• Gustave Tridon (Edme-Marie-Gustave) est né à Châtillon-sur-Seine, Côte-d'Or en 1841 .

    C'est un homme politique, journaliste, écrivain français et personnalité de la Commune de Paris.

    Fils d'un riche propriétaire il fait ses études de droit à Paris.

    Un article jugé contraire à la morale l'envoie en prison à Sainte-Pélagie où il fait la connaissance d'Auguste Blanqui.

    Il rédige un ouvrage "Les Hébertistes, plainte contre une calomnie de l'Histoire" et fonde divers journaux républicains comme la La Critique (1867).

    Il finança "le Candide "(1865) de son ami Blanqui dont le succès lui valut trois ans d'emprisonnement.

    En septembre 1866, il représente Blanqui au congrès de l' Association internationale des travailleurs.

    À son retour il est arrêté et fait quinze mois de prison,puis est libéré en 1868.

    Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il finance le journal de Blanqui "La Patrie en danger".

    Il est membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et il est des quatre rédacteurs de l'Affiche Rouge qui appelle à la formation de la Commune à Paris.

    Au élections du 8 février 1871, il est élu député de la Côte-d'Or pour l' Assemblée nationale.

    Il démissionne à Bordeaux après avoir voté contre les préliminaires de paix (guerre franco-prussienne)signé entre le gouvernement Thiers et l'Allemagne.

    Le 26 mars il est élu au Conseil de la Commune par le Vea arrondissement, il est nommé à la Commission Exécutive, puis à la commission de la Guerre.

    Il vote contre la création du Comité de Salut public.

    Après la Semaine sanglante, atteint de troubles nerveux, Tridon se réfugie à Bruxelles où il meurt en août 1871.

    On lui doit divers ouvrages portant sur les girondins, les Hébertistes et la Commune de 1793 .

    Il écrivit aussi, hélas, un ouvrage antisémite intitulé "Le Molochime juif "dont se revendiqueront certains antisémites de la fin du siècle tels Édouard Drumont.

    Ce dernier point n'étant pas à son honneur (remarque personnelle)


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  • J'ai reçu dernièrement un mail de Dominique Bartet qui m'informait de ses recherches sur un enfant du Châtillonnais : Gustave Tridon.

    J'avais déjà publié un petit article sur ce personnage hors du commun :

    http://www.christaldesaintmarc.com/un-enfant-de-chatillon-sur-seine-a501514

    Dominique Bartet me proposait l'envoi de son étude , ce que j'ai accepté avec plaisir ! Il m'a autorisée à la publier, ce que je fais aujourd'hui, merci à lui.

    On n'en sait jamais assez sur la vie de nos compatriotes, voici donc une vision complète de ce personnage singulier que fut Gustave Tridon.

     EDME MARIE GUSTAVE TRIDON  ET SES COMBATS POLITIQUES

     Il est né à Châtillon-sur-Seine le 1er janvier 1841.

    Ses parents, Jean Baptiste, propriétaire, ( 1806-1869 ) et Vorlette Elisabeth Morel née en 1813, une châtillonnaise, fille de Robert Morel, marchand tanneur et de Marguerite Diey, s’étaient mariés en 1830 ; Jean Baptiste était marchand cirier. Il semble qu’ils n’aient pas eu d’autres enfants que Gustave, venu tardivement après le mariage.

    Ses grands-parents sont Edme, marchand cirier et Elisabeth Diey, fille de André, marchand cirier et de Vorlette Giey.

    Ses arrière-grands-parents paternels sont Jean Baptiste, né en 1747, propriétaire aubergiste, marié en 1772 avec Marguerite Lalourcey de Cerilly, née en 1743, fille de Edme, laboureur et Marguerite Tridon.

    Ses arrière-arrière-grands-parents sont Jean l’aisné, laboureur et Rose Carteret.

     C’est une famille qui est devenue au fil du temps de plus en plus aisée, passant du laboureur aux marchands et aux propriétaires. Le père de Gustave semble s’être enrichi en achetant et en revendant des biens nationaux ; il laissera d’ailleurs à son fils 60 000 francs.

     Gustave Tridon est un enfant ( et un homme ) malade que la nature n’a pas gâté. On lit qu’il était atteint de scrofules, un terme désuet qui désignait dans l’enfance et l’adolescence un tempérament lymphatique. Cet état provoquait des infections chroniques de la peau, des voies aériennes supérieures. Le malade avait tendance à développer une tuberculose osseuse, ganglionnaire, articulaire qui localement pouvait devenir chronique. Le gonflement des ganglions lymphatiques du cou produisait des tumeurs, des ulcères.

    Gustave Tridon et ses combats politiques....

    Plusieurs descriptions de Tridon montrent son état de santé dont il a souffert toute sa vie, pour en arriver à sa mort à trente ans, certains pensant même à un suicide.

    «  Tridon survient : dos voûté, traits fins, déformés par une cruelle maladie, sourire amer et narquois. Il marche péniblement, appuyé sur sa canne. C’est à peine s’il peut parler, mais soyez sûrs qu’il agira. Il lui était réservé de mourir membre de la Commune. »

    « …il n’est pas bossu mais peu s’en faut. Il porte la tête enfoncée entre deux épaules que la faiblesse et la maladie ont considérablement voûtées. Cette tête est affreuse, couverte de cheveux d’un blond douteux, la couleur de la barbe est plus douteuse encore ; par-ci par-là, quelques poils perdus sur une peau livide, où s’étalent, rougis et serrés, des boutons qu’entretient le sang vicié du personnage. Les joues pendent, non qu’elles soient grasses ; mais la maladie les a boursouflées. N’étaient des yeux qui lancent des éclairs et pétillent d’intelligence, cette physionomie serait repoussante. Persuadé sans doute qu’il n’y a pas grand soin à prendre d’un être pour lequel la nature en a pris si peu, Tridon va toujours dépenaillé. »

    « Plein d’énergie et de verve dans ses écrits, Tridon est un pauvre être souffreteux que les derniers événements ont complètement abattu. »

    Parmi les nombreux témoignages de sa maladie, Blanqui indique que Tridon n’a pu participer en septembre 1870 à l’attaque de la Villette.

     Ses parents l’envoient à Paris pour ses études et il y restera, à part des périodes d’exil, presque jusqu’à sa mort. Il apprend facilement et sera avocat. Mais, très attiré par la politique et absolument opposé  au second Empire (1852-1870), il fréquente le quartier latin, le monde qui pense ; il prend sa plume et écrit dans plusieurs « feuilles » issues de ce milieu. Il sera, avec Blanqui, l’âme de toutes les conspirations contre le régime de Napoléon III.

     En 1862, le journal « Le Travail », pour outrage à la morale publique et religieuse est interdit et Tridon se retrouve à la prison Sainte Pélagie où il fait la connaissance de Blanqui.

    Louis-Auguste Martin, un habitué de cette prison politique raconte :  «  J’habitais l’immense chambre du premier étage du pavillon de l’est et j’avais pour codétenus MM Blanqui et Jules Miot, que nous avions surnommé Vatel à cause des succulents ragoûts et des merveilleux rôtis qu’il nous préparait, Taule, Casse et Tridon, trois jeunes et courageux esprits qui venaient glorieusement d’enterrer le journal Le Travail. »

    Le même Martin, écrivain, parle de Blanqui en ces termes :  « Il n’écrit pas en prison mais il ne desserre les dents qu’avec ses intimes … Je suis resté deux mois son voisin, nous nous croisions journellement, et je n’ai jamais obtenu de lui qu’un sourire des plus glacés…. Blanqui a subi 29 ans de captivité…A voir ce tout petit corps si frêle, si chétif, si malingre, on serait loin de se douter qu’on est en présence d’un des plus terribles et des plus éminents conspirateurs français. C’est grâce à un régime zénonien que Blanqui a pu supporter sans en être abattu tous les orages de sa vie politique. Il se nourrit uniquement d’une bouillie qu’il prépare avec du maïs, du lait, des carottes, que sais-je encore ? une sorte de brouet lacédémonien ; il ne boit que de l’eau et dort les fenêtres ouvertes en toute saison. Jugez de l’homme d’après cette esquisse ! »

     En 1864, Gustave a 23 ans ; il se fait remarquer par « une consciencieuse étude sur la Révolution écrite avec sa vigueur habituelle : les Hébertistes, plainte contre une calomnie de l’histoire. » qui s’est vendue pendant environ un an, ces 50 pages qui l’ont révélé comme écrivain de talent. Il fut condamné à un mois de prison et 100 francs d’amende.

    Quelques extraits de cette brochure :

    « Le plus grand malheur de l’homme c’est l’ignorance, dit Hébert…Le despotisme est son ouvrage, le fanatisme est son chef-d’œuvre…. En formant le cœur et l’esprit de nos enfants, habituons-les au travail ; qu’ils apprennent à supporter la fatigue, à endurer le chaud et le froid. Que leurs bras s’exercent au maniement des armes pour défendre leur patrie et purger la terre de tous les rois et de tous les monstres qui ne veulent pas le bonheur de l’humanité ; Quels hommes nous aurons dans vingt ans ! C’est alors que la République s’établira sur des bases inébranlables. »

    « Le visage est have quand on jeûne depuis des siècles, la voix est rauque quand elle s’indigne des souffrances de l’humanité. Le sein rugit, lorsqu’il est plein de la soif de la justice, et la main ni l’esprit ne recule, lorsque devant eux, laissé aux hasards de l’indifférence et du crime, se joue le sort du monde… »

     « Le Critique » qui suivit n’eut pas plus de chance et fut saisi.

    « Le Candide », bien qu’écrit de façon plus fine pour entrer dans la politique sans donner prise à la justice de l’Empire est saisi début 1865 et, à nouveau, Tridon, le rédacteur en chef, est emprisonné. Blanqui, sous le pseudonyme de Suzamel ( Suzanne Amélie, le prénom de sa femme ) y publiait des articles philosophiques et scientifiques. Cet hebdomadaire avait pourtant été tiré à 11000 exemplaires, ce qui était assez rare à cette époque.

    « Que de saisies, bonté divine » s’écrit-il dans « La petite Revue » de mai-août 1865.

     A propos de ces journaux de la rive gauche, il y avait plusieurs jeunes hommes «  qui rêvaient de la République future, qui la voulaient féconde, noble et sereine…Tridon en fit partie. Exalté, l’esprit embrasé et violent, il ne voit de salut pour la France que dans l’idée hébertiste…Il exècre, il proscrit tout ce qui dit girondin ( cette race ergoteuse et bavarde ), décentraliseur, libéral – libéral c’est le diminutif de libre dit-il -…Il est l’ennemi né de toute discipline religieuse ou politique… »

     Congrès de Liège et de Genève

     En 1864, Karl Marx avait fondé la 1ère internationale. Plusieurs sections se créent en Europe de l’ouest . Fin octobre 1865, se tient à Liège un Congrès international d’étudiants auquel se rend Gustave Tridon en compagnie de nombreux français dont Auguste Comte et Prudhon ( Victor Hugo, invité avait refusé de participer en soutenant cependant l’initiative) ; Blanqui, pourtant en exil à Bruxelles n’y participe pas. On en retrouvera une partie dans la Commune de Paris quelques années plus tard. La police de Napoléon, présente au Congrès, envoie des rapports à Paris, le nonce apostolique en adresse au Vatican. Les journaux belges qui rendent compte des délibérations sont interdits en France qui craint ces étudiants qui s’immiscent dans la vie politique en y affirmant publiquement leurs idées.

     De même en septembre 1868, il participe au Congrès de Bruxelles qui est marqué d’un programme antireligieux et communiste. Blanqui écrit.  «  Le Congrès de Liège a été dépassé ; c’était de la fureur unanime, sans opposition aucune. ». Une majorité marxiste prône la collectivisation des chemins de fer, des mines et des carrières, la nationalisation du sol, …

    Plus tard, au retour de la République, le 4 septembre 1870, l’internationale de Bruxelles dédiera un texte «  aux citoyens de tous les pays, aux citoyens français et au peuple allemand » ; c’est une exhortation à la paix.

     Pour se venger de sa participation à ces deux congrès, l’Empire fait arrêter Tridon, en 1866 au café de la Renaissance avec 22 autres complices dont Largilière qui, après trois mois de prison à Sainte Pélagie se retira du mouvement ; au moment de la Commune, il fut arrêté et fusillé par ses anciens amis.. Accusé d’être le chef d’une société secrète, Tridon fit quatre mois de préventive et fut condamné à quinze mois de prison.

    L’ambiance dans ce café est ainsi décrite en 1882 ; « Des étudiants débraillés, les cheveux en désordre entraient, montaient au premier étage, se formaient par groupes, parlaient politique ou engageaient une partie de billard. On allumait de longues pipes savamment culottées…Des étudiantes étaient mêlées aux hommes. Ces filles des rues aux costumes extravagants fumaient des cigarettes et s’occupaient de politique »

    Dans cette affaire du Café de la Renaissance Gustave Tridon est emprisonné en compagnie de Nicolas Lalourcey, menuisier, en 1866-1867. Je note ce nom pour trois raisons : il y a beaucoup de Lalourcey en Côte d’Or, la grand-mère paternelle de Gustave Tridon est Marguerite Lalourcey et on retrouvera ce nom à propos du Colonel Emile Gois, (« un châtillonnais détesté dans sa ville », peut-on lire parfois*) le massacreur des 47 otages de la rue Haxo ( le 26 mai 1871 ) qui a comme épouse une dame Lalourcey. Y a-t-il un lien familial entre cette dernière Lalourcey et Tridon ?

    *il n’est en tout cas pas né à Châtillon entre 1813 et 1852.Il n’est pas né plus tard car il aurait moins de 20 ans lors de la Commune de Paris.

    On lit aussi qu’il habite à Châtillon vers 20-22 ans chez ses parents. Or aucun Gois ne figure dans le recensement de 1851.

    Gustave Tridon et ses combats politiques....

    Gustave Tridon et ses combats politiques....

    Compromis comme complice d’attentat contre la sûreté de l’Etat et la vie de l’Empereur, Tridon s’enfuit en Belgique ; il fut cependant condamné par contumace à la déportation lors du procès de Blois. Il ne rentra en France qu’après le 4 septembre marquant la proclamation de la République.

    Il fonde alors avec Blanqui « La patrie en danger » qu’il finance ; son père, mort l’année précédente lui ayant laissé 60000 francs. Voici ce que l’on peut lire dans ce journal : « En présence de l’ennemi, plus de partis ni de nuances. Avec un pouvoir qui trahissait la nation, le concours était impossible. Le Gouvernement sorti du grand mouvement du 4 septembre représente la pensée républicaine et la défense nationale. Cela suffit. Toute opposition, toute contradiction doit disparaître devant le salut commun. Il n’existe plus qu’un ennemi, le Prussien, et son complice, le partisan de la dynastie déchue qui voudrait faire de l’ordre dans Paris avec les baïonnettes prussiennes. Maudit soit celui qui, à l’heure suprême où nous touchons, pourrait conserver une préoccupation personnelle, une arrière-pensée, quelle qu’elle fût.

    Les soussignés, mettant de côté toute opposition particulière, viennent offrir au Gouvernement provisoire leur concours le plus énergique et le plus absolu, sans aucune réserve ni condition, si ce n’est qu’il maintiendra quand même la République, et s’ensevelira avec nous sous les ruines de Paris, plutôt que de signer le déshonneur et le démembrement de la France. »

    Signé ( entre autres Caria, Eudes, Gois, Tridon… ) 

    Gustave Tridon et ses combats politiques....

       1871 L’affiche rouge

    Après l'échec du  soulèvement du 31 octobre 1870 , contre la politique du Gouvernement de la Défense Nationale, les blanquistes  viennent renforcer dans les clubs les intertionnalistes. Pendant le mois de décembre 1870, dans les clubs politiques parisiens on élit des délégués pour la Commune. Le 30 décembre, le Comité Central Républicain des Vingt arrondissements se réunit sur l'ordre du jour : « De la Commune révolutionnaire et des moyens pratiques pour l'installer révolutionnairement ». Le 5 janvier l'Affiche Rouge est rédigée.

    L'Affiche Rouge est une affiche de couleur rouge placardée le 7 janvier 1871 sur les murs de Paris assiégé par les Allemands depuis septembre 1870. C'est un appel à la formation de la Commune de Paris. Elle a été rédigée par Emile Leverdays,Gustave Tridon, Edouard Vaillant et Jules Vallès à la demande de la Délégation des Vingt arrondissements (nom provisoire du Comité Central Républicain des vingt arrondissements). Elle porte la signature de cent quarante délégués.

     Au peuple de Paris,

    Les délégués de vingt arrondissements de Paris.

    Le gouvernement qui, le 4 septembre, s’est chargé de la défense nationale a-t-il rempli sa mission ? – Non !

    C'est une déclaration de guerre au Gouvernement de la Défense Nationale. Suivent les griefs envers le gouvernement: refus de la levée en masse, répression contre les républicains après le soulèvement du 31 octobre, incapacité de ravitailler équitablement les Parisiens, sorties militaires mal préparées et vouées à l'échec... « Si les hommes de l’Hôtel de Ville ont encore quelque patriotisme, leur devoir est de se retirer, de laisser le peuple de Paris prendre lui-même le soin de sa délivrance [...] Place au Peuple ! Place à la Commune ! ».

    Un véritable programme d'action est énoncé en trois points : réquisitionnement général des ressources matérielles et humaines, rationnement gratuit, lutte à outrance pour en finir avec le siège.

    Mais le Gouvernement reste en place, et Trochu fait placarder le même jour une affiche blanche accusant les auteurs de l'Affiche rouge de calomnie.

    Une tentative de soulèvement échoue le 22 janvier. L'armistice franco-allemand est signé le 29 janvier.

    Après cette vigoureuse campagne contre l’envahisseur, Tridon se met en retrait.

    Le 8 février 1871 il est élu député de la Côte d’Or, le huitième et dernier. ( à Châtillon et dans l’arrondissement, il sera aussi dernier ). Il siège donc à l’Assemblée de Bordeaux, vote contre les préliminaires de paix et très vite, veut retrouver sa liberté. Suite au retrait des députés d’Alsace-Lorraine, il démissionne et regagne Paris.

    Il s’en explique dans sa Lettre aux électeurs de la Côte d’Or :

    « J’ai cru ne pas pouvoir rester une minute de plus au milieu d’une députation qui venait de porter à la France un coup plus meurtrier que dix défaites. Je ne me suis pas cru en droit de laisser sortir seuls les représentants de l’Alsace, de la Lorraine et des Vosges, chassés sans un mot du cœur du président et de la majorité. Je ne siège pas dans une chambre qui repousse Garibaldi…Bourguignon, je ne donnerai jamais la main à la remise de mon pays aux griffes des brigands prussiens Retiré de ce cloaque, je m’insurgerai sans cesse contre un traité criminel et ne cesserai ma revendication qu’au jour où la Révolution et votre patriotisme l’auront mis en pièces. »

    Il faut attendre le soulèvement du 18 mars 1871 pour que l'idée de Commune puisse être appliquée.

    Gustave Tridon et ses combats politiques....

    Tridon, libéré de sa députation, se présente aux élections dans le 5ème arrondissement de Paris ; deux jours avant la date de ces élections, il écrit à ses électeurs :  « A peine arrivé, je tombe dans un lit de maladie et suis réduit à contempler la lutte où se décide le sort de la République et de la France ». Il est élu membre de la Commune le 26 mars 1871. il fait partie de la Commission exécutive le 31 et de la Commission de la guerre le 21 avril. Il sera évincé de cette dernière par le Comité de Salut public le 16 mai..

    Le général Cluseret signale que Tridon était mourant dès le 4 avril et qu’il était « indiscutablement le cerveau le mieux organisé, mais (que) épuisé par la maladie, il ne put tenir la place qu’il aurait dû occuper. C’était le seul qui aurait pu remplacer Blanqui absent. »

    Il continue quand même son action au sein de la Commission exécutive.

    Le 2 avril Gustave Tridon co-signe une adresse à la Garde nationale de Paris :

    « Les conspirateurs royalistes ont attaqué…Non contents de couper les correspondances avec la province et de faire de vains efforts pour nous réduire par la famine, ces furieux ont voulu imiter jusqu’au bout les Prussiens et bombarder la capitale….. Elus par la population de Paris, notre devoir est de défendre la grande cité contre ces coupables agresseurs. »

     Le 5 avril «  Tous les citoyens sont conviés à l’enterrement de nos frères assassinés par les ennemis de la République dans les journées des 3-4 et 5 avril (31 victimes).  « Un cortège de cent mille personnes, part de l’Hôtel de Ville, rejoint le Père Lachaise. Tridon fait partie de la délégation de la Commune qui a encore un soutien massif du peuple de la capitale.

     Il signe un décret paru le 6 avril dans l’Officiel ; ce décret annonce les massacres de la semaine sanglante :

    « Art.4 Tous accusés retenus par le verdict du jury d’accusation seront les otages du peuple de Paris.

    Art.5 : Toute exécution d’un prisonnier de guerre ou d’un partisan régulier de la Commune de Paris sera sur-le-champ suivie de l’exécution d’un nombre triple des otages retenus en vertu de l’article 4 et qui seront désignés par le sort. »

    Cependant, Tridon n’aura pas à faire appliquer ces articles car il s’opposera au Comité de Salut public.

    Lorsque le gouvernement de Versailles informe les départements du côté odieux de ce décret, la Commission exécutive y répond en ces termes : «  Paris n’aspire qu ‘à fonder la République et à conquérir les franchises communales, heureux de fournir un exemple aux autres communes de France. »

    Gustave Tridon et ses combats politiques.... Le Comité de Salut public avait été crée le 1er mai, mais avait rencontré l’opposition d’une minorité, dont Gustave Tridon. Il vote contre ce Comité, signe le manifeste de l’opposition.

    Le décret stipule dans son article 4 : «  Les pouvoirs les plus étendus sur toutes les délégations et commissions sont donnés à ce Comité qui ne sera responsable qu’à la Commune. »

    Le 27 floréal an 79 (le Comité date ses actions avec le calendrier républicain), c’est à dire le 17 mai 1871, la minorité fait savoir qu’elle « veut se dégager des actes du Comité de Salut public et s’en tenir à la seule administration de ses arrondissements respectifs. ». Les dissidents sont tout de même contraints de reprendre leur place à l’Hôtel de Ville et d’obéir au Comité.

    L’une de ses dernières actions au sein de la Révolution sera de faire arrêter les frères May, tous deux intendants généraux (et négociants en pierres fines), coupables de détournements dans l’intendance.

    Tridon ne fera jamais partie du Comité de Salut public.

    Après une vie de maladie, de combats politiques, de nombreux emprisonnements et d’exil, il meurt le 30 août 1871 à Bruxelles où il s’était réfugié pour échapper aux recherches.

     Transcription de son acte de décès dans les Archives de Châtillon-sur-Seine le 24 septembre 1872 :

    Extrait du registre aux actes de décès de 1871

    Administration communale de Bruxelles

    Le trente et un août mil huit cent septante onze, à l’heure de midi, a été dressé, après constatation par nous, Gustave Couteaux, Officier de l’Etat civil de la ville de Bruxelles l’acte de décès de Edme Marie Gustave Tridon, avocat, décédé le trente de ce mois, à deux heures du matin, rue du Trône, numéro 20, 5ème division, âgé de trente ans, sept mois, vingt neuf jours, né à Châtillon-sur-Seine ( Côte d’Or ) France et y domicilié, fils de feu Jean Baptiste Tridon et de Vorlette Elisabeth Morel, sans profession, à Châtillon-sur-Seine. Sur la déclaration de Victor Arnoud, avocat, âgé de trente deux ans, domicilié à Saint Josse-ten-Noode.et de Jean Joseph Buffet, sans profession, âgé de quarante neuf ans, domicilié en cette ville…

    Gustave Tridon et ses combats politiques....

                                 BIBLIOGRAPHIE

     Wikipédia

    Les hommes de la Commune – Jules Clère – 1871

    Mémoires du Général Cluseret

    Les membres de la Commune et le Comité central – Paul Delion – 1871

    Histoire de la Révolution – Jules Claretie

    Histoire des évènements de 1870-71 –Adrien Desprez – 1873-74

    Journal officiel de Paris pendant la Commune

    La semaine sanglante – Marc Nadaux

    Dossier des amnistiés

    Comment la Commune a péri

    Des hommes et des choses du temps de la Commune (sans auteur)

    Le Paris pittoresque

    Le Candide

    La petite revue

    Les Hébertistes, plainte contre une calomnie de l’histoire

    Les prisons politiques : Sainte Pélagie – Alfred Sirven

    Le Congrès de Liège – Université de Liège

    La patrie en danger – Blanqui 1871

    Archives départementales de la Côte d’Or

    Gustave Tridon – Michel Diey avec qui j’ai été en correspondance

    et que je remercie en particulier.

     

                                                                                      Dominique Bartet novembre 2012

     

     

     

     


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