•  Il y a quelque temps j'ai reçu un mail d'un lecteur du blog, Bernard Piétri, habitant le sud de la France.

    Celui-ci me disait qu'il était le petit fils d'Armand Roy, et le neveu de Pierre Roy, deux personnes très connues dans le Châtillonnais puisque tous deux ont tenu avec le succès que l'on connait,le célèbre hôtel Roy à Aisey sur Seine.

    Bernard Piétri me proposait, si cela m'intéressait, de m'envoyer un document de plusieurs centaines de pages, écrites par Pierre Roy: souvenirs familiaux, mais aussi anecdotes sur la vie à Aisey au début du XXème siècle.

    J'ai été enthousiasmée par sa proposition que j'ai bien sûr acceptée, et encore plus intéressée lors de la réception de l'ouvrage... qui contient des centaines de réflexions, et d'anecdotes, souvent pleines d'humour, sur la vie d'un village autrefois.

    J'ai donc décidé de publier sur ce blog les écrits de Pierre Roy, qui , je suis sûr, vont passionner les lecteurs !

    Je commence aujourd'hui par l'histoire de l'hôtel Roy d'Aisey sur Seine (appelé maintenant hôtel du Roy)

    Du temps de Pierre Roy :

    Souvenirs de Pierre Roy : l'histoire de l'hôtel Roy d'Aisey sur Seine

    Aujourd'hui :

    Souvenirs de Pierre Roy : l'histoire de l'hôtel Roy d'Aisey sur Seine

    Vers 1820, un certain Jacques Copin reprit  la suite de son père à Aisey sur Seine.

    Aubergiste, cabaretier, barbier à l’occasion, il  tuait cochons et autres animaux, fabriquait sa charcuterie, ses salaisons et conserves de tous  genres. Il avait un atelier de tonnellerie où, durant l’hiver il fendait des merrains, les rabotait pour faire les douves des feuillettes (110litres), des pièces  qui pouvaient varier de 114 à 228litres, des quarteaux de 57litres 1/2, quartants 28 à 30 litres, quarté de 2 pintes ou 2 litres pour contenir du marc.On distillait aussi des prunelles. Au printemps Jacques Copin faisait un chargement d’une douzaine de fûts sur une voiture bréarde, attelée d’un cheval et partait la semaine dans la région de Chablis vendre une partie de sa futaille. Avec l’argent il achetait du bon vin qu’il ramenait dans ses propres tonneaux. Le travail se troquait contre la marchandise, on préférait cette façon de faire car le souvenir des assignats planait encore dans la mémoire des ruraux.

    Jacques Copin eut plusieurs enfants : Ernestine , Clément, Adrienne et Adrien , militaire décédé de fièvre pernicieuse à Haïphong.

    Ernestine, dite Tine, épousa Victor Roy qui était cuisinier au service de la famille Schneider du Creusot . Tous deux reprirent  l’Hôtel de la Fontaine à Bar sur Seine, puis ensuite le café de l’Hôtel de Ville à Châtillon sur Seine . C’est là que naquit Armand Roy en 1881.

    Après la mort de Jacques Copin, Ernestine et Victor reprirent la maison d’Aisey qu’ils transformèrent en Hôtel des Voyageurs-garage pour automobiles .

    L'histoire de l'hôtel Roy d'Aisey sur Seine

    Les époux Roy avaient dès 1902 fait installer la lumière au gaz acétylène à l’aide d’un groupe (eau et carbure de calcium) qui produisait le gaz pour éclairer salles et cuisines. Pour  les chambres c’étaient des lampes Pigeon ou à pétrole . C’était onéreux et d’un grand entretien .

    Veuve jeune, Ernestine Roy, atteinte de surdité, séquelles des couches d’Armand, se faisait aider par une servante (Justine Duclut…Marguerite  Boulier).

    C’était une grande et belle femme, très affable, gentille, courageuse . Fine cuisinière elle faisait chaque semaine ses pâtés, terrines, confectionnait des biscuits à la cuiller renommés, des confitures :groseilles, épine vinette en saison.

    Il fallait tenir les trois chambres retroussées pour les voyageurs, apporter l’eau dans les brocs qu’il fallait  remplir à la source. Le client faisait sa toilette dans une cuvette, les WC c’était un seau que l’on vidait au cabinet sur la rivière…

    Le travail était grand et les bénéfices tout petits. L’hiver, comme complément de rapport, une fois par semaine, elle allait une fois par semaine, dans une poussette, vendre du poisson de mer qui arrivait de Boulogne jusqu’à Châtillon et de Châtillon à Aisey par le « tacot » dans un délai de 16 heures. On n’a pas fait mieux 80 ans après.

    Avec cette poussette en osier, à quatre roues en fer, Ernestine allait faire sa tournée à pied à Chemin d’Aisey, Villaines en Duesmois, Semond pour vendre son poisson frais avec glace, 15kms aller-retour pour quelques francs de bénéfice, aussi devait-elle être fatiguée sans rien dire, quel courage !

    Tout était à l’économie, on taillait de petits morceaux de bois, trempés dans du soufre qui servaient d’allumettes, des morceaux de journaux coupés en bandes, roulés, genre aiguilles à tricoter, avaient le même usage pour allumer quelques lampes ou bougies.

    Le fils d’Ernestine et Victor Roy, Armand Roy  apprit le métier de cuisinier en débutant comme apprenti à l’Hôtel de Bourgogne à Dijon.

     La suite prochainement, je pense faire deux parutions par semaine, tant les textes sont nombreux  et passionnants !....

    Bien sûr les commentaires seront les bienvenus, il feront sans aucun doute plaisir à Bernard Piétri que je remercie encore chaleureusement pour la transmission des écrits de son oncle . Souvenirs de Pierre Roy : l'histoire de l'hôtel Roy d'Aisey sur Seine


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  • Voici le contrat d'apprentissage d'Armand Roy à l'Hôtel de Bourgogne à Dijon .

    Souvenirs de Pierre Roy:  l'apprentissage de cuisinier d'Armand Roy

    Contrat d’apprentissage de Roy Armand-Henri, né le 23 août 1881 à Châtillon sur Seine, sous la direction de monsieur Bouillon, chef de cuisine

    Durée du contrat : 2 ans de 1894 à 1896 à l’hôtel de Bourgogne place Darcy, Dijon.

    Horaires de travail : matin : 7h-14h- Soir : 17h-21 h

    Repas après le service

    Conditions :

    Versement de la somme de 800 francs. Nourri logé blanchi

    Fournitures: 12 torchons, 12 tabliers

    Tenue: vestes et pantalons bleus (pied de poule), toque blanche, galoches en cuisine, gaine à outils, un couteau d’office, un couteau à  désosser, un couteau à découpe, une aiguille à brider.

    Avec l’apprenti de deuxième année, Armand apprenait à préparer le repas du personnel : sauté d’abattis de volaille, ragoûts, tri de la braisière, récupération de viande après les os, confection de boulettes, hachis parmentier, choux farcis et autres…

    L’apprenti de deuxième année était le bras droit du chef qu’il assistait dans toutes les préparations,il apprenait les méthodes de travail, les principes et tours de main.

    Une fois ou deux par semaine, suivant la saison ou le temps,les deux apprentis allaient l’après-midi à la glacière de Montmuzard, où étaient entreposée, dans des caves, la glace retirée des étangs (emplacement actuel du vélodrome,du terrain de sport et des écoles Montmuzard).

    Cette glace était sciée, conservée au garde manger dans des "timbres", bacs en ciment.Une fermeture en bois se rabattait pour éviter la déperdition du froid.

    Il y avait un timbre à viande, un timbre à poisson : sur un épais fond de glace pilée, on étendait un linge sur lequel on posait la viande ou le poisson, on recouvrait le tout d'un autre linge. Le tout était recouvert de glace pilée. Les produits se conservaient parfaitement.

    La glace était mise dans la glacière, meuble en bois, avec portes isolées, une ouverture au dessus servait à introduire des blocs de glace, certains produits et mets étaient conservés pour le service du soir.

    Glaces et sorbets étaient montés dans une sorbetière : baquet en bois, au centre s’incorporait la sorbetière en acier étamé en forme de cylindre plus haut que large, à cul rond, d’une capacité de 12/13 litres. Au centre un axe relié à un bâti en fer avec engrenages de rotation et manivelle, autour du corps à crème un espace de 7/8cms que l’on garnissait de glace pilée et de sel, le sanglage qui abaissait la température à -10°.

    Une longue et large spatule en bois servait à détacher les particules " prenant". La glace devenait rapidement ferme. Débarrassée, elle était conservée dans des moules, bombes et autres par ce même procédé et remise dans un sanglage.

    Souvenirs de Pierre Roy:  l'apprentissage de cuisinier d'Armand Roy


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  • En 1895, Armand Roy était en apprentissage à l’hôtel de Bourgogne à Dijon .

    Souvenirs de Pierre Roy : la fin de l'apprentissage de son père Armand Roy à Dijon.

    Pour y entrer comme apprenti, il fallait que ses parents versent 800 francs Or, fournissent 12 tabliers, 12 torchons, 12 tour de cou etc..(voir l’article précédent)

    L’apprenti était logé au grenier avec Adrien Blanchot.
    Un jour un client de marque qui était descendu à l’hôtel voulait partir le lendemain à Dôle, mais il ne connaissait pas la route. Le patron de l’hôtel lui dit « Je vais vous faire accompagner pour vous montrer la direction ». s’adressant à mon père il lui dit : « Armand , vous irez montrer à Monsieur la route de Dôle jusqu’au cimetière ».

    Mon père était ravi : monter dans une automobile à pétrole, sans chevaux, c’était extraordinaire ! Le monsieur dans une peau de bique, casquette, grosses lunettes, en imposait. Père, en tenue de cuisinier, toque sur la tête, fier comme un pape, alla jusqu’au cimetière. Le voyageur lui dit « Veux-tu faire quelques kilomètres jusqu’à Neuilly ? », Armand accepta, il était tellement enchanté ! Il se fit arrêter à Neuilly, descendit, mais maintenant il fallait rentrer à l’hôtel : 7 kms à faire au pas de course. Il arriva à l’hôtel à 10h30 alors qu’il fallait être en cuisine à 8h.

    Le chef le sermonna vertement, le punissant d’un mois de privation de sortie (2h l’après-midi). Durant ses après-midis de punition, le chef lui faisait réduire de l’eau avec une spatule en bois, sur le fourneau tout rouge, manches retroussées, il suait sang et eau sous la surveillance du chef (le chef se punissait aussi de sa décision puisqu’il restait là !)

    Il restait à mon père encore six mois pour terminer son apprentissage, il ne lui adressa plus jamais la parole ni le salua lors de son départ .

    Armand Roy devint, plus tard, cuisinier au buffet de la gare à Besançon, marié à Constance Nicolas .

     Trois de leurs enfants naquirent à Besançon : Madeleine, Pierre et Yvonne...

    Puis vint la guerre de 1914...

    La suite au prochain article...

     


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  • Vint la guerre de 1914-1918, notre père Armand Roy, chef de cuisine au buffet de la gare à Besançon, devait reprendre cet établissement.

    Souvenirs de Pierre Roy : Armand Roy pendant la guerre de 14-18

    Son patron, monsieur Preire voulut bien attendre un an, espérant que ce conflit serait terminé.

    Mais les combats d’Alsace prenaient de l’intensité, il y avait des pertes humaines, une inspection des casernes regroupa des centaines de soldats.

    Armand avait trois enfants Madeleine (1906), Pierre  (1911) et Yvonne( 1914), nés à Besançon de son union avec Constance Nicolas.

    Armand, Constance et Madeleine en 1906 :

    Souvenirs de Pierre Roy : Armand Roy pendant la guerre de 14-18

    Bien que soutien de famille, Armand fut affecté au 260ème régiment d’Infanterie.

    Il fut envoyé en Alsace, puis au Front d’Orient, comme on disait en parlant de la Grèce. La Macédoine avait été enfoncée par les Bulgares, les combats n’avaient pas l’ampleur de ceux qui avaient lieu en France.

    Cuisinier du Commandant de l’Unité, il se plaisait à nous raconter que le ravitaillement était maigre, mais qu’il savait se débrouiller et ne pas prendre sur la population qui était misérable.

    Ainsi, il faisait cuire des orties en guise d’épinards, de gros chardons bleus en fonds d’artichauts, il pèchait à la grenade des poissons dans les rivières, cuisait des couleuvres en meurette, car il y avait un peu de vin.

    Un jour son commandant lui dit : « Roy, vous allez me faire du pâté avec des rats que j’ai tués ».  Ces rats blancs, désossés, hâchés, mélangés avec des boîtes de « singe », furent cuits comme une « terrine » avec récipient de fortune dans la brousse. Ces genres de préparations le répugnaient, il en avait des hauts de cœur, alors que le commandant se régalait (pourquoi pas ?).

    Un jour, un Commandant de l’Unité voisine vint lui rendre visite. Le pâté fut copieusement dégusté. Après le repas, il demanda à son hôte ce qu’il pensait de son pâté. Lorsque ce dernier apprit ce qu’on lui avait servi, il « dégobilla », furieux il partit, et ne reparut jamais chez son ami .

    Ces unités se débrouillaient pour vivre, jardinant partout où ils pouvaient faire pousser des salades, légumes. Ils furent nommés « les jardiniers du Sarrail » (général de division) .

    Au départ de notre père pour le front d’Orient, ma mère, Constance, professeur de musique, n’ayant que peu d’argent pour vivre, décida de nous replier chez notre grand-mère Ernestine Roy, à Aisey, où le ravitaillement ne posait pas de problèmes comme à Besançon.

    Notre père revint en début de 1918, épuisé par les privations, l’estomac délabré, atteint de paludisme .


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  • Au départ de notre père pour le front d’Orient, ma mère, professeur de musique, n’ayant que peu d’argent pour vivre, décida de nous replier chez notre grand-mère à Aisey, où le ravitaillement ne posait pas de problèmes comme à Besançon.

    Notre père revint en début de 1918, épuisé par les privations, l’estomac délabré, atteint de paludisme .

    Adieu le Buffet de la Gare de Besançon, monsieur Preire, vu son âge n’avait pas pu attendre pour vendre à un autre restaurateur . Mon père n’aurait d’ailleurs pas pu assumer ses responsabilités.

    Versé dans le service auxilliaire à Dijon, (garde des exclus à La Roche en Brenil), il nous retrouvait tous les 15 jours ou 3 semaines. Démobilisé, il reprit l’affaire de ma grand-mère Ernestine qu’il exploita dans des conditions précaires.

    Les souvenirs de Pierre Roy : retour d'Armand Roy et de sa famille à Aisey sur Seine

    En 1923, mon père fit installer l’électricité dans l'hôtel. Le courant était fourni par un groupe électrogène des "stocks Américains", sans carburateur, fonctionnant à l’essence ou au pétrole. Couplé à une série d’accus, il permettait de fonctionner un jour sur deux. Voltage : 24 Volts, lampe oblongue à filament en W de 20 Watts .

    En 1928, la Compagnie d’Electricité de la Grosne, installa et distribua le courant dans tout l’arrondissement de Châtillon.

    On rajeunit le cadre de la maison, supprimant la table d’hôte des voyageurs du restaurant par de petites tables de 4 personnes. On prenait des pensionnaires pendant l’été, mais les prix pratiqués étant trop bas, le bénéfice ne ressortait pas.

    Au café, il y avait, pour distraire les clients, la « Galiope », plaque circulaire en fer perforée, mise dans un mécanisme vertical, plusieurs morceaux de musiques y étaient enregistrées. Puis il y eut un gramophone à rouleaux de cire, ensuite un "graphophone" à disques avec un grand pavillon, enfin le piano mécanique avec un grand rouleau hérissé de pointes,où  étaient inscrites dix danses. Il fallait y introduire une pièce de 0,25 francs, on pouvait choisir l’air que l’on désirait. Le rouleau était échangé tous les trois mois par la Maison de Musique Mancel de Dijon. 

    Ma mère s’occupait de tout : servir les chopines, les canons, préparer avec la Tine les repas lorsque mon père flânait à Châtillon chez Jardelle.

    Ma mère tirait tellement le diable par la queue, qu’avec beaucoup de regrets, elle vendit ses violons, son piano pour payer la pension de Madeleine à l’école de Saulieu.

    Elle n’eut jamais le temps de nous apprendre la musique. A Besançon, à 8 ans, Madeleine jouait le Beau Danube Bleu…

    Car Constance, avant son mariage était professeur de musique...

    Prochain épisode : La famille de Constance Roy née Nicolas....


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  • Jean-Baptiste Nicolas, père de notre mère Constance était le fils d’un ancien porion de Monceau les Mines, qui avait économisé sou par sou.

    Ce porion  était arrivé à se constituer un petit capital qu’il pensa faire fructifier en achetant un moulin à grains dans la région. Malheureusement, à cette époque, on ne savait rien de la monnaie, les « assignats », papier monnaie dont la valeur était assignée sur les Biens Nationaux. Les assignats furent supprimés à Paris en 1797, mais en province, on n’en savait rien. Remplacés par le franc Germinal depuis la loi du 18 germinal de l’An XI (28-03-1803).
    Le père de Jean-Baptiste apprit avec stupéfaction par le tabellion (notaire) le sort de ses économies : il était ruiné après une vie de travail acharné . Il  ne put s’en remettre et mourut quelques années après.

    Jean-Baptiste fut confié à une institution religieuse où il grandit, apprit beaucoup, se forma homme. Vers 18-20 ans, il rompit avec la congrégation, fit sa vie, entra aux Chemins de Fer P.L.M. etgravit les échelons administratifs. Il devint sous-chef de gare à Frasnes (25) où il se maria, puis à Saulon la Chapelle (21), puis chef de gare à Chagny où est née notre mère Constance.

    Veuf à 42 ans, il devint chef de gare à Genlis (21) où notre maman faillit mourir de la fièvre typhoïde.

    Jeune fille, Constance suivit les cours du Conservatoire de Musique de Dijon, elle obtint ses diplômes de professeur de violon et de piano.

    Jean-Baptiste, à ses loisirs, était menuisier d’Art, ferronnier, forgeron, luthier, peintre en tableaux. C’était un artiste né, extraordinaire d’ingéniosité de création, d’une bonté sans limites. Madeleine s’en souvient, ses violons avaient été créés et faits par lui, sa voiture d’enfant, une pure merveille.

    Voici un superbe pupitre de musique :

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Une table magnifique :

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre : Constance, et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Un canon, modèle réduit (0,40m) de l’époque :

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Une machine à vapeur qui a fonctionné :

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Et de fort beaux tableaux :

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

    Souvenirs de Pierre Roy : La mère de Pierre, Constance et son grand-père Jean-Baptiste Nicolas

     Jean-Baptiste Nicolas décéda en 1910, sa mère Mayenne, brodeuse, dentellière, d’une finesse incomparable vécut à Aisey, chez notre grand-mère Tine jusqu’à sa mort en 1918

    Constance Jeanne Nicolas se maria avec notre père Armand Roy.

    Voici la descendance d’Armand et Constance Roy :

    Madeleine, Pierre et Yvonne naquirent à Besançon.

    -Madeleine à 18 ans fut reçue au concours P.T.T. Dame employée, fut affectée à Paris dans plusieurs centraux téléphoniques. Téléphoniste à une table d’appel, avec fiches, l’énoncé  oral du numéro, le contact direct avec l’usager. Certains étaient galants, d’autres grincheux parfois grossiers.Trafic pénible, fatigant, elle était surmenée avec de bonnes migraines. Dans un service au Ministère, y finit sa carrière et resta parisienne.

    -Pierre devint à son tour cuisinier,il épousa Suzanne Bornot de Saint Germain le Rocheux, et succéda à son père à l'Hôtel Roy d'Aisey sur Seine.

    -Yvonne épousa Alphonse Piétri . Elle donna naissance à trois enfants : Jean-Pierre, Bernard et Madeleine .

    (C'est Bernard qui m'a offert les souvenirs de son oncle Pierre, et qui a photographié les oeuvres d'art réalisées par son arrière-grand-père, encore une fois merci à lui.)


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  • L'hôtel Roy, à la fin de la grande guerre,  était à présent tenu par Armand et son épouse Constance, les enfants grandissaient...

    Avant de continuer, voici une anecdote amusante que nous conte Pierre Roy :

    En 1923, un officier U.S. qui avait logé chez nous à l’hôtel, était revenu avec sa femme visiter la France et Aisey. Le colonel Louquer, madame Deborah, avec une Torpédo Citroën B2, 4 places. Regagnant les U.S.A., mon père Armand, leur reprit leur voiture à un prix très intéressant.

    Souvenirs de Pierre Roy  : L'hôtel Roy entre les deux guerres

    Puis en 1925, il acheta la fameuse 5HP Citroën jaune deux places au prix de 6500 Francs.

    Un jour de novembre 1923, notre père nous emmena, Yvonne et moi, à la Foire Gastronomique qui se tenait dans les baraques du Cours du Parc à Dijon. Jamais pressés, nous repartîmes  de Dijon vers 17 heures.

    Arrivés à Darois, un brouillard intense, les phares étaient peu puissants, nous obligeant à rouler à tour de roue. Pour descendre le Val Suzon, je courais devant la voiture, puis Yvonne me relayait. Bref à 20 heures, nous avions traversé Chanceaux sans nous en être aperçus, pratiquement plus de lumière.

    On dut coucher dans la Torpédo, l’un contre l’autre, dans une couverture providentielle, il faisait très froid. Pas une seule voiture ne passa  durant toute la nuit. Enfin nous repartîmes au petit jour, et arrivâmes à Aisey à 9heures.

    Maman, ayant supposé un accident, était dans toutes ses transes. Aussi mon père acheta-t-il un phare à gaz Magondeau qui ne lui servit jamais.

    Je partis en 1925 en apprentissage de cuisinier à l’Hôtel des Bains à Besançon, bel établissement. J’ai eu le cœur gros le premier mois, sorti de l’affection familiale, logé dans un grenier. Sans lumière le soir, une bougie par semaine, je fis la connaissance avec les punaises dans le lit.

    Souvenirs de Pierre Roy  : L'hôtel Roy entre les deux guerres

    Je fis deux ans d’apprentissage satisfaisant, puis partis un an à Charleville où travaillait l’oncle Clément Copin ainsi que sa fille Elisabeth. Chef de premier ordre, l’abnégation au travail.

    Puis Londres avec Ludovic Humbert, Paris, Cannes etc…mon tour de France pour apprendre, me parfaire .

    Yvonne seconda les parents jusqu’en 1932, se maria à Alphonse Piétri, puis partit à Marseille, y fonda un foyer où naquit Madeleine, Jean-Pierre et Bernard qui à leur tour eurent enfants et petits enfants.

    Voici une photo du mariage d'Yvonne et d'Alphonse Piétri, prise devant la maison du baron de Gail à Aisey . Leur fils Bernard a noté quelques noms des membres des familles Roy et Piétri.

    La photo est cliquable.

    Souvenirs de Pierre Roy  : L'hôtel Roy entre les deux guerres

    Une servante polonaise, Marie Skimyna aida mes parents. Dans cette même période, je fis mon service militaire dans la Marine Nationale, embarqué à bord du torpilleur « Le frondeur » qui fit la tournée des pays riverains de la Méditerranée. Démobilisé, je continuai mon tour de France. Sur l’instance de mes parents, je revins à 23 ans.

    Je fréquentais une jeune fille de Saint Germain le Rocheux, Suzanne Bornot qui avait des aptitudes pour l’hôtellerie. Nous nous mariâmes le 27 avril 1935, mes parents me remirent le fonds d’hôtel restaurant.

    Jean naquit le 28 avril 1936, tout marcha bien jusqu’à la guerre. Madeleine naquit le 31 juillet 1941.

     Un des mes amis, le capitaine de vaisseau Georges Guierre, homme de lettres composa pour nous ce poème :

    Mon petit patelin s’appelle Aisey sur Seine

    En quittant Châtillon pour aller vers Dijon

    Au kilomètre seize, il faut prendre la peine

    De freiner à vingt pas d’un antique donjon.

     

    Puis vous tournez à droite et la route vous mène

    Quelques mètres plus loin, sur un tout petit pont

    Chevaucheur d’un courant qui fuit à perdre haleine

    Jusqu’à Paris, chantant dans les roseaux, le jonc…

     

    Arrêtez-vous ici, vous êtes arrivés

    Une table excellente à toute heure vous est servie,

    Pourquoi chercher plus loin alors qu’on a trouvé

     

    Des truites striant l’eau de rapides éclairs

    Les « Roy » qui pour bien peu, font heureuse la vie

    Des bons plats, des vieux vins, que célèbrent ces vers.

    Les prochains épisodes, écrits par Pierre Roy, nous montreront la vie à Aisey sur Seine au début du XXème siècle: ses artisans, ses commerces, le tramway, Aisey pendant les deux guerres, les distractions, les conscrits, les noces  etc...vous verrez, ils seront passionnants !


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  •  Pierre Roy , après l'histoire de l'hôtel de sa famille, à Aisey sur Seine, le célèbre "Hôtel Roy", conte la vie de son village au début du XXème siècle, ses souvenirs d'enfance et de jeunesse (il était né en 1911)

    Aujourd'hui, il nous présente la gare qui était très importante pour les  habitants d'Aisey. A cette époque , les automobiles n'existaient pas, on se déplaçait avec des voitures à cheval et surtout avec le fameux tramway, que l'on appelait "le tacot";

    (voir au sujet du tacot cet article sur une exposition réalisée par Jenry Camus, Président des amis du châtillonnais) :

    http://www.christaldesaintmarc.com/au-temps-du-tacot-une-belle-exposition-a-essarois-les-11-et-12-aout-20-a48306194

     

    Souvenirs de Pierre Roy : la vie à Aisey sur Seine...

    LA GARE D’AISEY SUR SEINE

    La gare d'Aisey sur Seine était la reproduction miniaturisée des gares du réseau P.L.M.

    Ses bâtiments abritaient une salle d’attente, le bureau du chef de gare, secondé par un sous-chef et un employé, et un guichet pour la distribution des billets.

    Le bureau était relié à Aignay, Baigneux et Châtillon par une ligne téléphonique unique. Si Châtillon appelait Aignay, la sonnerie fonctionnait à Aisey, ce poste écoutait si la communication était pour lui, sinon le poste raccrochait. Aignay prenait l’écoute, même service jusqu’à Baigneux, jusqu’à l’intéressé.

    Contigu à la salle d’attente, on trouvait l’entrepôt, avec ses quais de débarquement et d’embarquements.

    Sur le côté extérieur du bâtiment, trois  portes surmontées des noms : W.C. hommes, WC femmes, ces toilettes étaient à la turque, les voitures n’en comportant pas.

    L’autre porte était l’accès  privé de l’appartement du chef de gare, situé  au premier étage.

    De chaque côté du bâtiment, se trouvait une aire définie suivant les marchandises, à gauche : dépôt des bois de chauffage, charbon de bois en bûches, à droite un quai pour bestiaux, un pont roulant pour le chargement des grumes, blocs de pierre etc…pour être acheminés sur Châtillon et au-delà sur le P.L.M. ou l’est (Troyes) .

    Sur une voie, dite de garage, étaient stationnés des wagons de gabarits différents.

    La gare d'Aisey possédait un nœud ferroviaire : l’arrivée de la ligne d’Aignay à l’aide d’aiguillages se divisait en faisceaux, l’arrivée de Baigneux se faisait sur une voie parallèle, une troisième, la centrale pour les trains en provenance de Châtillon.

    A la hauteur de l’arrêt de la loco d’Aignay, se trouvait une prise d’eau, car il fallait remplir le réservoir.

    A la suite s'élevait un bâtiment en bois dit « l’atelier ». On y trouvait la lampisterie avec outils de poseurs, cric, lory, lampes à pétrole pour locomotive et pour l’intérieur des voitures, évitant l’obscurité l’hiver. Il était impossible de lire ou d’écrire, c’était tellement rudimentaire !

    La voie se prolongeait une plaque tournante afin de faire changer de direction les locomotives.Sur le côté se trouvaient empilées des briquettes de charbon pour compléter la réserve des machines. Sur la voie centrale, en direction d’Aignay, une autre prise d’eau permettait d’approvisionner les locos Aignay et Baigneux.

    Souvenirs de Pierre Roy : la vie à Aisey sur Seine...

    Une "station de chauffage des bouillottes" (par grand froid : seulement à -15°) . Ces dernières étaient en acier longues de 1mx0,25xO,15,elles étaient chauffées en groupe de 4  avec la vapeur d’une machine, et ensuite déposées, une par compartiment. Les voyageurs y posaient leurs pieds engourdis.En une demi-heure, toutes étaient refroidies, mais on arrivait à destination.

    La formation du train Aisey-Châtillon se composait de trois voitures de deuxième classe, une voiture de première classe, et un fourgon- marchandise.

    Les voitures pouvaient accueillir 18 à 20 personnes, avec des banquettes en bois en deuxième classe, des banquettes rembourrées, recouvertes d’un velours rouge de bonne qualité pour les premières classes.

    Un compartiment était réservé, faisant fonction de convoi postal.

    En deuxième classe, les voyageurs étaient peu nombreux.

    Les voyageurs en provenance de Baigneux changeaient de voiture pour monter dans celles en provenance d’Aignay (les autres voitures restant là.

    Lors des foires ou les grandes affluences, celles-ci étaient attelées sur l’autre convoi. La loco manœuvrait pour prendre un ou deux wagons de marchandises ou de bestiaux.

    Dans le prochain article, Pierre nous racontera le voyage qu'il effectuait tous les jours pour se rendre à l'école à Châtillon sur Seine, un voyage, vous le verrez, plein d'imprévus !


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    Souvenirs de Pierre Roy : un voyage en tramway d'Aisey sur seine à Châtillon....

    Départ du train pour Châtillon

    A la sortie de la gare, la rampe des bonnes fontaines, le parcours d’élan était de 150m, la côte de 200m, péniblement, le train arrivait au sommet, enveloppé de fumée et de vapeur, et c’était l’envolée jusqu’à :

    Nod premier arrêt :

    Souvenirs de Pierre Roy : un voyage en tramway d'Aisey sur Seine à Châtillon....

    Il existait une station en bois avec un préposé auxiliaire, une voie de garage, deux ou trois wagons en attente, une grue au service des scieries de pierres,de l'usine de céramique, et des marchands de bois.

    Chamesson,deuxième arrêt : La station en bois était plus importante avec une voie de garage, quatre à cinq wagons à la disposition de la pointerie-tréfilerie (en 1900 on y produisait 4.650 tonnes de pointes fines avec 170 ouvriers),et de la scierie de pierres

    Souvenirs de Pierre Roy : un voyage en tramway d'Aisey sur Seine à Châtillon....

    Ampilly le Sec troisième arrêt : On y trouvait une halte, abri en bois, le train ne s’arrêtait que sur signe, pour les écoliers, il y avait peu de voyageurs.

    Buncey quatrième arrêt : Le bureau de gare était situé dans une salle de café, aussi les voyageurs masculins, chauffeur mécanicien, chef de train y filaient à chaque passage, siroter le petit vin blanc du matin (ficelle).Le personnel du train s’éclipsait aussi.

    Mais le mécano tirait sur le sifflet, rappelant les voyageurs. Les moins rapides à quitter le café en étaient quittes pour payer un ou deux litres de vin blanc bu, mais le chef de train bon enfant vis-à-vis des payeurs, ne donnait le signal de départ que lorsque ces derniers avaient regagné leurs voitures.

    Un coup de sifflet à roulette, puis un petit coup de trompette: le vrai départ.

    Buncey avait sa voie de garage, il y avait parfois un wagon à atteler au convoi. Celui-ci s’ébranlait avec quatre ou cinq wagons de marchandises récupérées sur le parcours, ce qui fait qu'il se retrouvait avec 9 ou 10 wagons ce qui faisait un long train.

    Nouvelle épreuve à la courbe de la côte du fourneau de Châtillon : les roues grinçaient sur les rails, la locomotive mettait toute sa puissance pour franchir ce passage difficile, puis soulagement, c’était la descente en dilettante jusqu’à Châtillon.

    Châtillon-Bourg cinquième arrêt : Le bureau de gare se trouvait dans la salle de l’hôtel de la Côted’Or (indépendante).

    Souvenirs de Pierre Roy : un voyage en tramway d'Aisey sur Seine à Châtillon....

    Le train continuait à Châtillon-Ville et Châtillon-Gare.

    Souvenirs de Pierre Roy : un voyage en tramway d'Aisey sur Seine à Châtillon....

    Ecoliers, nous descendions au premier arrêt, nous filions ventre à terre à nos écoles respectives, garçons et filles, avec le petit panier en osier contenant le repas de midi et les quatre heures (pain et chocolat), et le cartable pesant.

    Non sans avoir, au préalable, remis aux pharmacies Moureau et Desanlis, les ordonnances d’habitants des localités desservies .

    Le train arrivait vers 8h10 ; J’avais à déposer mon panier chez le cousin coiffeur Jardelle-Moulin, où je déjeunais à midi.

    C'était la bonne heure pour arriver à l’école communale, à la leçon d’instruction civique ou de morale de chaque jour, alors que le cours était à 8h30.

    Souvent le directeur, Monsieur Minotte, m’interrogeait. En principe je savais ma leçon, mais un jour, j’ai séché à la leçon de morale et je me suis retrouvé avec une punition de 50 verbes, et à tous les temps « Je ne sais pas ma leçon de morale ».

    J’en ai copié, malgré le roulis du wagon, une partie durant le parcours du retour, le reste à la maison, mais le plus pénible fut de faire signer cette punition par mon père, qui, après une bonne semonce, ajouta magistralement « lu et approuvé », et signa de sa plus belle écriture . Toutes les punitions devaient être signées par le père de l’élève, parfois je faisais signer maman, le maître en demandait le motif, j’employais un mensonge, mon père était absent...

    Le retour de l'écolier Pierre Roy à Aisey dans le prochain article !


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  •  Voici le retour de Pierre Roy en tramway de Châtillon sur Seine à Aisey.

    A 17h, nous retrouvions les commis des pharmacies qui nous remettaient les remèdes et médicaments pour les intéressés qui attendaient l’arrivée du train.

    Toutes ces commissions étaient faites à titre bénévole, ça rendait service.

    Nous quittions Châtillon-Bourg vers 17h05, 17h10, parfois le convoi trop lourdement chargé avait de grosses difficultés qui allaient de l’arrêt à mi-côte, au recul jusque sur le pont métallique sur la Seine, 150m avant l’arrêt.

    Le train attendait cinq minutes afin de se surgonfler en pression de vapeur, puis s’élançait pour franchir ce coup de cul de l’Octroi (péage des marchandises) et hop ! c’était parti.!

    Souvenirs de Pierre Roy : Le retour de l'école de Châtillon, en tramway, jusqu'à Aisey

    Buncey : mêmes ennuis qu’au départ du coup de cul de l’école.

    Il est arrivé parfois que les voyageurs et écoliers descendent, ravis de cet arrêt impromptu.

    Le chauffeur se démenait avec sa machine infernale, au bout de cinq minutes, le mécanicien et le chauffeur tentaient de repartir, laissant couler du sable sur les rails afin d’éviter le patinage des roues.

    Tout le monde poussait, la cheminée de la loco crachait des volutes de fumée et de vapeur, on aurait dit un cheval s’emballant et trépignant sur place.

    Les pistons expurgeaient violemment, puis cinquante mètres  plus loin la locomotive atteignait le plat.

    Fièrement, tous les voyageurs regagnaient leurs places, on repartait, il n’y avait plus de points noirs aux arrêts, jusqu’à Aisey, aussi le mécano, chauffeur et quelques voyageurs, cavalaient boire un coup de rouge chez la « Nana ».

    Puis le train repartait sans difficultés majeures jusqu’à  Aignay.

    J’ai assisté à deux déraillements (vraiment dans le sens du mot).

    A la sortie de la gare, direction Châtillon, la voie faisait deux courbes, une à droite et une à gauche, plus l’aiguillage. Malgré le départ très réduit (au pas), deux roues de la locomotive sont sorties des rails, le mécanicien, chauffeur, un poseur, à l’aide de plusieurs crics, se sont affairés en soulevant et déportant, les roues étaient remises sur les rails, ça durait de quinze à trente minutes et le convoi repartait. C’étaient des locomotives Corpeau de 26 tonnes.

    La ligne suivait le côté de la RN71 Châtillon-Saint Marc-Aignay, pratiquement pas d’automobiles, ou peu. C’était un voyage pittoresque, agréable pour un touriste.

     La ligne Châtillon-Aisey-Aignay fut mise en exploitation le 2/3/1891. Celle d'Aisey-Baigneux, bifurcation à Vaurois le 8/12/1895.

    Souvenirs de Pierre Roy : Le retour de l'école de Châtillon, en tramway, jusqu'à Aisey

    La fermeture de ces lignes eut lieu le 31/12/1933, puis sa déposition .

    Resta la partie Aignay le Duc-Dijon qui fut remise en activité de juillet 1940 au 20/10/1947 et fermée puis déposée.
    Elle a été d’une utilité incomparable durant la guerre. La vitesse était limitée à 12km/Heure en agglomération, 25 en rase campagne.

    A la R.T.D.C.O., il n’existe plus d’archives, détruites à la suite de plusieurs déménagements. On peut en retrouver trace à la Préfecture je pense !

    Les services transports furent remplacés ensuite par des autobus messageries, de la Compagnie Citroën.


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  • Les PTT  à Aisey de 1830 à 1914

    Le bureau de Poste était situé sur la RN71, en face de la maison de Gail, qui fut aussi un relais postal et de diligences, puis il fut transféré derrière l’église.

    Les souvenirs de Pierre Roy : la Poste à Aisey sur Seine de 1830 à 1914

    Le bureau de 5mx5m était séparé du public par une banque avec un guichet grillagé.

    Côté public on trouvait une cabine avec tablette qui présentait les  formules télégraphiques, les mandats, annuaires etc…

    Dans le fond du bureau, existait un  standard de téléphone à fiches que la receveuse manipulait, avec sur une table l’appareil Morse pour les télégrammes.

    Les activités étaient nombreuses: Caisse d’Epargne, Chèques Postaux, paquets, timbres, pensions etc…

    Une sonnerie était reliée à un porteur de télégrammes qui venait à son appel et portait le message.

    Deux facteurs recevaient les sacs de courrier par le tramway.  Le courrier  apporté était dépouillé et classé au bureau.

    Chaque facteur quittait le bureau vers 8 heures du matin, pour  leur tournée bien définie.

    La tournée de Nod était longue et pénible, par les beaux jours en bicyclette, à pied les temps de neige, pour être de retour vers 16, 17 ou 18 heures suivant les conditions atmosphériques.

    Cette distribution commençait par Nod, le facteur relevait les boîtes aux lettres, oblitérait sa fiche de levée sur la boîte : Cet homme était le journal parlé !

    Une devinette avant de poursuivre…Pourquoi Aisey était le pays le mieux informé ? parce qu’à Aisey on voit tous les jours Nod (journaux) !

     Nod était une pénible localité pour le facteur, toute en côte...

    Les souvenirs de Pierre Roy : la Poste à Aisey sur Seine de 1830 à 1914

    Mais Nod se rattrapait  par la gentillesse de ses habitants : petits canons de blanc, goutte, mêlé cassis, café, lui donnaient du courage pour atteindre le hameau de Voisin après une bonne suée (quelques belles pierres, chapelle).

    Maintenant il fallait atteindre le hameau de Grange Didier à travers bois où il rencontrait parfois sangliers et chevreuils et toute la gente forestière paisible.  Un petit réconfortant à l’arrivée.

    Encore 3kms par la route, c’était Saint Germain vers midi.

    Les habitants reconnaissaient sa peine : il avait bien souvent son couvert à table, ce n’était pas de refus, surtout l’hiver avec la pèlerine  lourde d’eau ou de neige glacée, les pieds gelés malgré de bons brodequins. Cela représentait déjà  14 kms....

    Après cette pause, il fallait reprendre la route, traverser la vallée du Brevon, gravir la côte de 8% pour atteindre  Busseaut où il était attendu avec impatience pour  les communications de bouche à oreille , puis c'était la bonne descente, la ferme du Champ Chevalier, le moulin de Busseaut, la pisciculture de la Chouette.

    Les souvenirs de Pierre Roy : la Poste à Aisey sur Seine de 1830 à 1914

    Ouf ! encore 3kms, la journée allait prendre fin après avoir parcouru près de 25kms...

    Au bureau, le classement du courrier relevé était effectué et c'était enfin le retour bien gagné à la maison.

    La tournée d’Aisey débutait vers 8 heures, se poursuivait par celle de Chemin d’Aisey...

    Les souvenirs de Pierre Roy : la Poste à Aisey sur Seine de 1830 à 1914

    la ferme de Bon Espoir puis c’était Brémur et Vaurois, environ 20 kms et nouvelle tournée le soir de 18h30 à 19h, seulement pour Aisey.

    Celle-ci beaucoup moins pénible fut supprimée le soir.


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  •  L’eau à Aisey sur Seine

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    La commune d’Aisey sur Seine était approvisionnée en eaux par la source de Gossoin pour le dessus du pays, qui alimentait les abreuvoirs, le lavoir, avec le passage du ruisseau de la fontaine de Chemin, les habitants avec seaux et arrosoirs, venaient puiser de cette eau potable pour les besoins de consommation humaine.

    Sur la Voie d’Avril (Via Aprilis) est une source d’eau légère qui remplit un petit lavoir. La Barque est alimentée par une source de la même nappe. En Baon étaient des puits dans la nappe phréatique.

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    Les  eaux de Bonnes Fontaines alimentaient la brasserie et le T.D.C.0.

    Près de l’hôtel, la belle source sous roche  était captée.

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    Elle formait une petite réserve qui s’écoulait dans le bassin de lavage du très beau lavoir .

    Yvonne à l’âge de 3 ans tomba dedans, en grandes eaux, faillit s’y noyer, j’ai pu la retirer, ramenée chez notre grand-mère, séchée réconfortée, nous ne fûmes pas grondés.

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    Le bassin de lavage rectangulaire de 4mx2x0,35, tout autour les pierres lisses, inclinées à 25%, une pale en bois retenait l’eau ou vidangeait.

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    Parfois les vairons et truitelles par grandes eaux remontaient jusqu’à la source. A ce moment-là, l’usage du lavoir n’était plus possible.

    Sur le côté droit, les pierres à égoutter le linge, de l’autre un courant d’eau sur dalles qui servait à tordre les draps afin de les essorer au mieux.  Pour cela il fallait être à deux personnes, chacun se rendait ce service.

    Les lavandières l’utilisaient pour pisser, les femmes écullées (accroupies), les vieilles ayant de la difficulté à se baisser, debout en écartant les jambes. C’était facile avec les culottes ouvertes…certaines de ces personnes  avaient des relents d’urine. Les mains dans l’eau froide provoquaient le besoin de s’épancher souvent.

    Ces lavandières  étaient à genoux dans un « carrosse », les uns coquets faits par le menuisier, d’autres plus modestes avec une ancienne caisse à savon, garnis de paille et d’un coussin.

    Souvenirs de Pierre Roy : L'eau à Aisey au XIXème siècle

    D’un côté le « tapoir » ou battoir, de l’autre le cube de 0,500kg de savon de Marseille.

    Après leurs activités, chacune remettait son carrosse à sa place définie, j’ai vu parfois des disputes avec celles qui ne respectaient pas les us, retrouver le carrosse jeté dans un coin. L’habitude de ces gens de se mettre à une place précise ! Aussi le savaient-elles de ne pas s’installer n’importe où,  pour éviter les horions.

     


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  • LES ACTIVITES ARTISANALES A  AISEY AU XIXème SIECLE

    Le bourrelier :

    Courtot Lucien, fabricant de colliers, harnais, guides, harnachement, tout pour le cheval, réparait les apotes en cuir de tilbury et autres.

    Sa femme et sa fille exploitaient une minuscule épicerie de 3mx3m. On y vendait ½ l de vinaigre, ¼ d’huile de navette, quelques boîtes de sardines, des pâtes,  des bonbons, bougies, pétrole au litre.

    C’était aussi le bureau de tabac : régie tabacs gris et bleu, cigarettes, à priser, à chiquer, les papiers à cigarettes RIZ la+JOB rt ZIG-ZAG. Congés des vins et spiritueux, plaques de vélo, allumettes soufrées de l’Etat. Propreté impeccable, journal Petit Parisien

    Souvenirs de Pierre Roy : les artisans du village au XIXème siècle

    L'épicerie :

     Les soeurs Mullier Eugénie et Renée exploitaient un magasin en face de l’hôtel, beaucoup mieux achalandé, plus vaste que chez Courtot.

    En plus on y trouvait quelques boîtes de conserves, chocolat, café, chicorée, bonbons variés, légumes secs, de la mercerie, passementerie, pantoufles, sabots etc… des pétards de plusieurs tailles, des fusées.

    Les enfants venaient en acheter à plusieurs occasions :

    la fête d’un prénom était souhaitée par deux coups de pétards, les habitants entendant le bruit, regardaient le calendrier des P.T.T. le nom du saint, ensuite on pensait au récipiendaire. Le 14 juillet, c’était la vente en grand .

    Le magasin était ouvert tous les jours de l’année Renée était du chœur de chant de l’église, elle chantait remarquablement bien, elle n’était d’ailleurs pas la seule. Son magasin était toujours impeccable, parquets cirés, patins pour poser ses pieds et sabots à l’extérieur. Son frère était adjudant de gendarmerie, un autre frère était marin au port du Havre.

    Le roulier  :

    Le Père Mullier, communard convaincu, roulier de profession, homme puissant, rougeaud, grandes moustaches à la Frédéric II, possédait deux voitures à bois, deux chariots à grumes, quatre magnifiques chevaux bien soignés, bichonnés, lustrés à l’étri et brossés, queues nattées, les paturons peignés, les sabots cirés avec une graisse à lui, harnais et colliers avec grelots et pompons rouges. Il transportait les  bois de chauffage de la forêt de Châtillon, il fallait une journée pour effectuer ces charrois depuis les coupes, le retour se faisait de Buncey à Nod par la forêt. Les petits canons de vin venant à bout de l’homme, il s’endormait dans la première voiture, les chevaux connaissaient le parcours, les chemins à ornières servant de rails. L’hiver il rentrait en pleine nuit, une loupiotte à pétrole fixée à un limon. Son commis, Koval, était un soldat russe abandonné en 1917.

    Les cordonniers :

     Baudry Louis et Emile, merveilleux ouvriers bottiers, fabriquaient entièrement des chaussures montantes, du dimanche, brodequins de travail, réparaient toutes chaussures, le tout « fait main ».

    A leurs loisirs, Louis, le père, jouait du violon avec notre maman, accordait son violon en disant « Constance, baille me le "la" ».(donne moi le "la")

    Emile jouait du piston, basses et autres. Il y a eu plusieurs cordonniers avant eux à Aisey.

     Le Maréchal-ferrant :

    Bonfils Auguste, forgeait ses fers sur mesure à partir de feuillards, pour les pieds des différentes races de chevaux et de travail, il ferrait aussi les bœufs de trait. Il avait beaucoup de travail, ses soupirs de fatigue : "Oh ! Pauvre ami, je sai herné " (fatigué)

     Le forain :

    Spéder Jules, alsacien replié (1870) faisait les fêtes dans les localités du Châtillonnais : chevaux de bois, boutiques de tir et de bonbons. Manœuvrier à la tuilerie de Vaurois.

    Le boucher:

    Logerot James et sa femme Henriette . Henriette l’exploitait, permettant à son mari de par ses qualités  de « toucheur »d’acheter des bêtes pour sa boucherie, les meilleures, les autres mises à l’embouche. Aidé d’un commis Albert Charles, d’un aide René Mian, la ferme est de son beau-père Hippolyte Pitoiset, la plus ancienne souche d’Aisey. Albert Millerot est son descendant.

    D'autres artisans du village d'Aisey sur Seine, dans le prochain article...


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  • LES ACTIVITES ARTISANALES A  AISEY AU XIXème SIECLE

    Souvenirs de Pierre Roy : les artisans à Aisey sur Seine au XIXème siècle (seconde partie)

    Le boulanger

    Simon remit son fonds au père Guilleminot : le fournil, le four, la planche à pain, le pétrin de bois.

    Il  pétrissait sa pâte sur levain naturel. Les pains étaient posés sur la planche pour les faire lever. Le four était chauffé avec de la charbonnette, les braises retirées avec une riole, la sole du four était essuyée avec un sac mouillé, le boulanger enfournait ses pains durant 30 à 40mn, bien dorés, craquants, quel bon pain !

    Le magasin de vente : banque sur laquelle il y avait la balance Roberval, les poids. Derrière, au mur, toute une rangée de « tailles » (planchette de bois 0,30x0,04x0,02) avec le nom du client qui ne réglait qu’au mois. Le boulanger avait la sienne, une encoche permettait d’ajuster celle du client, à l’aide d’un couteau-scie, celui-ci faisait un trait, ce qui représentait 1kg, un trait oblique 0,500kg que l’on croisait pour un autre ½ kg, ce qui formait un X égal à 1kg.

    Il ne pouvait y avoir de tricherie au règlement. Le boulanger fabriquait des miches de deux kg, d’un kg, des joquots de un kg, des pains fendus, couronnes, flûtes de 0,500kg.

    Les jours de fête de la brioche. Avec un petit âne attelé à une petite voiture, il allait faire sa tournée, un jour à Chemin, un jour à Nod.

    Je me souviens de 1919, cette pauvre bête, vieille et fatiguée, rendit l’âme au dessus de la côte de Bonnes Fontaines. Le gendre du père Guilleminot, Léon Chérot, reprit l’affaire, l’âne fut remplacé par un gros mulet…puis plus tard par une camionnette.

     Le marchand de vins

    Millerot Mian avait fondé une belle et bonne installation de chais. Organisation, propreté, hygiène remarquable, fûts passés au jet de vapeur, mèches soufrées, une tonnellerie.

    Les vins arrivaient par muids, par le tramway et par la route. C’était en 1900.

    Les commandes en petits fûts de 37litres, quartants de 57 litres, feuillettes de 110 litres, pièces de 220litres, rarement, à part les cafés.

    Les livraisons effectuées avec une voiture à cheval dans les localités aux environs par Jules Remiot, maître de chais, homme remarquable de gentillesse (affligé d’une monstrueuse hernie, travaillant dans cet état, qu’est ce qu’il a dû endurer comme souffrances...).

    Le groupe de chasseurs du pays apportait sangliers ou chevreuils tués, sur l’aire du hangar de monsieur Millerot, pour y être dépouillés et partagés.

    Une anecdote :

    Alors que je devais avoir huit ans, je regardais dépouiller un sanglier, un chasseur, James Logerot me dit « Petiot, t’as un couteau, tu veux que je te l’aiguise » ? « Mais oui » lui répondis-je. Je le lui donne, il l’enfonça dans le cul de l’animal , puis il me le rendit. Vexé et honteux je partis laver mon châtre bique, jurant qu’on ne m’y reprendrait plus.

    Marchand de bois et charbons

    Marco Loti, expert en forêts, porteur de sommes d’argent, fut dévalisé, et assassiné par des brigands sur la route de Chamesson au lieu-dit Bois de Buis (1918)

     La Maréchaussée

    Souvenirs de Pierre Roy : les artisans à Aisey sur Seine au XIXème siècle (seconde partie)

    La brigade de gendarmerie, forte de trois hommes et d’un brigadier, veillait sur la sécurité des gens d’Aisey, Nod, Saint Germain, Busseaut, Brémur et Vaurois, Chemin, Coulmier le Sec.

    Elle recevait les plaintes pour larcins, voies de faits, surveillait la circulation, les congés et acquits des vins et alcools, les chemineaux, camps volants, les plaques de vélo, lanternes et feux rouges, les estampilles de briquets, l’emploi d’engins prohibés de pêche, de chasse, elle démasquait les braconniers sur les bords de la Seine, du Brevon, des bois, s'assurait du respect de l’heure de fermeture des cafés etc…

    A pied, à bicyclette et par tous les temps...

     L’appariteur

    Le tambour appartenait à la commune, il allait dans les carrefours, tambourinait d’une façon un peu désordonnée, annonçait « Avis » et énumérait les questions administratives portées à la connaissance du public, puis les nouvelles diverses.

    Assermenté, garde-champêtre, il avait le pouvoir de verbaliser.

     


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