• Portrait politique de Claude Petiet…

    (Madame Claude Petiet avec deux autres de ses enfants:Sylvain et Isidore-Eugénie)

    Cinquante ans après la mort de l'intendant général, le 13 février 1854, Sainte-Beuve écrit dans ses Causeries du lundi :

    “ Au milieu des scandales trop célèbres qui caractérisent l'administration du Directoire, le ministère Petiet fut une honorable exception. Ce ministre, homme de bien et de mérite, s'appliqua à tenir une comptabilité régulière et après une année d'exercice, il soumit le tableau complet de ses opérations au jugements des Conseils Législatifs et du public ; Il le fit sans réticence et avec sincérité ”

    Il fut toujours un modéré et sut garder des liens aussi bien avec des membres de l'Ancien Régime tout en facilitant semble-t-il l'avènement de Bonaparte. Une note indique :

    “ Petiet et Truguet tenaient au parti modéré des conseils. Ils avaient contribué à rendre à leur patrie, grand nombre d'émigrés dont la présence portait ombrage.”

    Un passage des souvenirs d'Auguste Petiet montre que pendant qu'il était en poste à Rennes durant la Révolution, il fut pendant un de ses déplacements arrêté par les chouans. Lorsqu'il se nomma, ceux-ci le laissèrent aller, ce qui montre l'opinion qu'on avait de lui dans le parti royaliste.

    Au moment du Coup d'État de Fructidor, il avertit ses amis du passage des troupes de Hoche à l'intérieur du “rayon constitutionnel” qu'aucune troupe ne devait franchir sans l'autorisation du corps législatif.

    Cela entraîne l'interpellation du Directoire à la tribune des cinq cent le 30 Messidor par Delahaye. Au moment du coup d'État du 30 Prairial avec Lucien Bonaparte, Jourdan et Augereau, il va demander leur démission à La Revellière et Merlin .
    Dans une lettre du 17 octobre 1799 à César de la Tour Maubourg, Lafayette écrit:

    “Petiet, ami intime de Moreau, a prié de me faire savoir que son ami… n'avait pas le caractère pour sortir de la marche régulière et qu'en un mot, bon pour un chef de bataille, il n'était pas propre à une entreprise. On a pourtant causé à fond avec lui et j'attends des nouvelles de cette conversation.”


    Il est vrai que comme ministre de la guerre, Petiet avait signé la nomination de Bonaparte à la tête de l'armée d'Italie et de Moreau à la tête de celle du Rhin. Dans une note au Général Reynier, Moreau écrit:


    “Aubert de Bayet n'est plus ministre de la guerre, c'est le commissaire Petiet qui le remplace. Je le connais, c'est un homme de grand talent.”


    Dans ses souvenirs, son fils Augustin Petiet écrit ceci :


    “Je remis mes dépêches à l'empereur qui me demande mon nom, je répondis par mes larmes, se rappelant sans doute m'avoir vu à Austerlitz, Napoléon ne recommença point la question qu'il m'avait posée. “Votre père me dit-il était un homme probe, il a fait beaucoup pour l'état, il vivra dans l'histoire.”


    . Cependant lorsque un ami de la famille sollicite une pension pour la veuve, L'Empereur répond

    ["..] comment Monsieur Petiet n'est-il pas devenu riche, je lui ai donné 20 fois l'occasion de faire sa fortune ?"


    Pour finir c'est le Sénat et non l'Empereur qui alloue une pension de 6 000 f. à la veuve. Il semble que sur le rocher de Sainte Hélène Napoléon juge Claude Petiet d'un point de vue plus moral, car il écrit ceci :

    “Les services éminents que le ministre Petiet rendait à l'administration de la guerre, le mérite surtout d'être le premier depuis la révolution qui eut présenté un compte clair et précis des dépenses de son ministère ne le sauvèrent pas de la disgrâce. Cependant, alors comme toujours, dans sa longue carrière administrative, il s'était fait remarquer par son intégrité. Il est mort sans fortune ne laissant pour héritage à ses enfants que l'estime qui lui était si justement acquise”.

    Qui parmi les Châtillonnais sait qui était ce grand homme ?

    Je ne connaissais son nom que par celui de la rue qui longe le nouvel hôpital..

    J'ai aimé lui rendre ce petit hommage....

    (source Wikipédia,illustrations très aimablement fournies par Michel Diey))


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  • Commentaires

    1
    Tiphaine46
    Samedi 30 Mai 2015 à 15:52

    S'il n'est pas devenu riche, l'un de ses descendants est propriétaire d'un petit château du XVIe siècle dans le Lot, mis en location par sa fille, à cette adresse :

    http://chateau-puy-l-eveque-lot.site-pap.fr/accueil.html

    Je suis tombée sur votre recherche sur la famille en essayant de savoir si  ce monsieur, qui fut ambassadeur, était toujours vivant, il nous avait fait ses adieux à l'arrivée du premier locataire...

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