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La visite nocturne du Musée du Pays Châtillonnais a été un enchantement pour les visiteurs qui ont découvert plusieurs œuvres du Musée sous un autre angle, mystérieux et surprenant.
La surprise a été totale, lorsque, rassemblés entre le cratère et le torque d'or de la princesse de Vix, nous avons pu écouter un superbe poème que Michel Lagrange avait composé pour l'occasion...
Beauté auditive, beauté virtuelle, ce fut une soirée inoubliable....
AUTOUR DU TORQUE
Un torque
Une légende impressionnée par un or de silence
Une mémoire autour du temps
Un petit cheval indompté
Plus fort que l’espace et le jour
Sans le mors d’Athéna
-diadème d’or dans sa bouche écumante-
Pégase aux yeux fixés sur les replis de l’eau
Que son sabot fit naître
Une source… Hippocrène…
Méduse et ses yeux maternels
Punis d’avoir semé la mort
Méduse et son cri pétrifié
Entre ses dents de sanglier brutal
Elle mourut ensanglantée pour que vive la vie
Et que l’homme à l’épée paraisse
Et le petit cheval ailé
Sa mère au pilori de sa beauté barbare
Imposée gardienne aux flancs du cratère
Sa mère entourée de reptiles
Elle avait dans le sang ce cheval de fantasme
Le visiteur qui va et vient
Entre Méduse et le petit cheval ailé
Sait-il qu’il passe à travers la légende
Et qu’il risque un regard mauvais
Ce visiteur est un passant parmi des pages légendaires
Madame Cécile Zicot, Directrice du Musée du Pays Châtillonnais, a présenté au public, venu très nombreux, monsieur Jacques Lacroix, professeur agrégé, docteur de l'Université de Bourgogne.
Celui-ci a proposé aux auditeurs une passionnante conférence sur la symbolique du torque de la Dame de Vix.
Monsieur Lacroix , avant la conférence, s'est rendu dans la salle de Vix, admirer, de nouveau, le mobilier trouvé en 1953 dans la tombe dite de "la Dame de Vix" tombe datée de l'Âge du Fer : le vase le plus grand de l'Antiquité, les restes du char et surtout le torque dont il a étudié la symbolique. Pour lui le Musée de Châtillon sur Seine est un des plus beaux de France !
Jacques Lacroix a rappelé tout d'abord aux auditeurs, la découverte en janvier 1953 de la tombe de la Dame de Vix, la sépulture princière la plus prestigieuse de la fin du premier âge du Fer (vers 500 av. J.-C.).
La Dame, allongée sur un char, était parée de bijoux précieux, dont un torque en or, chef-d’œuvre d’orfèvrerie.
Aux côté de la Dame, se trouvait le célèbre cratère en bronze, d’une dimension hors du commun (hauteur : 1, 64 m) et d’une esthétique admirable. Il est l’un des témoignages les plus puissants de l’art grec.
Les journaux relatèrent cette découverte exceptionnelle... mais ils se trompèrent en pensant que le torque était....un serre-tête !
Un torque se porte autour du cou.
Sur cette statue découverte près de la tombe, au lieu-dit "les herbues", la personne représentée (la dame ?) porte un torque.
Après cet exposé sur l'origine du torque qui pèse 480 grammes d'or fin, et qui est visible au Musée du Pays Châtillonnais , Jacques Lacroix nous révéla quelle était la symbolique de ce merveilleux bijou, datant de l'époque de Hallstatt-la Tène (âge du fer).
La partie arrondie du torque personnifie pour le conférencier la course du soleil dans le ciel.
A la base du torque figurent de petits chevaux ailés.
La boule d'or de gauche représente le soleil levant, celle de droite le soleil couchant.
Et ce sont les chevaux ailés qui entraînent le soleil dans sa course.
Ces chevaux ailés font bien sûr penser à Pégase représenté ici sur une pièce de monnaie....
Mais aussi, nous révèle le conférencier, ces chevaux nous rappellent les Dioscures (fils de Zeus en grec).
Les Dioscures étaient les fils jumeaux de Léda , qui, transformée en cygne et fécondée par Zeus, pondit deux œufs.
De ces œufs sortirent Castor et son frère Pollux que l'on représente parcourant le monde à cheval... mais aussi le ciel puisqu'ils se trouvent dans la constellation des Gémeaux....
Les Dioscures, jumeaux divins, ont été les deux divinités principales des Celtes, nous dit Diodore de Sicile, au Ier siècle après Jésus-Christ.
"Les Celtes, riverains de l'océan, ont une vénération toute particulière pour les Dioscures, selon une tradition qui remonte chez ces peuples à un temps reculé"
Apparition des Dioscures à un banquet :
Sur cette pièce de monnaie, un cheval est associé au soleil....
Aux bases du torque on voit des pattes de lion , animal que l'on retrouve sur bien des statues antiques....
...comme ici sur la tarasque de Noves.
A la base des boules des cercles concentriques évoquent aussi le soleil.
Le char sur lequel était allongée la princesse de Vix était décoré de représentations solaires....
En remarquant tous ces symboles retrouvés sur le torque, mais aussi sur le char, on peut penser, nous dit Jacques Lacroix, qu'il doit être la représentation d'un culte religieux, la Dame était peut-être une prêtresse ensevelie avec le bijou représentant ce culte...
A la base de chaque cheval ailé, on admire un magnifique travail d'orfèvrerie qui est d'origine Celte, et non méditerranéenne comme on a pu le penser, donc un travail d'artistes locaux.
Les petits traits sur l'or ont été réalisés , nous révèle le conférencier, sans enlever un seul morceau de métal précieux, signe de l'adresse extrême de ces orfèvres celtes.
Que représente cette jolie statuette qui se trouve en haut du vase ? une prêtresse , ou simplement la Dame de Vix invitant ses hôtes à participer au banquet ?
Nous ne le saurons jamais, puisque les Celtes ne pratiquaient pas l'écriture, mais on peut imaginer l'une ou l'autre proposition....
Le public a beaucoup apprécié la conférence de Jacques Lacroix qui a été très applaudi pour son analyse si fine des éléments du torque de la Dame de Vix.
Les auditeurs ont été véritablement conquis par la perspicacité de monsieur Lacroix, toute cette symbolique était sous leurs yeux, ils la voyaient mais ne la comprenaient pas.
Maintenant lorsqu'ils visiteront le Musée du Pays Châtillonnais, ils admireront le torque, non seulement comme un superbe travail d'orfèvrerie mais aussi et surtout, comme la représentation d'un culte religieux très ancien.
Jacques Lacroix a, ensuite, répondu à plusieurs questions dont une sur l'origine des croyances celtes .
Elles proviennent sans doute de pays lointains comme l'Inde, car le mythe des jumeaux, des chevaux ailés et du soleil y existaient là-bas bien avant la période du fer, a t-il précisé.
Et puis n'avons-nous pas une origine indo-européenne ?
A noter que Jacques Lacroix, professeur agrégé, docteur de l'Université de Bourgogne, étudie la langue et la civilisation des anciens Celtes, spécialement dans le domaine toponymique.
Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages de référence, parmi lesquels ‘’Les irréductibles mots gaulois’’ ( 2021), ‘’La Gaule des combats’’ (2003, 2012), ‘’La Gaule des activités économiques’’ (2005) et ‘’La Gaule des dieux ‘’ (2007) et il publie des vidéos sur Youtube :
Voici une magnifique vidéo à mettre en grand écran.
Ecoutez ce que nous dit Jacques Lacroix sur les mots celtes qui subsistent dans notre langue actuelle, c'est étonnant car il y en a énormément, son intervention est passionnante.
D'autres vidéos de Jacques Lacroix à retrouver à cette adresse :
Une très belle allée nous permet maintenant d'arriver au site du Tremblois, ce qui n'était pas le cas il y a dix ans (voir l'article reproduit en fin de page).
Pour accéder au site, nous sommes passés sous un portique coloré....
Baptiste Quotz, chargé de mission "Patrimoine Culturel", nous attendait à cette entrée du fanum du Tremblois, nouvellement aménagé par le Parc National des Forêts.
Il nous a expliqué que, pour que l'histoire du site soit compréhensible, un sentier de découverte a été créé avec des panneaux explicatifs très bien faits, et pour que les enfants ne soient pas oubliés, le site leur a été un peu dédié, puisqu'une statue d'enfant y a été découverte.
Des jeux historiques et ludiques leur sont proposés le long du parcours, un éveil à l'Archéologie et à l'Histoire très bien venu, bravo le Parc !
Le sentier de découverte fait le tour du fanum, il est jalonné de panneaux explicatifs.
Yves Pautrat Conservateur en chef du patrimoine à la Direction Générale des Affaires Culturelles de Bourgogne-Franche Comté, Service régional de l'archéologie, a été notre guide durant la découverte du site du Tremblois.
Il nous a expliqué que ce site était un sanctuaire gaulois, puis gallo-romain. Une palissade appelée péribole délimitait une aire sacrée autour du temple.
Sous Tibère, ce péribole fut construit en pierre.
Autour, se trouvait une galerie accessible aux pélerins.
Des explicatifs jalonnent le sentier de découverte .
Celui-ci nous présente le fanum, sa construction...et sa "mascotte", un fac similé de " l'enfant au chien", (visible au musée du Pays Châtillonnais), qui fut retrouvé lors des fouilles.
Le panneau suivant présente la localisation du fanum du Tremblois en Châtillonnais...
et ses environs....
Des jeux éducatifs pour les enfants (mais pas que !) permettent de comprendre à quoi ressemblait le site à l'époque gallo-romaine, et comment les fidèles y vivaient...
Le site du Tremblois fut découvert par monsieur Lastenet, membre des Eaux et Forêts, en 1953, puis fouillé par René Paris, alors Président de la Société Archéologique et Historique du Châtillonnais.
Qui vivait au Tremblois ? ce panneau nous l'explique.
Le site était un temple où venaient les pèlerins. On a retrouvé lors des fouilles, des centaines d'objets , comme cette fibule que nous a présentée Baptiste Quotz.
De très nombreux autres objets furent découverts, principalement des ex-votos (à admirer au musée du Pays Châtillonnais), des couteaux, des potins (pièces de monnaie de l'époque) etc....
René Paris, accompagné de René Joffroy (un des inventeurs du site de Vix) découvrirent à même le tas de pierres, des morceaux de statues...
La fouille commença...
René Paris nota scrupuleusement sur ses carnets tout ce qui était découvert et le lieu où étaient faites ces découvertes..
Ces précieux carnets appartiennent toujours aux archives de la Société Archéologique et Historique du Châtillonnais.
Certaines pages ont été reproduites sur ce panneau.
Pour terminer cette enrichissante découverte,Yves Pautrat nous a présenté le plan du fanum réalisé par un procédé moderne, le LIDAR.
Le LIDAR (Light Detection And Ranging) consiste à survoler la forêt pour en dresser une maquette numérique à l'aide d'un capteur laser.
Le moindre relief (possible vestige ) est repéré avec une grande précision , facilitant ainsi le travail des archéologues.
Le résultat est fabuleux !
Un dernier coup d'œil au fanum du Tremblois....
Je félicite à titre personnel le Parc National des Forêts pour cette très belle mise en valeur d'un site châtillonnais exceptionnel.
Et merci à nos deux guides, Yves Pautrat et Baptiste Quotz, pour leurs explications lumineuses !
Et pour admirer la véritable statue de l' "enfant au chien" et les multiples ex-votos qui ont été retrouvés au Tremblois, il faudra vous rendre au musée du Pays Châtillonnais !
En 2016, la découverte du fanum du Tremblois pour les adhérents de la Société archéologique et Historique du châtillonnais, n'avait pas été facile, car il n'existait, à l'époque, aucun ac...
Michel Couqueberg, artisan d'Art, expose, jusqu'à fin septembre, ses magnifiques bronzes au musée du Pays Châtillonnais.
Le vernissage de son exposition a eu lieu le 15 juillet en présence de Jérémie Brigand, Président de la Communauté de Communes, de Cécile Zicot, Directrice du musée et de Jonathan Truillet, Directeur régional adjoint des Affaires Culturelles de Bourgogne-Franche-Comté.
Jérémie Brigand a admiré les sculptures de bronze de Michel Couqueberg et l'a remercié d'avoir accepté d'exposer ses œuvres dans le musée.
Cécile Zicot connait bien Michel Couqueberg, puisqu'elle avait exposé ses sculptures au musée Pompon de Saulieu, dont elle était autrefois la directrice.
Elle est évidemment très heureuse d'accueillir les superbes bronzes du sculpteur près de la collection d'oiseaux de Daguin. En effet Michel Couqueberg réalise principalement des oiseaux dans un style épuré de toute beauté.
Michel Couqueberg s'est ensuite présenté comme un sculpteur animalier, artisan d'Art, qui s'est orienté vers la sculpture après avoir été enseignant durant quinze années.
Inspiré par Pompon et Brancusi , il nous explique qu'il part de ses émotions pour réaliser une œuvre, le dessin pour lui est primordial, il en déplace les lignes comme le compositeur de musique le fait avec ses notes sur une partition...une illustration très poétique de son travail !
Il réalise des épreuves en petit format qu'il agrandit par la suite, certains de ses bronzes mesurent , nous dit-il, plus de cinq mètres.
Ses moules de plâtre permettent au fondeur de couler la pièce en bronze. Celle-ci sera ensuite traitée par le sculpteur de façon chimique pour avoir un aspect coloré ou oxydé de toute beauté.
Michel Couqueberg, artiste affable, plein d'énergie et de bienveillance, a invité les personnes présentes à visiter son atelier qui se situe à Orgeux près de Dijon.
Une belle idée de sortie par exemple pour les Amis du musée !
Jonathan Truillet, de la DRAC , a admiré le travail de Michel Couqueberg et a félicité la Communauté de Communes d'organiser de si belles expositions dans le Musée du Pays Châtillonnais .
Après celles d'Emmanuel Michel, de Malo A, de Cévé, de CatArtSis, et les grands hommages à Marc Bohan et à Kiki de Montparnasse, c'est maintenant le travail de Michel Couqueberg qui enchante les visiteurs.
Pour la DRAC, les musées devraient tous devenir des lieux d'accueil et de partage pour la population, celui de Châtillon-sur-Seine est exemplaire.
Voici quelques superbes bronzes de Michel Couqueberg...
D'autres tout aussi beaux vous attendent au musée du Pays Châtillonnais, à admirer en allant vous immerger dans le Paris de Kiki de Montparnasse....
Michel Couqueberg réalise aussi ce qu'il appelle des "kookypix" en photographiant ses sculptures.
A l'aide de son ordinateur, il transforme ses photographies de façon personnelle, les colorise , et ensuite les imprime sur une feuille d'aluminium pour en faire un tableau !
Encore une facette géniale de l'artiste !
Je montrerai, sur ce blog, toutes les sculptures de Michel Couqueberg lorsque l'exposition sera terminée.
En 2016, la découverte du fanum du Tremblois pour les adhérents de la Société archéologique et Historique du châtillonnais, n'avait pas été facile, car il n'existait, à l'époque, aucun accès pour y parvenir....
Voici donc le fanum en 2016, pas très bien mis en valeur, sans panneau explicatif....
Devant une assistance attentive, Bruno Chaume avait présenté les lieux.
La Société Archéologique et Historique du Châtillonnais, avec René Paris et Constantin de Brotonne, a réalisé un inventaire des structures archéologiques gallo-romaines de la forêt domaniale de Châtillon-sur-Seine.
Parmi celles-ci on trouve le site du fanum du Tremblois.
Le fanum du Tremblois est un ensemble cultuel complet de la fin de l'Age du fer et de la période gallo-romaine.
Le fanum était entouré de son enclos et comportait un ensemble de bâtiments à usage de boutiques.
Il s'agit très probablement d'un sanctuaire, car on y a trouvé de très nombreux ex-votos de différents groupes : divinités, animaux, enfants emmaillotés,, piliers votifs, dédicaces et autels, bustes, et offrandes du même genre que l'on trouve dans la plupart des sanctuaires celto-romains.*
Les fouilleurs ont constaté l'extrême fragmentation des sculptures, sauf l'enfant au chien presqu'intact.
Cette fragmentation atteste certainement la destruction du lieu vers 337 après JC (d'après les monnaies retrouvées sur le site) destruction attribuée aux premiers chrétiens du Châtillonnais.
Lors de cette visite, Jacques Stréer avait présenté les photos réalisées à l'époque des fouilles.
Voici la photo originale de la découverte d'une tête sculptée, admirée par Constantin de Brotonne et Luc Schréder :
En 2016, nous avions eu le plaisir d'accueillir sur le site du Tremblois, Samantha Heitzmann, doctorante en archéologie à Paris.
Samantha avait fait une conférence passionnante pour les Amis du Musée en 2012, à Châtillon sur Seine, sur les fana et sur les offrandes qui y ont été retrouvées, en insistant en particulier sur le fanum du Tremblois .
Le plan du fanum du Tremblois montre une pièce rectangulaire couverte. Autour de cette pièce centrale existe un espace non couvert. Tout autour on a retrouvé trace de boutiques temporaires, utilisées sans doute lors des fêtes religieuses.
Photo des fouilles :
Des pièces de monnaie, des "potins" ont été trouvés lors des fouilles :
Bruno Chaume, après le décès de René Paris qui avait fouillé le fanum du Tremblois, a pu obtenir le carnet de l'archéologue. Toutes les pages ont été scannées, par Samantha :
Voici l'article relatant la conférence de Samantha Heitzmann, en 2012 :
Dans la salle du Musée du Pays Châtillonnais consacrée aux découvertes faites au sanctuaire du Tremblois (Villiers-le-Duc) et d'Essarois, sont présentés des ex-votos, visages de pierre très ...