• Un poète à Châtillon sur Seine....

    (photo de Jean-Philippe Cuzin)

    Quelques mots sur Michel Lagrange ,un grand poète Châtillonnais:

    Agrégé de Lettres classiques,professeur (retraité) au Lycée de Châtillon,y habitant toujours, Michel Lagrange préfère laisser ses œuvres et d’autres poètes parler de lui:

     Présente-t-on un écrivain ? Ses œuvres parlent pour lui, si l’on veut les entendre. C’est là qu’il met le meilleur de lui-même.

    René Char a écrit de Michel Lagrange :

    « Vos poèmes me sont devenus chaque jour plus compagnons en me disant davantage, bien que dès leur première lecture, « on ne joutait pas ici pour le plaisir de tomber à l’eau ». Je vous ai su tôt, et tel l’arche-boussole du pont dans l’aquarelle de Ste Victoire (Cézanne) apparition fantastique, marque essentielle. Merci pour votre pensée d’aller plus loin et d’y parvenir. Je me réjouis pour vous. » (1981)

       Pierre Emmanuel a aussi loué cet effort du poète

    « qui est un acte spirituel, et dont le risque s’inscrit dans l’existence même. Ce n’est pas un jeu, c’est une édification de soi, un destin. »

       Selon Claude Vigée,

    « parce qu’il a su se faire l’artisan de son souffle, Michel Lagrange est un poète en route vers l’incertaine, terrible, et exaltante naissance des jours… » Ce qui exige l’humilité du pèlerin et la certitude du croyant.

       Car « il s’agit d’arriver à ce qui nous dépasse et dépasse même l’angoisse de notre époque », comme le lui écrivait, en 1978, Marguerite Yourcenar.

     

    Froisser tant d’eau

    Pour une seule espérance d’étoiles,

    C’est craindre que la vague souveraine

    N’ait le dernier feu, la dernière clameur.

     

    En pleine nuit pourtant,

    Le moindre progrès sur la mer

    Fait du marin le coutumier de l’aube,

    Tant le vent clair pose sur son regard

    Des courants de lumière…

    (Un Chemin dans la Mer)

     Invité par Pierre Emmanuel en 1979, Claude Vigée en 1985, Yves Bonnefoy en 1986, Pierre-Yves Trémois en 2000, Pierre Soulages en 1997 et 2001…

      Récital poétique sur France-Culture, à l’émission d’André Velter « Poésie sur Parole » en 1995.

    Agrégé des Lettres Classiques

    Chevalier des Palmes Académiques

    Officier des Arts et Lettres

    Chevalier de l’Ordre National du Mérite

    Président du Centre Régional du Livre en Bourgogne

    ŒUVRES PRINCIPALES :

    LES VOYAGEURS DU FEU. Éditions Chambelland. 1977
    INITIALES D’UN PARADIS. Éditions Chambelland. 1979
    UN CHEMIN DANS LA MER. Éditions de St Germain des Prés. 1983
    NOCES DE MARBRE Éditions de St Germain des Prés. 1985
    L’IMPROMPTU DE DIJON. Éditions de l’Aleï. 1985
    Prix de l’Académie de Dijon 1985
    QUELLE ÉTERNITÉ, MON AMOUR ? Éditions du Jacquemart. 1987
    Prix Marie-Noël 1988
    Prix de l’Académie française 1988
    LA NORIA. Thierry Bouchard. 1988
    La RÉSURRECTION DE LAZARE. Revue « Voix d’Encre » 1991
    LE GUETTEUR AU BORD DE L’ABÎME. Éditions Voix d’Encre. 1992
    LE CHÂTEAU MINUSCULE. Éditions Ulysse Fin de Siècle. 1994
    CÉLÉBRATION DE L’OIE DU NIL. Éditions de l’Harmattan. 1996
    Réédité en 2001
    L’HÉSITATION N’EST PAS UN NOM DE DUNE. Éditions Voix d’Encre 1999, avec des encres de  Pierre Soulages.
    PAROLE DU GESTE. 18 poèmes et 9 gravures sur bois de Bernard Foucher
    55 exemplaires numérotés sous coffret
    Composition typographique de Jean Hofer
    Préface de Jean-Philippe Lecat
    Éditions de l’Alphabet Existentiel. 1999
    MÉMORIAL FIN DE SIÈCLE. Poème. Livre-stèle de Bernard Foucher
    Marbre et bois. Bois typographié par Jean Hofer
    Éditions de l’Alphabet Existentiel. 2001
    MÉMOIRE. Poème. Livre-stèle de Bernard Foucher.
    Marbre et bois. Papier typographié par Jean Hofer
    Présentation sur socle d’altuglass
    Éditions de l’Alphabet Existentiel. 2001
    LES VÉRITÉS D’UN FLEUVE. Livre peint.
    Poème et aquarelle originale en continu de Bernard Foucher, développés sur 6  mètres de long, d’après une maquette de Jean Hofer
    28 exemplaires numérotés sous coffret
    Éditions de l’Alphabet Existentiel. 2001
    FICTION INDUSTRIELLE PASSION TEXTILE. Poème sur des photographies de Bernard Béros. 2002.
    LA CONSTELLATION DES MÉDUSES. Éditions Librairie-Galerie Racine. Paris. 2002
    TROIS CYGNES SUR LA CORNE D’OR. Éditions de l’Harmattan. 2002
    ACTES DU TEMPS. 12 poèmes manuscrits, illustrés d’aquarelles de Bernard Foucher
    10 exemplaires numérotés sous coffret
     Éditions de l’Alphabet Existentiel. 2004
    SOUPÇONS DU NOIR. Ouvrage imprimé sur vélin d’Arches, à 90 exemplaires numérotés et signés par l’auteur et le peintre Pierre Soulages, qui a enrichi le poème d’une sérigraphie.
     Éditions Virgile. 2006
    LE CRI DE LA LUMIÈRE. livre-stèle diptyque de Bernard Foucher, édité à 15 exemplaires numérotés et signés. Éditions de l’Alphabet Existentiel.2006.                                                   
    LES MORTS DE SÉBASTIEN DANGER. Roman. Éditions Galilée. 2007. Prix Bourgogne 2007
    CÉLÉBRATION DU PAIN, dans L’ART DU PAIN FRANÇAIS de Jacques Mabille  Éditions Idelle. 2008

    Un poète à Châtillon sur Seine....

    (Michel Lagrange à la Biennale du livre de Jully)

     

     


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  • " Il m'a suffi d'apercevoir trois cygnes sur la Corne d'Or pour que la ville d'Istanbul révèle ses visages et que mon séjour y ressemble à un voyage intemporel, en plusieurs temps réels et légendaires. Sans rien briser du va-et-vient des impressions mêlées, du désordre des rues, du brouhaha des foules, j'ai fait confiance à l'esprit des événements qui m'ont permis d'affronter le désordre et la misère, et d'atteindre l'état de guetteur heureux, de plain-pied, de connivence avec une ville infinie de morts et de vivants, de superstitions et de libertés, de joie, sagesse, passion, désirs, et renouveau."

    (source "l'Harmattan")

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  • LES AMIS ,L’AMITIÉ


    Je vivais seul en funambule,
    Tu ne savais pas être heureux.
    Nous fûmes les aventureux
    D’une histoire avec majuscule.

    Nous étions riches de bohèmes.
    Nous conjuguâmes nos destins,
    Et le travail dès le matin
    Brillait de joie dans nos poèmes.

    Nous vivions de nos deux musiques,
    Compositeur et parolier,
    Nous n’étions pas loin de rêver
    A quelque nouvelle Amérique.

    Amis,nous fûmes bientôt frères.
    Nous écrivions mêmes refrains,
    Et donnions à quelques humains
    Des moments de notre lumière.

    Mais le temps qui toujours s’écoule
    Dût se lasser à Saint Germain.
    Avant de finir son refrain
    Tu t’en allas vers d’autres foules.

    Te retrouveras- tu funambule ?
    Je ne sais plus être heureux.
    Nous étions les aventureux
    D’une histoire sans majuscule

    Faut il que je me décourage
    Si j’ai trop de vertige au cœur ?
    Mais l’amitié jamais ne meurt
    Si les amis sont de passage.


    (Michel Lagrange 1981)

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  • Le café de la gare

    Nous avions en commun deux pots de bière blonde
    Au café de la gare en attendant nos trains,
    Tous les deux de passage et l’âme vagabonde,
    Moi j’étais de Bourgogne et toi de l’outre-Rhin.

    Ton accent déroulait les brumes de tes plaines,
    Et les roucoulements des torrents de glaciers,
    Et le lent glissement des péniches lointaines,
    Et les rauques appels des maîtres cavaliers.

    Moi,mon accent n’était qu’un chemin raisonnable
    A peine chantonnant comme les basses eaux
    Qui se traînent parmi les cailloux sur le sable,
    Où le « r »alourdit le rêve des roseaux.

    Et nous avons trinqué au Rhin et à la Seine,
    Au musée de Dijon,à Colette,à Rameau,
    A Bach,à Thomas Mann,aux jambes de Marlène,
    Partageant nos trésors sans besoin de grands mots.

    Et quand tu m’as donné tes châteaux de Bavière,
    La Seine avait choisi de se confondre au Rhin,
    Comme se confondaient la Bourgogne et la bière,
    Le chant des Lorelei et l’appel de nos trains.

    Ceux-là nous attendaient,sur le quai de nos mondes ,
    Au café de la gare, il faut toujours finir.
    Mais notre accent commun,peut-être des Burgondes,
    Fut le plus beau cadeau dans notre souvenir.

    (Michel Lagrange 1980)


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  • Monsieur David Vermassen,Rédacteur en chef de notre journal local "Le Châtillonnais et l'Auxois"a eu l'extrême gentillesse de me donner cette photo de Michel Lagrange parue il y a quelque temps dans son Hebdo.

    Sur cette belle photo ,on voit Michel Lagrange tenant le livre' l'art du pain français" qu'il a préfacé.

    Voici une petite partie de sa préface:

    "Célébration du pain

    Ainsi célébrer le pain,c'est célébrer le génie de l'homme.C'est offrir à l'adulte aujourd'hui et demain le parfum du pain venu de son enfance.

    C'est célébrer le plaisir gourmand de la vie,associer saveur et savoir,parler du corps à l'âme et de l'âme au corps"


    Un très beau livre de Jacques Mabille aux éditions Idelle.

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