• Souvenirs de Pierre Roy : Fiançailles et noces à Aisey sur Seine au XIXème siècle

    Les fiançailles

    Elles avaient lieu un à deux mois avant le mariage, les présentations faites aux parents au cours d’un déjeuner.

    Les intérêts, dans certains cas, étaient discutés secrètement. Parfois le curé était du repas.

    Le mariage promis, la date en était fixée. Chez les gros propriétaires, les arrangements familiaux étaient rédigés chez un notaire, même dans des cas plus modestes.

    La fille apportait un trousseau constitué de chemises de lin, camisoles, caracos, robes, tabliers, draps, serviettes, nappes brodées par la jeune fille etc…

    Tout ceci avait été conçu pendant les veillées, ou les tristes dimanches d’hiver, au coin du feu de cheminée, à la lumière de la lampe à pétrole.

    Il y avait aussi apports de diverses choses : vaisselle familiale etc….(nous possédons encore de cette vaisselle, draps, torchons, chemises qui ont un siècle).

    On retrouve encore les vestiges de ces trousseaux dans bien de vieilles familles du Châtillonnais, la mode n’était pas entrée dans les mœurs, la qualité des tissus était de très longue durée, jamais démodés.

    La noce

    La veille du mariage, les garçons se réunissaient pour enterrer la vie de garçon du futur marié. Cela se passait soit chez lui, soit au café. On y buvait quelques pots de bon vin ou de champagne avec des petits gâteaux, parfois on exagérait, certains se retrouvaient pompette.

    Le matin du mariage, la future mariée était préparée, habillée chez ses parents.

    Tout de blanc vêtue, plus richement suivant l’aisance de la famille, robe en satin, broderies etc…Recouverte d’un long voile avec traîne, la tête ornée d’un diadème représentant des fleurs d’oranger. Les petits enfants portaient cette traîne, suivaient les jeunes couples, puis le cortège.

    La mariée était conduite au bras de son père à la Mairie puis à l’église. En fin de cortège se trouvait le marié au bras de sa mère. Les jeunes étaient classés par affinité (ça faisait un peu agence matrimoniale !) .

    Garçon et fille d’honneur, choisis par les mariés, présidaient en maintes circonstances, formaient le cortège, épinglant au revers du veston ou d’une robe des invités, un petit ruban blanc.

    Souvent précédé du violoneux  (qui jouait plus ou moins juste) jusqu’à la Mairie.

    Le Maire, ceint de son écharpe unissait les jeunes époux,aux « oui » réciproques, une salve de coups de fusil se faisait entendre à l’extérieur (durant l’acte de mariage, la porte doit être ouverte).
    A la sortie, le cortège se reformait, se rendait à l’église où devait être célébré l’office.

    Souvenirs de Pierre Roy : Fiançailles et noces à Aisey sur Seine au XIXème siècle

    (Sortie de la messe de mariage : Yvonne Roy-Piétri au bras de son mari Alphonse Piétri)

    La photographie


    A la sortie, une nouvelle décharge de coups de fusil, en l’honneur du bienvenu de l’extérieur. Si les mariés étaient de la localité, il n’y en avait pas.

    Puis on se dirigeait vers un endroit prévu par le photographe qui devait fixer sur une plaque, pour la postérité, le souvenir mémorable des parents et amis. C’était tout un travail de placer et remuer ces gens dans le costume 1900, tous plus ou moins gauches et empotés.

    Souvenirs de Pierre Roy : Fiançailles et noces à Aisey sur Seine au XIXème siècle

    (Photo du mariage d'Yvonne Roy et d'Alphonse Piétri)

    Monsieur Mariglier dit Papiche, son appareil sur pieds, sous son voile noir, cadrait une dernière fois, armant sa boîte à images, la poire à la main. Attention ! le temps à chacun de trouver un sourire qui n’était pas toujours réussi, ni la position la plus avantageuse. Prêt !! Clic, c’était la première plaque, ne bougeons pas, une deuxième plaque…clic… cette deuxième prise était pour pallier en cas de défaillance, suivant l’éclairage naturel. Ensuite étaient pris le couples de mariés puis d’autres…Toute cette séance photo durait près d’une heure…

    Monsieur Mariglier, habile photographe, qui habitait à Fontaine en Duesmois, se déplaçait par tous les temps en bicyclette et avec son matériel. Après s’être bien diverti, parfois avec son « pompon », il regagnait son domicile

    Tout le monde se retrouvait au café pour prendre l’apéritif. C’était nécessaire afin de se tenir honorablement à table, vu la débauche du nombre de plats de bonne qualité qui allaient vous être offerts et faisaient déjà dilater les papilles gustatives, arrosés de vins de bon goût, de champagne, liqueurs et « gouttes » (marc, prunes, kirsch maison)…Plaisirs de la table...

     


  • Commentaires

    1
    noel jean-claude
    Lundi 24 Avril à 11:57

    Bravo pour votre site,je voudrais vous raconter comment mon grand père maternel a fait sa demande.

    Entretien avec le futur beau-père ,accord conclu et à la fin de l'entretien appel de la future .

    Seul bémol cet arrière grand père, père de trois filles, n'ayant pas prononcé le prénom de la promise a appelé spontanément sa fille aînée :Jeanne ,alors que mon grand père entendait demander la main de Léonie ce qui aboutira d"ailleurs !!!!!

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