• Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    Dominique Masson m'envoie une éude passionnante sur l'exposition unviverselle de 1855 où le Châtillonnais est évoqué, merci à lui !

    Le Châtillonnais à l’exposition universelle de 1855

     Il se tient actuellement aux archives départementales de Côte d’Or, jusqu’au 28 septembre 2018, une exposition « un siècle d’industrie en Côte d’Or, 1850-1950 ».

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    (Photo Dominique Masson)

     Le châtillonnais est représenté en affiche par la préparation à l’exposition universelle de 1855. Cette exposition est la première exposition universelle française et la deuxième mondiale, la première étant l’exposition universelle de Londres en 1851. C’est par un décret impérial du 8 mars 1853 que Napoléon III décida la tenue de cette exposition, où devaient être exposés des produits agricoles et des produits industriels. La première tâche de la commission fut d’inviter les gouvernements étrangers à participer et à désigner des commissaires à l’Exposition ; vingt-cinq états et leurs colonies y participèrent. Et la commission demanda aux préfets l’organisation d’un comité dans chacun des départements français.        

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    (Photo Dominique Masson)

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

    (Photo Dominique Masson)

             En Côte d’Or, la Chambre de Commerce fut chargée de rechercher les produits dignes d’être exposés. Dans une lettre du 8 janvier 1854, ses membres envoyèrent une circulaire :                    

    «…L’empereur, jaloux de toutes les gloires de la grande nation dont les destinées lui sont confiées, veut que l’industrie française conserve le rang éminent qu’elle a conquis à l’exposition de Londres en 1851, et dont elle est fière à si juste titre ; il fait donc un appel tout spécial aux travailleurs nationaux, et il sait ce qu’il doit attendre de leurs patriotiques efforts pour cette noble cause…La Chambre de Commerce de la Côte d’Or, organe des intérêts agricoles et industriels du département, croît de son devoir de vous inviter, Monsieur, à prendre part à ce grand œuvre de civilisation , en fournissant, dans la spécialité qui vous appartient, votre contingent à l’exposition universelle de 1855, la plus grandiose qui ait jamais eu lieu, puisque jusque alors, aucune n’avait réuni tous les produits des beaux-arts à ceux de l’industrie et de l’agriculture ; notre département, qui a payé son tribut aux diverses expositions de Paris et de Londres, et qui a reçu d’honorables mentions, ne peut moins faire pour celle qui se prépare, et nous avons la ferme espérance que les plus beaux succès couronneront vos efforts ; nous en serons fiers et heureux pour notre pays, qui vous témoignera sa gratitude en secondant vos travaux de son suffrage en sa faveur ».                                                            

    Les membres de la Chambre de Commerce étaient : P.Marion, président ; Ch. Manuel, secrétaire ; Masson-Naigeon ; Paul Thoureau ; Lucien Lamblin ; Edouard Bougueret ; Michaud-Moreil ; Louis Joly ; Serre-Jobard ; ainsi que des membres correspondants : Louis-Bazile ; Coste-Caumartin ; Godin ainé ; Raymond Montgolfier ; Philippot et Rasse. Il est à remarquer que, parmi ces quinze membres, quatre étaient du Châtillonnais. Paul Thoureau (Larrey, 19 février 1797 ; Paris, 9 novembre 1873), était maître de forges et fut le fondateur, en 1855, de la Société des hauts fourneaux et forges de la Côte d’Or. Edouard Bougueret (Gurgy-la-Ville, 29 mars 1809 ; Paris, 4 avril 1888) était également maître de forges et député sous la Constituante de 1848-1849. Le troisième maître de forges est Jean-Baptiste Louis-Bazile (Montfey, 31 mai 1786 ; Belan-sur-Ource, 19 avril 1866), plusieurs fois député. Quant à Godin, ce doit être Nicolas Godin (Bar-sur-Seine, 24 avril 1790 ; Châtillon, 4 mars 1870), négociant en laines à Châtillon.                                                                                                                      C’est aussi probablement lui qui fut le président du comité de l’arrondissement de Châtillon, avec Jules Baudoin (Châtillon, 30 mars 1817 ; Châtillon, 12 mars 1894) comme secrétaire, ce dernier étant géologue et naturaliste. Dans une circulaire du 26 juin 1854, tous deux espéraient que les habitants de l’arrondissement feront leurs efforts pour contribuer aux succès que le pays peut attendre, et conserver à leur localité le rang distingué dans lequel elle s’est déjà placée ; étaient admissibles tous les produits de l’agriculture, de l’industrie et des beaux-arts, et le comité d’arrondissement était le seul intermédiaire.

     

    Inaugurée le 15 mai 1855, l’exposition eut lieu dans le triangle formé par les Champs-Elysées, le Cours la Reine et l’avenue Montaigne.                                                                                                        Au milieu des Champs-Elysées, dans le carré Marigny, se sont élevés comme par enchantement des édifices magnifiques destinés à contenir toutes les merveilles de l’art, toutes les richesses de l’industrie, toutes les machines les plus étonnantes que le génie puisse produire…Les productions de l’industrie apparurent pour la première fois, sous le Directoire, comme un attrait aux fêtes nationales de l’époque. Cette idée ayant réussi, les expositions furent répétées sous tous les gouvernements qui se succédèrent. Plus tard, l’idée devint encore plus grande et, au lieu d’une exposition nationale, une exposition universelle fut rêvée…Puis, ce qui n’existait pas à Londres, une exposition universelle des beaux-arts, a été réunie à celle de l’industrie ; ainsi le beau, l’utile, marchent de pair, et tous les pays ont été appelés à montrer, non seulement leurs fers, leurs tissus, leurs bois, leur or, leur argent, mais aussi à mettre en relief leurs tableaux modernes, leurs écoles actuelles, leurs sculptures les plus belles et les plus dignes… Jadis, les beaux-arts passaient en première ligne ; jadis, l’industrie ne tenait que le second ordre…Aujourd’hui, par suite des expositions nationales et universelles…l’industrie marche sur la même ligne que les beaux-arts. Un palais des Beaux-arts fut édifié avenue Montaigne, où 28 nations exposèrent 4979 œuvres et 2176 artistes, dont 1072 artistes français.                                            La remise des récompenses eut lieu le jeudi 15 novembre 1855, devant 40 000 spectateurs et en présence de l’empereur et de l’impératrice. Parmi les artistes de Côte d’Or, dans la catégorie de sculptures, François Rude reçut la grande médaille d’honneur, Eugène Guillaume (né à Montbard) la médaille de première classe, tandis que le dijonnais Georges Diébolt (qui sera le sculpteur du zouave du pont de l’Alma) se contentera d’une mention honorable. En peinture, le beaunois Félix Ziem recevra une médaille de troisième classe, et Charles Ronot, né à Belan-sur-Ource, se contentera d’une mention honorable, avec ses deux tableaux, le Christ à la piscine et René Descartes chez Christine de Suède ; M. Ternante, bien qu’Yves Boissiard ait trouvé « charmant » son tableau des Petits pêcheurs, n’eut aucune récompense. Charles Ronot fit ensuite don de son tableau sur Descartes à la ville de Châtillon, ou alors il fut mis en dépôt, après achat par l’Etat, et fut accroché ensuite dans le musée (rue Docteur Bourée), mais on en a aujourd’hui perdu sa trace.

    Le Châtillonnais à l'exposition universelle de 1855

     


  • Commentaires

    1
    bridget
    Dimanche 8 Juillet à 18:38

    merci encore de tous ces détails

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