• Souvenirs de la vie du Père Achille Caillet lors de ses missions à Ceylan(5)

    Épisode V

    Le 17 décembre 1947, un coup de téléphone  m’appelait chez Monseigneur Cooray, notre nouvel archevêque, le premier archevêque cingalais à occuper le siège de Colombo.

    La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (5)

    Il a été élève à Saint-Joseph’s College pendant quelques années, puis a été envoyé à Rome pour ses études.

    Il est très gentil pour nous et nous parle souvent français .

    Il connaît, en outre l’italien en plus de l’anglais, du cingalais et du tamoul.

    Ce soir-là, il m’appelait pour m’envoyer dans une mission cingalaise à Bolawalana, environ 32 kms au nord de Colombo tout près de la côte.

    La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (5)

    ( une église de Bolawalana)

    Le Père Merret, un breton en charge de la mission m’accueillit à bras ouverts. Bolawalana comptait 3 églises et 6 000 catholiques.

    De plus, s’y trouve la maison-mère des Sœurs de Saint-François Xavier, Sœurs indigènes dirigées par trois sœurs belges du Bon-Pasteur d’Angers.

    Ce couvent est immense et comprend le noviciat et le postulat, une école de tissage, un orphelinat de 185 petites filles et une école normale pour 1OO institutrices  cingalaises.

    Enfin, les Sœurs ont la charge des écoles de filles de la mission.

    Ce couvent possède une très belle chapelle à trois nefs disposées en éventail. La nef centrale est réservée à l’école normale, une autre aux Sœurs novices et la troisième aux orphelines.

    C’est là que j’allai dire la messe chaque matin pendant les treize mois que j’ai passés à Bolawalana, de plus, j’assistais le Père Merret dans tout ce que je pouvais faire : confessions en anglais, baptêmes, funérailles, etc…

    Mais comme l’immense majorité des gens parlaient cingalais, mon premier souci était évidemment d’apprendre la langue.

    La Mère Supérieure du Couvent me donna toute liberté d’aller parler avec les orphelines qui étaient fières d’avoir un Père comme élève.

    La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (5)

    Je crois qu’elles se souviennent encore de ces leçons : elles ont ri bien des fois de mes fautes et elles se sont donné bien de la peine pour m’apprendre la prononciation correcte et si aujourd’hui je sais  un peu de cingalais  c’est à elles que je le dois en grande partie.

    Tout le monde est d’accord pour reconnaître que c’est des indigènes , et tout spécialement des enfants que l’on apprend la bonne prononciation .

    Il y avait, parmi ces orphelines de toutes petites, et notamment  une petite Patricia qui atteignait ses deux ans quand j’arrivai pour la première fois.

    Cette pauvre petite avait perdu son père le 24 décembre 1945, deux jours avant sa naissance (26 décembre) et sa mère était morte le 30 du même mois.

    Elle aimait beaucoup venir près de moi, et quand elle me voyait arriver, elle criait, m’appelait et essayait de venir me rejoindre sous l’arbre  nous étudiions, mais comme elle ne pouvait pas descendre les escaliers, j’envoyais les plus grandes la chercher et elle gazouillait près de nous.

    Elle aura bientôt 5 ans et va à l’école attachée à l’orphelinat.

    Elle m’a envoyé récemment une « lettre », c'est-à-dire une feuille de papier couverte de lettres cingalaises.


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