• Souvenirs de Pierre Roy : Le retour de l'école de Châtillon, en tramway, jusqu'à Aisey

     Voici le retour de Pierre Roy en tramway de Châtillon sur Seine à Aisey.

    A 17h, nous retrouvions les commis des pharmacies qui nous remettaient les remèdes et médicaments pour les intéressés qui attendaient l’arrivée du train.

    Toutes ces commissions étaient faites à titre bénévole, ça rendait service.

    Nous quittions Châtillon-Bourg vers 17h05, 17h10, parfois le convoi trop lourdement chargé avait de grosses difficultés qui allaient de l’arrêt à mi-côte, au recul jusque sur le pont métallique sur la Seine, 150m avant l’arrêt.

    Le train attendait cinq minutes afin de se surgonfler en pression de vapeur, puis s’élançait pour franchir ce coup de cul de l’Octroi (péage des marchandises) et hop ! c’était parti.!

    Souvenirs de Pierre Roy : Le retour de l'école de Châtillon, en tramway, jusqu'à Aisey

    Buncey : mêmes ennuis qu’au départ du coup de cul de l’école.

    Il est arrivé parfois que les voyageurs et écoliers descendent, ravis de cet arrêt impromptu.

    Le chauffeur se démenait avec sa machine infernale, au bout de cinq minutes, le mécanicien et le chauffeur tentaient de repartir, laissant couler du sable sur les rails afin d’éviter le patinage des roues.

    Tout le monde poussait, la cheminée de la loco crachait des volutes de fumée et de vapeur, on aurait dit un cheval s’emballant et trépignant sur place.

    Les pistons expurgeaient violemment, puis cinquante mètres  plus loin la locomotive atteignait le plat.

    Fièrement, tous les voyageurs regagnaient leurs places, on repartait, il n’y avait plus de points noirs aux arrêts, jusqu’à Aisey, aussi le mécano, chauffeur et quelques voyageurs, cavalaient boire un coup de rouge chez la « Nana ».

    Puis le train repartait sans difficultés majeures jusqu’à  Aignay.

    J’ai assisté à deux déraillements (vraiment dans le sens du mot).

    A la sortie de la gare, direction Châtillon, la voie faisait deux courbes, une à droite et une à gauche, plus l’aiguillage. Malgré le départ très réduit (au pas), deux roues de la locomotive sont sorties des rails, le mécanicien, chauffeur, un poseur, à l’aide de plusieurs crics, se sont affairés en soulevant et déportant, les roues étaient remises sur les rails, ça durait de quinze à trente minutes et le convoi repartait. C’étaient des locomotives Corpeau de 26 tonnes.

    La ligne suivait le côté de la RN71 Châtillon-Saint Marc-Aignay, pratiquement pas d’automobiles, ou peu. C’était un voyage pittoresque, agréable pour un touriste.

     La ligne Châtillon-Aisey-Aignay fut mise en exploitation le 2/3/1891. Celle d'Aisey-Baigneux, bifurcation à Vaurois le 8/12/1895.

    Souvenirs de Pierre Roy : Le retour de l'école de Châtillon, en tramway, jusqu'à Aisey

    La fermeture de ces lignes eut lieu le 31/12/1933, puis sa déposition .

    Resta la partie Aignay le Duc-Dijon qui fut remise en activité de juillet 1940 au 20/10/1947 et fermée puis déposée.
    Elle a été d’une utilité incomparable durant la guerre. La vitesse était limitée à 12km/Heure en agglomération, 25 en rase campagne.

    A la R.T.D.C.O., il n’existe plus d’archives, détruites à la suite de plusieurs déménagements. On peut en retrouver trace à la Préfecture je pense !

    Les services transports furent remplacés ensuite par des autobus messageries, de la Compagnie Citroën.


  • Commentaires

    1
    NG 2152
    Lundi 27 Février à 08:21

    Quel périple, le temps n'avait pas ma même valeur, il me semble.

    Merci pour tous ces instants de vie racontés ici.

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