désiré Nisard, avec leurs camarades du lycée Hölderlin, ont symboliquement nettoyé quelques-uns de ces Stolpersteine.

    Bourreaux et Victimes

    Bourreaux et Victimes

    Ils ont pu effacer aussi une marque nazie faite au tampon sur la plaque du magasin juif. Car cette période attire toujours des néo-nazis et c’est « un passé qui ne passe pas » pour certains. Le cimetière du camp de concentration de Vaihingen, par exemple, a été profané en 2003 et 2005.

    Bourreaux et Victimes

     


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  •  Dominique Masson, historien, m'envoie son étude sur deux châteaux de Haute Côte d'Or, Thil et Montigny-Montfort. Merci à lui pour ses notules toujours très intéressants.

     Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

     Le château de Thil


     
    Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
    Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
    Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
    Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

     

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

     Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

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    figure 3 : le cellier XIIIème siècle

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    figure 4 : une des clés de voûte du cellier

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    figure 5 : la tour carrée dominant le site

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 6 : vue des murailles

    À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

     figure 7 : le donjon

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    figure 8 : le donjon

    Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 10 : la fête médiévale

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

    Le château de Montigny-Montfort

    Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

     Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 13 :l'entrée du château

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

    Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

    Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

    figure 18 : carreau avec décor animalier

    La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

    "Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                              (Dominique Masson)

     Bibliographie :

    -Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

    -Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 


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  • Le vase de Vix et ses « avatars »

    Qui ne connaît pas le vase de Vix à Châtillon et dans le Châtillonnais ? Vix est une petite commune, bordée par la Seine et sur le territoire de laquelle se trouve une butte-témoin isolée, où s’installèrent autrefois des celtes.

    Bien que des trouvailles archéologiques furent faites au cours des siècles, c’est à partir de la fin des années vingt que des fouilles furent organisées systématiquement par Jean Lagorgette, lequel exposa, en 1931, ses trouvailles : « je ne puis exposer ici que d’une manière sommaire la découverte que j’ai faite, sur le Mont-Lasçois, d’un gisement gaulois qui révèle une civilisation peu connue et dont l’importance exigera ultérieurement une monographie abondamment illustrée ».  Ses fouilles se feront essentiellement sur les pentes du Mont Lassois.

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Jean Lagorgette)

    Après la mort de celui-ci et la fin de la deuxième guerre mondiale, les fouilles seront reprises par René Joffroy. Avec Maurice Moisson, ils découvriront, au début de l’année 1953, la tombe inviolée de la « princesse de Vix ».

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Châtillon-Presse du 15 janvier 1953 annonçant la découverte de la tombe princière)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (René Joffroy)

    En 2003, afin de célébrer le cinquantenaire de la découverte de cette tombe exceptionnelle, une fête fut organisée sur la colline de Vix, ainsi qu’une exposition à la mairie.

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Affichette annonçant la fête du cratère de Vix)

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    (Les organisateurs de l'exposition, Echos de la Douix)

    Après une période de « sommeil », c’est Bruno Chaume qui entama de nouvelles fouilles, aussi bien sur le plateau que près de la Seine, et découvrit plusieurs maisons à abside, un « temple » et de nouveaux tumuli. Sa thèse, soutenue en 2000, est intitulée : « le mont Lassois dans son contexte archéologique régional. L’organisation du territoire autour d’un site princier ». Il supervise aussi les recherches menées dans le cadre du projet « Vix et son environnement ».  

    En 2019, un autre projet a vu le jour : la réouverture de la tombe princière, sous la direction de Bastien Dubuis (qui a auparavant fouillé à Lavaux), avec le concours de l’INRAP, d’ARTEHIS, de la DRAC et de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais.

    Mais l’image du vase de Vix a été, depuis sa découverte, employée à de multiples fins.

    Bien sûr, on retrouve la photographie du vase dans de nombreuses publications :

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    (En octobre 2009, la revue Pèlerin publiait un dossier "20 siècles d'histoire en 20 œuvres", et la première page s'ouvrait sur le vase de Vix)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Couverture de la revue Alpha Encyclopédie 1969)

    Tout ou partie de l’image du vase a servi pour présenter les vœux des hommes politiques :

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    (Carte de vœux d'Henri Julien, Président de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais, 2010)

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    (Carte de vœux de François Sauvadet, Président du Conseil Général 2014)

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    (Carte de vœux de Paul Roncière, Préfet de la Région de Bourgogne 2006)

    La renommée des objets découverts dans la tombe princière va aboutir à la création d’un timbre par la poste, le 26 mars 1966, reprenant un détail de la frise du cratère :

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    (Enveloppe premier jour avec signature de René Joffroy)

    Ce qui permettra par la suite de proposer à la vente des enveloppes pré-timbrées, illustrées par des détails du vase.

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    (Lot d'enveloppes pré-timbrées vendues par la Poste)

    Le timbre servira, en 1990, à illustrer la « journée de la race brune » à Châtillon :

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    (Enveloppe "Journée Race Brune" à Châtillon sur Seine  du 7 juillet 1990)

    De la vache, passons au cheval. La silhouette du vase sert pour les récompenses  au centre équestre de la Barotte

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    (Plaque en métal ferreux)

    Le vase va être décliné dans toutes les matières et sur des supports nombreux et variés.

    On le trouve en fer forgé ou plaques métalliques :

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    (Vase sur la place du village de Vix)

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    (Silhouette du vase formant rambarde, à Châtillon)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    Le vase se retrouve sous forme de vase, en fonte ou en faïence :

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    (vase en fonte)

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    (vase en fonte, fonderie de Châtillon sur Seine)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Vase en faïence)

    Il se retrouve sur des assiettes…

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Assiette réalisée par "Art-Cadre-Paris", fabriquée au Portugal)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Assiette décor main par Tess)

    et sur des vide-poches :

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Vide-poches en porcelaine)

    Vous pouvez boire dans des mugs ornés du vase …

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Mugs en faïence)

    ou mettre des gâteaux dans une boîte en fer ornée du vase :

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Boîtes métalliques par Crown)

    Vous pouvez trouver le vase, aussi bien sur un muselet d’une bouteille de crémant qu’au-dessus d’un bois pour accrocher les clés ou bien à votre veste, sous forme de pins :

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Lot de muselets réalisés pour la saint-Vincent des crémants de Bourgogne à Châtillon sur Seine en janvier 2013)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Carte postale fixée par quatre clous à une planche de bois avec chaîne de suspension)

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    (Pins)

    Mais certains ont été un peu plus iconoclastes vis-à-vis du vase :

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    (Carton d'invitation au vernissage de l'exposition "Poisson d'Avril" à la galerie de l'Evasion)

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Cartes postales de Patrice Brault, galerie "Au Contraire")

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

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    Et un dernier…

    Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

    (Collage sur carton de Pascaline Kromicheff)

    mais la liste est loin d'être exhaustive !

    (Dominique Masson)

    Et je pense que Dominique Masson ne m'en voudra pas ....

    J'ajoute cette caricature de Pierre Magès, réalisée lors du transfert du vase de Vix de la Maison Philandrier au Musée actuel  !!

    Le vase de Vix et ses "avatars", un article génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

     


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  • Dominique Masson, historien passionné du Châtillonnais, a profité de la réfection de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine pour voir s'il y restait des traces de l'ancien couvent des Bénédictines.

    Ces traces il les a déjà évoquées dans ce premier article :

     http://www.christaldesaintmarc.com/l-histoire-de-l-hotel-de-ville-de-chatillon-sur-seine-racontee-par-dom-a159792216

    Voici la suite de son étude que je qualifierai de géniale, puisque personne avant lui n'avait pensé à rechercher ce qui restait du passé du bâtiment.

    Notule d’histoire

    L’hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (2)

     

    A la Révolution, le 12 messidor an V, la maison conventuelle des Bénédictines fut acquise par Etienne Ligerot. Ce dernier revendit très vite cette propriété à Louis-Toussaint Estienne, négociant drapier. En 1819, celui-ci la revendit à Robert Royère, de Dijon.

    A cette époque, le rez-de-chaussée était divisé en 8 ou 9 pièces, le premier en 9 pièces et le second en 20 pièces. C’est à ce moment que la municipalité, mal installée dans l’ancienne abbaye des Carmélites, songea à l’acheter pour s’y installer avec, en plus, la sous-préfecture, le tribunal de première instance et ceux de commerce et de justice de paix, ainsi que la gendarmerie ; on pouvait même y établir, dans tout le rez-de-chaussée, une maison de détention. Cet achat fut approuvé par le roi Louis XVIII. Mais le conseil d’arrondissement changea d’avis, ne souhaitant y mettre que la mairie et la sous-préfecture.

    Finalement, après un nouveau projet et des échanges de bâtiments, l’ancien couvent fut acheté  le 13 mars 1820, mais Robert Royère eut du mal à se faire payer ; le préfet décida alors que les communes de l’arrondissement de Châtillon aideraient la ville de Châtillon à rembourser l’achat (certaines communes attendront jusqu’à 1846 pour être remboursées).

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Lors de l’achat, en 1821, un mur longeait la façade est, séparant la cour d’honneur devant l’abbaye du potager, le long de la Seine.

    Entre celle-ci et le bâtiment de l’abbaye se trouvait un vivier. La rue des Bénédictines, au nord, était étroite et bordée par les remises et dépendances.                               

    Hôtel de Ville et sous-préfecture s’installèrent dans ces bâtiments, mais la répartition des locaux fut quelque peu difficile. Si le sous-préfet eut un appartement en 1822, il dut attendre 1823 pour avoir une salle à manger, car celle-ci faisait partie du lot de la ville et le maire lui en refusait la location, car elle était louée à un maître de dessin.

    La place devant la mairie/sous-préfecture était assez restreinte, une allée avec des rangées d’arbres faisait partie de l’ancienne abbaye.

    De 1809 à 1823, la Ville réussit à acheter des terrains pour agrandir cette place.

    Mais la coexistence entre mairie et sous-préfecture continuait à être un peu compliquée, ils avaient par exemple le même perron comme entrée. Sur le plan de 1825, on voit un petit perron au bout de l’aile ouest, peut-être pour desservir uniquement la mairie.

    Le maréchal Marmont forma alors le projet de diviser le champ qui lui appartient, près la promenade du Cours- l’Abbé, en diverses portions, sur lesquelles des maisons doivent être construites…Pour favoriser l’exécution de ce projet, dont l’utilité est généralement sentie, il importait d’établir une communication facile entre la Place publique, sise au centre de la Ville, et au devant des Hôtels de la Mairie et de la Sous- Préfecture, et le terrain où l’on commence de bâtir, lequel doit former le nouveau quartier…Cette communication ne pouvait se réaliser, qu’en coupant une partie des remises et écuries, qui dépendent de l’Hôtel de Ville et de celui de la Sous- Préfecture, ce qui occasionnerait des frais assez considérables,  pour ne présenter encore, après la reconstruction, qu’un aspect tout à fait difforme…

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Sur un plan, non daté, on voit que la sous-préfecture possède, selon le partage de 1822,  écurie et basse-cour (entre les lettres E, G, H et J), ainsi qu’une partie de jardin derrière le bâtiment principal (entre B, C, D, E et F) diminuant largement le jardin public.

    Aussi, en 1826, le conseil municipal fut d’avis de proposer d’échanger cette parcelle, contenant10 ares 70 centiares, contre le terrain le long de la Seine, contenant 11 ares 20 centiares.  

    En outre, la mairie s’engageait à clore de murs cette partie de jardin et construire  à l’extrémité bordant la rivière, un remise percée de deux arcades ; une écurie pour y placer quatre chevaux et un petit escalier pour la desserte du fenil, éclairé par trois fenêtres, qui régnera sur les remise et écurie ; ensuite, dans le même prolongement et en contigüité… une petite basse cour avec un tect à porc et poulailler au dessus. La partie entre le bâtiment de l’abbaye et la Seine devint le jardin privé de la sous-préfecture, séparé de la cour d’honneur par un mur. 

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    En même temps, en 1826, dans le cadre de l’aménagement du nouveau quartier décidé  par le maréchal Marmont, l’étroite rue des Bénédictines fut remplacée par une large voie (actuelle rue Président Carnot).

    Le conseil municipal décida alors de modifier la façade de l’Hôtel de Ville qui donnait sur la rue élargie en y ajoutant, le long de celle-ci,  une galerie qui conduisait à une nouvelle porte d’entrée, encadrée de colonnes.

    Sous-préfecture et mairie eurent ainsi chacune leur entrée séparée. La place fut également agrandie par le déplacement des grilles ; un muret surmonté de grilles fut construit au raz du bâtiment de l’hôtel de ville.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Cette galerie est faite avec de grosses dalles en pierre, reposant, côté bâtiment, sur le boudin recreusé et, de l’autre, sur un entablement en pierre,  soutenu par des colonnes doriques

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Pour soutenir le poids de ces colonnes encadrant la nouvelle entrée, deux corbeaux en pierre furent installés dans le mur, sous les dalles,  mais invisibles extérieurement.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Quatre bornes en pierre ont été placées, deux au bas de l’escalier et deux sous la galerie ; ces dernières entaillent un peu le socle en pierre et elles sont tronquées à l’arrière car, à la fin du XIXe  et au début du XXe siècle, le dessous du perron était fermé par des panneaux.

    Auparavant, selon Jean Lagorgette (le Châtillonnais et l’Auxois du 27 février 1937), il aurait existé une auberge au moins jusqu’à 1835 et Alexandre Dumas y aurait fait faire une halte à la diligence (Les Compagnons de Jéhu ?), avant d’être attaquée au goulet de la Gloire-Dieu.

    Plus tard, dans le réduit situé à gauche du perron, l’appariteur Choucroute Maréchaux (célèbre par son apostrophe : Madame, vous sentez la betterave !) tint son office de barbier-coiffeur.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Le rez-de-chaussée du bâtiment, en partie enterré, a été en partie masqué par cette galerie, et les ouvertures largement modifiées.

    Tout le rez-de-chaussée de l’abbaye, côté extérieur comme côté intérieur, présente un fruit, c’est-à-dire une diminution de l’épaisseur qu’on donne à un mur au fur et à mesure que l’on s’élève, ceci pour pouvoir supporter le poids des étages supérieurs.

    En outre, les pierres sont en général choisies en calcaire plus dur. Selon certains écrits, une boutique aurait existé sous cette galerie, au XIXe siècle.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Deux chaînages  horizontaux courent sous les onze fenêtres du premier étage, mais il y a eu ouverture de portes (deux aux extrémités et la porte centrale) et certaines irrégularités.

    Au nord, après la porte, un chaînage vertical descend sous la fenêtre ; à l’étage inférieur, le boudin manque. Sous la fenêtre suivante, le chaînage vertical descend lui aussi à l’étage inférieur et l’encadrement est encore visible dans le soubassement. A l’ouest, existe également un chaînage vertical, mais le boudin en dessous court tout le long du mur.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Aux onze fenêtres du premier étage correspondent onze autres fenêtres au second étage, avec un chaînage entre le premier et le second étage et dessous et dessus  les fenêtres du second étage. Enfin, au niveau des combles existent cinq lucarnes, avec des frontons triangulaires aux deux extrémités et au centre, encadrant deux lucarnes aux frontons en demi-cercles.

    Comme pour toutes les lucarnes, les moulures entrant dans le toit sont en bois.

    La mairie voulut avoir une salle de spectacle.

    Elle fut prévue en 1826 le long de la Seine, contre le jardin de la sous-préfecture. Puis, finalement, on décida d’en créer une à l’intérieur même de la mairie.

    Alors que la grande salle de l’hôtel de ville se trouvait à droite en entrant, la nouvelle salle sera à la place du bureau de la mairie, du cabinet du maire et d’un escalier.

    Ceci fut réalisé en 1832-1833, sur les plans de l’architecte voyer S. Tridon, modifiés par Roze, architecte à Châtillon.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    La municipalité avait contacté Etienne Bouhot pour exécuter la décoration de la salle de spectacle en construction. Dans une lettre datée du 26 août 1832, son fils Auguste lui écrivait : Il faudrait d’abord que cela ne nuisit en rien aux travaux du panorama[1] qui seraient peut-être plus avantageux et ensuite maman me suggère une réflexion qui me semble parfaitement juste. C’est que pour faire une pareille entreprise, il faut beaucoup de fonds pour les avances… Il paraît que les Châtillonnais aiment mieux la quantité que la qualité et qu’il leur faudrait pour 20 pistoles des tableaux de 15 pieds carrés. Amateurs !...   

    Finalement, c’est l’architecte Roze qui fera les peintures décoratives de la salle de spectacle.                

    A la place prévue avant pour la salle de spectacle, furent construites des halles neuves, les anciennes étant de l’autre côté de la Seine (halles au blé).

     [1] Il doit s’agir du panorama  d’Alger, alors fermé pour travaux, et sur lequel Bouhot effectue alors des réparations ; à la même époque, la municipalité lui refusa l’achat de deux tableaux, destinés à la bibliothèque, car jugés trop petits ; « Etienne Bouhot, 1780-1862 » ; catalogue d’exposition à Semur ; Marmagne, 2001

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    On trouve également quelque dissymétrie sur la façade nord-est, côté jardin.

    Au rez-de-chaussée, le sous-bassement en grosses pierres est percé de huit ouvertures, avec un puits sous l’une des fenêtres.

    Un chaînage court sous les dix fenêtres du premier étage, mais les ouvertures ne sont pas espacées régulièrement. Ceci se retrouve à l’étage supérieur, avec aussi dix ouvertures, au dessus de celles du premier étage. Les chaînages existant côté rue Carnot se continuent sur cette façade.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Afin de consolider l’édifice, des tiges métalliques, des tirants, ont été installées, aussi bien côté sud que côté nord, afin de mieux assurer les efforts de traction ; chaque bout est lié à une ancre, qui peut avoir plusieurs formes. 

    Au niveau des combles, on retrouve cinq lucarnes, possédant alternativement des frontons triangulaires et des demi-cercles, mais la dernière ouverture, près de l’angle nord, est particulière ; plus imposante, elle a dans sa partie supérieure un crochet, auquel on devait pouvoir mettre une poulie, afin de monter autrefois des objets et sa partie inférieure était plus basse, coupant le chaînage.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    A l’autre extrémité, à l’est, se voit encore un œil de bœuf, éclairant autrefois la cage d’escalier.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    A l’époque de l’abbaye, il n’y avait aucune construction entre les bâtiments et la Seine, mais seulement un vivier.

    Puis, au milieu du XIXe siècle, il n’y eut que le jardin de la sous-préfecture, avec une petite remise construite le long de la Seine ; une porte faisait communiquer les deux endroits.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Puis, sur une carte postale, apparaît un petit bâtiment, sans étage, non accolé à la sous-préfecture.

    Ensuite, sur d’autres, c’est un bâtiment à étage, un chaînage soulignant le passage entre le rez-de-chaussée et le premier étage.

    Côté jardin de la mairie, un espace construit (avec une porte et une petite ouverture), relie les deux bâtiments.

    Ultérieurement, un étage fut rajouté, harmonisé avec ce qui avait déjà été construit (mêmes ouvertures, continuation du chaînage), mais il y a un petit décalage vertical entre les deux, de quelques dizaines de centimètres (à cause du fruit).  

    Après la suppression de la sous-préfecture, ce petit bâtiment dut être loué à des particuliers. Il y eut alors un portail percé dans le mur, pour communiquer directement avec la place.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    Aujourd’hui les deux bâtiments ont été réunis pour les services de la mairie, mais il y a  quelques marches assez raides à l’intérieur pour passer d’un bâtiment à l’autre.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    A l’extrémité est de ce bâtiment, existaient une porte et un petit œil de bœuf, mais aucune ouverture au dessus du chaînage.

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

    L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

     Encore merci à Dominique Masson qui me permet de publier ses études passionnantes sur la ville de  Châtillon sur Seine, et sur le Châtillonnais, c'est un grand honneur pour ce blog.


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  •  Dominique Masson a réalisé des documents racontant l'histoire de l'abbaye Notre Dame de Châtillon sur Seine, et il me les a confiés .

    Je les publie donc ici.

    Pour bien lire, cliquer sur le carré en haut à droite du document, ou mieux sur "lire l'original".

    Merci mille fois à Dominique Masson pour tous ses envois qui nous permettent de mieux connaître notre bonne ville de Châtillon !


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  •  L'historien Châtillonnais Dominique Masson a eu l'idée extraordinaire de  s'intéresser à ce qui subsistait de la construction de l'ancienne abbaye des Bénédictines, devenue notre Mairie, lors de sa réfection  en 2018.

    Il a pris de nombreuses photos et les a accompagnées de ses recherches sur l'histoire du bâtiment.

    Dominique Masson nous livre, ci-dessous, une étude passionnante de l'histoire de notre ville, merci à lui de nous la faire si bien connaître.

    Notule d’histoire

    L’hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (1)

    En 2018, la municipalité de Châtillon a fait faire le ravalement des enduits de façade de la mairie, côté place de la Résistance, avant de se poursuivre côté jardin de la mairie. La mise à nu des pierres de construction permet de faire quelques observations sur la construction du bâtiment.                                

    A l’origine, la zone entre les deux bras de la Seine, le quartier des Ponts, était relativement vide de constructions ; aussi pouvait-on trouver des terrains constructibles d’assez grande surface.  Après le concile de Trente (de 1545 à 1553), Châtillon devint un centre de la Contre-réforme. Par décret royal, les monastères de femmes devaient se réfugier dans les villes pour leur sécurité.                                                                                                                                               A Châtillon, l’évêque de Langres, avec l’appui de l’évêque de Genève, le futur saint François de Sales, parvint, non sans mal, à ce que l’abbaye du Puits d’Orbe, fondée au début du XIIe siècle près de Verdonnet, soit transférée à Châtillon, ce qui eut lieu le 21 décembre 1619. Monastère royal, la reine Anne d’Autriche leur promit une somme de 40 000 livres.   

    Les moniales résidèrent d’abord dans la rue du Recept, qu’elles quittèrent trois ans plus tard pour venir habiter sur la rive gauche de la Seine. En 1643, avec l’appui de la reine Anne d’Autriche, trois religieuses parisiennes du Val-de-Grâce vinrent apporter la réforme en ce lieu. Le mercredi 27 avril 1650, la reine mère, le cardinal Mazarin et les princes et princesses visitèrent l’abbaye ; celle-ci devait être en pleine construction. Anne d’Autriche va décéder en janvier 1666 et les deux ailes du monastère furent achevées en 1667, comme semble l’indiquer la date inscrite au-dessus de la lucarne au centre de la façade.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

     On pense que, n’ayant plus le soutien financier de la reine, les religieuses ne purent terminer la construction des corps de bâtiment sud-ouest et sud-est qui devaient fermer la cour carrée.          

    La disposition des façades et des ouvertures n’est pas semblable côté cour et côté extérieur. Côté cour, le rez-de-chaussée se trouve légèrement enterré et sujet aux inondations de la Seine voisine. Sur toute sa hauteur, il y a des pierres calcaires appareillées, mais de provenance très différente. Sur la façade nord-ouest, on compte six ouvertures ; on peut se demander s’il n’y a pas eu quelques modifications au cours de la construction, car il y a un petit soupirail bouché à un endroit.  Le sol intérieur de cette partie basse a été surélevé il y a quelques années.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Figure 4 :le couloir de la salle des Bénédictines actuellement

    Le rez-de-chaussée est séparé du premier étage par un boudin en pierre, surmonté d’un bandeau lisse en pierre en bas-relief, débordant légèrement. La partie nord-est devait peut-être comporter la cuisine, tandis que la partie nord-ouest devait servir de réserve et de cave ; ces parties sont desservies par un couloir, qui se retrouve à l’étage supérieur. Un puits est encore visible, la moitié se trouvant à l’extérieur, du côté du jardin de la mairie, l’autre partie étant à l’intérieur.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Figure 5 :l'angle sud-ouest du bâtiment au rez de chaussée

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

     Lorsque le bâtiment fut devenu la mairie, un lampadaire fut installé à l’angle sud-ouest. Il reste encore le logement pour la corde et la manivelle, le passage de la corde et la poulie.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Le premier étage est la partie noble. On y accédait par un perron à double rampe, débouchant sur un corridor, courant tout le long des deux ailes, ouvrant sur de larges baies, réapparues lors de la réfection. Ce corridor desservait des salles assez spacieuses. Il y a huit baies sur chaque façade, mais la baie correspondant à l’entrée  n’est pas exactement au milieu de la façade. Ces arcs reposent sur un chaînage de rangées de pierre, d’abord une rangée en saillie au-dessus du boudin de pierre limitant le rez-de-chaussée, puis des pierres bien appareillées, et enfin une autre bande en saillie.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Le second étage devait correspondre aux cellules des religieuses. Il y a huit ouvertures, aussi bien sur la façade nord-ouest que nord-est. Chaque encadrement de fenêtre repose sur un chaînage en pierre bien appareillé.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Des lucarnes sont disposées au niveau du toit, quatre sur chaque façade, avec des frontons triangulaires aux deux extrémités et à l’angle,  et deux frontons semi-circulaires ; l’un, avec la date de finition des travaux, se trouve au dessus du perron.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

     Mais, à l’extrémité de l’aile sud-ouest (comme probablement à l’autre extrémité), il n’y a pas d’arc de prévu, preuve que cette extrémité a été rajoutée pour fermer le bâtiment, faute de construire les autres côtés. On trouve là un escalier à chaque extrémité, occupant la moitié de la largeur du côté ouest, mais la totalité de la largeur à l’est. Un œil de bœuf éclairait la cage d’escalier, au second étage, côté jardin de la mairie. Sur la façade sud-ouest, il y a trois ouvertures à chaque niveau. Au rez-de-chaussée, deux fenêtres sont au raz de la chaussée, sous le boudin de pierre, et la porte d’escalier, plus haute, coupe le boudin (mais il manque des chaînages de pierre dans les parties supérieures par rapport à la partie sud-est). Il devait y avoir la même configuration du côté sud-est, mais la porte du rez-de-chaussée, du fait du dénivelé, ne coupe pas le boudin (voir la figure 10). Un autre escalier se trouvait également dans l’angle des deux ailes.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Pour installer la mairie, le cloître fut bouché et fermé par des fenêtres avec encadrement de pierre, dans l’axe des arcades en pierre de l’ancien cloître. Mais, sous l’enduit, apparaissent certaines réparations ou bouchages avec les moyens du bord.

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    Le bâtiment a été partiellement inscrit au titre des Monuments Historiques le 9 août 1929. Ceci concerne les façades et les toitures, ainsi que les boiseries de la petite pièce à l'extrémité nord-ouest du premier étage.

    Dominique Masson

    L'histoire de l'Hotel de Ville de Châtillon sur Seine, racontée par Dominique Masson

    La girouette de la Mairie avec les armes de la Ville.

     


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  • La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues

    par Dominique Masson

    Hubert de Liège, issu de la haute noblesse franque, est né à Toulouse entre 656 et 658.Selon la légende, depuis le XVe siècle, on dit que le seigneur Hubert menait une vie mondaine et était si passionné de chasse qu’il en oubliait ses devoirs et alla chasser seul un Vendredi saint. Il se trouva soudain devant un cerf blanc, portant une croix lumineuse au milieu de ses bois (le cerf est une image christique car, selon la tradition des Pères de l’Eglise, comme il perd ses bois tous les ans et les refait, il est associé à la Résurrection). Hubert se mit à le pourchasser, mais ce dernier parvenait toujours à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que l’animal s’arrêta et qu’une voix se fit entendre dans le ciel, reprochant à Hubert de préférer la chasse au salut de son âme. Tombé à genoux, Hubert demanda à la voix ce qu’il fallait qu’il fasse. Alors la voix lui dit d’aller trouver Lambert, l’évêque de Maastricht, et de se repentir. C’est ce qu’il fit ; il devint son disciple, renonça aux honneurs militaires ainsi qu’à la succession de son père. Il devint ensuite évêque de Maastricht-Tongres, après l’assassinat de Lambert. Sur ce lieu, qui deviendra la ville de liège, Hubert fonda une église. Il mourut de gangrène le 30 mai 727 dans sa propriété, à Fouron-le-Comte ou à Tervueren, et fut enseveli dans l’abbatiale Saint-Pierre de Liège. Il est fêté le 3 novembre en Orient, en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, et le 30 mai en France. C’est le patron des chasseurs, des forestiers, mais également des opticiens, des métallurgistes et des mathématiciens. Comme il avait guéri des enragés de son vivant, on invoque également le saint contre la rage.

    Et, dès le milieu du IXe siècle, on offrit au saint les prémices de la chasse. C’est pourquoi le samedi 27 octobre, l’équipage Piq’Avant-Bourgogne rendait hommage à saint Hubert. Après la messe dite à l’église de Villiers-le-Duc, tout le monde s’est retrouvé à l’ancienne abbaye du Val des Choues.

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    Celle-ci fut achetée en 1963 par Pierre Monot, qui y installa l’équipage Piq’Avant-Bourgogne, pour chasser à courre le cerf (il « découplait dans la voie du cerf »), mais il quitta l’abbaye en 1979.      En 1987, son fils Michel et son épouse Inès s’y installèrent. Et, en 1999, l’équipage Piq’Avant-Bourgogne était reformé, mais pour chasser le sanglier (il devint un vautrait, c’est-à-dire un équipage composé de chiens courants spécialisé dans la chasse du sanglier : il « chasse dans la voie du sanglier »).

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    Les couleurs de la tenue de l’équipage sont le gris à parements bleus, avec galon de vénerie ; un cavalier Louis XIII, avec ses chiens, est son monogramme et on le retrouve sur les boutons.

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    La meute est composée de plus d’une centaine de chiens, de race Grand Anglo-français Tricolore, tous marqués avec le monogramme « M ». Elle fut bénie par le père Naudet.

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    Puis ce fut le rapport des piqueux. Ceux-ci, au petit matin, avaient cherché à localiser des sangliers en forêt et le rapport est l’exposé des résultats de cette quête qui doit permettre de décider de l’endroit où se portera la chasse. Ensuite se firent entendre les sonneries des trompes de chasse.

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    Enfin, la meute et les cavaliers- madame et monsieur Monot, les boutons (c’est-à-dire les membres admis à porter la tenue de l'équipage avec les boutons ornés selon un motif propre à cet équipage)- et les hommes de vénerie- sortirent de l’abbaye pour la chasse à courre.

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    "La Saint Hubert à l’ancienne abbaye du Val des Choues", un article de Dominique Masson

    (Photos Dominique Masson)


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  • Dominique Masson m'envoie une éude passionnante sur l'exposition unviverselle de 1855 où le Châtillonnais est évoqué, merci à lui !

    Le Châtillonnais à l’exposition universelle de 1855

     Il se tient actuellement aux archives départementales de Côte d’Or, jusqu’au 28 septembre 2018, une exposition « un siècle d’industrie en Côte d’Or, 1850-1950 ».

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    (Photo Dominique Masson)

     Le châtillonnais est représenté en affiche par la préparation à l’exposition universelle de 1855. Cette exposition est la première exposition universelle française et la deuxième mondiale, la première étant l’exposition universelle de Londres en 1851. C’est par un décret impérial du 8 mars 1853 que Napoléon III décida la tenue de cette exposition, où devaient être exposés des produits agricoles et des produits industriels. La première tâche de la commission fut d’inviter les gouvernements étrangers à participer et à désigner des commissaires à l’Exposition ; vingt-cinq états et leurs colonies y participèrent. Et la commission demanda aux préfets l’organisation d’un comité dans chacun des départements français.        

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    (Photo Dominique Masson)

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    (Photo Dominique Masson)

             En Côte d’Or, la Chambre de Commerce fut chargée de rechercher les produits dignes d’être exposés. Dans une lettre du 8 janvier 1854, ses membres envoyèrent une circulaire :                    

    «…L’empereur, jaloux de toutes les gloires de la grande nation dont les destinées lui sont confiées, veut que l’industrie française conserve le rang éminent qu’elle a conquis à l’exposition de Londres en 1851, et dont elle est fière à si juste titre ; il fait donc un appel tout spécial aux travailleurs nationaux, et il sait ce qu’il doit attendre de leurs patriotiques efforts pour cette noble cause…La Chambre de Commerce de la Côte d’Or, organe des intérêts agricoles et industriels du département, croît de son devoir de vous inviter, Monsieur, à prendre part à ce grand œuvre de civilisation , en fournissant, dans la spécialité qui vous appartient, votre contingent à l’exposition universelle de 1855, la plus grandiose qui ait jamais eu lieu, puisque jusque alors, aucune n’avait réuni tous les produits des beaux-arts à ceux de l’industrie et de l’agriculture ; notre département, qui a payé son tribut aux diverses expositions de Paris et de Londres, et qui a reçu d’honorables mentions, ne peut moins faire pour celle qui se prépare, et nous avons la ferme espérance que les plus beaux succès couronneront vos efforts ; nous en serons fiers et heureux pour notre pays, qui vous témoignera sa gratitude en secondant vos travaux de son suffrage en sa faveur ».                                                            

    Les membres de la Chambre de Commerce étaient : P.Marion, président ; Ch. Manuel, secrétaire ; Masson-Naigeon ; Paul Thoureau ; Lucien Lamblin ; Edouard Bougueret ; Michaud-Moreil ; Louis Joly ; Serre-Jobard ; ainsi que des membres correspondants : Louis-Bazile ; Coste-Caumartin ; Godin ainé ; Raymond Montgolfier ; Philippot et Rasse. Il est à remarquer que, parmi ces quinze membres, quatre étaient du Châtillonnais. Paul Thoureau (Larrey, 19 février 1797 ; Paris, 9 novembre 1873), était maître de forges et fut le fondateur, en 1855, de la Société des hauts fourneaux et forges de la Côte d’Or. Edouard Bougueret (Gurgy-la-Ville, 29 mars 1809 ; Paris, 4 avril 1888) était également maître de forges et député sous la Constituante de 1848-1849. Le troisième maître de forges est Jean-Baptiste Louis-Bazile (Montfey, 31 mai 1786 ; Belan-sur-Ource, 19 avril 1866), plusieurs fois député. Quant à Godin, ce doit être Nicolas Godin (Bar-sur-Seine, 24 avril 1790 ; Châtillon, 4 mars 1870), négociant en laines à Châtillon.                                                                                                                      C’est aussi probablement lui qui fut le président du comité de l’arrondissement de Châtillon, avec Jules Baudoin (Châtillon, 30 mars 1817 ; Châtillon, 12 mars 1894) comme secrétaire, ce dernier étant géologue et naturaliste. Dans une circulaire du 26 juin 1854, tous deux espéraient que les habitants de l’arrondissement feront leurs efforts pour contribuer aux succès que le pays peut attendre, et conserver à leur localité le rang distingué dans lequel elle s’est déjà placée ; étaient admissibles tous les produits de l’agriculture, de l’industrie et des beaux-arts, et le comité d’arrondissement était le seul intermédiaire.

     

    Inaugurée le 15 mai 1855, l’exposition eut lieu dans le triangle formé par les Champs-Elysées, le Cours la Reine et l’avenue Montaigne.                                                                                                        Au milieu des Champs-Elysées, dans le carré Marigny, se sont élevés comme par enchantement des édifices magnifiques destinés à contenir toutes les merveilles de l’art, toutes les richesses de l’industrie, toutes les machines les plus étonnantes que le génie puisse produire…Les productions de l’industrie apparurent pour la première fois, sous le Directoire, comme un attrait aux fêtes nationales de l’époque. Cette idée ayant réussi, les expositions furent répétées sous tous les gouvernements qui se succédèrent. Plus tard, l’idée devint encore plus grande et, au lieu d’une exposition nationale, une exposition universelle fut rêvée…Puis, ce qui n’existait pas à Londres, une exposition universelle des beaux-arts, a été réunie à celle de l’industrie ; ainsi le beau, l’utile, marchent de pair, et tous les pays ont été appelés à montrer, non seulement leurs fers, leurs tissus, leurs bois, leur or, leur argent, mais aussi à mettre en relief leurs tableaux modernes, leurs écoles actuelles, leurs sculptures les plus belles et les plus dignes… Jadis, les beaux-arts passaient en première ligne ; jadis, l’industrie ne tenait que le second ordre…Aujourd’hui, par suite des expositions nationales et universelles…l’industrie marche sur la même ligne que les beaux-arts. Un palais des Beaux-arts fut édifié avenue Montaigne, où 28 nations exposèrent 4979 œuvres et 2176 artistes, dont 1072 artistes français.                                            La remise des récompenses eut lieu le jeudi 15 novembre 1855, devant 40 000 spectateurs et en présence de l’empereur et de l’impératrice. Parmi les artistes de Côte d’Or, dans la catégorie de sculptures, François Rude reçut la grande médaille d’honneur, Eugène Guillaume (né à Montbard) la médaille de première classe, tandis que le dijonnais Georges Diébolt (qui sera le sculpteur du zouave du pont de l’Alma) se contentera d’une mention honorable. En peinture, le beaunois Félix Ziem recevra une médaille de troisième classe, et Charles Ronot, né à Belan-sur-Ource, se contentera d’une mention honorable, avec ses deux tableaux, le Christ à la piscine et René Descartes chez Christine de Suède ; M. Ternante, bien qu’Yves Boissiard ait trouvé « charmant » son tableau des Petits pêcheurs, n’eut aucune récompense. Charles Ronot fit ensuite don de son tableau sur Descartes à la ville de Châtillon, ou alors il fut mis en dépôt, après achat par l’Etat, et fut accroché ensuite dans le musée (rue Docteur Bourée), mais on en a aujourd’hui perdu sa trace.

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

     


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  • Dominique Masson m'envoie un reportage qu'il a réalisé à la forge du Comte de Buffon, très bel endroit, témoin de ce qu'était la métallurgie bourguignonne du temps des Lumières.

    Stéphane Bern a décidé d'inscrire la forge de Buffon sur la liste des monuments à restaurer, dans son projet "Epiques Epoques", loto du Patrimoine, qu'il en soit remercié !

    Et merci aussi à  Dominique Masson pour son texte et ses photos.

      Le comte de Buffon et Stéphane Bern

    Ce titre pourrait être anachronique mais, à 250 ans d’intervalle, le second va théoriquement venir en aide au premier.

     Cette année, la Côte d’Or va célébrer les 900 ans de la fondation de l’abbaye de Fontenay, les 400 ans de la naissance du comte de Bussy-Rabutin et les 250 ans de la fondation de la Grande Forge par le comte de Buffon, à côté du village de Buffon.

     Né à Montbard en 1707, Georges-Louis Leclerc, devenu comte de Buffon en 1773, avait là son hôtel quand il n’était pas à Paris et se maria, à Fontaines-en-Duesmois, à Marie Françoise de Saint Belin Malain, en 1752. A partir de 1749, il fera paraître les premiers volumes de son « histoire naturelle ».

    Sur les terres de Buffon, à 6 kilomètres de Montbard, acquises en 1717 par son père, le comte de Buffon va réorienter son activité intellectuelle, abandonnant quadrupèdes et oiseaux pour l'étude de la minéralogie, de la métallurgie et fit construire, de 1768 à 1772, la Grande Forge lui permettant d’étudier, pour la Marine, l'amélioration des canons, et, pour lui-même, les effets de la chaleur obscure et les phénomènes de refroidissement ; les résultats de ses recherches alimenteront son œuvre scientifique, notamment au sujet de la création et de l'âge de la terre.

    Dès 1768, la forge produira des ferronneries et des rampes d'escaliers, en particulier la grande grille, toujours en place.

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    Animées par l'Armançon, des roues à aube vont apporter la force hydraulique nécessaire aux machines, comme les soufflets, les marteaux, le bocard et le patouillet.

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    Ce site peut être considéré comme l’une des premières usines intégrées : les lieux sont aménagés pour optimiser les étapes de la fabrication ; c’est la première fois que les trois étapes se font dans la même usine, mais dans des lieux bien distincts. On trouve ainsi côte à côte le haut-fourneau, l’affinerie et la fenderie.

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    L’accès au haut-fourneau se fait par un escalier monumental, qui permettait aux invités de marque d'admirer les coulées de métal en fusion.

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    Outre les installations industrielles, le lieu renferme la maison du maître et les habitations ouvrières en un même espace. Autour d'une vaste cour rectangulaire, sont disposés les bâtiments d'habitation des ouvriers, la demeure du maître et des régisseurs ainsi que les remises et magasins de fer.

    Une boulangerie, un potager (transformé aujourd’hui en jardin) et une chapelle sont aussi accessibles aux ouvriers. Plus exceptionnel, une orangerie et un pigeonnier complètent l'ensemble.

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

     Figures 8 et 9 : haut-fourneau, affinerie et fenderie ; en bas, la roue du haut-fourneau (© D.Masson)

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    En 1791, les bâtiments furent vendus.

    En 1860, ils furent rachetés par Roch-Joseph Guénin. En 1866, une crue exceptionnelle va mettre fin à l'activité sidérurgique qui est remplacée par une cimenterie jusqu'en 1923, date de la cessation de toute activité industrielle à la suite d'un incendie.  

    Ce sont les descendants de M. Guérin qui possèdent toujours la Grande Forge et qui, depuis 1978, l’ont ouverte à la visite.                                                                                               Les bâtiments ont été classés en 1943 et 1985.

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    Mais la tâche est difficile pour entretenir de tels ensembles. Vendredi 4 mai dernier, madame et monsieur Veyssière-Pomot avaient convié une soixantaine de personnes pour lancer l’anniversaire de ce lieu historique, dans le cadre de l’opération «Epiques Epoques ».

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

    Après un exposé de monsieur Charles-François Champetier, président de l’association Hydrauxois, sur « l’hydraulique à Buffon », monsieur Jean Ponsignon a présenté le nouveau film qui sera projeté aux visiteurs.

    Madame Alix Mounier et  monsieur Xavier Spertini, photographe, ont ensuite montré deux applications pour découvrir à distance le site, l’une permettant une visite virtuelle à 360° et l’autre la découverte du site avec son smartphone par le biais d’une application « Balades en Bourgogne ».                                                        

    Enfin, M. Dominique Jouffroy a présenté les projets possibles de restauration car la Grande Forge est l’un des sites retenu par le « monsieur du patrimoine », Stéphane Bern, la Fondation du Patrimoine et le ministère de la Culture, au travers du loto du patrimoine.                          

    Sur 2000 propositions, 250 sites ont été retenus. Autour du Châtillonnais, en Bourgogne-Franche Comté, ont été retenus le château de Rochefort (Asnières en Montagne) et la Grande Forge de Buffon. Dans la région du Grand-Est, on trouve en Haute-Marne l’abbaye de Longuay (Aubepierre) et l’église Saint-Georges à Etourvy, dans l’Aube. En outre, le château de Bussy-Rabutin fait partie des projets « emblématiques » nationaux.

                              ( Dominique Masson)

     

    "Le Comte de Buffon...et Stéphane Bern",une belle étude de Dominique Masson

     Un article publié sur ce blog en 2009, avec d'autres photos , du petit musée par exemple :

    http://www.christaldesaintmarc.com/la-grande-forge-de-buffon-a757021


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  • "Entre pluie et neige", voici de très belles photos de Dominique Masson.

    Merci à lui pour son envoi !

    Après la pluie :

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Voilà la neige....

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson

    Pluie et neige à Châtillon sur Seine, de très belles photos de Dominique Masson


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  • Dominique Masson a réalisé une belle comparaison entre les inondations qui ont affecté la ville de Châtillon sur Seine ces derniers jours, et celles, si fameuses de 1910, avec de très belles photos actuelles et des cartes postales d de l'époque.

    Merci à lui de me l'avoir envoyée pour que je la fasse paraître sur ce blog !

    LES INONDATIONS à CHÂTILLON SUR SEINE  en JANVIER 2018

    Les crues de janvier 2018 n’ont rien de comparable avec celles de janvier 1910, mais elles sont cependant assez spectaculaires, et nombre de Châtillonnais ont profité du beau temps retrouvé pour une journée afin de déambuler dans les rues de la ville, devenues, malgré elles, piétonnes.
     

     Figure 1 : la dea sequana, les pieds dans l’eau, place de la Ville du Puy ; 24/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

      Figure 2 : la rue Ernest Humblot, devant le groupe scolaire Saint Vincent ; 24/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

      Figure 3 et 4 : en haut,  la résurgence de la Douix ; 23/01/2018 ; en bas, quand la Douix a un débit trop fort, l’eau s’écoule au travers de la cour d’une maison, rue de la Douix ; 24/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson


     

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

      Figure 4 : la place Marcel Pagnol et le local des pompiers inaccessible ; 24/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

     Figure 5 : le sable emmené pour protéger le transformateur situé à l’angle de la mairie ; 24/01/2018 (©D.M) 

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

     Figure 6 : Désiré Nisard contemplant l’inondation, au jardin de la mairie ; 24/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

     Figure 7 : boulevard Morizot, une barque pour rentrer chez soi ; 25/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

     Figure 8 : boulevard Morizot, le Syndicat Intercommunal des Cours d’Eau du Châtillonnais, les pieds dans l’eau ; 25/01/2018 (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    « Les causes de l’inondation ? Dame ! C’est qu’il a beaucoup plu ». C’est ce que l’on trouve dans le livre de MM. Louis et Lagorgette sur les inondations de 1910.                 Châtillon a connu depuis toujours le phénomène des crues. On en trouve trace dans les archives aux XVIIe et XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, eurent lieu de grandes inondations, les 10 et 11 nivôse an X (31 décembre 1801 et 1er janvier 1802), du 4 au 7 mai 1836, où les eaux dépassèrent d’environ deux mètres le niveau ordinaire, et en 1866. Au XIXe siècle, la cause des crues fut imputée au rétrécissement de la Seine en ville et à l’insuffisance des deux ponts du centre ville, qui furent emportés ; l’ingénieur Belgrand écrivit : « je les ai reconstruits, mais je n’ai pu donner à celui de l’intérieur de la ville (le pont Saint-Martin ou des Halles) la largeur nécessaire, parce que le lit du fleuve en amont n’a pas 10 mètres de largeur et se trouve bordé de hautes maisons qui rejettent les crues dans un bras secondaire non moins encombré ».                              Au XXe siècle, lors des crues de 1910, la Seine fut à une hauteur de 3 mètres à l’échelle du pont des Grilles et certains firent le projet de creuser un canal (marqué A et B, en bas de la carte ci-dessous) afin d’éviter les inondations. Les dégâts se montèrent à 500.000 francs de pertes mobilières, 70.000 francs de pertes immobilières, sans compter les personnes au chômage. Une commission sanitaire fut nommée et des mesures spéciales furent prises pour assurer la désinfection des locaux qui avaient été envahis par les eaux.                                               Et beaucoup se rappellent encore des crues de janvier 1955, où l’on passait sur des passerelles devant l’église Saint Nicolas. Celles de janvier 2018, même si elles semblent moins spectaculaires, resteront également dans les mémoires. 

    Figure 9 : plan des inondations de 1910 ; les inondations dans le Châtillonnais.  A. Louis et Jean Lagorgette ; Châtillon, Massenet, 1910.

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Grâce aux photographes et éditeurs de cartes postales châtillonnais, on peut essayer de comparer les photos  prises lors des crues de 1910 avec celles prises aujourd’hui. 

    Figure 10 et 11 : le kiosque du jardin de la mairie (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

      Figure 12 et 13 : le jardin de la mairie (©D.M)
     

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

      Figure 14 et 15 : la mairie, la place de la Résistance et la rue Président Carnot (©D.M)
     

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

       Figure 16 et 17 : pont entre le jardin de la Mairie et l’allée des Boulangers (©D.M)
     

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

       Figure 18 et 19 : le Perthuis au Loup (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

     Figure 20 et 21 : devant l’église Saint-Nicolas
     

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

     Figures 22 et 23 : le moulin des Passes (moulin Lemoine) et la rue de Seine (©D.M) 

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

      Figures 24 et 25 : la rambarde du pont, rue des Ponts autrefois, rue maréchal de Lattre aujourd’hui (©D.M)

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    Les inondations de janvier 2018 à Châtillon sur Seine, comparées avec celles  de 1910, une belle étude  par Dominique Masson

    (Dominique Masson)
     

                                                                                                                                          


    9 commentaires
  •  Un grand merci à Dominique Masson pour la relation d'un "miracle" de saint Bernard évoqué en...Allemagne !

    LA REPRÉSENTATION D’UN « MIRACLE » DE SAINT BERNARD À L’ABBAYE DE BEBENHAUSEN EN ALLEMAGNE

     Tübingen est une ville universitaire allemande située à 40 km au sud de Stuttgart, traversée par le Neckar. Au centre du Land de Bade-Wurtemberg, elle est le chef-lieu du district du même nom.

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (Photos 1 et 2 : vues de Tübingen)

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (Vue de Tübingen)

    L'abbaye de Bebenhausen est située administrativement dans la commune universitaire de Tübingen. Cependant, elle est assez loin du centre, au cœur du petit hameau éponyme, situé au nord de la ville, dans la vallée creusée par le Goldersbach.

     En 1183, Frédéric VI, duc de Souabe, confie aux prémontrés la construction d'une abbaye sur son fief, à Bebenhausen. Mais, le 1er juin 1187, pour des raisons inconnues, les Prémontrés préfèrent quitter le lieu. Ils laissèrent une première église, romane, non voûtée

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (entrée de l'abbaye)

    En 1189, le duc demande aux cisterciens, alors en plein essor, notamment dans les pays germaniques, de reprendre l'établissement. Ceux-ci arrivent de la maison-mère de Schönau le 29 octobre 1190. Le pape Innocent III confirme les chartes de fondation de l'abbaye en 1204.

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (plan de l'abbaye au Moyen-Âge)

    L’église a été construite de 1187 à 1227 et la plus grande partie des bâtiments abbatiaux date de la fin du XIIe siècle.

    L'église abbatiale, de style gothique, est consacrée en 1228, mais sa plus grande  particularité architecturale est sa flèche gothique, érigée entre 1407 et 1409 par le frère convers Georg de Salem.

    L'abbaye va se développer jusqu'à devenir l'un des plus prospères établissements de la région. Au XIIIe siècle, elle compte 80 moines et cent trente convers. La construction de l'aile des moines (aile orientale) se prolonge en conséquence de l'affluence monastique jusqu'en 1250.

    La Réforme induit de grands changements à l'abbaye. Dès la mort de l'abbé en décembre 1534, la moitié des trente-six moines choisit de rester catholique, l'autre moitié se tournant vers le protestantisme. Dès le 17 novembre 1535, les quatorze derniers moines catholiques quittent l'abbaye. Le 9 janvier 1556, l'ancienne abbaye est érigée en monastère-école luthérien, équivalent protestant d'un séminaire.

    Après la Première Guerre mondiale l'abbaye est transformée en résidence pour le quatrième et dernier roi de Wurtemberg, Guillaume.

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (Le lavabo vu du cloître)

    A l’intérieur de la salle capitulaire, les arcs des voûtes reposent, comme dans les monuments bourguignons, sur des colonnes tronquées que supportent des culots. Cependant, on peut remarquer un peu plus d’exubérance dans le traitement des chapiteaux.

    Exemples de chapiteaux :

    Le souvenir d'un miracle de saint Bernard à Bebenhausen, une étude de Dominique Masson

    Le souvenir d'un miracle de saint Bernard à Bebenhausen, une étude de Dominique Masson

    Le cloître gothique date du XIVe siècle. Sa principale caractéristique est d'être doté d'un petit bâtiment faisant saillie sur le côté intérieur sud ; c'est le lavabo, une fontaine, située en face du réfectoire, et qui permettait aux moines de se laver les mains avant d'entrer dans ce dernier.

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (Le lavabo vu du cloître)

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (la voûte du cloître)

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (Le lavabo vu de l'intérieur)

    Dans le trésor de l’abbaye se trouve une crosse d’abbé représentant, dans sa partie supérieure, le « miracle du Christ prenant dans ses bras saint Bernard ».

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    (la partie supérieure de la crosse d'un abbé, représentant le "miracle", trésor de l'abbaye)

    Les Châtillonnais connaissent le « miracle de la lactation », vision du jeune Bernard voyant la Vierge Marie mettre quelques gouttes de son lait sur ses lèvres.

    Il existe une autre « vision » arrivée à l’abbé de Clairvaux, rapportée dans le Grand Exorde de Cîteaux, ou Récit des débuts de l'ordre cistercien, écrit par le cistercien Conrad d'Eberbach dans les dix premières années du XIIIe siècle : c’est le Christ pressant dans ses bras Saint Bernard.

    « Dom Ménard, abbé de Mores, monastère voisin de Clairvaux, homme religieux, a rapporté à ses amis, comme étant arrivée à un autre, une chose merveilleuse, qui, croyons-nous, est arrivée à lui-même. Voici comment il s'exprimait: « Je connais un moine, qui a trouvé un jour le bienheureux abbé Bernard priant seul dans une église. Il était prosterné devant l'autel, et il lui semblait voir une croix avec le crucifix sur le pavé de l'église, placée devant lui, et que le bienheureux abbé adorait et baisait avec la plus grande dévotion. Or, il semblait que la majesté divine, détachant ses bras de ceux de la croix, embrassait le serviteur de Dieu, et le pressait contre lui. Ce que le moine ayant considéré pendant quelque temps il se trouva comme pétrifié sur place dans l'excès de son admiration, et comme transporté hors de lui. A la fin, craignant d'offenser ce saint abbé s'il le voyait si près de lui, et appréhendant qu'il le regardât comme un espion de ses secrets, il se retira en silence, comprenant assez et sachant au sujet de ce saint homme, que toute sa prière et toute sa vie étaient, bien au-dessus de l'homme ».

    Antonio Montanari, dans la « Collectanea Cisterciensia », (« Le Crucifié embrassant saint Bernard : une relecture de la scène » ; 2004)  a analysé les circonstances de ce miracle.                          

    Pour lui, dans les églises cisterciennes du XIIe siècle, toute représentation sculptée était interdite ; cependant l’unique ornement admis était la croix, mais faite seulement de « bois peint », c’est-à-dire qu’il y avait l’image peinte du Crucifié. Il s’agissait là d’une nouveauté, car l’image du Crucifié ne se généralisera que plus tard. D’autre part, selon M.Montanari, Bernard était « prosterné devant le maître-autel » ; il n’était donc pas debout, comme on le représentera par la suite, mais à genoux, et la croix « était avec le crucifix sur le pavé de l’église ». Pour lui, cet événement s’est passé lors de la liturgie du Vendredi saint. Après le chant de la Passion, suivi des oraisons solennelles, le sacristain devait étendre sur le dallage du presbytère, devant le Maître-autel, un drap grossier, sur lequel on posait la croix, pour l’adorer. Alors l’abbé, et après lui l’ensemble des moines, se prosternaient pour adorer et embrasser la croix. Puis celle-ci était ensuite remise à sa place sur l’autel.

    La représentation d'un" miracle" de saint Bernard à l'abbaye de Bebenhausen (Allemagne), une étude de Dominique Masson

    Plus tard, le peintre espagnol Francisco Ribalta, en 1620, peindra « le Christ prenant saint Bernard dans ses bras », saint Bernard étant représenté debout (toile conservée au musée du Prado).

                      Dominique Masson (texte et photographies)

     


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  • "Mille ans d'histoire de Châtillon, un nouveau livre de Dominique Masson

    Dominique Masson a présenté son nouvel ouvrage "Châtillon sur Seine, 1000 ans d'histoire salle des conférences de l'Hôtel de Ville de Châtillon devant une très grande assistance.

    Cet ouvrage est un de ceux que doivent absolument posséder tous les amoureux de notre ville, tant il est riche (24 chapitres, 561 pages) d' histoire, d' anecdotes, d' illustrations.

    Il a été édité par l'association "Images en Châtillonnais" présidée par Jean Millot qui a  été ravi de voir le grand intérêt des Châtillonnais pour cette publication, les acheteurs ont été très nombreux !

    "Châtillon sur Seine, mille ans d'histoire", le nouveau livre de Dominique Masson, a été présenté salle des conférences

    Dominique Masson a dédicacé son livre avec des autographes chaleureux, différents pour chaque lecteur.

    "Châtillon sur Seine, mille ans d'histoire", le nouveau livre de Dominique Masson, a été présenté salle des conférences

    "Châtillon sur Seine, mille ans d'histoire", le nouveau livre de Dominique Masson, a été présenté salle des conférences

    Puis il a présenté les titres des chapitres de son livre.

    "Châtillon sur Seine, mille ans d'histoire", le nouveau livre de Dominique Masson, a été présenté salle des conférences

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    "Châtillon sur Seine, mille ans d'histoire", le nouveau livre de Dominique Masson, a été présenté salle des conférences

    Depuis que j'ai acheté ce superbe ouvrage, je le parcours un peu tous les jours (il a quand même 561 pages !) et j'avoue que j'admire l'érudition de son auteur, ses recherches pointues...jamais on ne fera mieux connaître l'histoire de Châtillon sur Seine durant mille ans, rien n'a été oublié ...

    Beaucoup de personnes y retrouveront peut-être un de leurs ancêtres, c'est arrivé pour mon mari !! je ne m'y attendais pas ...

    Alors, un conseil : courez vite l'acheter , il va s'épuiser très vite !


    5 commentaires
  • Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    La Mission locale du Tonnerrois  a organisé pour les personnes intéressées à la recherche d'un métier, "le mois de la découverte des métiers". Après une présentation des métiers de l'alimentaire, suivie de celle des nouveaux métiers de l'Armée de terre, la dernière a été l'évocation des métiers du "funéraire" qui sont peu connus mais nombreux.

    Avant la présentation de ces métiers qui devait avoir lieu le lendemain , madame la Directrice de la Mission locale du Tonnerrois a demandé à Dominique Masson de faire visiter le beau et ancien cimetière Saint-Vorles de Châtillon sur Seine aux personnes intéressées par un futur métier, ce qui a été fait mardi 26 avril 2016.

    Malheureusement sous une pluie battante....

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Avant de commencer la visite du cimetière Saint-Vorles, Dominique Masson a évoqué l'origine des cimetières.

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

     Avant Charlemagne existait encore la coutume païenne d'incinération des morts. Sous son empire, a été prescrit de donner une sépulture aux défunts. En effet, les Chrétiens croyant à la résurrection des morts, il leur était impossible moralement de les faire disparaître par crémation.

    Les paroissiens pensaient que plus on est proche de Dieu, plus on est sous sa protection, ils demandèrent donc à être inhumés au plus près des églises, ce fut la naissance du cimetière paroissial.

    Durant le haut Moyen Âge, le cimetière entourait l'église, sans délimitation ni architecture particulières, puis, à partir du XIIe siècle, il fut clos par des murs avec une croix placée en son centre. Les défunts étaient ensevelis dans des tombes particulières, mais les plus pauvres finissaient dans la fosse commune.

    A cette époque il était interdit d’inhumer à l’intérieur de l’église. Mais cette interdiction connut des dérogations  pour les hauts dignitaires ecclésiastiques et  les nobles qui possédaient une place « réservée » à l’intérieur des églises, surtout lorsqu’ils en étaient les donateurs ou constructeurs.  Les bourgeois acquirent au XIIIe siècle le droit de sépulture dans les églises contre des sommes d'argent de plus en plus élevées. On voit encore leurs dalles funéraires dans presque toutes les églises datant d'avant 1776, car c'est à cette date qu'il fut mis fin aux tombes dans les églises.

    Napoléon 1er imposa, pour des raisons de salubrité, que le cimetière se trouve « hors l'enceinte des villes et des faubourgs ». À partir de cette époque, le cimetière ne fut plus religieux mais laïque, placé sous l'autorité de la commune. Désormais, tout le monde peut y être enterré.  

    Les nouvelles préoccupations sanitaires qui se développèrent au long du XVIIIe siècle furent accompagnées de recommandations pour agrandir les cimetières, en réaliser extra-muros, surtout dans les grandes agglomérations urbaines.

    Voici les plans du cimetière Saint-Vorles auquel on peut se référer pour retrouver une tombe particulière.

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Voici quelques exemples  de tombes qui pourraient nécessiter des rénovations par un tailleur de pierre, un marbrier...

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Un sculpteur de pierre pourrait refaire certaines statues, comme celle si belle, mais bien abîmée, de la tombe Courtois et Lemonnier...

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Un très bel exemple de rénovation récente, la tombe de la famille Maître, un très beau travail !

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Quand il fut interdit d'être inhumé dans les églises, certains bourgeois se firent construire des chapelles particulières dans les cimetières.

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Ici la chapelle de la famille Bougueret, maîtres de forges.

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Un marbrier peut réaliser de belles tombes en marbre ou en pierre, le graveur peut y apposer le nom des personnes défuntes, comme ici celui de la regrettée Madeleine Grivotet.

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Les céramistes réalisent des objets à mettre sur les tombes : livres ouverts, plaques, fleurs....

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Un arrêt obligé près du tombeau du Maréchal Marmont.

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Plusieurs métiers du funéraire ont été évoqués lors de cette visite : fossoyeurs, tailleur de pierre, marbrier, graveur, céramiste. On peut y ajouter le conseiller funéraire, les services funéraires, les porteurs, le thanatopracteur, et même les fleuristes qui réalisent des gerbes et couronnes en fleurs naturelles !

    Visite du cimetière Saint-Vorles avec Dominique Masson

    Malgré la pluie, je pense que cette visite fut enrichissante pour ces jeunes à l'aube de choisir un métier, les métiers du funéraire étant intéressants et...hélas il y aura toujours des défunts jusqu'à la nuit des temps, alors ces métiers sont finalement des métiers d'avenir...


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