• Eulglod nous révèle pourquoi les bouteilles de vin (une pensée pour nos vignerons si touchés par les gelées précoces) ne contiennent pas tout simplement 1 litre du précieux nectar que produisent les vignerons ....

     

    Savez-vous pourquoi les bouteilles de vin contiennent 75 cl et non 1 litre de liquide ?

    (Extrait d'une miniature réalisée par Jean Pierre)

    Pourquoi des bouteilles de vin, dont la contenance aurait été standardisée au XIXème siècle,contiennent-elles 75 centilitres et non 1 litre ?

     Est-ce pour l’une de ces quelques raisons toutes plus ou moins farfelues ?

    - « C’est la capacité pulmonaire d’un souffleur de verre » (un petit souffleur alors…)

    - « C’est la consommation moyenne au cours d’un repas » (vous avez dit moyenne ?).

     Il est vrai que dans les temps anciens le vin était beaucoup moins alcoolisé que de nos jours.

    - « C’est la contenance optimale pour conserver le vin » (par opposition aux « packs » de vins ordinaires ?)

    - « Cela facilite le transport » (là les « packs » seraient mieux adaptés)

    Teuteuteu… Que nenni !

    Alors pourquoi ?

    Savez-vous pourquoi les bouteilles de vin contiennent 75 cl et non 1 litre de liquide ?


    (Extrait d'une miniature réalisée par le même Jean Pierre)

     Est-ce pour quelques contraintes législatives ?

    Cela se pourrait, mais non !

    Une directive européenne de 2007 dont tout le monde parle autoriserait 8 volumes différents de 100 ml à 1500 ml.

    Pas tout à fait vrai, car s’il y a 8 volumes pourquoi avoir choisi justement celui de 75 cl et non celui de 1 litre ?

    Et puis si elle autorise effectivement 8 volumes dans ce qu’elle nomme le « vin tranquille », elle prend également en compte 1 volume dans les « vins jaunes », 5 dans les « mousseux », 7 dans les « liqueurs », 7 dans les « aromatisés » et 9 dans les « spiritueux ».

     D’ailleurs, si cette contenance de 75 cl a été standardisée au XIXème siècle, la directive européenne aurait « un peu » de retard, elle n’a donc fait que reprendre et officialiser une évidence.

     Voir ici le texte de cette fameuse directive :

    Directive 2007/45/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 septembre 2007 fixant les règles relativesaux quantités nominales des produits en préemballages, abrogeant les directives 75/106/CEE et 80/232/CEEdu Conseil, et modifiant la directive 76/211/CEE du Conseil.

     Les produits et volumes y sont décrits en annexe page 4.

    (Entrée en vigueur : 11/10/2007; Fin de validité : 99/99/9999 ; Transposition: 11/10/2008)

     Est-ce pour une raison historique ?

    Nous approchons !

    En 1152, par son mariage avec Henri II Plantagenêt futur roi d’Angleterre, Aliénor d’Aquitaine transféra sa province à la couronne anglaise.

    En 1254, Henri III et le Duc d’Aquitaine accordèrent quelques privilèges aux Bergeracois en leur permettant d’expédier leur vin depuis le port de Libourne et cela sans aucune concurrence ni taxe (la « prise des vins »).

    Ce commerce favorisé par l’occupation anglaise dura 3 siècles.

    Après le départ des anglais, chacun chercha à garder ou combattre ces privilèges jusqu’à ce que François 1er les abolisse.

    Le Bordelais est donc resté longtemps anglais 

     Est-ce pour le transport ? Le commerce ?

    Nous y sommes presque !

    A cette époque, le vin que les Anglais achetaient sur « Continent » (pour ne pas dire en France car précédemment il venait… d’Angleterre), était acheminé dans de grandes barriques.

    L’invention des fours à charbon qui conduisit à la fabrication de la bouteille en verre remonte au XVIIIème siècle.

    Après quelques essais, les Anglais comprirent deux choses :

    1- Le vin se gardait mieux dans des bouteilles de verre que dans des tonneaux

    2- Une bouteille était plus facile à vendre qu’un tonneau.

    Savez-vous pourquoi les bouteilles de vin contiennent 75 cl et non 1 litre de liquide ?

     (Miniature de Jean-Pierre)

    Cette pratique ne serait venue en France qu’en toute fin du XVIIIème siècle et aurait été reprise par d’autres régions viticoles.

    Lors de l’exposition universelle de 1889, le célèbre foudre « Mercier » (transporté par les galvachers du Morvan) était présenté entouré de nombreuses bouteilles.

    Bon, mais alors ?

    Nous touchons au but !

    Plus concrètement, il faut regarder les systèmes de mesure français et surtout anglais.

    Chez nos voisins qui utilisent toujours un système différent du nôtre, le gallon anglais sec et liquide devrait être égal à 277,2 pouces cubes, soit très précisément 4,5424941408 litres.

    Toutefois, pour diverses raisons, les Anglais ont retenu 4,546090 litres pour valeur officielle et légale du gallon, soit 3,5958592 ml supplémentaires (+ 0,079 %).

     Ah ! Enfin ! Voilà !

    L’histoire ne précise pas qui des Anglais ou des Français a eu le premier l’idée lumineuse de transporter le vin en barriques de 225 litres, soit 50 gallons (arrondis).

    En effet, 225 litres c’est précisément ce que représentent 300 bouteilles de 75 centilitres, et 300 c’est beaucoup plus pratique pour les calculs que 225 :

    1 barrique = 50 gallons = 300 bouteilles et 6 bouteilles = 1 galon (soit les 4,546 090 litres ci-dessus…).

    Il en reste aujourd’hui des caisses de vin vendues par 6 ou par 12 bouteilles soit 1 ou 2 galons.

    Quelques informations supplémentaires…

    Origine du mot bouteille

    L’origine du mot « bouteille » viendrait de l’ancien français « botele » signifiant « récipient ».

    La première bouteille de vin

    Elle serait apparue en Gaule à l’époque Gallo-romaine, importée des verreries italiennes (Que croire alors de la nécessité de disposer des fours adaptés inventés au XVIIIème  ?).

    Sa forme, proche de la forme actuelle, remonterait au IVème siècle.

    Ce serait le VIIIe siècle qui aurait imposé la bouteille comme le récipient le mieux approprié pour conserver le vin.

    Quelle est l’origine du culot creux ?

    Ce renfoncement appelé « piqûre » garantit la stabilité de la bouteille posée debout.

    La difficulté d’obtenir un fond parfaitement plat a été palliée en maintenant la bouteille en fusion sur une forme convexe. Cette méthode permet de réaliser ce fameux culot concave dont les bords sont eux tout à fait plats. Cette technique date du IVème siècle.

    Une exception toutefois, le champagne Roederer, cuvée Cristal.

    En 1855, le Tsar Alexandre II craignant que l’on y cacha quelque explosif, exigea que le fond soit (parfaitement ?) plat.

    Moyen mnémotechnique

    Un petit « truc » permettant de mémoriser les noms des principales tailles de bouteilles.

    Au-dessus d’ 1,5 litres et dans l'ordre croissant de leur contenance, prenez les 2 premières lettres de chaque mot (source Wikipédia) :

    « Car de bon matin je remarquais mal sa banalité naturelle »

    (quart, demi, bouteille, magnum, jéroboam, réhoboam, mathusalem, salmanazar, balthazar, nabuchodonosor).

    Quelques prix records

    - Une bouteille « Impérial » de 6 litres de « Cheval-Blanc 1947 », seule bouteille de ce type pour ce millésime Saint-Emilion, adjugée à 224.000 euros en 2010.

    - Plus récemment, une bouteille de vin blanc de Bordeaux « Château Yquem 1811 » a été vendue 85.000 euros.

     


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  • Le titre de l'article pourrait faire penser à un poisson d'avril, puisqu'aujourd'hui nous sommes le premier jour de ce mois !!!  

    Y avait-il du pétrole dans la Nièvre ?

     

    Mais il n'en est rien....

    Ecoutons Eulglod, morvandiau passionné, nous conter l'histoire d'un bateau nommé "La Nièvre"....

     Il y avait du pétrole dans la Nièvre et vous ne le saviez pas ?

    Oui, c’est vrai !

    Mais que tout le monde reste calme ! Ça n’est là qu’un clin d’œil.

     Le pétrole en question se trouvait dans les soutes de « La Nièvre », un pétrolier ravitailleur.

    Y avait-il du pétrole dans la Nièvre ?

    (La Nièvre)

    A la fin de la Guerre 14-18, la marine nationale passa commande de quatre pétroliers aux arsenaux de Lorient.

    Ces quatre « ravitailleurs rapides », l’Aube, la Durance, La Rance et la Nièvre, ont été construit entre 1919 et 1922 et avaient pour mission l’approvisionnement en carburant de l’ensemble de la flotte en pleine mer.

    La Nièvre fut mise sur cale à Lorient le 5 septembre 1920, lancée le 10 mars 1921 et admise au service actif le 26 mars 1922.

     « La Nièvre » était un navire d’une longueur de 70 mètres pour une largeur de 11,60 mètres, un tirant d’eau de 2,28 mètres et une jauge de 2.800 tonnes.

    Son moteur de 1.000 chevaux équipé d’une turbine de type Bréguet, lui permettait de transporter ses 1.500 tonnes de mazout à une vitesse de 10,5 nœuds.

    En revanche, son réducteur de vitesse, de type Breguet lui aussi, fut particulièrement délicat à mettre au point.

    Une particularité de ces quatre pétroliers était d’avoir été équipé, aussi, sur demande du ministre de la Marine, d’une voilure de 412 m² afin de leur permettre de rester manœuvrant en cas d’avarie machine.

    Cette voilure, dont il avait pourtant été préconisé de ne pas en équiper les quatre pétroliers en raison de sa probable faible utilisation, était composée d’un foc de 70 m2, d’une trinquette de 47 m2, d’une misaine goélette de 135 m2, d’une pouillouse de 47 m2 et d’une brigantine de 113 m2.

    Il semblerait que la majorité des navires construit à cette époque recevaient quasiment tous les mêmes appréciations :

    « La Nièvre est un excellent bâtiment de mer. La stabilité de route en pleine charge est mauvaise, l’homme de barre doit être surveillé. Les compas sont bons mais les déviations changeant avec l’assiette du bâtiment il est important de vérifier souvent la variation. Le bâtiment manœuvre mal et a une puissance en AR si faible que toute manœuvre doit être faite avec le moins d’eau possible et qu’il ne faut jamais hésiter à mouiller les ancres à temps pour éviter le moindre contact avec les bâtiments à ravitailler.

    La machine étant très fragile il faut éviter les emballements de l’hélice, par mauvais temps remplir d’eau les citernes nécessaires pour augmenter le tirant d’eau et diminuer la vitesse. »

    Ou encore :

    « Le bâtiment gouverne très bien vent debout et aux allures voisines. Il embarque beaucoup aux allures plus arrivées que le vent de travers et d’autant plus qu’il est plus léger.

    La surface de voilure est trop réduite pour exercer une influence sensible dans la manière de gouverner. Nous n’avons fait aucune traversée avec la voilure seule. »

    Essentiellement utilisée pour le ravitaillement des navires de la flotte française,
    « La Nièvre » venait précisément de faire le plein des torpilleurs Orage, Ouragan et Bourrasque en mission de protection le long des côtes d’Espagne et remontait vers Brest.

     Hélas, le samedi 22 mai 1937 à 3 heures du matin, en pleine tempête, l’équipage ne voit ni le feu de Penmarc’h ni celui d’Armen et s’échoue sur les roches devant Porstarz en Primelin.

    Y avait-il du pétrole dans la Nièvre ?

    Ce naufrage ne fit aucune victime, un seul blessé léger sur les 59 membres d'équipage, mais les cuves du pétrolier ont été perforées et les 250 tonnes de mazout restant provoquèrent une marée noire en s’échappant.

    Y avait-il du pétrole dans la Nièvre ?

    Jugé irrécupérable, le pétrolier est « rayé » le 19 juin 1937 et vendu à la démolition le 22 juillet suivant.

    Y avait-il du pétrole dans la Nièvre ?

    La coque fut découpée et récupérée au fil des marées.

    La courte carrière du pétrolier se termina donc à trois miles à l’Ouest de la baie d’Audierne.

     Retrouvez toute l'histoire de ce pétrolier sur :

    http://lochprimelin.canalblog.com/archives/2012/07/05/24706220.html 

    - Avec mes remerciements à Hervé pour son aimable autorisation de reprise des éléments et photos.
     


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